Vote suisse contre les minarets : quelles leçons ?
Les Suisses ont donc voté le 29 novembre, contre toute attente, en faveur de l’interdiction de construire de nouveaux minarets (il en existe actuellement 4 dans la Confédération helvétique). Pourtant, si une mosquée peut évidemment se construire sans minaret, les musulmans suisses risquent de se sentir comme des étrangers, et voir leur fidélité à la patrie entamée.
Plusieurs raisons sont sans doute à l’origine d’un tel vote : la peur et les amalgames, un Conseil fédéral et des partis jugés trop peu présents durant la campagne, un vote de protestation et de méfiance (sans doute plus que de haine et de défiance) en temps de crise.
Rappelons simplement que devant la mosquée de Genève où se dresse un minaret, le canton a rejeté l’initiative. Sans doute parce que ses habitants ont confronté les folles allégations des initiants (les partis UDC et UDF) à la réalité du terrain. Les musulmans et les chrétiens cohabitent en réalité sans heurts.
Mais il serait absurde de stigmatiser les Suisses ou leur volonté de protéger leur singularité et leur prospérité. Un tel référendum dans d’autres pays européens aurait peut-être, malheureusement, donné des résultats à peu près semblables. Même si en Suisse le problème est tout relatif, les temps de chômage massif dans un monde globalisé sont des périodes de repli sur soi où l’étranger apparaît comme une menace.
La démocratie directe telle qu’elle se pratique en Suisse doit être accompagnée d’une implication politique permanente et d’un souci d’accompagnement de la part des responsables politiques élus. Sinon, elle perd tout son sens. En acceptant une telle initiative, le Conseil fédéral et le Parlement auraient du faire preuve de pédagogie et instaurer un débat sérieux et approfondi.
Quelle tristesse de voir la Suisse, qui a accueilli en son temps les persécutés protestants et qui professe la neutralité, sombrer par une de ses institutions les plus emblématiques dans le repli, le rejet et la stigmatisation de l’autre au seul motif de sa religion.








30 novembre 2009 à 15:51
Bonjour,
Citoyen ayant la double nationalité, je suis étonné comme beaucoup de Suisses (surtout en suisse francophone où les résultats étaient plus serrés voire la proposition rejetée comme dans les cantons de Vaud et de Genève et un ou deux autres), les sondages prévoyaient que la proposition serait rejetée.
Mais en ce qui concerne la campagne politique et les débats qui ont tournés autour de la question. Je tiens à dire que tous les partis suisses à l’exception de l’UDC et de l’UDF étaient opposés à la proposition, pourtant le seule partie ayant réellement fait campagne et communiqué est l’UDC. Comme vous le dites, si un seul parti participe au débat politique, l’efficacité de la démocratie participative suisse s’en trouve totalement remise en cause.
Au-delà des conséquences helvètes, un tel résultat rappelle à quel point il est facile de manipuler la population avec des arguments sécuritaires totalement fallacieux. En Suisse, comme en France ou ailleurs, les quartiers qui sont réellement confrontés aux problèmes posés par la délinquance, ne votent pas pour les solutions les plus sécuritaires et radicales. Mais au contraire, demandent des politiques plus sociales. Ce sont souvent les campagnes, ou les beaux quartiers dont la vision de la société dans ces endroits n’est fabriquée qu’à travers le prisme racoleur de la télévision qui votent pour demander ces politiques. La preuve, en Suisse il n’y a que 4 minarets, et ils ont effrayés des centaines de milliers de personne qui ne les avaient sûrement jamais aperçus (et à coup sûr jamais entendus puisque l’appel à la prière est déjà illégal).
30 novembre 2009 à 20:03
salam chaqu’un est libre de fait ce qu’il veut dans son paye mais kil sache ke dieu detien lui seul le dernier mot.
la terre appartien a dieu et on interdit de construire la maison de dieu sur la terre,dieu seul va les repondre et comment, g su chokeeeeeeeeeeee!!!
