
Lançons le débat sur les retraites !
1/ Des menaces lourdes sur le système de retraites, aggravée par des choix politiques
La première est financière. La réforme Fillon a échoué, puisque la branche vieillesse est déjà gravement déficitaire. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) atteste que le besoin de financement des régimes de retraite sera, au minimum, de 0,7% de PIB par an d’ici 2025
Au même moment, le Fonds de réserve des retraites ne peut pas jouer son rôle d’amortisseur Depuis 2002, sa dotation n’a quasiment pas augmenté, alors que les Finlandais en sont à 200 milliards.
Nicolas Sarkozy a promis durant sa campagne ce qu’il ne pourra pas tenir. Il a ainsi annoncé qu’il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Or, cette augmentation coûterait au moins 10 milliards d’euros.
Enfin, et ce point est essentiel, la révision drastique à la baisse des prévisions de croissance dans le contexte de la crise va faire encore chuter les recettes de la sécurité sociale : le solde de la Caisse nationale d’assurance vieillesse est ainsi « calé » à – 10 Milliards par an, la projection à 2020 étant du double pour le seule régime des fonctionnaires. Face à cette véritable tornade financière, il faut bien voir que sans retour de la croissance, rien ne sera possible. Comme le COR vient de le rappeler d’ailleurs, le choix d’un système par points, ou de compte individuels de type « notionnel » est sans doute intéressant sur le plan des principes, mais dans un tel contexte démographique et financier, il ne faut pas en attendre de miracle.
La seconde menace est politique. Comme la dérive des comptes en matière de santé laisse augurer une volonté de « laisser filer » le système de solidarité au profit d’une privatisation, on voit bien que c’est l’ensemble des régimes de répartition qui se trouvent aujourd’hui menacés : il n’est pas étonnant que le jour même ou le Chef de l’État réunit un sommet social, on apprenne que Bercy travaille à un nouveau « produit » de retraite par capitalisation.
2/ Quelle méthode?
Mettre à plat l’ensemble des régimes suppose une méthode sans faille, qui ne repose pas sur un ukase.
Pour aborder de façon sereine la question centrale du partage de l’augmentation de la durée de vie entre activité et la retraite il faut retrouver le plein emploi, car trop de salariés arrivent à la retraite avec des carrières incomplètes et trop de jeunes connaissent des années de galère avant d’entrer dans la vie active.
On ne peut véritablement réformer les retraites que par le consensus et dans une réforme d’ensemble associant les partenaires sociaux. Nous avons précisément crée le Conseil d’Orientation des retraites pour construire ce consensus.
L’aspiration à une plus grande liberté dans les choix individuels de départ à la retraite est en outre un enjeu important dans une société où l’espérance de vie devient de plus en plus longue. En 1912 Jaurès considérait déjà « comme une organisation barbare l’organisation industrielle et économique d’aujourd’hui qui fait que jusqu’à une certaine minute, jusqu’à un certain mouvement imperceptible d’une aiguille sur une horloge, l’homme est surmené et qu’aussitôt que l’aiguille a appuyé sur une petite marque noire, il passe dans le néant du travail…. ». Il faut que l’on puisse offrir aux salariés qui le souhaitent un passage progressif de l’activité à la retraite.
3/ Comment améliorer la situation des retraités ?
Les grands chantiers sont connus et restent largement en friche : égalité entre hommes et femmes, pénibilité, thèmes sur lesquels le gouvernement se contente jusqu’ici de discours. Ainsi, en matière de pénibilité, on peut se demander pourquoi il est si difficile de se fixer des priorités : un chauffeur de poids lourds, un ouvrier exposé à des substances toxiques, un employé travaillant la nuit, voilà des catégories repérées qui devraient pouvoir être mieux protégées.
