Archive pour janvier 2013

Socialiste!Mariage pour tous

mercredi 30 janvier 2013

Taubira brille, l’UMP braille : c’est le beau titre de Libé aujourd’hui.

Lisez (ou regarder et écouter) ce beau discours, empli de sagesse et de vision historique.

(cliquez ici)

Croire à l'Europe« Les nouveaux horizons de l’Union européenne »

samedi 26 janvier 2013

Voici ci-dessous la retranscription de mon discours prononcé lors de la conférence coorganisée avec l’ambassade d’Allemagne en Italie, à Rome au Palais Farnese, le 22 janvier dernier.

N’hésitez pas à le commenter !

« « Les nouveaux horizons de l’Union européenne, vaste programme. La France, L’Allemagne et l’Italie. Est-ce que c’est un triangle ? Moi, il me semble que dans la construction de l’Europe et dans le couple franco-allemand, pendant très longtemps, la troisième pointe du triangle c’étaient les Etats-Unis d’Amérique. On se rappelle et aujourd’hui on sait mieux que le fameux préambule du Traité de l’Elysée qui a fait du chagrin au Général De Gaulle a été imposé par les Etats-Unis d’Amérique et par le président Kennedy lui-même. Je crois que les uns et les autres, Italiens, Français, Allemands et même Britanniques nous avons en partie dépassé cette époque, nous sommes des amis des Etats-Unis d’Amérique. Nous n’oublions pas leur rôle pour libérer notre continent, nous sommes des alliés mais nous sommes Italiens, Français, Allemands … des Européens. 

Et dans le fonctionnement de ce qu’on appelle le couple franco-allemand, sans doute y a-t-il eu souvent par le passé, le sentiment d’une arrogance, d’une certitude. Je crois que ce sentiment ne doit plus exister, il ne doit plus être une réalité, l’Europe se construira avec la volonté de tous les pays qui voudront avancer sans exclusive et d’abord bien sûr trois des pays fondateurs qui sont
rassemblés ici ce soir. Je suis d’autant plus attaché à l’Europe, permettez-moi un mot personnel, qu’aucun de mes quatre grands parents n’était français. C’est pourquoi je me sens à la fois très français et très européen. Mon grand-père était italien comme mon nom l’indique, ma grand-mère était anglo-irlandaise – étonnant mélange- et de l’autre côté j’avais une grand-mère suisse et un
grand-père belge flamand. Voilà pourquoi encore une fois je suis vraiment heureux d’être ici ce soir et de retrouver en partie ce qui dans cet héritage est pour mille raisons pour moi le plus important, c’est à dire mes racines italiennes puisque ma famille vient d’un petit village du Piémont, de la province de Cuneo, qui s’appelle La Morra, où on fait le Barolo -pour ce qui ne connaissent pas La Morra, je suis sûr que tout le monde connait le Barolo !

Alors aujourd’hui je crois que l’Europe va mal et je dirai que si elle va mal ce n’est pas principalement, me semble-t-il, à cause des difficultés que le monde traverse et que l’Europe traverse encore plus singulièrement, liées à la crise et au déficit. Je crois que l’Europe va mal parce que nos peuples ont tendance à ne plus croire en l’Europe. C’est peut-être plus accentué encore en France mais il me semble que ce projet européen, cette réalité européenne dont nous avons tendance à oublier qu’elle est unique dans l’Histoire, et qu’elle est unique au monde. Ce projet, on ne le voit plus, le sens et la perspective on les a perdus, et la réalité est que l’Europe est trop souvent perçue comme une contrainte, comme une gêne, comme une obligation et pas comme un projet enthousiasmant et donc je crois qu’au-delà des questions institutionnelles qui sont importantes, des questions budgétaires et économiques, il faut que nous cherchions ensemble à retrouver le sens de l’Europe et à le redonner à nos compatriotes, à nos concitoyens.

Je disais à l’instant que je pense qu’il ne faut surtout pas commencer par le débat institutionnel. J’ai fait campagne dans mon pays, de toutes mes forces, pour le Oui au traité européen dit Traité Constitutionnel. Vous avez vu ce qui l’en est advenu dans notre pays, je pense que dans d’autres pays, je ne dis pas forcément l’Italie et l’Allemagne, un référendum aurait pu donner également un résultat négatif. Et nous nous sommes focalisés, partisans de ce traité et adversaires de ce traité, sur des questions certes importantes mais qui évacuaient beaucoup, évacuaient souvent le « pour quoi faire » et le « que faire » et dès qu’on parle de ces questions institutionnelles, on retombe dans ces difficultés. Il faut quand même les aborder bien sûr.

