« L’horizon de la présidentielle de 2012″ par Jacques Sapir
J’ai reçu il y a quelques jours un intéressant texte (mais qui est à débattre) de Jacques Sapir dont je voudrais vous faire part. En voici un rapide résumé.
Tout d’abord un constat de l’auteur :
« Nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenable » ».
Puis une première affirmation : « Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste ».
Ensuite, sa réponse à certaines affirmations gouvernementales :
« Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas (…) une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.
(…) Il faut par ailleurs rappeler que la dette publique n’est qu’une partie de la dette totale de l’économie, et qu’il faudrait, en bonne logique, y ajouter la dette des ménages et celle des entreprises. Le taux d’endettement total réserve alors quelques surprises, comme celle de nous révéler la France comme un des pays les moins endettés parmi les grands pays de l’OCDE »
(…) La précarisation du travail et de nouvelles coupes dans les retraites seront (…) justifiées par la « compétitivité » internationale de la France et par des arguments plus ou moins ad hoc sur la démographie. Pourtant, le mouvement d’enrichissement des plus riches est incontestable dans le long terme. C’est ce qui explique pourquoi la majorité des revenus est aujourd’hui comprimée, au point de ne pouvoir maintenir son pouvoir d’achat que par l’endettement.
(…) « On a réussi pour un temps à convaincre les classes moyennes que leur ennemi était les classes populaires, que l’on qualifiait alors de « budgétivore » et de dévoreur d’allocations sociales ».
(…) « Les revenus les plus élevés disposent de centaines de niches fiscales sur lesquelles ils peuvent jouer. Une grande « nuit du 4 août » fiscale ne pourra avoir lieu, du moins pas à court terme, et pas sans des limites drastiques à la circulation des capitaux. Il est indiscutable qu’il faudra progressivement éliminer ces niches fiscales et autres privilèges, mais il ne faut pas attendre de résultats spectaculaires dans l’immédiat. C’est dans la production, et donc au niveau de la formation des revenus, qu’il faudra agir ».
Jacques Sapir constate aussi la faiblesse de l’Europe et juge ses actions bien souvent néfastes :
(…) « L’Europe est épuisée. Elle l’est en tant que mythe. Qui peut encore croire en un approfondissement de sa dimension fédérale alors que l’on s’apprête à abandonner les pays les plus endettés. Mais elle l’est aussi, et très profondément, dans son projet et dans son action. »
(…) « Loin de constituer un écran et une protection, les directives européennes ont souvent été en avance sur l’OMC. En fait, nous nous sommes ouverts massivement du fait de l’Europe et nous en payons aujourd’hui le prix avec le processus de désindustrialisation et avec les diverses formes de délocalisation. »
(…) « L’Union Européenne non seulement n’a pas été un instrument de protection face à la crise, mais, par sa politique macroéconomique comme par sa politique structurelle, elle a été un facteur puissant d’importation de cette crise ».
Enfin, l’économiste propose une piste alternative aux politiques actuellement menées en France et en Europe :
« Une autre politique fiscale est nécessaire et elle implique, pour être efficace, un strict contrôle de la circulation des capitaux à court terme. Ceci aura pour effet de mettre entre parenthèses la zone Euro, mais sans toucher pour l’instant à l’essentiel. Dans la mesure où la France est un exportateur net de capitaux, ce contrôle ne peut être que bénéfique. Cette politique fiscale devra s’accompagner d’importantes et ambitieuses mesures concernant nos infrastructures. Elles viseront à accroître l’efficacité énergétique et réduire l’impact écologique, à améliorer le réseau de transports et à mettre fin à l’appauvrissement de nos services publics, et en premier lieu de l’éducation. La reconstruction de nos villes, dans le dessein d’en améliorer l’écologie sociale et environnementale sera aussi une priorité ».