Parmi les effets pervers de la réforme Fillon, il est clair que de nombreux salariés risquent, à terme, de ne pouvoir liquider leur pension à taux plein faute d’une carrière complète, d’où l’absurdité d’une mesure tendant à repousser l’âge légal de 60 ans, alors que seule la prise en compte de la durée d’assurance peut assurer une certaine équité au bénéfice des actifs ayant commencé à travailler tôt.
Pallier cette carence nécessite d’abord de mener une autre politique de l’emploi en faveur des « seniors », dont l’absence aujourd’hui est parfaitement contradictoire avec l’allongement de la durée d’assurance. Les négociations interprofessionnelles en cours sur ce thème démontrent à la fois qu’un consensus est possible avec et entre les partenaires sociaux et que le chemin à parcourir est encore long, tant les intérêts sont contradictoire, y compris parfois entre défense de l’emploi salarié, notamment des plus jeunes et maintien dans l’emploi des anciens.
Sur le plan financier, il faut construire un système de garantie, reposant sur un taux de remplacement, permettant à tout assuré de partir avec, par exemple, au minimum 80% du SMIC
Pour ce qui est du financement, la clé est bien entendu le retour à la croissance. Si cela ne suffit pas, les entreprises doivent pouvoir contribuer davantage, soit à travers la cotisation d’assurance vieillesse, soit à travers leurs profits (contribution sociale sur les bénéfices, voire la taxe sur les contrats d’assurance, prélèvements qui existent aujourd’hui et dont le rendement pourrait être accru sans problème majeur).








18 février 2010 à 10:21
Merci Jean-Louis de lancer ce débat sur ton blog qui est toujours aussi rafraichissant.
Quelques principes de base :
- Les retraites ne sont qu’un élément du fonctionnement de nos sociétés. On ne pourra pas réformer sérieusement les retraites sans réformer la société en profondeur.
- L’allongement de la durée de vie est un fait, avec un déplacement du ratio entre nombre de retraités et nombre de cotisants.
- Mais parallèlement les gains de productivités ne sont plus depuis longtemps compensés par l’augmentation de la production, donc on a de moins en moins besoin de travail pour subvenir aux besoins de la société. Par conséquent toute mesure allant vers une augmentation de la durée du travail sera mathématiquement génératrice de chômage.
- Depuis la guerre et jusqu’à une période très récente, dans nos sociétés dites développées la croissance du PIB a toujours été supérieure à celle de la population. Cela signifie que nous n’avons cessé de nous enrichir et que dans l’histoire nous n’avons jamais été aussi riches qu’aujourd’hui. Le problème n’est donc pas dans les moyens, mais dans leur répartition. Nous avons matériellement les moyens de faire la réforme des retraites que nous voudrons, sans nécessité d’augmenter la durée du travail. C’est une question de choix politique.
Quelques constats :
- Un tabou respecté à droite comme à gauche : « on ne touche pas au niveau des retraites ». Et pourquoi donc ? Toute une catégorie de population, dont faisaient partie mes parents et dont font partie mes beaux-parents, ont un niveau de retraite significativement supérieur à leurs besoins. Mon père était employé de bureau, ma mère assistante sociale, mon beau-père comptable, ma belle-mère prof en collège. Mes beaux-parents râleraient sûrement si on baissait leurs retraites, mes parents auraient renoncé à 10% de leur revenu sans inconvénient majeur. Cette classe sociale est arrivée à la retraite en relativement bonne santé, en majorité propriétaire de son logement, avec plus d’enfants à charge. Il est juste quand on a travaillé toute sa vie, d’avoir le droit de se reposer, et de disposer des moyens pour profiter de son temps. Il est moins juste que des retraités avec peu de frais aient des revenus supérieurs à ceux de gens qui travaillent, qui doivent payer les traites de leur maison et élever leurs enfants. Bien sur ceux qui ont été précaires, qui ont eu des petits revenus ou dont le régime est défavorable comme les agriculteurs, touchent des retraites indécentes et qui doivent être relevées. Un niveau minimal décent de retraite doit être mis en place quel que soit le parcours professionnel. Sinon ce sont les mêmes qui cumulent les injustices : n’ayant pas eu les moyens d’acquérir leur logement, ils doivent payer un loyer avec une retraite de misère. Dernier point sur cette question du niveau des retraites : verser des retraites trop élevées à ceux qui n’en ont pas besoin immobilise du capital qui serait mieux utilisé autrement, et bénéficie avec retard à leurs héritiers, augmentant ainsi les inégalités.