Il y a des personnalités éminentes en France qui pensent que le mot fédéralisme est un mot à ne surtout pas prononcer. Je ne suis pas de cet avis. Je suis pour une fédération européenne mais je ne commence pas mes discours et mes débats quand je parle à mes électeurs en parlant de fédération. J’y arrive, je ne pars pas de là.

Alors comment faire ? Puisque nous sommes un jour anniversaire, regardons un instant l’histoire, remémorons nous le fameux papier Lamers- Schäuble de 1994, rappelons-nous aussi le discours de Joshka Fisher à l’université Humboldt. Chacun avec leurs auteurs, avec leurs époques, avec leurs styles, ils ont marqué un moment clé de l’histoire européenne et je n’hésite pas à dire que ce
moment clé a été manqué notamment par la France. Ce qui est intéressant dans ce que Karl Lamers, Wolfgang Schäuble ont dit comme Joshka Fisher c’est qu’ils se préoccupaient entre autre chose, mais Karl me dira si je me trompe ou non, de ce que serait l’avenir d’une Europe à 26, 27, 28, 29, 30. Il yavait cette idée de gouvernabilité de l’Europe qui imposait, disait Karl Lamers et Wolfgang Shäuble, disait Joshka Fisher, de faire un saut vers un noyau dur, vers une fédération d’Etats-Nations. Donc pour avancer, je crois qu’il faut d’abord comprendre, regarder nos différences. Nous sommes ici à Rome avec un public qui, très certainement connait bien l’Italie, la France et l’Allemagne. Nous croyons nous connaître, avec beaucoup d’échanges, mais nous sous-estimons parfois les différences culturelles. Je n’en citerai qu’une : les Français ont l’idée que les Allemands sont disciplinés et les Allemands ont l’idée que les Français ne sont pas disciplinés. Pour qui connait l’école, les collèges allemands et français, on a plutôt l’image inverse. Et quand un papa ou une maman dépose son fils à l’école, il/elle lui dit « travaille bien » et le parent allemand lui dit « viel Spaß ». C’est un détail, ça peut vous sembler une anecdote mais ça montre que nous devons connaitre nos différences et les comprendre parce que nous sommes héritiers, chacun d’entre nous, chacun de nos trois pays en particulier, d’une histoire certes en partie commune, certes avec un patrimoine commun, mais nous sommes différents. Il faut connaître ces différences pour bien se comprendre. Différences qui font d’ailleurs la force de l’Europe.

Je crois qu’au-delà de cette nécessité de connaître et de comprendre, nous devons nous efforcer de construire beaucoup plus activement l’Europe des peuples. Beaucoup de choses ont été faites, en particulier dans la coopération franco-allemande, en particulier avec un programme comme Erasmus, mais je pense que nous devons rechercher toutes les manières d’aller plus loin et d’ailleurs ça se passe déjà dans nos sociétés civiles ; des jumelages autres que des jumelages de collectivités locales. Moi je rêve d’une Europe où il faudrait avoir passé six mois ou un an dans un autre pays européen pour avoir le diplôme du niveau du baccalauréat. Je rêve d’une Europe où chacun de nos collégiens passerait au moins plusieurs semaines dans l’année dans un autre pays européen et ainsi de suite.

Il faut aussi avoir un vrai programme de croissance. C’est quelque chose qui a commencé à se faire, c’est quelque chose, cher Karl, qui ne nous dispense pas des réformes structurelles, nous tous les pays européens – ceux en tout cas qui ne l’ont pas fait ou pas fait complètement – mais je crois que nous ne surmonterons la crise que si nous avons une vraie perspective de croissance et de relance et je sais que Emma Bonino, avec d’autres, a signé un papier remarqué ou l’on parle à la fois d’ Europe fédérale et d’une Europe de la relance.

