Comment vont les pays d’Europe centrale et orientale ?

Jean-Pierre Pagé a la gentilles de m’adresser régulièrement le tableau de bord du CERI (Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po) sur l’Europe centrale et orientale.

Qu’apprend t’on ?

D’abord, en dépit des inquiétudes manifestées tout au long de l’année 2009, l’ensemble des économies de la zone ne se sont pas effondrées.
Certains pays ont bien résisté à la crise, ou n’ont pas fait plus mal que l’Europe occidentale. Parmi eux, la Pologne, seul pays de l’Union à afficher une croissance en 2009.

Les trois pays baltes et la Hongrie ont été très fortement éprouvés par la crise, parce qu’ils étaient déjà en situation difficile avant qu’elle n’éclate.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, dans leur grande majorité, ces pays n’ont pas trempé dans les pratiques financières perverses de l’Occident. Ils ont souffert pour deux raisons différentes :

- Quand ils avaient une politique d’exportation très spécialisée (cas de la Slovaquie mais aussi de l’Ukraine et de la Russie),
- Ceux qui, en raison de la propension de leur secteur privé à s’endetter outrageusement en devises fortes, particulièrement en euros, ont connu une dépréciation considérable de leur monnaie (cas de la Hongrie et de l’Ukraine).

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie étaient devenues de véritables colonies de l’Europe du Nord, financées  par les systémes bancaires de ces pays. Ils ont abusé des facilités financières ainsi constituées. Qualifiés trop vite de "petits tigres de la Baltique", ils ont pris la crise de plein fouet.

Dans cette même livraison, Jacques Rupnik estime, ce que je trouve très contestable, que sur vingt ans, les pays qui ont adopté une "thérapie de choc", en jouant de leurs avantages comparatifs (salaires et impôts plus bas, flexibilité du marché du travail…) ont mieux réussi leur transition que les autres, à l’exception de la Slovénie.

Le problème, toujours selon Jacques Rupnik, est qu’ils pensent que la réponse a la crise est la poursuite de la même recette libérale. Vaclav Klaus l’a comparée à une grippe : "Avec les soins médicaux cela prend une semaine, autrement c’est sept jours…".

Autrement dit, les libéraux de l’Est sont les derniers croyants…

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