(…) « Ces mesures (…) posent le problème de leur financement et ne répondent qu’imparfaitement aux urgences de l’heure. La dimension conjoncturelle de cette politique alternative (…) devra avoir deux volets, l’un concernant la taxation des importations et l’autre concernant le domaine de la monnaie. Il conviendra donc, dans un premier temps, d’introduire immédiatement l’équivalent de ce que l’on appelle dans le mouvement syndical européen une « taxe sociale et écologique aux frontières ». Elle pourrait prendre deux noms, « taxe » pour les pays hors de l’UE et « montant compensatoire social et écologique » pour les pays membre de l’UE. Son principe est simple. Il s’agit de prélever sur tout produit entrant en France pour y être consommé ou utilisé la différence qui existe entre la productivité du pays d’origine et la France pour les biens de la branche et le coût salarial total (incluant le salaire direct et les salaires indirects). Le produit de cette taxe serait utilisé temporairement (et cela a beaucoup d’importance) à subventionner certaines de nos exportations. En effet, dans la situation actuelle il ne suffit pas de faire monter les coûts de nos importations mais il faut aussi faire baisser ceux de nos exportations, du moins pour certains produits industriels. Ce faisant nous ne ferions, sous une autre forme, que répondre à la politique allemande du début de la décennie (…) Quand nous arriverons à un accord avec nos partenaires, il est probable que le produit de cette taxe sera affecté à un fonds social et écologique européen ».
(…) « Dans le même temps, il conviendra de modifier le statut de la Banque de France pour d’une part l’autoriser à prendre unilatéralement toute mesure réglementaire conservatoire et d’autre part pour l’autoriser à acheter des bons du Trésor. Nous avons ainsi la condition de financement de la politique structurelle que nous avons évoquée plus haut. Notons que l’on se place toujours dans le cadre de l’Euro. La Banque de France émettrait ainsi des Euros par un simple jeu d’écriture, droit quelle peut parfaitement s’arroger. Cela aurait pour effet de faire baisser le taux de change de l’Euro rapidement. Mais, il est évident que ceci met en cause la zone Euro, et implique des négociations rapides sur son futur. Notons que, dans ce cas, nous serions relativement protégés par un contrôle strict sur les mouvements de capitaux que l’on a déjà évoqués dans le cadre des mesures structurelles. Dès lors, deux solutions se dessinent. Soit nos partenaires de la zone admettent que la BCE doit changer et doit porter sa part de l’endettement public qui a été consenti en contrepartie de sa politique restrictive de la période précédente et du soutien à l’économie durant la crise. C’est donc la BCE qui prendra alors le relais de la Banque de France ainsi ressuscitée. Soit aucun accord n’est possible. Dans ce cas, nous assisterons à l’éclatement de la zone Euro et au retour à la souveraineté monétaire, qui désormais retrouve son plein exercice avec le contrôle des capitaux qui aboutit à rendre sa liberté à la Banque de France en matière de taux d’intérêt. Cependant, cette solution présente pour certains bien plus de dangers que pour nous-mêmes. La probabilité d’une forte réévaluation de la monnaie allemande se profile alors, dans la mesure où elle ne peut plus compter sur les soi-disant mauvais élèves de la zone Euro pour compenser les effets de son excédent commercial. Cette appréciation risque de condamner à terme le modèle allemand, et ce d’autant plus si elle est accompagnée d’une taxe aux frontières. La logique voudrait donc que l’Allemagne accepte une refonte de la zone Euro ».
(…) Il faut à court terme jouer sur des droits de douanes et sur la dimension monétaire pour retrouver le cadre d’une expansion économique tout en provoquant une réduction du poids relatif de la dette. Il faut à long terme réorienter l’investissement en le dégageant de la pression des marchés financiers (d’où le rôle stratégique du contrôle des capitaux) afin de le diriger vers les infrastructures, ce qui implique la mise en sommeil de certaines des directives européennes (mais pas de toutes) ».
« Une telle politique est la seule qui puisse offrir un réel espoir aux classes populaires, qui ont vu leurs revenus stagner depuis maintenant dix ans, mais aussi aux classes moyennes auxquelles elle ouvre la perspective d’un rééquilibrage de la pression fiscale et, via le retour à une forte croissance, d’une reprise de l’ascenseur social. C’est donc autour de cette politique que doit se construire l’alternative politique faisant écho à l’alternative économique. Dès lors, la question du choix du candidat [pour 2012] est relativement secondaire. Elle doit donc être posée après, et non avant, le choix d’une politique et lui être subordonnée. »
Qu’en pensez-vous ?