Il faut aussi construire une gouvernance, comme on dit aujourd’hui, économique, européenne, démocratique. Ça veut dire qu’il y aura là-dedans, et c’est ce qui ne plait pas trop aux français, de gauche comme de droite, un partage de souveraineté. Je préfère dire un partage que des abandons parce qu’en étant ensemble on reconquiert une souveraineté sur l’extérieur et sur les marchés. Mais
un partage de souveraineté. Ceci ne pourra être accepté, me semble-t-il, par nos peuples, dans toute l’Europe, que si cette gouvernance est démocratique, c’est-à-dire si au-delà du rôle des ministres des finances, au-delà du rôle des représentants permanents, au-delà du rôle des conseils des chefs d’Etat et de gouvernement, nous avons une implication beaucoup plus forte du parlement européen et des parlements nationaux. Des progrès ont déjà été faits avec le fameux semestre européen, il faut aller beaucoup plus loin, pour qu’on réfléchisse ensemble aux perspectives budgétaires, pour qu’on discute ensemble des hypothèses économiques, pour qu’on commence à regarder, ensemble, où sont les différences et les divergences qui pourraient compromettre la stabilité budgétaire et la croissance économique de l’Europe.

Il faut aussi, me semble-t-il, construire une communauté européenne de l’énergie. Je n’arrive pas à comprendre, en tout cas je suis choqué de voir que nous nous présentons en ordre dispersés face aux grands pays producteurs de gaz et de pétrole. Après tout, les pays producteurs de pétrole ont su, à peu près, depuis 1973 et l’OPEP, s’unir et il est quand même dommage que nous Européens ne
soyons pas capables de faire un front commun. Mais au-delà de ça, une Europe de l’énergie – nous sommes très différents sur le nucléaire et nous ne nous convaincrons pas les uns les autres à ce stade- par contre, nous voulons un autre modèle de développement, un modèle de développement durable et soutenable , ce qu’on appelle la transition énergétique, d’autres manières de faire nos villes, d’autres modes de transports, rechercher l’efficacité énergétique, développer les énergies renouvelables, dans tous ces domaines-là, je crois que l’Europe pourra apporter un plus aux initiatives nationales et que ce plus serait visible et contribuerait à construire l’avenir.

Il faut aussi essayer, et c’est difficile, de faire des pas en avant vers l’Europe sociale –c’est un mot que les Français notamment emploient souvent et auquel il est difficile de donner un contenu concret parfois. J’ai noté avec intérêt que dans la déclaration commune de Berlin de ce jour, entre la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande, il avait été décidé de travailler sur ces questions et je m’en réjouis.

Et puis, parce que la politique de concurrence est à la fois quelque chose de très important et de parfois difficile à comprendre – c’est une discussion que j’ai eu le plaisir d’avoir, à de nombreuses reprises, avec M. Monti, et qui sont des questions passionnantes pour moi – je pense malgré tout que l’Union Européenne est la seule zone au monde à avoir érigé comme principe l’interdiction des aides d’État pour les entreprises. Je pense qu’il faut d’autres critères, il faut videmment la concurrence, je ne le nie pas, je le sais, il faut d’autres critères que la taille des parts de marché ou les aides d’État. Nous avons à réfléchir pour continuer à avoir une politique de
concurrence qui stimule l’innovation, pour avoir une politique de l’innovation qui ne soit pas un désavantage comparatif par rapport à d’autres zones du monde. Bref, avec tout ça il faut bâtir ce que nos amis allemands disent, appellent « Ein Wir-Gefühl », le sentiment d’être ensemble, le sentiment d’appartenance.

Et puis je terminerai sur une histoire que François Mitterrand aimait à citer, et d’autres que lui d’ailleurs ; ce sont deux hommes, des maçons, qui construisent un mur et on demande au premier homme, au premier travailleur, au premier maçon : « Qu’est-ce que tu fais ? », « Tu vois bien, je construis un mur ». Et on demande au second, « Qu’est-ce que tu fais ? », il dit : « Je construis une cathédrale ». »

Croire à l'EuropeFrance-Allemagne, suite

dimanche 20 janvier 2013

Je passe demain à 7h40 sur France-Info sur la relation franco-allemande en matière de défense et le cas du Mali

Lien du débat organisé à Sciences Po – « Couple franco-allemand, advice l’amour dure 50 ans ! » Animé par Bertrand Gallicher, avec Jean-Louis Bianco, Anne-Marie Le Gloannec, Thomas Hanke et Henri de Bresson.

