Vingt thèses pour repartir du pied gauche
Plus important que le colloque de Londres dont je vous reparlerai, je vous signale le texte remarquable de Jacques Julliard paru lundi dans Libération (ici).
Cet article intitulé « vingt thèses pour repartir du pied gauche » est clair et précis dans l’analyse comme dans les propositions.
Je souhaite prolonger ici le débat qu’il a ouvert.
1. Accord total sur le constat des dix premières thèses.
11. Sur les droits de l’homme : la seule politique efficace serait une politique concertée, au moins au niveau de l’Europe. Nous en sommes loin, comme l’a encore montré l’exemple de la Chine et du Tibet.
12. L’écologie n’est pas une politique. Certes. Mais un nouveau modèle de développement est à la fois une ardente obligation et une opportunité de création de nouveaux emplois non délocalisables.
17. L’avenir est un grand rassemblement populaire, ouvert à toutes les forces hostiles au néocapitalisme, du centrisme à l’extrême gauche.C’est évident et c’est essentiel. Il ne doit pas y avoir de tabou sur les composantes de ce rassemblement. Ségolène Royal l’a compris avant beaucoup d’autres.
Et j’ajouterai trois thèses :
21. La clé de nouveau modèle de développement que nous devons construire n’est pas économique ou sociale. La question centrale est celle de la démoncratie. Le changement commence par chaque comportement individuel, se poursuit par une vraie démocratie sociale – y compris un changement des rapports de pouvoir dans l’entreprise au profit des salariés. Il nous faut aussi plus de démocratie parlementaire et plus de décentralisation.
Enfin si on veut réenchanter la politque, il nous faut plus de démocratie participative : débat en amont des décisions, contribution à la décision, évaluation des politiques publiques. C’est « l’empowerment ».
22. Dans ce monde concurrentiel, celui de la compétition de tous les travailleurs avec tous les travailleurs, de tous les territoires avec tous les territoires, il faut inventer et négocier une nouvelle stratégie d’amélioration du pouvoir d’achat, mettre en place une vraie politique industrielle européenne, combattre les délocalisations purement financières et favoriser les relocalisations. Tout ceci est à la fois extrêmement difficile et extrêmement nécessaire.
23. L’Europe est à la fois désespérante et absente. Malgré toutes les difficultés, nous avons besoin de redonner un sens à l’Europe, avec son modèle de société aujourd’hui mis à mal. Nous avons besoin d’une Europe puissance, ni impérialiste, ni impériale, capable de nouer de nouvelles alliances pour peser sur l’avenir de la planète.








20 janvier 2010 à 23:40
Passionnant tout ça et grave en même temps ! Petit détail noté : j’ai l’impression, sauf incompréhension de ma part, que J. Julliard ne prône pas une candidature DSK ( confert sa phrase : pas de représentant de l’establishment financier pour la gauche) . Plus radical que jamais, si je comprends … ?
Pour reprendre une idée d’Edgar Morin, on sent bien, que ce soit dans les analyses de J. Julliard que dans celles de JL Bianco, que la société planétaire ne semble pas avoir trouvé les moyens de résoudre ses problèmes (guerres, catastrophe, crises, dérives du néo-capitalisme financier, désordres climatiques , etc ) et qu’alors une « métamorphose » devient nécessaire. Parmi les principes d’espérance à l’avènement de cette métamorphose qu’E. Morin énonce, il y a « le surgissement de l’improbable » (exemple nous dit-il : la résistance victorieuse par deux fois de la petite Athènes à la formidable puissance perse, cinq siècles avant notre ère, fut hautement improbable et permit la naissance de la démocratie et celle de la philosophie) ; ma contribution est donc la suivante : est ce que la solution ne viendrait pas du surgissement de l’improbable ; prenons le PS, il faut bien reconnaître que l’alliance avec le modem comporte un aspect un peu improbable, ben justement, c’est peut être ça la solution … ??
21 janvier 2010 à 16:38
« ….prenons le PS, il faut bien reconnaître que l’alliance avec le modem comporte un aspect un peu improbable, ben justement, c’est peut être ça la solution … ?? »
C’est la raison pour laquelle il faut soutenir le Rassemblement, social, écologique et démocrate, auquel Jean-Louis Bianco appartient, si je ne m’abuse, et dénoncer avec force toute tentative susceptible de le fragiliser à outrance.
Cordialement
21 janvier 2010 à 22:35
Je ne connais pas bien le rassemblement dont vous parlez, mais il doit bien sûr avoir son utilité si comme vous le dîtes il permet aux différentes sensibilités d’élaborer pour 2012 une alternative au sarkozysme. Personnellement, j’y suis vraiment favorable .
J’ai quand même noté que M Bayrou freinait des quatre fers toute alliance pour les régionales; je vous approuve donc quand vous » dénoncez avec force toute tentative susceptible de le fragiliser à outrance ».
Cordialement
22 janvier 2010 à 17:11
Merci de cette approbation mais bien sûr et vous l’aviez compris, cette remarque visait à la fois les tentatives internes et externes à chaque niveau à l’intérieur et à l’extérieur du parti, des courants etc….Cordialement
25 janvier 2010 à 18:31
Eh bien je suis ravie, nous avons trouvé notre candidat pour représenter la gauche en 2012 : Monsieur Bayrou ou Monsieur Besancenot pourquoi pas. Vous êtes d’accord, n’est-ce pas Jean-Louis ?
Parce que « les tabous », puisque ce n’est qu’une question de « tabous » dites-vous, c’est pas un problème, les citoyens sont si désespérés pour eux-mêmes et pour leurs enfants qu’ils ne sont plus à quelques « tabous » près.
Cordialement
Paola Valenti
26 janvier 2010 à 19:16
D’abord le « tracer » ce capitalisme, avant de prétendre le reconfigurer. La réflexion semble à peine commencer sur ce travail préalable : http://yannickrumpala.files.wordpress.com/2009/01/rumpala-la-connaissance-et-la-praxis-des-reseaux-comme-projet-politique2.pdf
10 février 2010 à 0:36
[...] Je l’ai prolongé sur Libération (ici) ainsi qu’ici, sur mon blog (ici). [...]