8 mars 2010 Ã 21:04
Juste et pertinent. Une pâle copie des idées de Jacques Cheminade, qu’on pourra compléter par un développement des infrastructures énergétiques et de transport du continent africain (l’universalisme français), assurant au passage à la république 3 à 4 points de croissance durable supplémentaires.
8 mars 2010 Ã 21:37
Soyons réaliste : l’Euro a vécu, et probablement à plus long terme l’U.E. C’est le début d’un échec, au fond prévisible depuis Maastricht. A noter qu’à peine plus de la moitié seulement des français l’ont accepté sous Mitterrand. Quand fera-t-on confiance au bon sens populaire ? L’Europe était une grande idée, mais mal engagée. Il y a des choses qui ne se décrètent pas. Le retour à la vérité des Economies de chaque pays est en vue.
9 mars 2010 Ã 10:04
Et vous, vous en pensez quoi ? Vous êtes comme votre patronne : Votre avis c’est l’avis de vos lecteurs ????
9 mars 2010 Ã 11:26
Selon Jacques Sapir, il faut donc des solutions radicales pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être d’un avenir radicalement bouché.
Evidemment, j’adhère. Notamment aux deux premiers paragraphes, dans lesquels l’auteur rappelle simplement que les manitous de la finance sont des truands, et que l’Europe n’est que leur complice, obligée ou consentante, le débat reste ouvert.
Dernier épisode de la saga du fric pourri : le referendum en Islande.
Rappel des faits : la banque -en ligne !- Icesave avait récolté chez des épargnants anglais et hollandais 3,9 milliards d’euros. « Epargnants » qui avaient pensé atterrir dans un paradis fiscal, mais qui sont tombés en enfer : les 3,9 milliards se sont évaporés par l’effet de la crise !
Comme les politiques islandais avaient eu l’imbécillité de cautionner Icesave, Angleterre et Hollande ont remboursé les presque 4 milliards à leurs spéculateurs en herbe apprentis-sorciers. Et présentent aujourd’hui la note à l’Islande. Pays pas très riche et peu peuplé. Ces 3,9 milliards à rembourser aux imprudents explorateurs des labyrinthes maudits de la finance sordide représentent 100 euros par mois par citoyen islandais pendant 8 ans !
On comprend que le peuple Islandais a répondu » Non », en pensant même » Merde ».
Dans la deuxième partie de l’analyse présentée, l’auteur avance d’abord un constat d’échec de l’Europe .Tout à fait réaliste : l’Europe de droite a géré la crise de manière libérale, avec en conséquence une nouvelle crise qui se profile à l’horizon, par « effet bulle », çà d trop de liquidités. Trop de liquidités parce que la BCE a créé de l’argent pour renfloué les banques véreuses, ce qui entraîne mathématiquement dévaluation, voire démonétisation.
Ensuite, Jacques Sapir nous invite à un retour au protectionnisme.
Comme j’ai déjà été long, et que c’est loin d’être fini !, la suite dans un deuxième billet.
9 mars 2010 Ã 11:32
(Suite)
Protectionnisme.
Ce serait, uniquement du point de vue économique, une arme à double tranchant, dont le retour de manivelle pourrait donner un effet pire que la cause.
Pourtant, il faut « faire quelque chose » pour éviter les effets pervers du « plombier polonais ». L’Europe est en effet en train de tirer les sa
9 mars 2010 Ã 11:50
(Suite)
Protectionnisme.
Ce serait, uniquement du point de vue économique, une arme à double tranchant, dont le retour de manivelle pourrait donner un effet pire que la cause.
