Le spectacle de la déconfiture
Alors même que Ségolène Royal s’est refusée à s’en prendre à un homme (Éric Wœrth) pour s’en prendre à une politique générale qualifiée avec raison d’indécente, l’UMP et ses portes-flingues réagissent avec une violence rarement égalée à l’égard de l’ancienne candidate socialiste à la présidence de la République.
Cette panique à droite traduit la réalité d’un pouvoir qui refuse de répondre aux questions lors même qu’il commet d’inacceptables manquements à l’éthique républicaine.
Les réactions faussement indignées, surjouées et totalement disproportionnées des élus UMP constituent un véritable aveu de la dérive clanique du pouvoir.









30 juin 2010 à 16:56
Leur attitude outrancière est la preuve , s’il en était besoin, que S.Royal est la candidate éventuelle aux présidentielles de 2012 la plus redoutée de N. Sarkozy.
30 juin 2010 à 17:00
On ne peut pas d’un côté se mêler des affaires footballistiques en réunissant une commission parlementaire pour faire toute la lumière sur l’échec des Bleus alors que dans le même temps l’UMP fait bloc derrière son ministre pour qu’aucune enquête ne soit diligenter !
Oui le système Sarkozy est corrompu et il n’y a qu’avec les mots de Ségolène Royal qu’il prend toute sa force.
30 juin 2010 à 18:33
Excellente intervention publique de Ségolène Royal! C’est exactement comme cela qu’on l’aime et qu’elle a crée son lien direct avec le peuple. Elle est inimitable dans le genre car elle ose aller droit au but:
http://www.fraternite-royal.com/article-segolene-royal-change-enfin-de-strategie-et-sort-du-silence-53208599.html
30 juin 2010 à 22:57
Lu dans Le Point
« …Dans les coulisses (du PS), la tempête soulevée par la présidente de Poitou-Charentes ne convainc guère : « La tonalité de Ségolène Royal est une erreur », estime un haut responsable socialiste qui met en garde contre « tout populisme qui permettrait la renaissance du tous pourris ».
« C’est malheureusement ses vieux penchants populistes », elle croit qu’ »elle ne sera pas emportée dans un tourbillon de boue » de « critique globale de la démocratie », mais « c’est une erreur absolue », renchérit un autre ténor.
Qu »en pensez vous?
1 juillet 2010 à 8:08
C’est complètement dingue, ces réactions en interne!
A l’AG de ma circonscription, on entend encore des refrains du genre évoqué par PSchitt….Quand cela finira-t’il par faire pschittttt…?
Au nom de la vocation du PS à être un parti-de-gouvernement…il faudrait se garder de toute démagogie (suivez mon regard vers le Poitou…!)…et donc ne pas dénoncer la corruption, accepter, sinon favoriser les combinazzzions, se garder de toute transparence….accepter que des territoires entiers votent à 60 % PS sans aucune visibilité du PS à l’horizon, – sans visage humain PS local! – mais avec des vieux briscards cumulards aux commandes depuis des dizaines d’années par tous les moyens…
Il y a vraiment à se poser la question de « parti-de-gouvernement »!
Que les partis aient vocation à « produire » des gouvernants, c’est logique.
Mais un parti devrait rester indépendant du pouvoir en tout temps, et rester critique, surtout à l’égard des siens quand ils sont aux commandes, étant entendu qu’un gouvernement doit respecter, dans son rôle, l’ensemble des intérêts de la population et de l’Etat.
En plus, ces « évaluations » d’erreur absolue, de faute grave…commencent à bien faire, dans la mesure où elle ont comme cible privilégiée les camarades femmes: déjà la semaine dernière, le sliding tackle de M. Rocard dans les talons de M. Aubry à propos de la retraite soixante ans, le jour même des manifs (voir mon post sur « une marée de manifestants » chez Michèle Delaunay)…
A quand la prochaine carte jaune?!
Il reste décidément des problèmes relationnels indécrottables, au PS.
1 juillet 2010 à 11:16
Le terme “populisme” mérite d’être réhabilité dans le langage politique Français. Je trouve dommage qu’il soit devenu un gros mot associé immédiatement au lepénisme et au poujadisme.
Par définition, le pouvoir politique en démocratie relève de la consécration par le peuple au moyen d’élections libres. Les responsables élus le sont pour représenter les intérêts du peuple. La démocratie induit un « devoir de populisme ». Lorsque l’électorat perçoit le pouvoir politique comme peu soucieux de ces intérêts du peuple, c’est la démocratie qui s’en retrouve menacée dans ses fondements, par le fait que la population se distancie du politique et, notamment, se démobilise pour les élections.
En fait je trouve que l’utilisation du mot pour qualifier les rhétoriques lepéniste et poujadistes est inappropriée. Ce sont des rhétoriques de division qui visent à opposer un « vrai peuple » à une certaine catégorie qu’on cherche à exclure (par exemple : « Français de souche » vs. Issus de l’immigration).
Le bon populisme est inclusif. Il se réclame du peuple entier en refusant la division.
Ségolène Royal, dans sa rhétorique, est très proche d’Alan Grayson, Congressman Américain représentant l’aile gauche du Parti Démocrate, qui n’hésite jamais à utiliser le ton le plus virulent pour dénoncer tout ce qui représente une certaine élite totalement déconnectée de la vie réelle des gens et qui se livre sans vergogne à une déprédation du bien public (Wall Street, La Fed…). Alan Grayson n’a aucun complexe pour affirmer son populisme. « Le populisme est populaire » dit-il même. C’est de cette manière que cet ultra progressiste parvient à se faire élire largement dans une circonscription aux valeurs traditionnellement très Républicaines en tenant un discours largement plus à gauche que la moyenne Démocrate.
