Archive pour juin 2011

Les débats du blogLa Tunisie : les lendemains qui déchantent ?

jeudi 30 juin 2011

Faut-il basculer directement dans la démocratie ou chercher à l’instaurer par étapes ? C’est la question classique qui se pose à la sortie d’une dictature. La Tunisie semble s’orienter vers la seconde option, c’est pourquoi le Premier ministre par intérim a décidé de repousser la date des élections au 23 octobre 2011 afin de s’assurer de leur caractère démocratique. Cependant, cette prolongation du gouvernement de transition entraîne une période de trouble politique qui freine la reprise du tourisme, pilier de l’économie tunisienne. Les Tunisiens commencent à réaliser que l’on ne peut obtenir, en l’espace de quelques mois, des institutions démocratique, une reprise de la croissance, une baisse du chômage, le procès de tous les corrompus… Et ce constat est douloureux.

L’émancipation des médias est un enjeu de taille de cette transition démocratique. Dans un pays où le verrouillage de l’information était total, tout est à apprendre depuis le 14 janvier. Dans l’ancien régime, la moitié du JT de 20h était consacré aux activités des époux Ben Ali! La fuite de l’ancien président a laissé place à un grand vide médiatique : par quoi remplacer les anciens programmes ? Des journalistes qui étaient, il y a quelques mois encore, de grands spécialistes en matière de propagande, se livrent désormais à une critique farouche de l’ancien dictateur et de ses partisans. À l’approche des élections, il est devenu primordial de restaurer un fonctionnement normal de l’information et des médias.

La justice tunisienne, complètement inféodée à l’exécutif sous l’ancien régime, vit également une transition démocratique difficile. Elle souffre d’un déficit de confiance, d’un blocage institutionnel et d’un manque de moyens. La nouvelle Constitution, qui sera rédigée par une Assemblée constituante élue démocratiquement lors des élections d’octobre, sera décisive dans la réforme de la justice.

Mais c’est surtout la situation économique qui est au coeur de toutes les préoccupations. Habituée ces dernières années à un taux de croissance de 5%, la Tunisie se trouve désormais dans une situation économique très précaire. Ainsi, selon l’INS, le PIB tunisien aurait réculé de 7,8% au premier trimestre 2011 par rapport aux trois derniers mois de 2010. Quant au chômage, le gouvernement d’intérim a annoncé qu’il pourrait atteindre 20% de la population active en 2011, contre 13% en 2010. Depuis janvier, les investissements étrangers et le tourisme se sont effondrés. Le tourisme, qui représente 7% du PIB tunisien et 400 000 emplois, a vu son activité baisser de moitié, soit une perte de 280 millions d’euros. Les émeutes, les grèves à répétitions, le couvre-feu, les spéculations sur l’infiltration d’Al-Qaïda sur le territoire, les problèmes d’immigration à la frontière avec la Libye : nombreux sont les facteurs qui expliquent cette crise du secteur touristique. Malgré les campagnes de publicité tentant de relancer le tourisme en Tunis et les promesses du G8 à Deauville, le climat économique, social et sécuritaire rend le futur très incertain.

Enfin, plusieurs événements récents sont préoccupants et témoignent de la menace d’Al-Quaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans la région. Fusils et munitions ont été interceptés aux frontières, plusieurs personnes suspectées d’appartenir à Aqmi ont été arrêtées et deux membres de l’armée tunisienne ont été assassinés dans le sud du pays. Les partis politiques, très préoccupés par la situation économique et politique, négligent peut-être la menace terroriste.

Marine Bonnaire et Jean-Louis Bianco

Quelqu'un m'a ditL’Insee corrige Claude Guéant

mercredi 29 juin 2011

L’Insee a officiellement corrigé lundi dernier les chiffres du ministre de l’Intérieur Claude Guéant concernant l’échec scolaire des enfants d’immigrés.

Dans une communication rare de la part de cet organisme rattaché au ministère de l’Economie, qui fait suite à une passe d’armes en fin de semaine dernière entre les syndicats et la direction, l’Insee a tenu à corriger le tir, se référant aux « différents échanges qui ont eu lieu à ce sujet ».

Les syndicats avaient sommé la direction de l’Insee de corriger les propos successifs de Claude Guéant.

