Croissance et actifs publics
Ici, je voudrais répondre à plusieurs interventions d’internautes s’interrogeant sur la décroissance et sur d’éventuelles renationalisations, suite à mes propositions sur les retraites.
Si notre modèle de croissance a effectivement montré toutes ses limites dans la dernière période, je ne crois pas du tout que notre salut viendra dune quelconque décroissance, car pour mieux partager les richesses mieux vaut continuer d’en produire, surtout si nous envisageons notre absolu devoir de solidarité envers les pays du Sud qui aspirent, bien légitimement, à sortir de leur misère.
Pour ce qui de possibles renationalisations, le débat est en effet à ouvrir mais il est malheureusement souvent trop tard. Car comment l’État peut-il racheter aujourd’hui ce qu’il a vendu ? Sans doute en s’endettant et en élevant les impôts, donc en engageant un nouveau cercle vicieux.
Nous avions, dans les années 90, imaginé justement d’affecter les actifs publics à une garantie des retraites. Mais la droite a largement privatisé et, vingt ans après, la France se trouve démunie de ce moyen de bon sens consistant à affecter le patrimoine du pays à la retraite de nos concitoyens.
Comme ces derniers ne peuvent pas payer deux fois, il va bien faloir trouver des voies plus justes et plus efficaces.









25 mai 2010 à 14:09
Il semble impossible de revenir en arrière quant aux privatisations, Jean-Louis.
Il n’empêche que l’eau aurait dû rester un service public. Privatisé avec Veolia. Est-il décent que la retraite du PDG de Veolia dépasse le million d’euros par an ?
Est-il décent que l’ancien PDG de la Générale, qui n’a surmonté la crise que par une veule mendicité, ait aussi une retraite de plus d’un million par an ?
Il n’est évidemment pas envisageable de racheter en période de crise sévère ce qui avait été vendu en période d’inconscience. Mais si des malversations sont constatées, par exempe détournement de fonds publics dans des magouilles privées, il me semble équitable de (re)nationaliser par la force ce qui a sévèrement dérapé.
Ce qui semble le cas de Veolia (revoir le combat de Danièle Mitterrand), et de toutes les banques ( revoir ton billet « Grèce-Goldman Sachs »).
Il y a du fric. Mais il reste réservé à une infime minorité d’intouchables. On les bouscule, ou ils continuent d’asphyxier impunément tout ce qui n’est pas de leur caste…Jusqu’à ce que ceux qui n’ont plus rien à perdre décident de se lever.
26 mai 2010 à 1:15
Bonjour à tous,
Il ne conviendrait pas, effectivement, de renationaliser en période de récession. Mais d’une manière générale, il ne faudra renationaliser que lorsque le système financier aura été assujetti au contrôle strict d’une institution internationale chargée d’appliquer un nouveau paradigme monétaire incontestable.
Il ne faut plus tolérer ce modèle ultralibéral ayant pour jeu la financiarisation des ‘vases communicants’ profits contre pertes. Le prétexte fallacieux, qui prétend générer un financement accru supposé favorable au développement de l’économie réelle, permet de soutirer des bénéfices par le biais de pseudo-valeurs sur le marché boursier. Pseudo-valeurs parce que l’industrie des valeurs corrompues a pignon sur rue, elle pratique le recyclage obscur. En réalité l’économie réelle finit par se retrouver contrainte de socialiser les pertes ! Quant à l’économie virtuelle, qui spécule sous toutes ses formes, elle privatise allègrement les gains tirés de la diffusion de ses pots pourris. Il faut donc mettre fin aux enrichissements par emprunts adossés sur actifs quasi nuls, voire contaminés, qui créent virtuellement de l’inflation, laquelle en Europe est mécaniquement contenue par le truchement de la BCE régulateur bancaire sur le dos de tous européens non banquiers ou assimilés. Aux USA, le dollar par son statut de quasi monnaie de référence mondiale exploite sa diffusion prépondérante. Il est ’too big to fail’ : càd que l’économie mondiale s’effondrerait s’il venait à défaillir. Ceci doit alimenter les sueurs froides des responsables des institutions financières internationales dont le FMI, la Banque Mondiale. Par les bons du trésor émis, les États-Unis donnent le change aux partenaires croulant sous les réserves de billets verts en les leur empruntant, pour combler la dette gigantesque américaine : rééchelonnement permanent de la dette. Les pays émergents à forte croissance ne peuvent se risquer à lâcher la réserve dominante sous peine de voir le château de carte monétaire mondial s’écrouler, perspective similaire à celle de novembre 2008 quand il fallut sauver les banques exsangues.
Amicalement
26 mai 2010 à 19:25
Bien sûr qu’il faudra renationaliser! Mais pas tout bien sûr. Mais constituer un pôle public bancaire, énergétique, eau semble indispensable dans un ordre mondial libéral.
Il ne faut pas commencer par partir perdant! En Amérique du sud ils sont en train de remettre la min sur leurs richesse de manière autoritaire mais efficaces. Il est temps que le peuple français récupère ses biens publics. Et s’il faut envisager l’autorité il le faudra. Car de toutes façons il faudra bien d’une façon ou d’une autre s’attaquer à l’ordre mondial libéral:
http://lesouffledivin.wordpress.com/2010/05/26/aux-bisounours-de-la-politique/