Ouf ! La zone euro est sauvée…
Trop peu trop tard.
C’est le principal reproche que l’on peut faire à l’action des gouvernements face à la crise grecque. Depuis le week-end dernier, le compte y est, semble-t-il.
La banque centrale européenne a mangé son chapeau. Elle accepte aujourd’hui ce qu’elle refusait catégoriquement hier : intervenir directement pour financer la dette publique des pays en difficulté. Tant mieux si on oublie pour un temps les dogmes monétaristes.
Reste que :
1) Pourquoi le déficit grec de 13,6% du PIB est-il inacceptable alors que les Etats-Unis sont à 10,5%, l’Espagne à 11,5%, l’Irlande à 12%, le Royaume-Uni à 14,5% ?
2) Il faut de toute manière que les pays résorbent leurs déficits et réalisent une croissance suffisante pour ne plus être étranglés par la spirale infernale du remboursement des intérêts de la dette.
3) Pour sortir des déséquilibres, n’y a t-il vraiment aucune alternative aux plans d’austérité qui font payer aux peuples la facture des fautes des banques et des gouvernements ?
4) Sommes-nous prêts à être sérieux quand nous parlons de gouvernement économique de l’Union européenne (zone €uro), c’est à dire accepter un pilotage fédéral des budgets nationaux ?









11 mai 2010 à 11:03
Question 1) Le Royaume Uni a une « dérogation perpétuelle » pour ne pas accepter l’euro. Donc n’est pas plus concerné que les USA,…Tandis que la Grèce veut se maintenir dans cette zone euro.
( Question subsidiaire : pourquoi dans l’UE reste-t-il permis d’interdire l’euro, comme en Gr. Bretagne, alors qu’ils est interdit d’interdire certains OGM ? )
2) Il faudrait résorber les deficits. Bon sens élémentaire.
Mais dans les 750 milliards de « fonds européeens pour la Grèce et les autres crises à venir », il y a…des emprunts sur le marché !
UE et Etats ont renfloué les banques privées suite à la crise provoquée par les dérapages de ces banques. Maintenant, cette UE et ces mêmes Etats vont emprunter à ces mêmes banques privées !
Il y a comme un défaut…Un cercle infernal d’absurdité.
Les Etats continuent de subir la dictature des marchés.
3) Autre alternative : nationalisation des banques où l’on a constaté des dérapages.
Un dérapage = confusion entre argent en dépôt et opérations spéculatives.
Un dérapage = affaire Kerviel…
Un dérapage = Goldman Sachs et le pillage de la Grèce.
Mais ni la France ni l’UE ne pourraient nationaliser une banque américaine ? Donc, parade : déclarer nulles et malvenues les dettes envers les banques US.
On parle bien d’indépendance énergétique, pourquoi pas d’indépendance financière ?
4) Tant que l’Europe est à droite, non merci.
Car le programme d’austérité du gouvernement économique de l’UE sera d’aligner le salaire du plombier français sur celui de son homologue polonais. Ensuite, progressivement, mondialisation oblige, celui du monteur de pneu français sur celui de son lointain collègue tunisien…
Il me semble, à moins que je sois resté trop idéaliste, que les valeurs de Gauche sont censées prôner exactement l’inverse ?
Voilà des pensées bien radicales, Jean-Louis…
En effet, la seule citation qui trotte dans ma tête reste celle-ci :
» A l’heure où les marchés financiers s’effondrent, il faut une Révolution démocratique, sociale, économique et énergétique, avec un PS radical et exigeantl ».
11 mai 2010 à 12:16
Je pense que pour être sérieux, il faut absolument arrêter ce jeu de massacre ridicule, et casser le Marché (avec un grand M). Deux choses, à décider entre Nations :
1 – fermer partout les marchés financiers, leur enlever toute légitimité au niveau des fonds qui vont redevenir souverains réellement
2 – décider au niveau de l’ONU que toutes les dettes d’États, souvent entrecroisées, sont nulles et non avenues, y compris les intérêts courus. Des pays comme les USA y trouveront leur compte, mais aussi tous les petits pays du Sud, étranglés par les emprunts contractés par exemple auprès du FMI.
Tout cela est d’autant plus facile, que ces dettes la plupart du temps ne correspondent à rien de concret : ce sera juste un assainissement général.
Et si des traders récalcitrants, ou leurs supérieurs, continuent, la prison pour crime contre la sûreté de l’État. Non, mais !
11 mai 2010 à 17:24
La parole est au député du 54:
http://christianeckert.over-blog.com/article-la-gouvernance-economique-en-europe-le-piege-50189279.html
12 mai 2010 à 17:13
Il serait pourtant si simple que la Grèce rebatte sa propre monnaie. avec une drachme dévaluée, elle pourrait retrouver les mains libres, quitte à ce que ce vilain canard soit exclu de la zone Euro qui ne la protège pas du tout des désordres sociaux. Et, bon exemple, à chacun sa monnaie avec, si on veut un Euro commun, comme le préconise Fédéric Lordon, Jacques Sapir, et d’autres…