La direction avait d’abord répondu vendredi qu’elle n’avait pas à répondre à des commentaires politiques et qu’elle devait se limiter à diffuser ses documents (voir mon précédent article sur le sujet).

Vu de Haute ProvenceFormidable vitalité dans les Alpes de Haute-Provence

mardi 28 juin 2011
Trois entreprises, parmi beaucoup d’autres, que nous soutenons avec le Conseil Général :
1/ Une petite usine de fabrication de panneaux isolants à partir de la laine de mouton, considérée jusqu’ici comme un déchet depuis la quasi-disparition de son utilisation dans l’industrie textile. Ce projet est monté par les professionnels du secteur. La fabrication de panneaux sera réalisée par du personnel handicapé.
2/ Monext, une entreprise de monétique spécialisée dans les transactions de carte sécurisée (pompes à essence, parkings, restaurants, distributeurs de billets, métro, etc.) installe un établissement à Manosque. Elle fonctionne comme centre d’appel, mais avec des CDI et des horaires négociés, ce qui entraîne une très grande stabilité du personnel.
3/ Kellook a réalisé une machine qui ressemble à un très grand photomaton à mettre en location dans les boutiques de vêtements pour demander à son mari, sa femme, son ami(e) un avis à distance à l’aide d’une photo prise et envoyée via un compte mail ou facebook. Le miroir traditionnel est remplacé par un écran tactile, un appareil de prise de vue et un ordinateur.

Socialiste!« Pourquoi nous soutenons Ségolène Royal »

lundi 27 juin 2011

Je vous invite à lire la tribune ci-dessous que j’ai cosigné et qui est parue dans le journal Le Monde.

Ségolène Royal doit exposer dimanche après-midi à Arçais, dans les Deux-Sèvres, les raisons de sa candidature à la primaire socialiste pour l’élection présidentielle de 2012. Dans une tribune sur Le Monde.fr, les vingt élus qui composent son conseil politique disent pourquoi ils soutiennent la présidente de la région Poitou-Charentes.

Pour tous les Français qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche vient, avec l’ouverture des primaires, l’heure des choix. Chacun se pose la même question : qui sera le mieux placé à gauche pour remporter l’élection présidentielle de 2012 ?

Nous, élus socialistes, avons la conviction que seul(e) sera en position de l’emporter celui ou celle qui portera un projet à la hauteur des attentes des Français, capable de les sortir de la crise qu’ils traversent, d’incarner positivement le gouvernement de tous les Français mais aussi de leur redonner confiance, en eux-mêmes et dans la politique.

Pour nous, c’est Ségolène Royal.

Comme personne, Ségolène Royal a subi depuis 2006 des attaques d’une grande violence. Certains ont jeté le soupçon sur sa compétence malgré toute son expérience de l’action politique — trois fois ministre, députée pendant dix-huit ans, présidente de Région. Elle y est habituée comme elle est habituée à voir ses idées d’abord conspuées avant de s’imposer par l’évidence. De l’ordre juste à la démocratie participative, de la France métissée à la fraternité, du combat pour l’égalité hommes-femmes au pass contraception, il n’est pas une de ses propositions qui ne finisse par être reprise naturellement par ceux-là même qui les avaient d’abord vouées aux gémonies. Depuis 2007, sans jamais changer de cap, Ségolène Royal n’a cessé de travailler pour approfondir sa réflexion, agir et rester à l’écoute des Français. Elle est prête.

Indépendante et à distance des puissants, elle ne fait pas de la politique pour une élite. Par sa proximité avec les citoyens, tous les citoyens, elle est capable de redonner confiance à ceux qui l’ont perdue. Elle rassemble bien au-delà du Parti Socialiste. Par sa solidité et son charisme, elle est en mesure de contrer une montée de l’extrême droite et la brutalité de l’UMP.

La France traverse une crise à la fois économique, écologique, morale et sociale. Les attentes des citoyens sont immenses après le quinquennat désastreux du président sortant. Élu sur un programme d’amélioration du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy s’est moqué de l’électorat, en particulier populaire, qui lui avait fait confiance. Aucune des questions de fond n’a été résolue : ni l’amélioration des conditions de travail et des rémunérations, ni la lutte contre la précarité et l’insécurité, ni la protection des plus démunis. Ne laissons pas, en 2012, les déçus du sarkozysme trouver, par désespoir, un refuge à l’extrême droite.

