Une langue qui meurt

Le Figaro daté de samedi 6-dimanche 7 février nous apprend la mort de Boa Sr. Elle était la dernière de la tribu des Bo, qui vivait dans une île de l’Océan Indien. Les autres tribus de l’île avaient succombé aux maladies apportées par les colonisateurs mais les Bo étaient là depuis 65 000 ans. Boa Sr, qui avait échappé au tsunami de décembre 2004, est morte à 85 ans. Une des plus vieilles langues au monde s’est tue.

Un commentaire pour “Une langue qui meurt”

  1. Raymond Chermat dit :

    Identité ? Qui suis-je ? Suis-je Français ?

     Comme chaque être humain, je suis.
    — Je viens d’où ?
 Je suis né en Bretagne
    — Je pars où ?
Au large ! Paris, Bretagne, Auvergne, Maroc, Indochine, Paris, Bretagne, Paris, Algérie, Paris, Bretagne.
     –Je reste où ?
    En Bretagne.
Né en Bretagne je parle la langue, à l’école primaire pendant la connerie humaine – guerre 1939-1945 – il  devint « obligatoire  » de chanter une certaine chanson dont je me souviens de trois mots : Maréchal nous voilà…… Notre institutrice dont le mari était prisonnier en stalag nous donnait à manger les biscuits dits de  » Pétain  » mais nous n’avons jamais chanté, Ni Maréchal nous voilà ! Ni la Marseillaise !
    En Bretagne quand je m’y promène j’ai des émotions. En 1978 j’ai vu les rochers roses de Ploumanac’h couverts de pétrole, j’ai pleuré.
    J’ai été au Maroc – 1950 – du temps du protectorat qui prit fin en 1956. Nous y avons fait de belles et mauvaises choses.
 
J’ai été en Indochine, Hanoï – 1951-1953 – . De belles choses y avaient été réalisées – Ecoles, Universités, hôpitaux, Instituts Pasteur et caetera… Par la connerie humaine institutionnalisée nous avons tout détruit. J’ai pleuré. Là, nous avons taché notre drapeau de sang. Pur ? Impur ? En tous cas je l’ai vu rouge. D’aucuns y ont chanté la Marseillaise et, ses mots ont aidé à égorger, brûler, par le feu du napalm – que la France fabriquait – des fils, filles, compagnes et compagnons innocents.  Des légions d’honneur furent  distribuées.
    J’ai été en Algérie -1956- Même constat de la connerie humaine insupportable.
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    Identité ? Qui suis-je ? suis-je français ?

    En conséquence je constate qu’à visage découvert sans sourire et sans le respect de l’autre la France et la vie sont tristes.
Histoire vraie :
Je marche dans les rues de Plougastel Daoulas, je vois deux bretonnes habillées en costume régional avec la coiffe du pays et la boîte à gâteaux à la main, c’est dimanche, elles marchent bras dessus bras dessous assez tristement à la sortie d’une messe. Je vais vers elles et demande un renseignement en langue bretonne, elles me regardent des pieds à la tête visiblement surprises et éclatent de rire. La tristesse disparaît, elles me renseignent, me félicitent de parler la langue bretonne et repartent joyeuses.
Fais-je du puérilisme ? Si oui, tant mieux !
    Qu’elle est mon identité ? Je sais que je ne sais pas !
Est-ce ainsi que l’on devient citoyen du monde ?
Une mondialisation par la régionalisation serait-elle salutaire ?  
Être humain, sur terre, devrait suffire comme identité.
    
Emblavons le bon grain
    Raymond Chermat

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