Pourtant, il faut « faire quelque chose » pour éviter les effets pervers du « plombier polonais ». L’Europe est en effet en train de tirer les salaires vers le bas. On peut donc craindre qu’en ouvrant à la Turquie, les salaires en France finissent alignés sur ceux en Turquie.
La question de la dernière chance : et si, au contraire, on alignait, progressivement bien sûr, les salaires en Turquie, en Grèce et ailleurs sur ceux des pays où l’on vit encore un peu mieux ?
Est-ce réalisable ?
Il y a une petite chance que ce soit possible. A la seule condition de mettre définitivement hors d’état de nuire les prédateurs financiers.
C’est ce qui ressort d’une analyse de Jean-Claude Guillebaud, dans le supplément du Nel Obs du 25 février (rubrique « Ecoutez voir ».)
Les traders américains ont reçu en 2009 des bonus plus de 150 fois supérieurs aux subsides du fonds de Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation.
Analyse dans la deuxième partie de ce billet blog :
http://centpenseespourvous.blogspot.com/2010/02/arrogance-et-indecence.html
J.C. Guillebaud a titré sa rubrique du 4 mars « Violences à l’horizon ».
Il n’hésite pas à traiter les banquiers de menteurs et de voleurs.
Et à écrire :
» Que pèseront les dédaigneuses critiques adressées à la radicalité politique d’extrême gauche quand nous serons pour de bon dans les mains des banquiers ? Apercevons-nous le boulevard qu’ouvre durablementr aux terroristes la démence avérée d’un système prétenduement universel ?
Attendons nous à ce qu’elle allume un jour ou l’autre en retour des violences dont nul ne peut prévoir l’ampleur… »
9 mars 2010 Ã 12:00
@ Gérard Éloi : Merci beaucoup pour ces très intéressants compléments !
Amicalement
9 mars 2010 Ã 12:02
( Suite et fin : ce que nous avons raté en 2007…)
Dans son programme 2007, Ségolène Royal proposait tout ce qui est réalisable dans les programmes des Verts (croissance verte) et de l’extrême gauche : reprise du contrôle politique de la BCE,…, ce qui nous aurait permis de vivre l’après-crise autrement.
Hélas, les gens n’ont pas compris. Ou ont cru que la précarité, c’est comme la maladie, ça n’arrive qu’aux autres.
Contrôle de la BCE = une main tendue à l’extrême gauche ?
Indice : en 2002, Arlette Laguiller n’a pas demandé de voter Chirac plutôt que Le Pen. En 2007, elle a demandé de voter Ségolène…
Voici pour conclure la copie d’un long comm que j’ai posté sur un autre blog où quelqu’un s’inquiétait d’une possible inflation, en demandant ce qu’allait faire les socialistes :
« … Voici la copie de la conclusion d’un billet blog daté du 14 octobre 2008.
Toutes les citations qui y sont présentées peuvent être vérifiées. Si l’électorat abêti par les TF 1, P-Match et autres avait adhéré à ces propositions, la France et l’Europe ne seraient pas si bas.
« …Avec d’autres personnalités, Ségolène a signé la motion E, présentée le 23 septembre au conseil national du PS..
En présentant cette motion, Najat Belkacem proclamait :
« Le système financier mondial est en train de s’écraser…Il faut une Révolution démocratique, sociale, écologique, énergétique. Avec un PS radical et exigeant ».
Je crois en cette volonté de Révolution, à son impérieuse nécessité et à sa faisabilité.
Je vais tenter de vous expliquer pourquoi, avec le résultat de ma relecture de propositions, engagements et réalisations, de février 2006 au 9 octobre 2008..
Discours à Paris du 6 février 2007 par S ROYAL
«… Je ne parle pas, bien sûr, du salaire, de l’argent du travail, mais du
profit facile. Pas l’argent du labeur mais le profit rapace…le profit
fainéant. Pas l’argent du risque pris par l’entrepreneur mais celui de la
spéculation. Les profits avides de toujours plus… les marchés sans foi ni loi. Ces profits arrogants qui se
rêvent sans contraintes, sans contrôle, sans contre-pouvoirs…. »
Quelques extraits de ET MAINTENANT édité début 2007 (SRoyal répond à MF
Colombani entre 2005/2006), une annonce dans ce livre du pacte présidentiel qui allait naître de la première démarche de démocratie participative.