Toucher aux niveaux des retraites est très dangereux politiquement, mais cela se justifie sur le plan de l’économie et de la justice sociale.
- La pénibilité de certains travaux doit être prise en compte dans un cadre général et pas seulement sur le plan des retraites. Je connais particulièrement bien ce secteur pour avoir travaillé pendant plusieurs années en intérim sur des chantiers pénibles (travaux acrobatiques). J’ai la chance d’avoir le choix de part mes différentes formations, et d’avoir pu échapper à ces métiers. Laurent Wauquiez parlait l’autre matin sur France Inter de ceux qui arrivent à 51 ans, 52, 53… épuisés. Il semblait trouver normal, et ça ne choquait personne, qu’on puisse s’épuiser au travail, et arriver à la retraite, quel que soit l’âge, pour mourir rapidement. Pour ce que j’en connais parce que je n’en étais pas prisonnier, et que je ne les ai pas exercé longtemps, les métiers pénibles ont été une expérience enrichissante que je recommande. Ceux par contre qui ne peuvent pas faire autrement, travaillent en général en intérim, et ont donc des carrières à trous, et finissent fracassés avec une retraite de misère. Avec la mobilité croissante des parcours professionnels, il ne me semble pas irréaliste d’envisager qu’on puisse faire entre deux et cinq ans de travaux pénibles au cours de sa vie professionnelle, au lieu de toute une vie ou pas du tout.
- Si comme je l’ai écrit plus haut, notre pays s’est enrichi, et que nous travailleurs n’en voyons que peu la couleur, c’est que cette richesse est partie ailleurs, il faut aller la chercher là où elle est pour financer les retraites.
- Si on veut réformer véritablement les retraites, il faut agir sur le rôle du travail dans la société et dans l’économie. Dès qu’on touche à l’économie, on touche à un système mondialisé où il est difficile d’avancer isolés. Il est vital et urgent de lancer une contre-offensive idéologique pas seulement au niveau national, mais en Europe et dans le monde, pour réparer les dégâts de vingt-cinq ans de matraquage ultra-libéral.
La crise qui va s’aggraver offre une fenêtre de tir pour faire accepter des réformes ambitieuses qui ne pourraient pas passer en période de ronronnement conservateur.
18 février 2010 à 12:10
Bonjour Jean-Louis,
Suite à la question que je t’ai posée à Aix, concernant les difficultés des jeunes à s’insérer dans notre société, difficultés qui seraient aggravées par le recul de l’âge légal de la retraite, je te transmets ci-dessous le texte d’ « un coup de gueule » que j’ai publié sur le site Désirs d’Avenir.
Je suis heureux de lire dans ton article “Lançons le débat sur les retraites !” que tu intègres bien la corrélation négative entre le fait de prolonger les carrières des seniors et le niveau de chômage alarmant des jeunes (selon Eurostat: fin 2009, 1 jeune sur 4 de moins de 25 ans en situation de travailler, soit 25 %, est au chômage!); je suis heureux de voir que tu cites deux fois les jeunes dans un texte de réflexion consacré
aux retrites!
« Et si le problème des retraites des SENIORS, c’étaient …les JEUNES ?
Ces jeunes qui n’arrivent pas à rentrer assez tôt dans la vie active, et donc qui ne peuvent cotiser !
En effet, fin 2009, 1 jeune sur 4, âgé de moins de 25 ans en situation de travailler, soit 25%, était au chômage (10% en Allemagne).