En face, Ségolène Royal propose.

L’interdiction des licenciements boursiers, la mise en place d’un pacte de confiance avec les jeunes, le soutien massif aux TPE/PME, la création d’une Banque publique d’investissement sont autant de mesures qui figurent dans son programme et qu’elle applique, pour certaines, déjà, avec succès dans sa région. La crédibilité a changé de camp.

L’heure n’est plus aux diagnostics tièdes, aux appréciations timorées mais a? la lucidité radicale. Oui, il y a besoin de radicalité, car ce ne sont plus simplement les effets du système qu’il faut dénoncer, mais ses fondements et ses présupposés. C’est pourquoi il n’y a pas de tabou dans le discours de Ségolène Royal : elle n’a pas peur de débattre, par exemple de l’idée d’un protectionnisme européen intelligent. Pour elle, le socialisme du XXIe siècle, c’est mettre l’économie au service de l’homme sans détruire le patrimoine des générations futures.

Elle a apporté par son action la preuve de son engagement pour l’avenir : elle a fait de la région qu’elle préside, Poitou-Charentes, celle de l’excellence environnementale. C’est pourquoi lorsqu’elle s’engage à exploiter au niveau national tous les gisements d’emplois de la croissance verte pour en faire une force économique et un ferment de justice sociale, on la croit.

Face une droite déconnectée de la réalité, elle sera la présidente de la force citoyenne et saura répondre à l’exigence démocratique. Toutes les universités populaires participatives qu’elle a organisées autour de sujets majeurs, tous ses déplacements sur le terrain, tous les citoyens qui répondent à ses appels, en témoignent : elle porte la voix des Français et en nourrit son projet.

À l’occasion du trentenaire de l’élection de François Mitterrand, on a pu mesurer l’intensité du rêve d’un nouveau 10-Mai. Dans son discours d’hommage à l’ancien président socialiste, Ségolène Royal rappelait son propos : « Il n’y a qu’un vainqueur le 10 mai : c’est l’espoir. » Ségolène Royal prend exemple sur lui, qui a su tirer les leçons quand il a été battu et remporter l’élection suivante.

Parce que 2012 n’est pas 2007 et que Ségolène Royal est du côté du changement et non de l’immobilisme, parce que les attentes sont immenses et les esprits prêts pour une radicale mutation écologique, économique, sociale et démocratique, parce qu’elle est combative, mieux armée et plus expérimentée, nous voyons en Ségolène Royal celle qui saura transformer l’espoir de la victoire en victoire de l’espoir.


Jean-Louis Bianco, député
Jean-Jack Queyranne, président de région
Louis Mermaz, sénateur et ancien president de l’Assemblée nationale
Najat Vallaud-Belkacem, conseillère générale et secrétaire nationale du PS
Delphine Batho, députée
Dominique Bertinotti, maire du 4e arrondissement de Paris et membre du Bureau national du PS
Guillaume Garot, député
Bernard Lesterlin, député
Maxime Bono, député
Catherine Quéré, députée
Jean-Michel Clément, député
Kamel Chibli, membre du Conseil national du PS
Nicolas Cadène, secrétaire fédéral du Gard
Sébastien Denaja, membre du Conseil national du PS
Claire Donzel, première secrétaire fédérale
Rodolphe Challet, premier secrétaire fédéral
Jean-François Macaire, premier secrétaire fédéral
Béatrice Patrie, ancienne députée européenne
Emmanuel Espanol, conseiller régional
Christine Lagrange, membre du conseil national du PS
Didier Turba, vice-président de conseil général

Quelqu'un m'a ditLes syndicats de l’Insee souhaitent que leur direction corrige Guéant

samedi 25 juin 2011

Un ministre peut-il désinformer les Français en travestissant une étude de l’Insee, sans que l’institut de la statistique ne trouve rien à y redire ? « Non », ont répondu les syndicats de l’Insee qui ont demandé mardi à la direction de l’organisme de corriger publiquement le ministre de l’Intérieur.

Vendredi, la direction a répondu… pour botter en touche en indiquant que c’était aux journalistes de corriger les énormités de Claude Guéant.