« BANQUE CENTRALE: Les pays européens sont partagés entre deux positions. Certains
pensent que la monnaie est une affaire trop compliquée pour être confiée aux
responsables politiques et, à travers eux, aux citoyens. Et d’autres, comme moi,
pensent que la politique doit avoir le dernier mot… »
A noter :dans le pacte présidentiel, Ségolène voulait la reprise du contrôle de la BCE par le monde politique, par les élus, donc. Une BCE qui a donné aux banques privées en difficulté plus de 300 milliards d’euros de juin à fin septembre2008.
Elle dit aussi :..
« … Dans mon pacte présidentiel, je propose d’ailleurs la création de fonds
publics régionaux de participation pour apporter aux PME ces fonds… »
A noter : ce qui est fait dans sa région Poitou-Charentes.
D’un long développement de la mondialisation, je retiens ce passage :
« … La mauvaise mondialisation, c’est la mondialisation subie, mal comprise, mal
accompagnée, celle où la puissance publique renonce à exercer ses
responsabilités. C’est celle où tous les coups sont permis…La bonne
mondialisation, c’est celle qu’encadrent des règles du jeu équitables avec, Ã
l’échelle nationale et internationale, des pouvoirs publics capables de les
faire respecter dans l’intérêt bien compris de tous…. »
Je tiens aussi à rappeler l’importance dans le pacte présidentiel de la liaison économie-écologie. Des économies grâce à des économies d’énergie, de nouveaux emplois, de nouvelles entreprises, grâce aux nouvelles énergies.
Quelques actions et déclarations plus récentes, avant de conclure.
Discours du 2 octobre à Athènes, la gauche et la mondialisation, visible sur DA, rubrique actualités) :
Elle démontre d’abord le mécanisme du vertigineux dérapage bien prévisible :
« En 1971, 18 milliards étaient échangé chaque jour. Aujourd’hui, ce sont 1800 milliards…
La sphère financière s’est affranchie de l’économie réelle… »
Elle dénonce l’échec de la mondialisation financière et le deficit démocratique de la mondialisation,
Avant de poser une grave question :
« Faut-il sauver le système, ou le changer ?
Dilemme :
-Soit nous renflouons les banques coupables d’un aveuglement sans mesure…
-Soit nous refusons…
Pour dépasser ce dilemme, je propose une condition radicale, immédiate et non négociable : l’intervention publique doit être conditionnée à une révolution en profondeur du système financier international ».
Remarque ; cette condition radicale est à mettre en parallèle avec ce qui était prévu dans le pacte présidentiel pour lutter contre les délocalisations sauvages d’entreprises.
Elle cause, elle cause…Et elle cause bien, pour une Femme dont on a médit qu’elle n’avait pas d’idées !
Et elle agit aussi !
Voir sur DA son billet, rubrique « blog », du 9 octobre,
« Les Régions tentent de lutter contre la crise ».
En Poitou-Charentes, trois grands axes :
-Innovation, çà d recherche, créativité,…un seul exemples, ces récentes voitures électriques performantes.
-Aider les entreprises à investir, grâce aux fonds régionaux de garantie.
-Réconcilier croissance économique avec écologie et social. Prêtsà taux zéro pour les rénovations d’habitation, développement des techniques photovoltaïques,…
MA CONCLUSION, sans développer « Si la gauche veut des idées »
récente publication d’après les échanges avec le sociologue Alain TOURAINE, que
je vous invite à lire, j’insiste sur l’importance des propositions de la motion,
METTONS FIN A LA DERIVE SPECULATIVE DES MARCHES FINANCIERS
« Dans ce cadre nous proposons:
Interdire aux fonds spéculatifs d’engager plus d’argent que ne le permettent
leurs réserves (cette interdiction existant déjà pour les banques);
Confier le contrôle des institutions finacières européennes à la BCE.