Voilà le premier problème à résoudre dans notre Société ; voilà l’URGENCE, voilà la PRIORITE !
Ce n’est pas de faire travailler encore plus longtemps les seniors qui ont déjà travailler durant plus de 40 années !
De cela, personne ne parle ; les responsables politiques et syndicaux, les journalistes, s’expriment pendant des heures chaque jour dans les médias, et nous « gavent » de « déficits » des caisses de retraite ; pas un mot concernant la situation alarmante de nombreux jeunes (environ 700 000 ) ; alors que le PREMIER problème à résoudre, c’est le déficit de « LA CAISSE D’ACTIVITE DES JEUNES » ; Il faut la créer, cette caisse !
Son déficit abyssal amènera peut-être nos édiles à se mobiliser enfin, puisque seul le mot « déficit » arrive à les émouvoir !…. »
Cordialement.
18 février 2010 à 18:30
@ Jean-Jacques,
Je souscris tout à fait à ton propos.
Il me semble essentiel d’agir sur l’emploi des jeunes tout en maintenant les plus de 55 ans en activité. Les deux sont liés. Pour faire face dans de bonnes conditions à l’évolution actuelle, le plein-emploi général serait un préalable. Ainsi on constate sans surprise que les pays dans lesquels les taux d’emploi des seniors sont élevés sont aussi ceux dans lesquels les taux d’emploi des 25-54 ans sont élevés.
Sur l’emploi des séniors, le modèle finno-scandinave est intéressant. Il se distingue par un niveau élevé de formation professionnelle, des subventions à l’embauche des seniors, notamment en Suède, et une attention particulière portée à la question du bien-être au travail. À cet égard, la Finlande a mis en œuvre une politique originale : les entreprises doivent payer une partie des pensions d’invalidité, de chômage et de préretraite de leurs anciens salariés quand elles s’en séparent prématurément. Du coup, elles sont fortement incitées à améliorer les conditions de travail et l’employabilité de leur personnel. Mais, comme le souligne l’OFCE, une telle politique suppose une forte mobilisation au sein des entreprises et un dialogue social de qualité. La France n’en est pas là…
Et la stratégie d’emploi des seniors suppose aussi une sortie de crise rapide. Des politiques économiques européennes, monétaires et budgétaires, trop timides, mal coordonnées ou trop vite abandonnées au nom de la rigueur financière, obligeraient à tirer un trait sur la réforme des retraites et soit accepter la paupérisation massive des seniors, soit, pour pouvoir financer les dépenses sociales de chômage et de retraite, engager une politique de partage des revenus impliquant une forte augmentation des prélèvements obligatoires.
Sur l’emploi des jeunes, là encore, le retour de la croissance est bien sûr la variable essentielle pour inverser la courbe du chômage des jeunes. On peut également se servir de la fonction d’employeur de l’État sous la forme d’emplois aidés, plus facilement réversibles que les emplois statutaires. Ce n’est pas l’idéal, mais ils sont utiles à différents titres : pour limiter l’impact désocialisant du chômage sur les personnes; pour aider à modifier les « files d’attente » des chômeurs en donnant une chance de revenir dans l’emploi à celles et ceux qui en ont a priori très peu; enfin, pour permettre à certaines activités d’exister, notamment dans le secteur non lucratif. Après avoir beaucoup réduit le nombre de ces emplois aidés, le gouvernement a rouvert les vannes en 2009. Mais on reste encore loin du compte : selon l’Insee, après avoir baissé de 63 000 en 2008, leur nombre n’est remonté que de 48 000 en 2009.
