« Il faut que cette campagne soit une campagne pour un talent, une personnalité, une vision »
Je vous invite à lire l’interview que j’ai accordé hier à RFI :
« Frédéric RIVIERE, vous recevez ce matin le député socialiste Jean-Louis BIANCO.
(…)
Frédéric RIVIERE
Ségolène ROYAL et Martine AUBRY ont tenues hier soir un meeting commun à Poitiers. Quel sens faut-il donner à cette opération, est-ce que c’est la stratégie anti-HOLLANDE qui se met en place ?
Jean-Louis BIANCO
Je crois que ce n’est pas du tout cela, c’est une rencontre qui était prévue de longue date. Pour l’instant on en est au stade du projet. Les socialistes ont adopté dans leur section, dans leur fédération, un projet qui est un projet solide, qui est un projet novateur avec une énorme majorité donc on a été capable de se rassembler. Après cela je crois que la vraie campagne des primaires va commencer. Ce que les gens de gauche, qui veulent participer, il faut rappeler aux Françaises et aux Français qu’on peut participer sans être adhérent du parti socialiste, qu’il en coûte simplement un euro, c’est la personnalité, c’est la force, c’est la vision, c’est ça qui compte et tout ce qui serait des calculs front anti-hollande ou autre chose, serait absolument dérisoire. Il faut que cette campagne soit une campagne pour un talent, une personnalité, une vision et moi j’attends que cela s’exprime et pas une campagne contre.
Frédéric RIVIERE
Cette alliance en quelque sorte entre ROYAL et AUBRY signifie-t-elle que Ségolène ROYAL aurait renoncé à être candidate ?
Jean-Louis BIANCO
Ce n’est pas une alliance, Ségolène ROYAL défend partout depuis des semaines le projet socialiste. Et ma conviction personnelle est que Ségolène ROYAL ira jusqu’au bout de sa candidature pour les primaires parce qu’elle a la conviction qu’elle représente quelque chose, qu’elle a des qualités qui lui permettent de concourir.
Frédéric RIVIERE
Pour Laurent FABIUS, qui a explicitement soutenu la candidature de Martine AUBRY hier, le futur candidat doit avoir des qualités, je le cite, comme une expérience gouvernementale et la capacité de rassembler la gauche et au-delà . C’est tout de même une façon d’essayer de disqualifier François HOLLANDE, non ?
Jean-Louis BIANCO
Bien entendu, mais je crois que chacun des candidats, en tout cas les candidats ou les candidates principales, et peut-être aussi d’autres, ont la capacité de rassembler la gauche et au-delà , ce n’est pas un critère discriminant. Quant au fait d’avoir ou ne pas avoir une expérience gouvernementale, avoir été premier secrétaire du parti socialiste vaut largement une expérience gouvernementale. Et moi je n’aime pas ce genre de méthode ou encore une fois on cherche à disqualifier les uns et les autres. Ce qui m’intéresse c’est ce que Ségolène ROYAL dit et va dire dans les prochaines semaines, c’est ce que François HOLLANDE dit et va dire, c’est ce que Martine AUBRY dit et va dire. Quelle est leur vision ? Quel est leur choix ? Quelle est l’orientation ? Ce n’est pas de distribuer des bons ou mauvais points en fonction de l’expérience de tel ou tel.
Frédéric RIVIERE
Mais vous voyez, vous observez quand même que ce front anti-HOLLANDE se met en place.
Jean-Louis BIANCO
Je ne le crois pas, en tout cas à la base les gens, les sympathisants de gauche, les militants, les électeurs sont très loin de ça. Ils veulent qu’on choisisse, le plus tôt aurait été le mieux, malheureusement il faut encore attendre octobre, et puis que derrière on soit tous unis derrière celui ou celle qui aura gagné la primaire.
Frédéric RIVIERE
Pierre MOSCOVICI disait hier qu’il ne voit pas de candidature du niveau de celle de Dominique STRAUSS-KAHN, est-ce que vous êtes d’accord ?