Croire à l'EuropeL’Allemagne, la France et vous ? La grande enquête Radio France, ARD et ARTE

mercredi 16 janvier 2013

Je vous invite à écouter mon analyse des résultats de la grande enquête Radio France « l’Allemagne, la France et vous ? »

En savoir plus :

Radio France

Arte.tv

Un accord historique?

dimanche 13 janvier 2013

Après des semaines où les négociations semblaient enlisées, trois syndicats CFDT, CFTC, CFE-CGC sont parvenus à un accord avec les organisations patronales, accord auquel la CGT et FO ont refusé de s’associer. A chaque négociateur d’apprécier si le compromis obtenu est satisfaisant ou pas. Comme FO et la CGT, j’aurais préféré un accord plus favorable aux travailleurs. Devant un compromis imparfait, c’est le dilemme permanent pour les syndicats: signer ou pas ? L’idée d’associer davantage de sécurité pour les salariés avec davantage de souplesse pour les entreprises me paraît  en tout cas fondamentalement juste. Mais il faut dire que la flexibilité pour les entreprises, contrairement à ce qu’affirme l’idéologie dominante, est déjà élevée en France. C’est plutôt la complication et la lenteur des processus, sans que cela apporte en général de solution satisfaisante pour les salariés, qu’il faut corriger. L’accord s’y emploie .

Mais comme toujours, les vraies questions sont pour une part ailleurs.Comment fabriquer au cas par cas des solutions équilibrées  face à une compétition économique très dure, dont il faudrait certes modifier les règles,mais ceci est une autre histoire?

Comment avoir un rapport de forces moins défavorables aux salariés? Il y a deux réponses et deux seulement. D’abord des syndicats plus forts.Le faible nombre de syndiqués en France est une catastrophe. Ségolène Royal avait proposé de rendre l’adhésion à un syndicat obligatoire. Tout le monde, ou presque,avait hurlé. Mais était-ce si déraisonnable?La deuxième réponse, c’est la démocratie sociale, c’est à dire plus de pouvoirs aux salariés dans l’entreprise. Le fameux rapport Gallois l’avaient recommandé dans un paragraphe passé presque inaperçu. Les syndicats ont obtenu, dans la dernière phase de la négociation,qu’il y ait des représentants des salariés avec voix délibérative dans les conseils d’administration. C’est insuffisant. Ce n’est qu’un (petit) premier pas. Il en faudra d’autres. Mais je suis convaincu que quelque chose d’important a bougé.

Alors accord historique ou pas? Certainement pas historique aujourd’hui, dès lors que deux syndicats importants le refusent. Peut-être  historique demain, s’il ouvre la porte à une ère nouvelle en France de compromis plutôt que d’affrontement, et surtout s’il consacre le début d’une longue marche vers la démocratie sociale.

 

Le Mali

samedi 12 janvier 2013

Fallait-il intervenir au Mali?

D’abord un petit rappel historique.Voici quelques années, le Mali était considéré comme une démocratie plutôt exemplaire, avec un chef d’État qui avait quitté spontanément le pouvoir puis était revenu après des élections libres. Il s’agit d’Amadou Toumani Traoré, appelé par tout le monde ATT. J’avais à l’époque  monté une opération de coopération avec les apprentis du CFA de Digne, pour construire avec les Maliens un centre médico-social.Se préparaient pour la première fois des élections locales libres. Pour l’anecdote,  le chef du patronat local m’avait dit:   » je connais bien la France, j’y ai fait mes études… à l’époque, je distribuais l’Humanité Dimanche« 

Le Mali s’est effondré en peu de temps,d’abord pour des raisons internes: délitement de l’armée, coup d’État, corruption… ce qui montre la fragilité des processus démocratiques dans des pays neufs

Mais l’instabilité  de l’ensemble du Sahel a une autre cause. Elle  provient à l’origine du problème touareg et de l’incapacité des pays concernés (et dans une certaine mesure des Touaregs eux-mêmes) de trouver des solutions durables respectant leur culture, leur  langue et leur  accordant suffisamment d’autonomie interne.