Dans les circonstances actuelles, la réduction du temps de travail pourrait, elle aussi, limiter le nombre de chômeurs. Mais loin d’aller dans ce sens, le gouvernement continue d’encourager les salariés à faire des heures supplémentaires à grand renfort d’argent public. Un emploi coûte en moyenne 40 000 euros par an, charges comprises. Les 4 milliards d’euros dépensés pour subventionner les heures supplémentaires permettraient donc de financer entièrement 100 000 emplois supplémentaires. Au lieu de cela, grâce à ces subventions massives, on a enregistré 167 millions d’heures supplémentaires au troisième trimestre 2009, soit l’équivalent de 420 000 emplois à temps plein…
Amicalement,
Jean-Louis Bianco
18 février 2010 à 19:39
Retraites des seniors et emploi des jeunes tout se tient, oui, en principe, les jeunes devraient pouvoir remplacer ceux qui partent en retraite. Cependant, plusieurs critères sont à prendre en compte.
-Dans certains secteurs, le manque de formation ne permet pas ce renouvellement. Il faut revoir notre système de formation . Les jeunes sortent souvent du système scolaire sans diplôme et sans aucun savoir faire.
Pour que cette formation soit correcte, il faudrait que les enseignements dans les écoles de formation suivent de plus près les évolutions techniques .
Il faudrait aussi supprimer les heures supplémentaires . Le Club Réflexion « Terra Nova » a publié une étude réalisée par plusieurs experts, d’où il ressort, qu’au dernier trimestre 2009, les entreprises ont déclaré 107 millions d’heures supplémentaires exonérées de charges sociales, ce qui équivaut à 420 000 emplois non créés.
La seule défiscalisation a généré 40 millions « d’heures sup » à la place de 90 000 emplois à temps plein, ce qui se traduit par un recul des CDD et de l’intérim. Le seul coût de la défiscalisation aurait permis de financer 100 000 emplois.
Il faudrait aussi créer des emplois. La croissance verte pourrait être un moteur non négligeable. Les experts du COE s’accordent à dire que ce secteur pourrait créer 600 000 emplois dans l’avenir. Mais ils disent aussi que ceci ne sera faisable qu’au prix d’une importante transformation de la formation professionnelle. Le COE conseille la mise en place d’un plan “Marshall pour la formation”.
Il faut anticiper pour préparer l’avenir, car selon les experts, la croissance verte ne se fera qu’en tenant compte des mutations engendrées, tant sur l’organisation que sur les métiers.
L’adaptation des formations et des diplômes est donc une nécessité. On note aussi que de nombreux emplois créés par la croissance verte devront être hautement qualifiés. Le système de formation actuel devra s’adapter en profondeur depuis l’enseignement secondaire, en passant par le supérieur et les formations professionnelles.”
Voir l’article :
http://www.zurbains.com/croissance-verte-formation-adaptee_6797487EB06DAE.html
Un autre facteur à prendre en compte aussi, c’est le coté psycho-sociologique de ce qu’on appelle le déscenseur social. Mal vécu par les jeunes qui ne voient souvent plus aucune perspectives à leur avenir, que celle d’avoir des emplois précaires mal payés. Cela ne les incite pas à faire des efforts. Ils ont cru souvent qu’avec bac + deux ou trois ils auraient plus de possibilités. Malheureusement nombreux sont ceux qui se sont engouffrés dans des filières sans débouchés. (critique de l’enseignement supérieur qui a multiplié les filières dans le but d’absorber le flux des « 80% de réussite au bac ». ) Sans parler de ceux qui n’ont aucun diplôme du tout et dont il faudrait reprendre les savoirs basiques qu’ils n’ont même pas acquis. Malheureusement, et ceci a un coût qu’il faudrait mesurer.
Pour que cette transmission du travail puisse se faire il faut prendre en compte tous ces critères, et c’est vrai que ,dans les cas où c’est possible, la transmission du savoir faire devrait être anticipée par les entreprises lorsqu’elles prévoient le départ d’un salarié.
19 février 2010 à 17:16
@ Annie,
Merci pour ces compléments. Nous sommes bien entendu tout à fait d’accord sur l’ensemble des points évoqués.