Jean-Louis BIANCO
Non, bien sûr que non, Dominique STRAUSS-KAHN était le favori des sondages, aujourd’hui François HOLLANDE est le favori des sondages, tout ça ne veut rien dire, ni dans un sens ni dans l’autre. Là aussi disqualifier par rapport au niveau, je crois qu’on a plusieurs personnalités, trois au moins, qui ont tout à fait les capacités, la stature pour espérer atteindre les plus hautes fonctions.
(…)
Frédéric RIVIERE
Est-ce que ça n’est pas tout de même un peu étonnant, le parti socialiste est secoué par ce choc de l’affaire Dominique STRAUSS-KHAN, il a un candidat aux primaires déclaré, qui obtient de très bons scores dans les sondages en termes d’image, en termes d’intention de vote, et on semble que tout est fait pour essayer de le mettre hors course, il s’agit d’une espèce de démarche autodestructrice.
Jean-Louis BIANCO
Je ne crois pas, comme je vous l’ai dit, que tout soit fait pour le mettre hors course, et en plus si certains étaient tentés par ce genre de manœuvre ça ne réussirait pas. Les sondages d’aujourd’hui ne veulent rien dire, ni dans un sens, ni dans l’autre, par rapport à ce que sera le vote aux primaires qui aura lieu au mois d’octobre devant une offre réelle, avec des candidats réels et pas virtuels, avec une vision réelle et pas supposée. Donc c’est une autre époque dans laquelle on va rentrer, c’est un autre vote, c’est une autre phase de la campagne. Et quant à l’affaire STRAUSS-KAHN évidemment c’est un drame humain pour STRAUSS-KAHN, c’est un drame humain aussi pour cette jeune femme si ses propos sont avérés, se trouvaient être la vérité. Mais le fait est que pour l’immense majorité des Français ça ne change rien dans leur vision des socialistes, ça ne change rien dans leur estime des socialistes, et donc ça n’est pas ça qui va handicaper le parti socialiste dans la phase actuelle de cette campagne.
Frédéric RIVIERE
Et qu’est-ce que ça veut dire selon vous la stature d’un président ?
Jean-Louis BIANCO
Je crois que le mot stature est inapproprié, moi je parlerais des qualités, que les trois principaux candidats et peut-être d’autres ont. Il faut une vision de la France, mais j’attends des uns et des autres qu’ils l’expriment, qu’ils la précisent, il faut du sang froid, il faut de la force de caractère, il faut montrer qu’on sait tenir le cap dans les tempêtes. Et encore une fois en disant cela je ne récuse personne, je dis les qualités qui nous sont nécessaires. La stature ça ne veut pas dire grand-chose.
Frédéric RIVIERE
Et la notion de président normal, comme l’a évoqué lui-même François HOLLANDE, tout en disant d’ailleurs hier je crois qu’il fallait des qualités exceptionnelles pour être un président normal.
Jean-Louis BIANCO
Oui je crois qu’il faut arrêter les petites phrases : normal, pas normal, exceptionnel, hors du commun, encore une fois comme dirait Ségolène ROYAL il faut faire la politique par la preuve, il faut que les candidats, les candidates prouvent par leurs propos, par leur engagement la vision qu’ils ont et l’envie qu’ils ont pour la France. Ca n’est pas être normal, pas normal exceptionnel, stature, pas stature, ancien ministre, pas ancien ministre, tout ça ne pèsera rien, je vous le garanti dans le choix des électeurs.
(…)
Frédéric RIVIERE
Oui, est-ce qu’il est nécessaire selon vous que le futur candidat du parti socialiste reprenne à son compte une partie, alors je ne sais pas trop bien ce qu’on met dedans mais une partie du strauss-kahnisme ?
