Archive pour octobre 2011

Quelqu'un m'a ditSocialiste!Nicolas Sarkozy : « ce n’est pas mon genre de dire que c’est la faute des autres »

vendredi 28 octobre 2011

Et bien, si, justement.

Reprenons ses propos d’hier soir :

– La situation d’aujourd’hui, c’est la faute à « François Mitterrand qui a fixé la retraite à 60 ans ».
– La situation d’aujourd’hui, c’est la faute à « Lionel Jospin et son gouvernement qui ont mis en place les 35 heures ».

Une première, l’actuel président remet même la faute sur son possible successeur (!), François Hollande, et l’accuse de vouloir vider les caisses de l’État avec sa proposition de « recréer 60 000 postes d’enseignants »…

Bien sûr, le chef de l’État n’a pas dit un mot sur les cadeaux fiscaux, sur l’absence de contrôle des banques, sur les propositions du PS pour sortir de la crise et sur les politiques d’austérité imposées toujours aux mêmes.

En réalité, Nicolas Sarkozy semble oublier que la droite est au pouvoir depuis 10 ans.

Croire à l'EuropeL’Europe sauvée ? Non. L’Europe en sursis.

jeudi 27 octobre 2011

1/ L’accord intervenu cette nuit au forceps relève-t’il d’un miracle accompli grâce à l’action de Nicolas Sarkozy ? Ou est-ce, comme l’estime Dany Cohn-Bendit, une théâtralisation alors qu’on connaissait d’avance les termes de l’accord ?

À mon avis, ni l’un, ni l’autre. L’Europe sort toujours de ses crises par des négociations à l’arraché. Ça n’est pas du théâtre. C’est tout simplement parce qu’il faut être au bord du précipice pour obliger chacun aux compromis nécessaires. Et ce qui a été frappant dans les derniers jours, c’est plus le poids de l’Allemagne que la force de Nicolas Sarkozy.

2/ Est-ce un bon accord ?

Sur certains points, oui.

On annule 50 % de la dette grecque.

J’ai dit, ici même, depuis des mois, que cette mesure était nécessaire et inévitable. Que de temps perdu ! On aurait pu éviter d’ ajouter , pour le peuple grec, toujours plus d’austérité.

On dote de 1000 milliards d’euros la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière. Très bien. Mais là aussi, quel manque de courage, quelle irresponsabilité que d’avoir attendu si longtemps !

L’histoire jugera sévèrement les atermoiements et le temps perdu face à la crise.

3/ Ce qui manque

Les dirigeants européens ont, en tout cas provisoirement, arrêté l’hémorragie. Ils n’ont pas guéri le malade. Parce qu’ils ne se sont pas attaqués au système, en dépit des belles déclarations répétées de Nicolas Sarkozy. Pas de taxe sur les transactions financières. Pas de mutualisation de la dette européenne sous la forme d’euro-obligations. Pas de gouvernement  économique de l’Europe. Pas de contrôle du pouvoir politique sur les banques. Pas de relance par la croissance verte européenne, qui serait pourtant ô combien nécessaire pour éviter la récession qui menace.

4/ Ce qui est stupide

Avoir associé au financement de la dette européenne, la Chine, la Russie et quelques autres pays émergents. Comment croire une seconde qu’ils le font pour nos beaux yeux, qu’ils seraient animés par un magnifique esprit de solidarité !

En réalité, l’Europe accepte ainsi le renforcement de leur puissance à notre détriment. Comment désormais aborder les négociations nécessaires pour que la concurrence avec ces pays soit moins inégale, pour que l’échange soit soumis au respect d’un minimum de règles sociales et environnementales ? C’est une politique de gribouille.

Quelqu'un m'a ditAprès le printemps, l’automne

mardi 25 octobre 2011

Pour les « révolutions » arabes, le temps de l’illusion lyrique est fini. Les difficultés économiques et sociales sont plus présentes que jamais.

En Libye, le président du Conseil National de Transition a annoncé brutalement (sans transition ! ni vote) que la législation serait fondée sur la charia (qui, selon son interprétation, autorise notamment la polygamie).

En Tunisie, le succès annoncé du parti islamiste Ennahda suscite des interrogations et fait peur. Que faut-il en penser ?

1/ D’abord la formidable participation aux élections tunisiennes est une très bonne nouvelle démocratique. Le succès d’Ennahda est sans doute dû au fait que c’était la seule formation ancienne et structurée, identifiée comme la principale victime de l’oppression du régime Ben Ali.