Lutter contre les paradis fiscaux et le blanchiment d’argent sale par une
politique plus répressive. »
Nous savons que cette crise est grave. Un remède est urgent, contre la spirale des faillites, du chômage, …qui s’emballe.
NOTRE CHOIX DU 6 NOVEMBRE : PRISE DE CONSCIENCE….CAPITALE.
En dernière minute, les six propositions de l’équipe de Ségolène pour lutter contre la crise :
Des propositions contre la crise financière
:
1. Créer un ministère franco-allemand de l’économie préfigurant un futur gouvernement économique de la zone euro.
2. Agir pour le pouvoir d’achat en révolutionnant la fiscalité française.
3. Pour soutenir et accompagner les entreprises dans leur développement, constituer une véritable banque publique.
4. Imposer à l’ensemble des acteurs financiers le respect de la réglementation dite de Bâle 2.
5. Agir contre les paradis fiscaux.
6. Contraindre les banques à conserver dans leurs bilans les créances qu’elles revendent aujourd’hui à d’autres acteurs financiers.
Merci de votre attention. »
Lien pour le billet, et pour les précédents sur le même thème :
http://centpenseespourvous.blogspot.com/2008/10/notre-motion-e.html
http://centpenseespourvous.blogspot.com/2008/10/arnaque-financiere.html
http://centpenseespourvous.blogspot.com/2008/10/ils-ont-trinqu.html
9 mars 2010 Ã 12:03
Je suis heureux que tu estimes in téressants ces compléments d’info, Jean-Louis.
Amicalement
GE
9 mars 2010 Ã 19:34
Je suis 100% d’accord avec M. Sapir pour redonner pouvoir à l’Etat d’obtenir de la monnaie auprès de la Banque de France, l’investir dans les infrastructure économique et humaines, et faire un protectionnisme intelligent.
Mais il faut aller plus loin et voir global! Il s’agit ici en réalité de défendre un système de crédit contre le système monétariste où l’argent est une donnée objective et sacrée. Mais ca ne pourra se faire chacun dans son coin: il faut réunir les pays autour de cette idée et se mettre d’accord pour une relance massive des technologies de pointes et de la recherche fondamentale, qui permettront un retour au plein emploi avec des emplois qualifiés, pas des « jobs » à 6 euros de l’heure dans le tertiaire, et le développement intégral des pays pauvres et en développement.
9 mars 2010 Ã 19:55
Une seule chose est certaine : avant de pouvoir faire quoi que ce soit, il faut sortir de l’UE, ligotée par le traité de Lisbonne : pour rendre aux banques centrales leur droit à battre monnaie, c’est indispensable (article 115 je crois).
Cela implique qu’une vraie Gauche revienne aux manettes. Souhaitons-lui bonne chance !
10 mars 2010 Ã 17:30
moi aussi je suis au PS, et je suis surpris du nombre de socialistes qui estiment les paroles de Jacques Sapir, de Jacques Généreux et d’autres Jacques du même genre. Beaucoup avaient voté non en 2005, j’avoue que je n’avais pas voté, ne pouvant me décidé, mais j’avais tenu un bureau de vote – à défaut.
11 mars 2010 Ã 21:32
Ben moi, je ne suis pas choqué, plutôt agréablement surpris qu’enfin on donne leur chance à des économistes qui, même s’il ont voté non en 2005 (je ne crois pas que ce soit une tare, puisque la majorité des français ont voté dans le même sens), n’ont pas peur d’aller à contre-courant. En fait, quand je vois le résultat des économistes et autres analystes officiels, ça m’encourage même à aller voir en profondeur ce que ces « atypiques »racontent…
Pour ma part, je trouve que l’analyse de M. Sapir est très compétente et que ce qu’il propose est sensé, mais ça demanderait pas mal de courage et de remise en cause aux socialistes pour mettre ce qu’il propose en place (réforme des institutions européennes, protectionnisme anti-libéral, retour à une banque émettrice contrôlée par les politiques…).
Après, ne s’en porteraient-ils (ainsi que le pays) pas mieux…