Jean-Louis BIANCO
Je crois que le candidat ou la candidate du parti socialiste et tout le monde est d’accord là -dessus, c’est ce qui a été déclaré, c’est ce qui a été voulu, doit s’appuyer sur le projet du parti socialiste. Il n’est pas ligoté mais c’est la base sur laquelle les orientations personnelles, les priorités doivent être définies, mais ni strauss-khanisme, ni aubrysme, ni hollandisme, ni royalistes, il y a des idées et il y a une vision, il y a des points partagés, des points différents et on verra bien lesquels sont partagés, lesquels sont différents.
Frédéric RIVIERE
Il y a quand même une ligne plus à gauche et une moins à gauche.
Jean-Louis BIANCO
Je ne le crois pas, très sincèrement je ne le crois pas (…) Il y a des différences, mais je ne les qualifierais pas de plus à gauche ou de moins à gauche. Et là aussi il faut que l’expression publique permette d’y voir clair. Je ne vise pas encore une fois Martine AUBRY ou ce qu’on appelle l’aile gauche du parti, mais on n’est pas plus à gauche quand on veut un smic à 1900 euros qu’à 1800 ou à 2000 qu’à 1900. On n’est plus à gauche quand on veut des réformes de structure. Et à mon avis le projet du parti socialiste mérite d’être complété, on est plus à gauche si on veut plus de pouvoir pour les travailleurs dans l’entreprise. On est plus à gauche si on veut des mesures de justice immédiate, moi je préconise la suppression immédiate des bonus, des stock-options et des retraites chapeau, c’est ça être à gauche, ce n’est pas faire des promesses quantitatives.
(…)
Frédéric RIVIERE
Ségolène ROYAL que vous aviez soutenue en 2007 a-t-elle quelque chose de plus que les autres ?
Jean-Louis BIANCO
Je pense, je continue à penser que Ségolène ROYAL à quelque chose de plus que les autres, elle a, ils ont tous une force de caractère, mais je pense qu’elle l’a encore plus, et elle a cette qualité de voir plus claire et plus vite que les autres, et aussi cette qualité de parler mieux que les autres aux jeunes, notamment aux jeunes des cités, aux ouvriers, et ce qui fait que je pense qu’elle a toutes ses chances oui.









26 mai 2011 Ã 17:13
Bonjour Jean-Louis, bonjour à tous,
Quelle patience vous a-t-il fallu déployer pour répondre jusqu’au bout et sans vous départir pour répondre à l’interview !
Je me doute que Frédéric RIVIERE suivait sa check-list, mais comment ne pas être saisi par l’angoisse qui semble tenailler ce journaliste de RFI, sans doute exprime-t-il ainsi l’état d’âme partagé par de nombreux confrères ? A trop se laisser prendre au jeu des manipulations médiatiques sondages interposés, ils finissent souvent par manifester une réelle addiction à ce jeu de la spéculation politique, en versant dans les brèves de comptoir plutôt que dans la recherche de l’information de fond. Il est néanmoins gênant de voir le service public lui aussi atteint par ce phénomène.
Bref, l’ensemble de l’interview revient sur la question obsessionnelle de l’existence du candidat-type, cet humanoïde de laboratoire stéréotypé, et, selon l’élément de langage à la mode, ce postulant-idéal est désigné sous l’aura de « président-normal ». Remarquons qu’il n’est pas fait état de la « présidente-normale »! Comme si « normal » avait vocation à se substituer à « naturel », un adjectif déjà périmé, puisque semble-t-il il fut réservé à la candidature ritualisée mais non aboutie de DSK. Donc, normal ne peut arriver à la cheville de naturel. Finalement on veut nous imposer une personnalité marketing, fabriquée de toute pièce par des « requêtes » d’opinion, ces « truc-métrie » et consors (comprenons bien, il ne s’agit pas de véritables enquêtes préélectorales rigoureuses). En quelque sorte on esquisse un « prototype » qui ferait bien l’affaire des communicants au service de commanditaires dissimulés (dont il s’agit de contrôler la pérennisation des affaires et de leurs business) !
