« France 2 : le jeu de la mort »
Voici un extrait d’un article inquiétant du Point sur une émission programmée ce soir :
« En 1963, le professeur de psycho-sociologie Stanley Milgram inventait une expérience démontrant à quel point un individu pouvait obéir à un ordre contraire à ses valeurs en infligeant des décharges électriques de plus en plus fortes à un prétendu cobaye (un acteur qu’on entend sans le voir). 62% des personnes obéissaient jusqu’au bout. Dans ‘le jeu de la mort’, documentaire de Christophe Nick prochainement diffusé en prime time, France 2 a cherché à transposer cette expérience dans le cadre d’un faux jeu télévisé. Les résultats sont affolants : 80% des candidats (80 volontaires) infligent la décharge maximale en obéissant aux injonctions d’une animatrice télé (Tania Young) ! À 80 volts, devant la douleur (feinte) de l’électrocuté, le rire est la première réaction de décompression. Il relaxe et permet au cobaye de poursuivre. À 180 volts, les cris de l’acteur sont plus vifs : un premier groupe se rebelle, quand 17% des questionneurs décident alors de tricher en appuyant de la voix les bonnes réponses au QCM. À 320 volts, l’acteur supplie d’arrêter le jeu, mais l’animatrice presse le questionneur : ‘Ne vous laissez pas impressionner, continuez…’ Comment poursuivre la torture ? 70% de ceux qui persistent nient la victime en parlant pendant qu’il crie. À 380 volts, l’acteur ne réagit plus. Le silence fait croire que la décharge l’a fait s’évanouir. Et malgré cela, 8 sur 1à vont au bout de l’horreur… Désobéir ? Visiblement, c’est difficile pour un individu isolé, soumis à la pression, même d’une simple animatrice. Emmanuel Berretta »








19 février 2010 à 17:39
En effet, inquiétant.
Le film « I… comme Icare » (de Henri Verneuil – 1979) reprend cette séquence terrifiante. Elle m’a toujours impressionné.
Au moment où l’on met actuellement le nazisme à toutes les sauces, je ne voudrais pas en rajouter, mais quand même, cela me fait penser à l’obéissance à un régime de fous, que des millions de citoyens ont suivi, dans l’acceptation des horreurs. On raconte qu’ils « ne savaient pas » …
19 février 2010 à 22:21
Il en est d’ailleurs de même concernant le phénomène de harcèlement moral au sein de nos entreprises en tant que pathologie collective.
Lire à ce sujet, l’interview d’Ariane BILHERAN, psychanalyste, qui s’est interrogée dans ce sens sur le déni et la prise de conscience par chacun de sa liberté individuelle (ou pas !)…
Edifiant que la « téléréalité » d’aujourd’hui utilise encore et toujours ce concept…
Bien à toi
Sylviane
http://slauro.blog.pacajob.com/index.php/post/Focus-sur…-Le-harc%C3%A8lement-moral-au-travail-pathologie-collective-Partie-II
21 février 2010 à 12:47
La date est prévue pour très bientôt. Je suis un des participants du « jeu » et je suis allé à l’avant première qui a eu lieu hier sur Paris. La diffusion sera communiquée pour la France mardi prochain et sera prévue pour Mars (on ne peu pas encore divulguer la date exacte mais elle est connue). Franchement content d’avoir fait parti des 80, même si je me suis « soumis » malgré moi à l’autorité sans pouvoir ou oser dire « STOP » comme 9 de mes collègues ont pu le faire. Très enrichissant et interressant, le reportage sera lui très pédagogue et clair. Bravo. Et pour terminer, on est suivi par l’équipe et des scientifiques même encore aujourd’hui. Ce qui est plutôt rassurant. Et non, je ne suis pas un méchant psycho sado maso … Jérôme
21 février 2010 à 16:15
Bonjour
Sans faire référence aux jeux télévisés, j’estime que cette soumission à l’autorité révélée par l’expérience de Stanley Millgram est pleinement en oeuvre dans l’armée.
Au cours d’ un échange sur un forum, j’en ai eu la confirmation, de l’aveu même d’un haut gradé qui affirmait tranquillement que oui, bien sûr, l’activité première d’un soldat était de tuer, mais que c’était là une « violence légale, en total accord avec les autorités ».