Sur ce terreau s’est greffé récemment un « islamo-gangstérisme » de groupes fonctionnant à partir du trafic de la drogue, avec des hommes bien entraînés et bien équipés en raison du reflux sur ces territoires, après la libération de la Libye,  de mercenaires qui avaient été au service de Khadafi. Ils se sont associés à des groupes terroristes comme AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) . Ils pratiquent une charia extrêmement brutale, terrorisent les populations, et n’ont pas hésité à détruire des bâtiments et des manuscrits à Tombouctou, qui faisaient partie du patrimoine de l’islam et de l’humanité.

Peu à peu ils sont  en train de prendre le contrôle de la totalité du Mali. L’ensemble des États d’Afrique de l’Ouest, emmenés par la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, mais aussi le Niger et même l’Algérie  voyaient le risque d’une déstabilisation complète de la région,avec prises d’otages(pas seulement français,mais aussi par exemple algériens) et  le développement d’un narco-terrorisme.Les États d’Afrique de l’Ouest avaient décidé d’intervenir mais les choses traînaient.Des négociations avec certains touaregs pour les détacher des organisations terroristes ont échoué.

C’est dans cette situation que la France a décidé d’intervenir. Elle est dans le cadre de la légitimité internationale, à travers la résolution 2 085 des Nations-Unies du 20 décembre 2 012 qui autorise le déploiement d’une force internationale. C’est la différence avec la Syrie où le blocage russe et chinois a empêché toute solution de ce type.La France n’est pas seule.Déjà le Sénégal et le Nigeria sont militairement présents.

La décision de la France est courageuse et risquée. Risques accrus pour nos otages. Risque de pertes de vies humaines, évidemment. Risque d’enlisement comme en Afghanistan. C’est pourquoi il faut que la coalition qui se forme, où l’Algérie devrait trouver sa place, soit claire sur les objectifs. Dans  un premier temps stopper l’avance des islamistes, bien sur. Mais ensuite?Jusqu’où aller militairement? Avec quel débouché politique?

Il est évidemment impossible de répondre dès aujourd’hui à ces questions. Mais il ne faudra pas tarder.

L’hiver arabe

samedi 5 janvier 2013

Que d’espérances étaient nées avec le » printemps arabe » qui sont aujourd’hui dramatiquement déçues!

Cela veut simplement dire que le temps de l’histoire est beaucoup, beaucoup plus long que le temps médiatique. Qu’il faudra à l’Égypte, à la Tunisie, beaucoup de temps pour construire leur modèle démocratique et laïque, comme il nous a fallu beaucoup de temps pour y arriver (et ce n’est pas achevé!). Qu’il y aura, comme toujours dans l’histoire, des retours en arrière: quel triste recul en Tunisie par rapport aux droits des femmes consacrés par Bourguiba voilà plus de cinquante ans!

Mais cela signifie aussi que le danger d’un islamisme qui place la charia au-dessus de tout,qui donc n’est pas laïque, ne doit jamais être ignoré: il y a d’autres formes de dictature que celles de Ben Ali ou Moubarak.Pour autant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.Un vaste mouvement de la société, en particulier des jeunes et des femmes, s’est levé, qui ne s’arrêtera pas. Des forces de résistance s’organisent, en Tunisie avec les syndicats, en Égypte avec des magistrats, dans les deux pays, comme ailleurs , avec Internet et avec la presse. La démocratie a fait,malgré tout, des pas en avant.

Reste dans chaque pays  aux forces de progrès à s’organiser et à s’unir pour accroître leur poids politique.

Reste à la France, à l’Europe, à  trouver comment soutenir les démocraties naissantes sans tomber dans l’ingérence ni dans ce qui pourrait apparaître comme l’expression d’un néo-colonialisme occidental.Vaste programme!

L’ Eglise catholique et le mariage pour tous

vendredi 4 janvier 2013

On aurait aimé que l’Église consacre autant de tribunes et d’énergie à combattre les vrais scandales de ce temps :la misère,les injustices,les inégalités…

On aurait aimé que l’Église catholique, décidément très mal à l’aise avec le sexe, consacre la même rigueur impitoyable à identifier  et livrer à la justice les prêtres pédophiles…

En Italie, Don Piero Corsi, curé de choc en Ligurie, a affiché à la porte de son église pour Noël : « Les femmes qui par leur habillement succinct  provoquent les instincts, doivent se livrer à un examen de conscience, en se demandant peut-être le cherchons-nous? » A un journaliste qui lui demandait de préciser sa pensée il a indiqué: » si vous n’éprouvez rien face à une femme nue qui passe devant vous,cela signifie que vous êtes un pédé ». Comme quoi on peut-être dans l’Église à la fois misogyne et homophobe