Pour en venir à la substance de votre intervention, vous avez parfaitement raison, Jean-Louis, d’insister sur la valeur intrinsèque des arguments qui seront défendus par le (la) candidat(e), sur son art à savoir interpréter l’actualité d’un projet opérationnel et le décliner en mesures concrètes de la politique par la preuve.
Plusieurs personnes seraient à même d’assumer cette responsabilité, mais l’une d’entre elles est en mesure d’en tirer la meilleure expression, conformément aux attentes du peuple de gauche, c’est Ségolène Royal.
Comme vous je pense qu’elle possède la détermination des grandes personnalités politiques et, qu’elle sait fort bien discerner les vrais enjeux surgissant dans l’actualité politique. Comme d’autre part il va falloir désamorcer la cassure générationnelle, triste héritage du pouvoir sortant, nous avons pu vérifier son charisme, elle nous offre une chance exceptionnelle de réconcilier tous les concitoyens. Ces éléments sont des facteurs très positifs, ils sont dignes du grand pays porteur des principes des droits de l’homme, notre pays républicain qui espère contribuer activement à l’épanouissement harmonieux des nations.
Amicalement.
26 mai 2011 Ã 18:20
En effet, il en faut de la patience pour répondre à ces journalistes qui , avant que l’interview ait commencé, ont déja leur opinion toute fait et ne veulent pas en démordre, quoi qu’on leur réponde ! L’interview conduite par ce M.Rivière est proprement caricaturale !
26 mai 2011 Ã 22:00
Bonne prestation aussi pour Delphine Batho ce soir sur ITélé et comme vous Jean-Louis elle a bien répondu , et en effet Ségolène Royal a un plus et bien entourée comme elle l’est par vous tous …
27 mai 2011 Ã 0:11
Je suis entièrement d’accord avec vos réponses, sauf avec celle à la question « Il y a quand même une ligne plus à gauche et une moins à gauche ». Vous répondez « je ne le crois pas… » Je pense au contraire qu’il y a des courants au PS qui se sont éloignés du vrai socialisme, ce qui fait aussi que nous avons perdu la confiance populaire. Je ne pense pas que DSK aurait appliqué le projet socialiste. Il représente quand même ce que beaucoup de militants de gauche n’aiment pas : un parcours et des choix politiques d’inspiration peu socialiste, une manière de vivre, de se comporter avec les femmes, un rapport avec l’argent, peu de proximité avec les français et leurs problèmes, des relations trop importantes dans le monde des puissants, des compétences mises au service du FMI…et de la finance mondiale Avec tout ce qui a été déballé par la presse depuis son affaire, je suis troublé que certains de nos responsables le connaissant aient pu vouloir en faire notre candidat. La politique par la preuve, ou prouver par son action politique que l’on est crédible, n’aurait pas été possible pour DSK, contrairement aux autres candidats, notamment à Ségolène Royal, qui peuvent s’appuyer sur des réalisations concrètes et prouver par les choix qu’ils font qu’ils sont en nette opposition avec la politique menée par la droite.
17 février 2012 à 17:01
Si François Hollande est-il un bon candidat ?.Je trouve que d’autres ex-candidats ont davantage » une allure de président « …… et plus de charisme.
François Mitterrand avait beaucoup de charisme.
Ségolène Royal, et Arnaud Montebourg ont un réel Charisme.
Je pense toujours à l’allure d’un président …..quand il rencontre d’autres présidents d’autres pays, mais aussi des français, tout simplement.
C’est ce que certains appellent « la beauté intérieure « .
Sarkozy ne l’a pas;je l’ai rencontré
Je ne sais pas si François Hollande l’a…..Je ne l’ai pas encore vu » de visu »
(la télévision ce n’est pas pareil )