Cela explique aussi pourquoi, dans l’opinion générale, un soldat qui tue un de ses semblables passe, dans un conflit, du statut de criminel à celui de héros, simplement parce qu’on a admis, une fois pour toutes, qu’une « autorité supérieure », qui décide des conflits,pouvait aussi décider de modifier notre conscience pour mieux nous faire accepter une sordide réalité.
7 mars 2010 Ã 13:50
62 pour cent des personnes obeissent jusqu’ au bout !!!!!!meme si c’ est faux , ça en dit long sur la consciences des humains ……….
17 mars 2010 Ã 11:22
Si l’on veut vraiment faire de la pédagogie, alors il faut questionner publiquement ces imbeciless (les 80 %) et leur demander de justifier leurs actes. Qu’ils se rendent compte au moins de leur imbécilité et de leur total absence de jugement personnel.
17 mars 2010 Ã 22:55
Soyez tous honnétes et responsables ,ne jouez pas les martyrs ,les candidats ont été utilisés comme des cobayes et le CSA c’est rendu coupable de complicité,il faut pousser les candidats à porter plainte contre les producteurs…aristote_912@hotmail.com
18 mars 2010 Ã 1:14
Je suis assez d’accord avec Aphrodisiaque. S’il y avait vraiment eu délit et que la victime qui n’en fut pas une, eut été torturée et non fait l’acteur, j’aurai personnellement attaqué auprès du tribunal des droits de l’homme l’ensemble de ceux qui se sont prêté à ce jeu misérable. Chacun est responsable de ses actes même devant une hiérarchie qui les observe et on s’en explique devant un tribunal. J’ai encore beaucoup de mal à me remettre qu’Hondelatte nous fasse l’insulte de mettre l’ensemble des téléspectateurs dans le même panier en arguant qu’à la place des tortionnaires nous n’aurions pas su et peut-être comme lui-même nous nous serions pris au jeu jusqu’au bout. Honte à lui mais qu’il ne nous éclabousse pas de sa fange. Il y a encore quelques personnes en France qui savent faire la distinction entre des lois démocratiquement débattues et votées et celles qui ont des règles scélérates dictées par l’abjection ou l’affairisme. Ceux là même savent désobéir s’il le faut en prenant leurs responsabilités. Et leurs luttes non violentes les mènent assez souvent en garde à vue et devant les tribunaux de notre si beau pays et payent de lourdes amendes en guise de super banco. Je pense notamment à tout mes collègues des « faucheurs volontaires ».
18 mars 2010 Ã 9:45
J’ai vu ce documentaire avec constamment à l’esprit le livre de Browning « Des hommes ordinaires » et j’ai été très déçu par le débat. La portée de cette « fiction » va bien au delà de la télé réalité. Il est vrai que placé sous un angle élargi il aurait été insoutenable
20 mars 2010 Ã 0:23
Le jeu de la mort est très révélateur sur l’état de notre société.
On a reproduit l’expérience des années 60 du psychologue Stanley Milgram. Dans ces années là , 60% sont allé jusqu’aux bout contre 80% en 2010 ! Le véritable but de l’expérience «démontrer le pouvoir d’asservissement de la télévision » selon le producteur. Certes dans ce domaine, l’expérience à été tristement concluante.
Mais il y a plus hélas. Notre société, plus informée, plus libre, démontre un jugement et une empathie envers les autres dangereusement déficients. En fait cela démontre que le degré de moralité a baissé de 20%. Ceux qui on résisté a l’influence médiatique, étaient minoritaires. Les gens sont plus influençables qu’avant. Le journalisme manque énormément d’impartialité et est centré sur le sensationnalisme. Nos médias sont de moins en moins indépendants. Il est plus facile de manipuler l’opinion publique.
Le public a encore tendance à se dire «puisque c’est à la télévision c’est que c’est vrai». Cette expérience me donne la chaire de poule. Pour ceux qui on encore une conscience, ils ont reçu une véritable gifle. C’est là hélas la vraie nature de notre société et cela ne dit rien de bon pour l’avenir. Dans cette expérience, il y a bien une mort…. Pas mort d’homme mais celle de la moralité collective. Je retiens finalement comme leçon que majorité n’est absolument pas synonyme de vérité.
20 mars 2010 Ã 16:37
Bonjour,
Ci-dessous la lettre email que j’ai envoyé à un avocat connu pour attaquer France2. J’attends sa réponse. J’encourage les victimes de cette émission à m’envoyer un email afin qu’ils se groupent en collectif pour porter plainte.
