Depuis des années, en fait pratiquement depuis la chute de l’Union soviétique, la démographie russe était en chute libre. Le nombre des décès l’emportait, année après année, sur celui des naissances (à noter : le taux de fécondité est aussi très bas dans la quasi-totalité des pays d’Europe centrale et orientale membres de l’Union européenne, à l’exception, surprenante, de l’Estonie).
En Russie, pour la première fois depuis le début des années 1990, il y aurait eu plus de naissances que de décès.
Les démographes nous ont appris à considérer seulement les temps longs : attendons de voir si cette bonne nouvelle se confirme dans les années à venir.
Pour mémoire : la France continue à caracoler, si l’on peut dire, en tête de la fécondité -avec l’Irlande- dans l’Union européenne. Le nombre d’enfants par femme, qui diminuait sensiblement depuis 1950, comme dans pratiquement tous les pays développés, a commencé à remonter en France depuis 1995. Il se situe à un peu plus de 2 enfants par femme, ce qui est tout juste suffisant pour assurer ce que les démographes appellent le "renouvellement des générations" (2.10 enfants par femme).
Ces questions sont centrales pour l’équilibre à long terme de la société française, pour son dynamisme, et pour le problème des retraites.
D’où vient le relatif dynamisme français ? Une certaine confiance, malgré tout, dans l’avenir (et pourtant les Français semblent, d’après les enquêtes, parmi les plus pessimistes) ? Le bonheur familial, comme valeur refuge ? La politique familiale, qui est pourtant loin d’être parfaite ?
Cet article a été publié
le Dimanche 3 janvier 2010 à 12:39 et est classé dans Croire à l'Europe.
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3 janvier 2010 à 15:09
Mes meilleurs voeux pour cette année 2010 que tu démarres en trombe sur ton blog, avec tant d’articles de profonde réflexion à un tel rythme, Jean-Louis.
Tu nous parlais le 1er janvier (et ça semble déjà si loin…) d’un espoir démocratique en Iran. Espoir ténu : la « Révolution » a son « martyr », mais le gouvernement lance un nouveau défi, même un ultimatum !, à la Communauté internationale.
Dans ce billet » France-Russie », tu nous présentes le « problème » des taux de natalité de la manière scientifique qu’il convient d’aborder de temps en temps.
Une « donnée » difficile à envisager autrement que…sentimentalement.
Je crois que, quand on veut un enfant ( puis peut-être un deuxième,…), c’est pour l’enfant lui-même. Et pour lui donner une vie heureuse…
Baisse de la natalité en France (et en Russie) : et si c’était à cause de la peur de ce que demain réservera à nos enfants et petits-enfants ?
Deux équations :
1) Trop peu de natalité = problèmes pour les retraites
2) Trop de natalité = risque de surpopulation mondiale, avec risque d’augmentation de la pollution et de diminution des ressources de la Planète…
Ces deux équations sont imparables, et deviennent sans doute quelquefois incompatibles hélas…
Mais on ne met pas « un bébé en équation »,…et je continue de penser que c’est heureux.
Néanmoins, ce rappel de l’équation « retraites » que tu viens de faire reste très important. Même si le refus de l’équation conduit à l’aléatoire.
Dans le billet suivant, » Démocratie… », tu soulignes le fait qu’on n’est pas toujours prêt à se parler en totale Liberté.
Le Monde, qui va plutôt mal, aurait grandement besoin non pas d’une gouvernance mondiale ( qui existe déjà dans l’ombre entretenue par divers prédateurs), mais d’un humanisme mondial dont le premier objectif serait : » savoir et pouvoir se parler en toute Liberté ».
Il reste beaucoup de pas à faire dans cette direction.
3 janvier 2010 à 16:28
Et si cette démographie dont nous aimons a nous vanter était surtout du aux immigrés que l’on rejette avec cette connerie de débat sur l’identité nationale ?
Boris
4 janvier 2010 à 10:24
@ Gérard : Gérard, merci beaucoup de tes voeux et de tes commentaires intéressants.
4 janvier 2010 à 21:35
@Jean-Louis Bianco, la population française (natalité + immigration) augmente de telle façon que nous pourrions être 100 millions d’ici 50 ans… C’est le secret espoir de certains, j’espère que ce n’est pas le votre.