30 novembre 2009 à 23:03
salut
Un seul mot REDICULE :Que de la manipulation et de la provocationILS VEULENT PROVOQUER LA HAINE DES EXTREMISTES et par consequent ILS VEULENT AUGMENTER LA HAINE CONTRE LES MUSLMANS MODERES QUI DEMANDENT QUE PRATIQUER LEURS RELIGIONS EN PAIE AVEC OU SANS MINARET. Si la suisse a des problemes avec la lybie qu’est ce que ca a avoir avec l’islam. Pauvre La Suisse JE PENSE APRES LES SCANDALES DES PARADIS FISCAUX ET DESSECRET BANCAIRE ,elle n’a trouve rien mieux a faire que s’attaquer aux minarets n’importe quoi!!!!!
1 décembre 2009 à 12:48
Bonjour,
Si j’avais été Suisse, j’aurais certainement voté contre l’interdiction. Mais ce vote se serait fait seulement compte tenu du contexte et la mort dans l’âme.
Sur le fond, quand on défend la laïcité, tout empiètement du religieux sur la sphère publique doit être combattu. Quand je vais dans le village de mes beaux-parents, je ressens la cloche de l’église qui sonne à toute heure de la nuit comme une nuisance et le témoignage résiduel de l’arrogance de l’église catholique. Lors d’une mission de travail en Tunisie, premier voyage pour moi en pays d’Islam, l’appel régulier des muezzin m’avait semblé être une ingérence inacceptable dans la vie privée de tout un chacun. Mais si les Tunisiens l’acceptent je n’ai rien à dire. Et la Tunisie est loin d’être le pays où la religion a le plus d’influence.
Mais nous qui avons combattu pour reléguer l’église à l’intérieur de la sphère privée, n’avons pas à accepter que l’Islam ou n’importe quelle autre religion vienne empiéter sur notre espace public. Que chacun pratique sa religion en privé si bon lui semble, qu’il aménage des lieux de culte si bon lui semble, mais qu’il fiche la paix à ceux qui veulent croire différemment de lui ou ne rien croire du tout.
Sous prétexte du respect des religions, on en vient à respecter de moins en moins les incroyants pourtant de plus en plus nombreux.
Jean-Louis tu as récemment été violemment attaqué pour avoir simplement prononcé le mot juif. Il est important que nous laïcs clarifions bien les choses et nous démarquions des discours confus. Sinon toute critique des religions sera aussitôt assimilée à du racisme ou de la xénophobie, maux que nous combattons avec toute notre énergie.
1 décembre 2009 à 14:16
Vous savez j’ai honte d’être Suisse en ce moment
Heureusement que je vis à Genève et qu’ici on a refusé cette initiative. La mosquée de Genève est à quelques centaines de mètre de chez moi et franchement j’ai réalisé qu’il y avait un minaret pendant la campagne
C’est vrai que cette petite tour d’une vingtaine de mètre est plutôt minuscule face aux immeuble de plus de 60 mètre !
Enfin bon ce qui me peine vraiment moi ce n’est pas l’interdiction des minarets (les religions et moi on est pas vraiment potes) mais simplement le rejet de la communauté musulmane !!! Je trouve scandaleux que l’on puisse traiter 400 000 Suisse de la sorte. Musulman oui mais Suisse également !!! Honte à nous ! J’esère que les pays musulmans vont boycotter nos produits et que l’UDC implosera !
1 décembre 2009 à 15:47
Monsieur Bianco
Vous écrivez : « Les Suisses ont donc voté le 29 novembre, contre toute attente, en faveur de l’interdiction … » Contre toute attente ? Vous savez bien que ce type de sondage est faussé. Comment voulez-vous que les personnes interrogées soient sincères tant la peur du flicage et la haine des immigrationnistes à leur égard sont menaçantes ? Le terrorisme du pouvoir politique, au travers de la HALDE ou au travers d’une certaine justice intellectuellement corrompue et complice d’associations parasites, empêche la population de s’exprimer mais ne peut l’empêcher de penser ou de voter lorsqu’on lui en donne la possibilité. Comme on le voit, la démocratie devient de plus en plus … populaire !