Mon adresse : renaud690@hotmail.fr
Maitre,
Je m’adresse à vous car j’ai vu sur internet que vous avez travaillé dans le domaine de la téléréalité.
Cette fois il s’agirait d’attaquer une émission.
Le réalisateur, la chaine ? Je ne sais pas.
Il s’agit plus précisément de défendre les droits des personnes qu’une émission de télévision a transformés en bourreaux.
Cette émission qui s’appelle « le Jeu de la Mort » a été diffusée ce mercredi 17 mars en début de soirée.
C’était une reproduction de l’expérience de Migram que vous connaissez certainement.
A ma connaissance, l’expérience de Milgram était anonyme, ce qui n’interdit pas cependant de mettre en cause sa légitimité.
Pour l’émission en question, rien n’était anonyme et ces personnes ne comprenaient pas ce qu’elles allaient subir en public.
Les candidats de cette émission ont été mis en position de devenir les bourreaux d’un autre candidat en lui infligeant des décharges électriques jusqu’à un niveau supposé être mortel.
Le candidat victime des décharges était en réalité un acteur, mais les candidats tortionnaires ne le savaient pas !
J’espère que vous avez vu cette émission ou que vous pourrez vous en procurer une copie.
Ce qui est tout à fait différent des autres émissions de téléréalité, c’est qu’il s’agit ici de torture : torture physique non réelle mais supposée réelle par les candidats, et torture morale bien réelle de ces candidats tortionnaires.
On leur expliquait qu’il s’agissait de la mise au point d’un futur jeu télévisé.
Le but affiché ensuite à la diffusion étant de dénoncer le pouvoir totalitaire de la télévision.
Est-ce que l’autocritique justifie de bafouer l’honneur de braves gens ?
Peut-on accepter que la télévision s’autorise à transformer de braves gens en bourreaux?
La défense des responsables de l’émission est d’expliquer aux candidats que n’importe qui aurait fait comme eux.
Cela consiste à approuver la défense des Nazis au procès de Nuremberg disant qu’ils obéissaient aux ordres.
Pardon de faire cet amalgame mais ici il me semble justifié.
Les crimes Nazis ont d’ailleurs été évoqués dans le débat qui a suivi.
Débat d’un niveau lamentable ou s’est produite une violente altercation, coupée au montage, entre le philosophe Alexandre Lacroix et Christophe Hondelatte.
L’odieux produit de l’odieux, ça n’a rien d’étonnant.
Par ailleurs, vous trouverez sur internet une vidéo où Christophe Nick, le réalisateur de l’émission, explique qu’une des candidates jusqu’auboutiste (ayant infligé 460 volts) est devenue une amie…
Syndrome de Stockhlom évident.
Vous remarquerez en regardant l’émission que les candidats restent bouleversés par ce qu’ils ont fait, même lorsqu’on leur a expliqué que c’était « pour de faux ».
On peut imaginer des conséquences désastreuses dans leur vie intime et dans leur vie sociale.
Est-ce qu’il n’est pas temps que des citoyens mettent un coup d’arrêt à cette télévision qui avilit impunément les personnes?
Il y a deux aspects dans cette affaire.
D’une part le droit des victimes de cette odieuse manipulation a être reconnus comme victimes.
Même s’ils resteront à jamais face à leur conscience il faut qu’ils comprennent qu’on avait pas le droit de leur faire ça.
D’autre part le droit des téléspectateurs à ne pas subir ce spectacle indigne.
Si une personnalité comme vous explique les enjeux dans un procès public, il est fort possible qu’il y ait un Avant et un Après le Jeu de la Mort dans la télévision française.
Une condamnation lourde pourrait à l’avenir faire réfléchir les producteurs à deux fois avant de démolir des individus et de présenter cela comme normal au public.
Je ne suis qu’un simple citoyen qui n’a jamais milité dans quoi que ce soit.
J’ai contacté un des intervenants du débat qui a suivi l’émission, pour lui demander de m’aider à retrouver les victimes et éventuellement pour faire sienne cette cause.
Il m’a répondu « Ce débat-là n’est pas de mon ressort. »
J’espère que vous serez touché par cette affaire et accepterez de mettre votre talent au service des victimes et de la société française.
Sincères salutations.
Renaud de Montety