Socialiste!Député ou maire, il faut choisir

vendredi 4 janvier 2013

Voici la tribune que j’ai écrite avec Juliette Méadel, mind Elue du XIVe arrondissement de Paris et membre de la direction nationale du PS, mind et publiée sur liberation.fr :

Attendu par une large majorité de nos concitoyens (1), viagra 60mg le non-cumul des mandats est un peu passé au second plan de l’actualité. Pourtant, la question passionne autant qu’elle divise les politiques – comme le montre, entre autres, l’affluence lors de la réunion publique que nous avons organisée, il y a quelques jours à l’Assemblée nationale (2). D’après les sondages et les témoignages, près de 60% de nos concitoyens considèrent «qu’entre député et maire, il faut choisir», et ce pour au moins deux raisons.
Premièrement, le non-cumul des mandats de parlementaire et de chef d’un exécutif local est le moyen de rendre du temps à la réflexion, à la discussion et au vote serein au Parlement.

Deuxièmement, le non-cumul permet d’éviter les conflits d’intérêts qui peuvent naître lorsque les élus locaux sont également membres d’un organisme public local. Aussi la proposition de la commission Jospin de limiter le cumul à un mandat de parlementaire et à un mandat local non-exécutif tout en interdisant le cumul avec des fonctions «dérivées», c’est-à-dire exercées dans les établissements publics locaux, est-elle judicieuse en ce qu’elle ne sacrifie rien au principe du non-cumul tout en répondant avec pragmatisme aux attentes des citoyens.

Cette proposition – qui n’est pourtant pas révolutionnaire – n’est pas suivie par la majorité des parlementaires. Alors que le premier secrétaire du PS s’est engagé en faveur du non-cumul des mandats dès 2014, de nombreux élus – surtout au Sénat – se sont prononcés contre. Leur argument principal : un parlementaire qui ne pourrait pas cumuler avec un mandat exécutif local serait coupé «des réalités». Argument non valable, car présent trois jours par semaine dans sa circonscription, le parlementaire reçoit, assiste et conseille les électeurs, gardant ainsi le contact avec «les réalités». Rappelons enfin que le représentant de la Nation au Parlement n’est pas mandaté pour défendre les particularismes locaux mais doit bien incarner l’intérêt général et la «volonté générale» chère à Jean-Jacques Rousseau.

Parce que ce débat passionne les Français, plus intéressés par la politique qu’on ne le dit, il faut répondre à leur attente sans tarder par une loi simple, claire, et sans ambiguïté. Son adoption permettrait de revaloriser l’image du Parlement qui aurait ainsi fait la preuve de sa capacité à voter pour préserver l’intérêt général et non en fonction d’intérêts particuliers. En effet, tout report de l’adoption de la loi ou tentative pour en limiter la portée, y compris symbolique, serait considéré comme une trahison de l’engagement de campagne du candidat socialiste. Pire, si la réforme prévue n’était pas votée au Parlement, c’est l’ensemble des hommes et des femmes politiques et, plus grave encore, la démocratie, qui risquerait d’en pâtir. Cette loi pourrait être érigée en symbole de la reconstruction du lien de confiance entre les Français. Il y a urgence à l’adopter, maintenant.

(1) Selon un sondage de l’Ifop pour la «Lettre de l’opinion» publié lundi 10 septembre 2012, 59 % des personnes interrogées approuvent la proposition du non-cumul des mandats. (2) Réunion publique à l’Assemblée nationale le 19 décembre 2012 par Juliette Méadel et Jean-Louis Bianco au nom du collectif «Pour un parti d’avenir». Compte rendu disponible sur le site : pourunpartidavenir.fr

Socialiste!L’Angleterre doit-elle quitter l’Europe?

jeudi 3 janvier 2013

C’est Jacques Delors qui l’affirme dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt : » Les britanniques s’intéressent seulement à leurs intérêtes économiques, à rien de plus. On pourrait leur proposer une autre forme de partenariat » .

Ce n’est pas nouveau. Rappelez-vous Madame Thatcher : «  I want my money back » .

Encore faudrait-il qu’émerge un vrai projet européen qui donne aux peuples de bonnes raisons de croire en l’Europe