Après avoir couru, j’éprouve toujours un merveilleux sentiment de bien-être. Mais j’ai souvent du mal à y aller, lorsque – ce qui est le cas le plus fréquent – je cours tôt le matin et que le jogging se trouve en balance avec une heure de sommeil en plus !
Lorsque je suis en déplacement à l’étranger, j’aime aller un peu au hasard des rues à partir de mon hôtel. C’est une bonne manière de découvrir les rythmes et la vie des gens au moment où les habitants se rendent à leur travail et les enfants à l’école.
En France, j’ai mes habitudes, mes trajets favoris et j’en change rarement. Lorsque je suis à Digne les Bains, je prends un chemin à flanc de colline qui surplombe la ville et la vallée de la Bléone. C’est le chemin de Caguerenard, autrement dit un lieu où, on ne sait quand dans le passé, un renard avait satisfait un besoin naturel. Peu à peu la ville et la vallée sortent de l’ombre, le soleil éclaire les maisons, les rues, et les gens. J’éprouve chaque fois un sentiment de communion avec cette vie qui renaît.
À Paris, je fais le plus souvent le tour du lac principal du bois de Vincennes. C’est là que je saisis des bribes de conversation, souvent étonnantes, qui donnent matière, ici, à mes « brèves de jogging ».
L’été, je suis souvent dans le petit village de Montfuron sur les hauteurs de la Durance, avec un beau moulin à vent. Je pars très tôt, pour éviter la forte chaleur, sur le chemin de Montfuron à Montjustin.
À côté du chemin se trouve souvent un troupeau de moutons. Cet été, j’ai même croisé – à distance respectueuse – une mère sanglier avec ses petits !
Quand je cours, les idées flottent dans ma tête. Souvent sans aucune conséquence opérationnelle, parfois une sorte d’illumination me donne une réponse évidente à une question que j’avais dans l’arrière-plan de mon cerveau.