2/ Les dirigeants d’Ennahada ont multiplié les déclarations rassurantes sur la démocratie et la place des femmes. Sont-ils sincères ? Beaucoup en doutent. Mais Ennahda est un parti pluriel, comme d’ailleurs les frères musulmans en Égypte. Et il ne peut pas confisquer la démocratie. Il devra composer avec d’autres forces. Il devra tenir compte de la réalité de la société tunisienne, qui n’est pas intégriste.

3/ Il y a plusieurs demeures dans la maison du Seigneur, et il y a plusieurs manières d’interpréter la charia. Elle est inscrite dans la Constitution de beaucoup de pays musulmans. Tantôt elle est la source principale du droit, tantôt elle est mentionnée comme « l’une des sources du droit ». En Turquie, le parti islamo-conservateur au pouvoir n’a pas l’intention d’inscrire la charia dans la Constitution.

4/ La construction de la démocratie et de la laïcité en Occident ne s’est pas faite en un jour mais en deux siècles. Et elle est loin d’être achevée partout. Dans les pays arabes comme ailleurs, elle se fera au travers de combats, d’avancées et de reculs.

5/ Mais soyons vigilants, prêts, sans trop d’ingérence – ce qui est délicat – à appuyer les forces démocratiques et laïques (y compris au sein des partis islamistes) en nous appuyant sur les valeurs universelles des Nations Unies.

Vu de Haute ProvenceL’été indien ici aussi

samedi 22 octobre 2011

En sillonnant les routes de mon département des Alpes de Haute-Provence, je suis à chaque fois émerveillé par la beauté des paysages et pas les couleurs de l’automne. Nous avons, ici aussi, une sorte d’été indien.

Quelqu'un m'a dit« Mimi »

vendredi 21 octobre 2011

Vu sur Internet

« Michel Sardou, éternel soutien de Nicolas Sarkozy, avait montré quelques signes de détachement il y a quelques semaines dans la presse, peu convaincu par la politique menée par le Chef de l’Etat. Une déclaration qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Aussitôt publiée, aussitôt convoqué. »J’en ai pris pein la gueule explique-t-il dans Le Parisien/Aujourd’hui en France ce matin. J’ai même été convoqué à l’Elysée un lundi de Pentecôte ». Par qui ? Le président Nicolas Sarkozy himself !

« Mon Mimi, qu’est-ce que t’es allé dire ? »

« J’ai mis mon constume, ma cravate, ma légion d’honneur et l’huissier m’a conduit dans le jardin où m’attendait le président détaille Michel Sardou. Et là, j’ai vu Nicolas Sarkozy en short, en chemisette avec un jus d’orange à la main et m’a tout de suite dit ‘Mon Mimi, qu’est-ce que t’es allé dire ?’. On s’est expliqués et je lui ai redit que j’attendais autre chose de lui, de sa politique » . Mais ce petit entretien n’a visiblement pas réchauffé leur relation ! « Je suis reparti et il me fait toujours la gueule » grogne Sardou qui assure « vouloir entendre tout le monde » avant de savoir pour qui voter à la prochaine présidentielle. Un vote à gauche est-il envisageable ? « Pourquoi pas ! » ose Sardou. Après Michel Drucker qui vote à la primaire PS, tout fout le camp. »

Quelqu'un m'a ditReniement

jeudi 20 octobre 2011

« Le PS remet en cause la liberté individuelle et le respect des opinions politiques de chacun » (Jean-François Copé, le 19 juin 2011, interrogé dans le JDD sur les primaires qu’il qualifie également de « parodie d’élections »).

« Je n’ai jamais condamné le principe des primaires, jamais » (Jean-François Copé, le 17 octobre 2011 sur BFM TV).

Socialiste!L’Iran à l’heure des révolutions arabes

jeudi 20 octobre 2011

On oublie parfois que le mouvement de protestation en Iran, ampoule « le mouvement vert » ou « révolte verte », cialis a précédé les révolutions arabes. Le vert, health couleur des descendants du prophète, a été choisie pour sa campagne par l’un des deux principaux candidats d’opposition, M. Moussavi. N’ayant pas le droit de coller des affiches, certains de ses partisans ont eu l’idée d’utiliser des vêtements et accessoires de couleur verte.