Les réactions de ces « hauts responsables socialistes » qui cherchent à se démarquer des propos de Ségolène Royal sont symptomatiques du mal qui ronge le PS depuis la fin des années Mitterrand : une méfiance, voire une peur panique du peuple. Le PS n’échappe pas à la logique profondément élitiste du système politique Français, qui tient le peuple pour une dangereuse masse obscurantiste (le fameux « les Français sont des veaux ! » de qui vous savez…). Si cette attitude est compréhensible pour un parti de droite, elle est terriblement repoussante et suicidaire de la part de la gauche.
Le problème n’est pas que « Tous pourris !» fait écho à Le Pen, c’est que la classe politique Française et son complice, le microcosme médiatico-financier Parisien ne font pas grand-chose pour prouver le contraire. Le concept d’ « accountability » chère à M. Obama n’est pas encore entré dans les mœurs françaises. D’où cette idée d’un « système corrompu » comme le dénonce très justement Ségolène Royal. Lorsque les détenteurs de l’autorité républicaine n’ont pas conscience de devoir des comptes au public qui les ont élus, la porte est ouverte aux dérives et aux abus les plus indécents.
Demander que les politiques rendent des comptes publics sur leurs comportements et que leurs actes aient les conséquences qu’il se doit est peut-être populiste, sans doute même. Mais c’est avant tout le garde-fou d’une démocratie.
Ségolène, ainsi qu’Arnaud Montebourg ont tout compris. Ce qui est terrifiant c’est qu’ils soient aussi isolés dans leur position.
1 juillet 2010 à 13:25
Ah les « ténors » du PS! Alors selon eux par peur d’être accusés de populisme il faut se résigner? Qu’ils ne comptent pas sur moi.
Ils ont semble-t-il oublié que dans « populisme » il y a PEUPLE ce peuple qu’ils savent si bien tenir à distance . Ce n’est pas Ségolène Royal qui entretient le « tous pourris » mais eux.
Le parti ne changera pas vraiment (en dépit des déclarations officielles et des efforts de Martine Aubry)tant que cet état d’esprit régnera à Solférino.
Et puis comme Alphonse je trouve qu’il y a des relents de machisme chez certains ( je visite souvent le blog réactif et parfois jubilatoire de M.Delaunay)
1 juillet 2010 à 14:07
Quand le PS va t -il se réveiller … et comprendre l’erreur qu’a été son non soutien à celle qui peut faire revenir la Gauche au pouvoir avec plus de justice et de fraternité entourée de tous les talents nécessaires , quel dommage surtout pour les plus faibles que ne sont pas les ténors !!
1 juillet 2010 à 15:26
Le problème, pour Royal, est qu’elle a une redoutable concurrente sur ce créneau apparemment très porteur du « tous pourris », c’est… Marine Le Pen.
Comme disait son père, les français préfèreront toujours l’original à la copie.
C’est à craindre.
1 juillet 2010 à 15:51
Apparemment, il lui restait encore du chitt…
Mais le Point et toujours assez instructif.
1 juillet 2010 à 16:13
@ Pschitt,
Pour troller avec de tels « arguments », tu es mandaté par l’ UMP ou le FN ?
Ou les deux auraient-ils fusionné « en cachette », comme furent longtemps secrets les accords Hitler-Staline ?
1 juillet 2010 à 17:30
@ Bernard San Gil : Très intéressante analyse ! Merci
1 juillet 2010 à 19:33
Oui je plussoie aussi cette analyse de Bernard car c’est exactement ce qui mine ce parti de notables et d’élus, lui-même fort corrompu aussi lorsqu’il se retrouve au pouvoir.
Seule Ségolène Royal a la légitimité nécessaire pour incarner le changement vers une politique plus proche des citoyens. Elle n’est affidé à aucun lobby, aucune puissance d’argent, aucune société secrète ce qui n’est pas le cas de tous cette élite du PS. C’est bien pourquoi elle ne devra aucunement se sacrifier au nom du collectif socialiste! C’est elle qu’on veut et pas DSK ou Aubry: http://www.fraternite-royal.com/article-segolene-royal-doit-elle-se-sacrifier-au-nom-du-collectif-socialiste-53270490.html
2 juillet 2010 à 9:22
En matière de dérive clanique je suis tombé sur ça.
http://www.rmc.fr/editorial/115753/la-deputee-sylvie-andrieux-bientot-convoquee-chez-le-juge/
Qu’en pensez vous?
3 juillet 2010 à 20:06
Bonjour à tous,
Il faudrait s’entendre sur l’usage du terme « populisme » qui a été consacré par l’analyse politique à dénoncer l’exploitation « politique » systématique des instincts les plus bas.
Or, Ségolène Royal se fait un devoir de ne pas entrer dans le jeu des manœuvres politiques avilissantes qui n’ont rien à envier aux bas instincts. Bien au contraire, elle s’emploie à vulgariser la connaissance afin que tout un chacun comprenne les mécanismes politiques et économiques. Mais vulgarisation ne veut pas dire communiquer dans la vulgarité.
Dirigées contre elle, toutes les fastueuses rodomontades donnent corps précisément à une éclatante opération de vulgarité populiste. Car dans ce cas il s’agit bien de déballage vulgaire, ce raccourci homicide tueur de la démocratie.
La valeur certaine est, démocratiquement parlant, consacrer son énergie à la sauvegarde du peuple : « la solution et non pas le problème » si je peux me permettre de paraphraser ainsi Ségolène.
Amicalement.