Cette surprise traduit une méconnaissance des appréhensions parfaitement justifiées qui résultent de la présence, chaque jour plus importante, de la population musulmane en Europe. L’histoire, l’actualité des pays musulmans, la menace pour la paix civile en Europe…. sont des raisons suffisantes pour justifier cette appréhension sans aller chercher la crise ou la manipulation des esprits. Si la « majorité silencieuse » avait le droit de s’exprimer, comme ont pu le faire les Suisses, la face de notre pays serait bien changée ! Je doute même qu’une personnalité politique comme vous ignore à ce point les réalités du terrain.
S’il existe des personnes de la communauté musulmane parfaitement honorables et ne posant aucun problème de coexistence, personnes qui pâtissent malheureusement des désordres, il n’en est pas de même pour une forte partie de cette communauté. Les minarets ne sont que la partie émergée des mosquées ! Les récents événements concernant le football, le niveau élevé de délinquance et de criminalité, l’existence de zones de non droit, des coutumes si différentes … ne peuvent qu’exaspérer une partie importante de la population, en Suisse comme en France. Cela, les personnes qui ont déposé les messages ci-dessus pourraient le comprendre. Vous pourrez rééduquer les Français, comme vous le préconisez pour les Suisses, vous ne pourrez pas cacher ce que chacun peut voir et subir. La censure des médias ne vous est d’aucun secours.
Il est très osé de comparer, pour la Suisse, les protestants persécutés de jadis avec les membres des mafias albanaises ou kosovares, par exemple. Comme il est très osé de comparer les Italiens, Polonais, Maghrébins… venus après-guerre travailler en France avec les hordes de voyous qui vivent, très bien, de trafics divers. Sans que les autorités politiques ne manifestent le moins du monde un signe …d’autorité ; elles abandonnent à leur sort les populations qui en sont les victimes.
Je constate le faible niveau de l’esprit démocratique de ceux qui contestent les résultats de ce vote. Une démocratie qui n’est acceptable pour eux que lorsque le vote leur donne raison. Si les citoyens votent mal, pourquoi voteraient-ils bien en d’autres occasions ?
On a du mal à comprendre pourquoi tant de musulmans dont la pratique religieuse est si importante s’obstinent à vivre en Europe. Pas d’églises dans le monde musulman et tout prosélytisme chrétien y est violemment puni ! Comment peut-on entrevoir l’avenir en Europe alors que la population musulmane y devient chaque jour plus nombreuse et sera sans doute majoritaire dans 30 ou 50 ans ?
Non, les Suisses ne se replient pas sur eux-mêmes, ils se défendent. Et vous le savez très bien. Ce vote montre, s’il en était besoin, le divorce entre d’une part la classe politique et les bobos qui la soutiennent et d’autre part, la majorité de la population.
Avec tous mes respects.
2 décembre 2009 à 12:16
Débattre et encore débattre pour rappeler sans cesse que la laicité
permet de sauver la paix et est le ciment du vivre ensemble.
NON, Mme Lepen n’a pas le monopole de ce débat et intéresse beaucoup de monde. La loi de 1905 a permis aux religions judéo-chrétiennes d’occuper l’espace privé et aux athées de respecter le droit de croire.
Je crois qu’il en est de même aujourdh’ui pour la religion musulmane: la preuve en est que les concepteurs des projets de constructionns de mosquées avec minarets les ont définis muets par conséquent respectueux du principe de laicité.
Rester vigilants pour ne pas avoir un jour à prendre les armes pour empêcher la prise du pouvoir par les fanatiques de toutes parts, c’est comme ça que je comprends le vote suisse.
Oui, c’est un peuple qui a accueilli les protestants persécutés, et qui continuent d’accueillir les persécutés de la misère.
Les partis politiques de gauche éprouvent le besoin de se compter au 1er tour de l’élection avant de se rassembler au 2eme, les citoyens ressentent
la nécessité aussi de se compter: combien à ce jour de noncroyants et de croyants de toutes les religions d’accord pour perdurer le vivre ensemble en PAIX ???