La réélection triomphale du président sortant Ahmadinejad le 12 juin 2009, a été le résultat d’une fraude massive. Dès le lendemain du scrutin, des milliers de personnes manifestent à Téhéran. La répression s’est alors immédiatement organisée, de façon extrêmement brutale et massive. Si les manifestations se sont étiolées au cours de l’été 2009 les opposants ont su utiliser des commémorations officielles, comme celle de l’Achoura – en mémoire de l’assassinat de l’imam Hussein – en décembre 2009.

Le point central qu’il faut avoir présent à l’esprit est que le combat est dès le début un combat autour de l’information. À l’origine du mouvement vert se trouve l’organisation par télévision nationale de véritables débats entre les candidats. Il semble que la télévision iranienne se soit crue obligée de procéder ainsi pour contrer l’influence de la BBC. Résultats : cet air de liberté a provoqué une participation électorale massive, de l’ordre de 85%, et une colère à la mesure de la fraude organisée par tous moyens en faveur de M. Ahmadinejad. Le mouvement vert, avant les révolutions arabes, s’est organisé également en recourant aux nouvelles technologies de l’information. En dépit du coût très élevé des connexions Internet et de l’absence de haut débit, l’Iran compterait aujourd’hui près de 29 millions d’internautes, soit 38% de la population.

Le mouvement vert – et là encore on peut y voir une certaine analogie avec les révolutions arabes – ne s’est pas organisé autour d’un leader reconnu. M. Moussavi était un pur produit du régime, il avait été premier ministre pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak et avait soutenu les violentes purges qui ont marqué cette période. Sa principale force fut en réalité sa défaite électorale. Le mouvement vert, comme les révolutions arabes, est disparate et porte des revendications diverses. Sans qu’on en ait la certitude, il est possible qu’une majorité des contestataires souhaite une solution démocratique à l’intérieur du système – ce qui apparaît évidemment aujourd’hui comme très peu probable. Le mouvement vert s’inscrit aussi dans une tradition politique forte, propre à la société iranienne : loges maçonniques au XIXéme siècle, révolution constitutionnaliste de 1906 – 1911, création du premier parti communiste au Moyen Orient en 1920.

La protestation a rassemblé dans la rue des millions d’Iraniens, de tous âges et de toutes conditions. Mais les étudiants et les femmes ont joué un rôle décisif. Il y a aujourd’hui près de 4 millions d’étudiants dans un pays de 70 millions d’habitants. Il existe plus de 2 200 universités, chaque ville, même située dans les provinces les plus reculées, en ayant une, ce qui permet à des jeunes, même issus des classes pauvres et moyennes, de suivre des études supérieures. À côté des aspects très traditionnalistes du régime, la société iranienne montre en même temps pour une part assez importante de sa population, des signes de modernité. La fécondité est passée de 6,2 enfants par femme à 2 en 2006. La population est scolarisée à 80%. L’omniprésence des femmes est caractéristique de la société actuelle : 60% des étudiants sont des étudiantes.

Face au printemps arabe, l’Iran a tenté un discours de récupération : il serait le triomphe de la révolution islamique. En réalité, c’est le mouvement vert qui a pu inspirer les révolutions arabes. Pour le régime iranien, les manifestations contre Bachar el – Assad seraient le résultat d’un complot étranger. Il ne faut pas oublier que pour l’Iran, la Syrie est le seul ami et allié fidèle – même si la Syrie aurait souhaité se dégager de cette amitié encombrante. Il n’y a aucun doute que l’Iran apporte une aide matérielle au pouvoir syrien dans son entreprise d’étouffement des mouvements de protestations. Par un effet retour, les révoltes arabes ont été l’occasion pour le mouvement vert d’une grande manifestation le 14 février 2011 « en solidarité avec les peuples tunisien et égyptien et contre le dictateur », alors qu’aucune grande manifestation n’était intervenue depuis décembre 2009. L’atmosphère créée par le printemps arabe a entraîné une certaine radicalisation. Pour la première fois, ce 14 février 2011, apparaît la revendication d’un renversement de régime et, nommément, du Guide suprême.

L’Iran ne peut espérer sortir gagnant des révolutions arabes. Certes, l’Egypte a fait depuis quelques mois des gestes qui témoignent d’une volonté d’ouverture. Mais le passage de l’Egypte dans le camp de l’Iran apparaît exclu, à la fois pour des raisons idéologiques et à cause des liens, toujours étroits, entre le Caire et Washington.

