Moins d’élèves par classe = plus de réussite
Alors que le gouvernement sacrifie la réussite scolaire, une très intéressante étude de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire (publiée en 2006) démontre qu’une réduction de la taille des classes dans les établissements défavorisés aurait un effet sensible sur les résultats scolaires.
Étude largement occultée par le ministère de l’Éducation !
Tous ses résultats ont pourtant été validés par la direction de l’évaluation et de la prospective, et si les exemplaires papiers ont été « mis au pilon » par l’ancien ministre de l’Éducation Gilles de Robien, la version électronique est consultable sur Internet (en cliquant ici).
Cette étude constate également que la dépense publique est moindre pour un élève de lycée ZEP que pour un lycée en zone favorisée. Alors que dans ces derniers les professeurs agrégés sont nombreux, beaucoup de contractuels tournent dans les zones défavorisées, où l’on trouver peu d’agrégés et une faible ancienneté moyenne des enseignants.









6 juin 2010 à 0:14
Je suis enseignante en Creuse … c’est très variable certaines classes sont surchargées alors que d’autres écoles comme la mienne, se battent pour sauver leur petite structure « familiale « , environ 55 élèves pour 3 classes … on veut nous regrouper en grands groupes qu’on appelle EPEP … on y perdra notre âme … actuellement, nous sommes tous très fatigués par un travail de sape permanent .. des réunions entre élus et administration dont on ne sait rien … de la paperasse administrative en veux-tu en voilà … depuis trois semaines, je suis en stage de formation … enfin presque…! dans une salle-placard pour laisser ma classe libre à une jeune stagiaire… ils n’ont plus d’argent pour payer ma formation … nous sommes démoralisés, abattus, sans perspective, malmenés de grève en grève, je ne crois plus en mon métier …on vient de nous enlever la radiothérapie de l’hôpital … je crois qu’on va nous rayer purement et simplement de la carte …
mon seul espoir était incarné par Ségolène … même ça …!
Bientôt, nous n’allons même plus oser vivre … nous nous efforcerons juste d’essayer de durer …
6 juin 2010 à 0:35
@ Noisette,
J’ai connu aussi, en 35 ans de carrière dans l’enseignement spécial, des périodes très difficiles à presque impossibles à vivre.
Pourtant (j’ai eu de la chance…), j’ai terminé par cinq années formidables.
Mais retraite anticipée fin 2005 pour cause de maladie grave. Et j’ai gardé le contact avec mes collègues, je participe encore (un peu) à la préparation de quelques activités parascolaires.
Souvent, ça ne va pas, Noisette. Et aujourd’hui tout continue de se dégrader ( suppression d’un fonctionnaire sur deux…). Mais des fois, on ne comprend pas forcément pourquoi, ça va !
J’espère que tu retrouveras aussi des satisfactions. Sarkozy n’est pas éternel : plus que deux ans…
Bon courage, chère collègue.
8 juin 2010 à 15:16
Pour réduire le nombre d’élèves par classe, ne serait-il pas plus simple de supprimer le redoublement !
Chacun sait qu’il ne sert à rien (en tous cas pour l’élève en cause) de redoubler et que cela coûte finalement une fortune au pays.
Peut-être tellement évident et si facile à mettre en œuvre que personne n’y pense…
8 juin 2010 à 16:42
@ Pierre,
Je ne pense pas que supprimer le redoublement puisse être la panacée.
« …ne sert à rien… » : mais servirait-il à quelque chose qu’un jeune « largué » accumule les manquements dans la classe supérieure ?
Mes deux fils ont redoublé. Et ça leur a servi à quelque chose : ils sont « arrivés au bout ». Aujourd’hui, l’un est prof de math, l’autre informaticien !
24 juin 2010 à 23:26
Bonjour, j’ai rebondi sur ce billet sur mon blog. En substance, je suis d’accord, mais on peut aussi déduire des études (dont celle de Piketty-Valdenaire) qu’il est possible d’augmenter la taille des classes par rapport à la situation actuelle – certes pas partout, et pas dans les conditions actuelles d’indiscipline dans les collèges, amha.
12 septembre 2011 à 11:55
Bonjour
Enseignant depuis une trentaine d’années et ayant vu tous les cas de figure j’ai toujours constaté une incidence du nombre d’élèves sur les résultats des élèves mais aussi sur les rapports avec ces mêmes élève ainsi qu’à l’aide que l’on peut apporter aux enfants en difficulté. Mais est-on sûr que le redoublement ne sert à rien comme il est dit ? Le pari du redoublement c’est de permettre à un élève qui a des difficultés de faire le programme, prévu en un certains nombre d’années, dans un temps plus long. Or il n’existe pas d’étude montrant le bénéfice(ou le non bénéfice) du redoublement. Si on prend le programme PISA il interroge sur des compétences sensées être acquises à 15 ans et les épreuves sont passées l’année des 15 ans. Il me parait évident qu’un élève qui a redoublé 1 an, voire 2 ans ne peut pas avoir acquis les compétences attendues dans la mesure ou il ne les a pas appréhendées (rappelez vous il à 1 ou 2 ans de retard). Donc CQFD : le redoublement ne sert à rien. Mais que se passerait-il si cet enfant était évalué non à 15 ans mais une fois le cursus scolaire terminé ? Il est probable que ses résultats seraient meilleurs, surtout si le redoublement n’était pas présenté de façon stigmatisante (si tu ne travaille pas tu vas redoubler !!!) mais comme une chance offerte. En Finlande, bonne élève selon PISA, l’élève qui a des difficultés est pris en charge (externalisé) dans un groupe à petit effectif ou il va essayer de compenser ses difficultés. Est-ce à dire que ses petits camarades du grand groupe vont sagement attendre ou vont-ils continuer à progresser… Il est probable que les élèves auront avancé et qu’il aura pris un peu de retard qui se retrouvera plus tard dans sa scolarité. En Corée du sud, autre bon élève au sens de PISA, ce sont les parents qui compensent à grand frais les difficultés de leurs enfants en leur faisant faire un grand nombre d’heures supplémentaires encadrées le matin avant d’aller à l’école ou le soir… Est-ce une meilleure solution ? Rappelons aussi que les remèdes précédents ont aussi un cout non négligeable et qu’ils impliquent des choix de sociétés donc des choix politiques