Amicalement,
Jean-Louis Bianco
19 février 2010 à 20:23
Pour alimenter le débat, un article du Monde Diplomatique :
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-02-16-retraites
1 juin 2010 à 9:34
Bonjour,
aux fins d’étayer la réflexion sur la pénibilité, je vous joins ci-après copie d’un courrier que mon compagnon adresse ce jour à l’IRPAUTO :
Messieurs,
Je viens par la présente vous exposer ma situation par rapport à ma prochaine retraite et demander le réexamen de mon cas personnel par rapport à l’attribution de l’indemnité de fin de carrière.
Ayant plus de 33 ans de carrière en tant que mécanicien, j’avais prévu en fin d’année 2009 de racheter les points me manquant afin de pouvoir partir en retraite en novembre 2010 (j’aurais 59 ans fin octobre). A cet effet , j’ai emprunté en décembre 2009, 6000€ que je pensais pouvoir rembourser sans problème à la perception de mon indemnité de fin de carrière.
Il s’avère que les nouvelles dispositions règlementaires, prises au mois de mars 2010 , et dont je n’ai été informé qu’au mois de mai par internet (et non par mon employeur qui savait pourtant mon intention de partir à la retraite) ont rayé d’un trait de plume le seul avantage qui m’aurait permis, à moi simple ouvrier, de pouvoir sortir la tête hors de l’eau et de partir sans soucis financiers.
Hors, pour toucher dorénavant mon capital de fin de carrière, il me faut travailler jusqu’à mes 60ans (et encore sans préjuger d’éventuelles modifications de la loi sur les retraites d’ici à fin 2011…) soit encore plus d’un an, ce qui est totalement inenvisageable compte tenu de sérieux problèmes de santé : deux opérations pour éventration (accidents de travail), et depuis l’hiver 2009 une scoliose cervicale qui me procure des migraines quasi permanentes. Je suis d’ailleurs en arrêt de travail depuis fin février 2010.
Je joins à la présente les pièces justificatives de mes dires.
Ayant su par les médias que dans le cadre des réformes, le Gouvernement envisageait des « dérogations ou aménagements de la loi » en fonction des cas de pénibilité ou longue carrière, je compte sur votre indulgence et votre bienveillance.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie, Messieurs, de croire, en l’expression de mes meilleurs sentiments.
1 juin 2010 à 11:00
@ Jourdain : Je comprends de votre message que vous souhaitiez racheter des annuités au regime général d’assurance-vieillesse de la sécurité sociale.
Or, les régles applicables en ce domaine ont toujours été très limitatives, comme l’indique clairement le site de la CNAV : https://www.retraite.cnav.fr/portal/page/portal/Y_GP_NAT/Y_P_NAT_ESPACES/Y_P_NAT_ESPACEB/Y_P_NAT_ESPACEB_RACHAT
Votre Caisse régionale (CRAM) qui gère les pensions des salariés pourra sans doute vous éclairer. A moins bien entendu que vous ne fassiez allusion à un régime complémentaire de retraite, auquel cas il faudrait me le préciser.
Bien cordialement
2 juin 2010 à 8:49
Monsieur bianco,
tout d’abord merci de votre réponse. En fait, mon ami a déjà racheté ses annuités fin décembre 2009, avant que les textes accordant un capital de fin de carrière dans l’automobile aux salariés réunissant les conditions pour départ à la retraite anticipée (loi Fillon)soient purement et simplement abolies par un texte de mars 2010. Donc, il se trouve en fait dans l’impossibilité de partir avant 60 ans pour pouvoir récupérer son capital se montant à environ 20 000€. C’est donc ce texte qui devrait se trouver amender par des dispositions exceptionnelles concernant les longues carrières et de surcoît faire jouer la pénibilité.
J’espère que vous pourrez faire état de ces faits lors des échanges que vous aurez sur l’aménagement des textes.
Sincères salutations