Car dans un pays comme la France qui consomme déjà « l’équivalent de 3 planètes » (c’est à dire trois fois trop), la seule politique à mener est la suivante: diminuer drastiquement cet impact, entre autres en stabilisant la population.
Quant au problème des retraites, des solutions peuvent être trouvées et en tout état de cause, il me semble que la survie de la planète, de l’humanité et des autres espèces vivante passe avant.
5 janvier 2010 à 9:27
@ Manso : Si les ressources étaient distribuées équitablement, il y aurait sans doute largement de quoi nourrir tous les habitants de la planète. En effet, la production agricole mondiale permettrait déjà de nourrir jusqu’à 9 milliards de personnes. Par ailleurs, il est possible de dégager une part des terres consacrées à l’élevage du bétail au profit des cultures ; en effet, pour obtenir 1 calorie animale consommée par l’homme, il a fallu auparavant produire 11 calories consommées par les animaux comme le bœuf ou le mouton. Il est ainsi inexact d’affirmer que la quasi-totalité des terres agricoles potentielles de la planète est d’ores et déjà occupée par les productions de nourriture les plus rentables en termes de production de calories effectivement consommées par l’homme. D’une manière générale, la productivité d’une agriculture ne peut se mesurer par les seules données du volume effectivement récolté rapporté au nombre de travailleurs agricoles ; il faut plutôt tenir compte de l’ensemble du travail utilisé pour une récolte donnée. L’agriculture moderne, forte utilisatrice d’intrants (engrais et pesticides, machines-outils, etc) apparaît alors comme nettement moins productive que l’agriculture traditionnelle – soixante-six fois moins selon la revue Scientific American. Il est donc possible de ne pas épuiser les ressources en passant à une agriculture plus raisonnée et plus respectueuse de l’environnement, en accroissant largement l’auto-suffisance alimentaire au Sud comme au Nord et en développant les circuits courts au lieu de multiplier les transports et d’accroître les marges des intermédiaires.
5 janvier 2010 à 16:41
@Jean-Louis Bianco: je souscris en grande partie à ce que vous écrivez, à savoir qu’il faut réorienter la production agricole en direction des céréales à usage direct et donc non détourné pour l’alimentation animale et aussi rapprocher les techniques elles-mêmes de celles de l’agriculture biologique. Cependant, la révolution (soit disant) « verte » qui a permis de nourrir l’humanité jusqu’à ce jour va se trouver compromise par la fin annoncée du pétrole qui sert à faire tourner les machines agricoles et à produire les intrants.
Sans être aussi alarmiste que Mr Stoeckel,
http://www.demographie-responsable.org/surpopulation/demographie/stoeckel.html
je pense que la partie a peu de chance d’être gagnée.
Ceci étant, mon post ne faisait pas particulièrement référence aux insuffisances alimentaires. Le problème de la démographie intervient dans tous les autres secteurs en crise: climat, énergies fossiles, eau, concentration humaine insoutenable dans des métropoles insalubres lorsque ce ne sont pas des bidonvilles, appropriation de territoires qui étaient occupés par la faune sauvage, faune emblématique dont les jours sont maintenant comptés.
Tout esprit logique devrait être interpellé par le fait qu’un seul et même facteur, la pression démographique, est présent dans tous les domaines, tout esprit libre devrait se battre pour lever les tabous idéologiques qui verrouillent la prise de conscience de nos contemporains.
8 janvier 2010 à 17:58
C’est qu’il ne s’agit pas seulement de nourrir, il s’agit de faire vivre.
Et si l’on peut en effet nourrir beaucoup d’homme en s’organisant mieux (encore que n’oublions pas que les prouesses de l’agriculture moderne doivent beaucoup à l’utilisation généralisée d’énergie fossile forcément provisoire), la question du nombre des hommes devient déterminante pour la préservation des espaces naturels.
Sauf à nous entasser (ce que proposent certains écologistes qui veulent absolument redensifier les villes), nous ne pourrons préserver l’espace en étant toujours plus nombreux, la Terre gagne des hommes mais pas un seul mètre carré et les réalités physiques ont toujours le derniers mot.
Bien sincèrement.