Copenhague a accouché d’une souris et elle n’est même pas verte
Après 12 jours de sommet, le bilan de la conférence mondiale sur le changement est peu reluisant pour ne pas dire extrêmement décevant et inquiétant.
Le résultat ne va pas plus loin qu’un accord qui n’est pas signé par l’ensemble des États présents, qui n’a aucune force contraignante, qui est très en deçà des volontés affichés, qui n’a été obtenu que par des négociations de couloirs et avec en toile de fond du sommet la répression à l’égard de la société civile et des associations écologistes.
S’il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible".
Ce sont la Chine et les États-Unis qui ont fait la négociation, sans que les Européens, incapables de réellement s’unir et de s’assumer comme entité politique forte (alors que cela se passait sur notre sol), ou les pays en développement aient vraiment leur mot à dire. Les tensions entre les Chinois et les Américains ont été très vives, mais, comme le rappelle Le Monde, leurs intérêts contradictoires ont conduit à une alliance objective pour préserver leur souveraineté. Les deux pays échappent ainsi à tout objectif contraignant. La Chine s’est notamment opposée à la mise en place de mesures de vérification de l’application de l’accord.
La société civile a quant a elle été totalement exclue des négociations, parfois de façon violente. Ces derniers jours, plus aucune personne représentative de la société civile n’était présente pour faire pression sur les négociateurs. Le Bella Center était devenu une sorte de bulle aseptisée, avec des conseillers et des gardes du corps : une sorte de monde éthéré en dehors de la vraie vie.
Enfin, le cadre très flou des négociations est à mettre en cause. Barack Obama et Nicolas Sarkozy annonçaient un accord dès vendredi soir alors même que de nombreux pays affirmaient ne pas avoir été tenus au courant. Une séance plénière s’est tenue toute la nuit dans une incroyable pagaille animée par un premier ministre danois totalement dépassé et alors que les chefs d’État (notamment le président français) étaient déjà repartis, fuyant sans doute la honte au front.
L’absence de courage politique des chefs d’États et de gouvernements européens et américain fut manifeste. Ils ont ainsi regagné leur pays sans venir défendre l’accord conclu à 26 devant les délégués des 166 autres pays.
Le représentant de l’archipel de Tuvalu concluait ainsi : "Cet accord est une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir. Nous n’avons nulle part où aller, nous aurons juste à subir quand les énormes cyclones nous frapperont. Nous n’avons aucune montagne sur laquelle nous réfugier".
Cet échec ne peut qu’éroder profondément la confiance des peuples dans leurs représentants.








19 décembre 2009 à 20:40
APRES LA DEROUTE DE COPENHAGUE : Européens, créons le CENEM!
Aujourd’hui, c’est à l’échelle de l’Europe, et face aux crises financières, économiques, et écologiques, qu’il faut créer un Commissariat Européen aux Nouvelles Energies et Matériaux ( CENEM ) afin de fédérer l’ensemble des potentiels européens travaillant dans ces domaines.
Après la crise de 2007 2008, les moyens financiers de chacun des pays sont insuffisants pour faire face aux enjeux…En évitant le saupoudrage de ses laboratoires de RECHERCHE, publics ou privés, l’Europe doit et peut devenir la plus grande fédération de compétences en éradication de l’émission des gaz à effet de serre, capable de déposer des brevets de portée internationale et de conduire l’innovation au niveau mondial.
Immédiatement après guerre, alors que tout était à reconstruire, le 18 octobre 1945 le Général Charles de Gaulle créa le CEA, » Commissariat à l’Energie Atomique » avec à sa tête Frédéric Joliot-Curie. Trente ans après, les travaux du CEA permirent à la France de développer un programme industriel unique au monde, la construction de 58 réacteurs nucléaires fournisseurs de 83% de l’énergie électrique aujourd’hui consommée en France. Que l’on y soit favorable ou pas, les faits technologiques sont là.
Ce CENEM réunirait les laboratoires de recherche des grands producteurs européens que sont EDF, GDF Suez, RWE, Enel, Iberdrola, etc, les sociétés pétrolières, ou encore les laboratoires publics des grandes universités.
Le CENEM aurait notamment pour tâches :
- de développer l’industrialisation de nouveaux moyens de productions énergétiques issus des énergies renouvelables à usage des bâtiments existants ( 30 millions de bâtiments énergivores en France, 180 millions en Europe… ) oui neufs,
- d’inventer de nouveaux matériaux de construction, isolation, vitrages, économes en énergie grise,
- d’inventer et d’industrialiser de nouveaux moteurs notamment électriques ainsi que de nouveaux systèmes énergétiques non émetteurs de GES, non potentiellement générateurs de famines sur la planète comme le sont déjà les bio-éthanols et autres dérivés de plantes vivrières
- d’inventer puis d’industrialiser de nouveaux protocoles de distribution d’énergie au sein des réseaux électriques et des bâtis pour supprimer les transformateurs utilisés dans les millions d’appareils électriques ( TV, radio, décodeurs, téléphones portables, etc. ) et générateurs de milliards de Kwh de pertes énergétiques,
- de construire les nouveaux cursus de formation de l’ensemble des acteurs de l’efficacité énrgétique, notamment les formateurs.
Le CENEM aurait le mérite de faire germer l’Europe des économies d’énergies et de l’efficacité énergétique faute de savoir encore mettre en place le management de l’Europe de la production d’énergies ! Et de jouer un ROLE MONDIAL éminent dans les futurs débats inter états après le fiasco de COPENHAGUE.
19 décembre 2009 à 22:35
http://www.dailymotion.com/video/xbk2jz_patoche-le-22-a-copenhague_fun
20 décembre 2009 à 11:44
Voici mon interprétation des causes de cet échec éternel :
La Chine est le premier producteur mondial de charbon, devant les USA.
En plus de leur charbon, les USA consomment le quart de la production mondiale de pétrole.
La société Carlyle gère quasi tout le pétrole mondial, et a investi dans le charbon chinois !
Charbon et pétrole sont les deux énergies les plus polluantes…Mais jusqu’ici les plus rentables.
Et je ne sais pas si Obama peut exercer la moindre pression sur Carlyle.
( Remeber Kennedy).
Et comme Carlyle a commencé à acheter aussi la Chine,…, nos enfants, petits-enfants,…restent pris entre deux feux.
Le monde est dégueulasse. Un jour, il n’y aura même plus moyen de le nettoyer, hélas.
Tu parles des Européens « pris en tenaille » entre Américains et Chinois, Jean-Louis. Ce n’est pas étonnant : l’Europe est à droite. Et aux USA, le sénat est resté conservateur. En plus, le « négationisme du changement climatique » y a été (pétrole et charbon obligent) élevé au rang de religion.
Beaucoup d’élus et hauts fonctionnaires européens sont membres des mêmes « groupes de pensée » (Bilderberg,…), que les conservateurs américains. Il n’y a donc rien grand chose à attendre de cette Europe.
A moins que quelques régions se lèvent, développent leurs propres ressources énergétiques, se passent complètement du pétrole qui est la principale tire-lire des financiers américains, et fassent « tache d’huile ».
Dans son Manifeste lors des Européennes, le PSE voulait l’indépendance énergétique de l’Europe !
Pourtant, l’Europe a gardé sa majorité à droite. Ceux qui ont voté à droite auront ainsi asphyxié leurs enfants…
Peut-on encore inverser ça aux Régionales ?