Quelqu'un m'a ditL’inhumanité des ravisseurs de Marie Dedieu

mercredi 19 octobre 2011

Nous avons appris aujourd’hui le décès de Marie Dedieu, une Française de 66 ans enlevée le 1er octobre dernier dans le nord du Kenya et emmenée par ses ravisseurs en Somalie.

Les autorités françaises ne sont pas en mesure pour l’heure de préciser la date et les circonstances du décès de Marie Dedieu.

L’otage française était handicapée (tétraplégique) et souffrait d’un cancer et d’insuffisance cardiaque. Elle s’était installée il y a quinze ans près de Lamu, dans le nord du Kenya. Elle était détenue en Somalie et ne disposait semble-t-il pas de chaise roulante. Les ravisseurs auraient même probablement refusé de lui remettre les médicaments envoyés par les autorités françaises par quatre canaux différents.

Socialiste!Tibet

mercredi 19 octobre 2011

J’ai suivi de près les tragiques événements de la région de Ngaba qui m’ont particulièrement choqué. J’ai également pris connaissance de la lettre envoyée au Président de la République par la présidente de l’association Urgence Tibet appelant Nicolas Sarkozy à condamner la répression qui frappe les Tibétains et à rassembler les chefs de gouvernements démocratiques sur une déclaration commune.

Je m’étais associé, le 1er juin 2011, à la question au gouvernement de mon camarade socialiste Patrick Bloche, sur les moines tibétains et les minorités en Chine, adressée à M. le Ministre d’État, ministres affaires étrangères et européennes.

Cette question nous permettait d’interpeller le gouvernement français sur la mise en œuvre d’une politique  visant à assurer le respect des droits de l’Homme en Chine. Cette question faisait suite à l’immolation d’un jeune moine bouddhiste au monastère de Kirti, le 16 mars dernier, et au mouvement de répression lancé par le Parti Communiste Chinois dans la région.

Le Ministre nous avait alors affirmé que les responsables politiques français interpellaient, régulièrement et en toute franchise, leurs homologues chinois sur le sujet des droits de l’Homme lors de  rencontres bilatérales…

L’aggravation de la situation dans la province du Sichuan, avec l’immolation par le feu de 5 jeunes moines en moins de 3 semaines, nous montre l’inefficacité d’une telle politique (s’il y en a une) et l’urgence d’agir en faisant entendre la voix de la France sur la scène internationale.

Je continuerai à agir pour la cause tibétaine.

Quelqu'un m'a ditFrançois Fillon, dans le 7ème

mardi 18 octobre 2011

Je vous invite à lire l’édito de ce jour de Thomas Legrand :

« Oui. Le Premier ministre a décidé de se faire élire dans la circonscription la plus chic de France, celle qui englobe le VIIème arrondissement de la capitale. Pour vous dire, on y considère là-bas que les habitants de Neuilly sont des nouveaux riches un peu parvenus, vous voyez. Dans ce ghetto du faubourg Saint-Germain et des Invalides, on y trouve un mélange de vieilles familles à particules et de haute bourgeoisie qui tentent de garder leurs appartements calmes et lambrissés que des capitaines d’industries, de riches investisseurs étrangers et des stars du show-biz s’arrachent à plus de 11 000 euros le mètre carré dans ce quartier qui vote à 80 % à droite. Le plus dur pour un UMP, ce n’est pas de se faire élire mais de décrocher l’investiture et de ne pas se faire doubler par un dissident de son camp. Une fois élu, François FILLON ne sera pas étouffé par les problèmes sociaux – tout va bien dans le VIIème – avec tous les ministères qui s’y trouvent, l’ordre et la sécurité règnent. Parfois s’il y a une queue sur le trottoir, ça ressemble de loin à l’arrivée de rutabagas dans un magasin d’État de l’époque de l’URSS. Mais non, approchez-vous ! c’est simplement qu’il manque un vendeur à la boutique Nespresso de la rue du bac ou alors qu’il y a pénurie de sushis à la grande épicerie du Bon Marché. Rachida DATI, la maire du VIIème arrondissement, avait dû promettre pour s’y faire accepter d’aller à la messe tous les dimanches et de ne pas favoriser l’installation d’HLM qui dénatureraient le voisinage. Quand on se présente aux élections dans ce charmant quartier, ce n’est donc pas avec la rage au cœur pour lutter contre les inégalités et défendre une population dans le besoin : c’est qu’on a d’autres ambitions. »