
Tony Blair
Les mémoires de Tony Blair viennent de paraître chez Albin Michel. L’ouvrage est long, parfois mal écrit, mais très intéressant pour comprendre l’homme et son action.
Même si ce n’est pas politiquement correct de le dire, je suis convaincu que Tony Blair est sur certains points un homme de gauche. Bien sur je n’oublie pas son engagement sur l’Irak. Mais son bilan comporte certains aspects – je ne dis pas touts les aspects – loin de là – positifs : investissements dans l’éducation et la santé, réduction de la pauvreté par exemple. En revanche il est fascinant de voir à quel point la notion de service public lui est étrangère. Pour lui, la principale différence entre le public et le privé est que « le public est gratuit ».
Il analyse très bien le fonctionnement des medias : «Quand ils sont bien disposés à notre égard, ils vous pardonnent tout. Mais que le vent vienne à tourner, c’est comme si vous vouliez remonter un fleuve à contre-courant ». Sur les difficultés de l’action politique, il cite Mario Cuomo, l’ancien maire de New York : « On fait campagne en vers. Mais on gouverne en prose ». Il analyse d’une manière originale l’évolution de nos sociétés : « une fois les changements opérés et enracinés, ils se transforment en traditions ». Il n’emploie évidemment pas le mot, mais c’est exactement ce que nous appelons en France « les acquis sociaux ».
Un dernier mot sur la démarche qui l’a conduit, avec d’autres, à construire le New Labour. « J’essayais de voir le Labour comme nous voyaient les électeurs ordinaires. Tel qu’on nous voyait, nous étions un parti d’opposition et non un parti de gouvernement ».