Les syndicats ont alors réagi : « Le code de bonne pratique de la statistique européenne stipule que L’autorité statistique, s’il y a lieu, s’exprime publiquement sur les questions statistiques, y compris sur les critiques et les utilisations abusives des statistiques publiques (…) Or, l’utilisation faite par le ministre jette un discrédit sur la qualité des études de l’institut. Nous pensons qu’il y a lieu dans ce cas précis de s’exprimer publiquement sur cette utilisation abusive de statistiques publiques, afin d’affirmer l’indépendance professionnelle de notre institut et de de mettre un terme aux soupçons qui pèsent sur lui (…) Nous déplorons que l’Insee n’ai pas communiqué à la presse et aux agents de l’INSEE interpellés sur le sujet d’argumentaires relatifs aux déclarations du ministre de l’Intérieur (…) Cela revient à une abdication à la fois vis à vis des agents de l’Insee et du débat public ».

Quelqu'un m'a ditParler allemand

vendredi 24 juin 2011

J’ai été interrogé cette semaine par le Petit Journal de Yann Barthès (Canal +) qui faisait un court reportage sur la rencontre des responsables PS français et SPD allemands…

Je vous laisse regarder ! (après 5 minutes 45 secondes)

Quelqu'un m'a ditL’ADN des dirigeants…

jeudi 23 juin 2011

(Vu dans le Bulletin quotidien)

À l’heure de la diversité, Anne Lauvergeon (Areva) était jusqu’à peu la seule femme dirigeante au sein du SBF 120 (qui se compose du CAC 40 et des 80 premières capitalisations des premier et second marchés), désormais exclusivement masculin. Dans une très large majorité (75%), les dirigeants du SBF 120 en poste actuellement ont occupé une fonction de direction avant de rejoindre l’entreprise (92.5% pour le CAC 40). Ils sont aussi 65% à être issus des grandes écoles françaises. Ce chiffre monte même à 79% pour le CAC 40 où plus de la moitié des dirigeants en place (51%) ont fait Polytechnique ou HEC, 6% ont fait l’ENA, 9% les Mines et 13% d’autres grandes écoles de commerce.

Quelqu'un m'a ditSocialiste!Plan médias pour les primaires

mercredi 22 juin 2011

Avec l’ensemble du PS, je tiens à remercier MM. Copé et Guéant d’avoir accepté le poste de co-directeurs de la campagne de promotion des primaires socialistes. Le plan médias est absolument parfait.

Socialiste!Résolution PS/ SPD pour une taxe sur les transactions financières

jeudi 16 juin 2011

Le consensus qu’a réuni, à l’Assemblée nationale, la résolution commune des députés socialistes français et des députés sociaux-démocrates allemands visant à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières est une première victoire dans notre combat pour une réorientation de l’Europe.

Si elle veut exister dans la mondialisation, inventer un modèle de régulation et sortir de sa politique d’austérité généralisée, l’Union européenne doit se doter d’une panoplie d’armes économiques et financières nouvelles, dont cette taxe est la pointe avancée. Les 200 milliards d’euros qu’elle est susceptible de générer sont le ballon d’oxygène indispensable pour sortir les Etats de la crise de l’endettement et financer des programmes de développement commun.

Mais le gouvernement français ne peut considérer cette résolution comme une fin en soi ou un blanc seing. Elle lui impose une obligation de délai et de résultat, sans lesquels les engagements ne seront que paroles mortes. Si à l’automne, aucune avancée significative n’a été réalisée, la France et l’Allemagne doivent prendre l’initiative de créer elles-mêmes cette taxe pour contraindre nos partenaires et la commission européenne de les suivre. Si ce n’est pas le cas, les députés socialistes français et sociaux démocrates allemands déposeront une proposition de loi commune en ce sens.

Comme l’a rappelé Jean-Marc Ayrault, « Nous sommes à l’heure de choix déterminants. L’Europe n’est pas un espace angélique. Elle est un combat de tous les jours pour imposer une nouvelle vision de ses intérêts et de sa protection. »

Quelqu'un m'a ditHumour rocardien ?

mercredi 15 juin 2011

Après l’humour corrézien, nous avons droit à l’humour rocardien.

D’après le Canard Enchaîné, Michel Rocard aurait dit à des amis : « Si Nicolas Sarkozy était allé au bout du Grenelle de l’Environnement, j’aurais voté pour lui en 2012 ».

Un petit démenti s’il te plaît Michel…