Archive pour la catégorie ‘Croire à l’Europe’

Croire à l'EuropeDe l’Allemagne, de la France (suite)

Jeudi 2 mai 2013

La presse est pleine du drame qu’aurait causé le PS avec l’Allemagne. Elle a oublié, mais alors totalement oublié, la déclaration de Nicolas Sarkozy en avril 2007 :

« La France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale ».

Croire à l'EuropeDe l’Allemagne, de la France

Lundi 29 avril 2013

Quelle tempête ! Claude Bartolone a parlé de « confrontation » avec l’Allemagne. Un brouillon de texte du PS a mis en cause l’intransigeance et la brutalité de la politique d’Angela Merkel. Essayons de raisonner avec un minimum de sang-froid !

1/ Claude Bartolone a eu tort et il a été maladroit. La « confrontation » réclamée avec l’Allemagne ne peut mener qu’à une escalade de la méfiance.

2/ C’est étrange qu’un texte du PS qui n’avait même pas été discuté puisse sortir dans la presse. A qui profite le crime ? Mais la mise en cause personnelle d’Angela Merkel était, là aussi, un malentendu et une erreur.

3/ Les problèmes de la France ne sont pas dus principalement à la pratique d’Angela Merkel. Ils sont d’abord le résultat d’une politique catastrophique de la droite depuis 10 ans. Ils sont aussi le révélateur d’une société pessimiste ayant du mal à se projeter dans l’avenir.

4/ L’Allemagne est-elle un modèle ? Oui et non. Oui, par la qualité et l’importance du dialogue social, par la présence des représentants des travailleurs dans les organes dirigeants des entreprises. Oui, par le sérieux et la continuité dans l’action des entreprises. Non, par les réformes du marché du travail, qui n’ont sans doute pas restauré autant qu’on le dit la compétitivité de l’Allemagne, mais ont certainement rendu plus précaire la situation des allemands.

5/ Il n’y aucun doute que la politique d’austérité contrainte et imposée par les dirigeants conservateurs européens, au premier rand desquels Angela Merkel, impose des souffrances scandaleuses aux peuples grec, espagnol, portugais, etc. et nous conduit droit dans le mur. C’est pourquoi François Hollande a raison de se battre pour un pacte de croissance à l’échelle européenne. Mais il est bien seul.

6/ Le débat doit bien porter sur une autre orientation pour l’Europe. Une Europe pour la croissance et l’emploi durables. Une Europe plus démocratique. Une Europe qui en finisse avec le dumping social, fiscal et social. La bataille sera très difficile. Mais seuls sont perdues avec certitude les batailles qu’on ne livre pas.

7/ Mais on peut être ferme sans être blessant ni agressif. L’amitié franco-allemande, celle des peuples au-delà des dirigeants, est un bien précieux. L’entente franco-allemande, à condition de respecter les autres pays, demeure indispensable à la construction européenne.

Croire à l'Europe« Les 50 ans du Traité de l’Elysée – et après ? »

Lundi 18 février 2013

Je vous invite à retrouver mon intervention lors de la conférence « Les  50 ans de l’Elysée, et après ? » qui s’est tenue le 12 février dernier.

C’est ici.

Croire à l'Europe« Les nouveaux horizons de l’Union européenne »

Samedi 26 janvier 2013

Voici ci-dessous la retranscription de mon discours prononcé lors de la conférence coorganisée avec l’ambassade d’Allemagne en Italie, à Rome au Palais Farnese, le 22 janvier dernier.

N’hésitez pas à le commenter !

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« « Les nouveaux horizons de l’Union européenne, vaste programme. La France, L’Allemagne et l’Italie. Est-ce que c’est un triangle ? Moi, il me semble que dans la construction de l’Europe et dans le couple franco-allemand, pendant très longtemps, la troisième pointe du triangle c’étaient les Etats-Unis d’Amérique. On se rappelle et aujourd’hui on sait mieux que le fameux préambule du Traité de l’Elysée qui a fait du chagrin au Général De Gaulle a été imposé par les Etats-Unis d’Amérique et par le président Kennedy lui-même. Je crois que les uns et les autres, Italiens, Français, Allemands et même Britanniques nous avons en partie dépassé cette époque, nous sommes des amis des Etats-Unis d’Amérique. Nous n’oublions pas leur rôle pour libérer notre continent, nous sommes des alliés mais nous sommes Italiens, Français, Allemands … des Européens. 

Et dans le fonctionnement de ce qu’on appelle le couple franco-allemand, sans doute y a-t-il eu souvent par le passé, le sentiment d’une arrogance, d’une certitude. Je crois que ce sentiment ne doit plus exister, il ne doit plus être une réalité, l’Europe se construira avec la volonté de tous les pays qui voudront avancer sans exclusive et d’abord bien sûr trois des pays fondateurs qui sont
rassemblés ici ce soir. Je suis d’autant plus attaché à l’Europe, permettez-moi un mot personnel, qu’aucun de mes quatre grands parents n’était français. C’est pourquoi je me sens à la fois très français et très européen. Mon grand-père était italien comme mon nom l’indique, ma grand-mère était anglo-irlandaise – étonnant mélange- et de l’autre côté j’avais une grand-mère suisse et un
grand-père belge flamand. Voilà pourquoi encore une fois je suis vraiment heureux d’être ici ce soir et de retrouver en partie ce qui dans cet héritage est pour mille raisons pour moi le plus important, c’est à dire mes racines italiennes puisque ma famille vient d’un petit village du Piémont, de la province de Cuneo, qui s’appelle La Morra, où on fait le Barolo -pour ce qui ne connaissent pas La Morra, je suis sûr que tout le monde connait le Barolo !

Alors aujourd’hui je crois que l’Europe va mal et je dirai que si elle va mal ce n’est pas principalement, me semble-t-il, à cause des difficultés que le monde traverse et que l’Europe traverse encore plus singulièrement, liées à la crise et au déficit. Je crois que l’Europe va mal parce que nos peuples ont tendance à ne plus croire en l’Europe. C’est peut-être plus accentué encore en France mais il me semble que ce projet européen, cette réalité européenne dont nous avons tendance à oublier qu’elle est unique dans l’Histoire, et qu’elle est unique au monde. Ce projet, on ne le voit plus, le sens et la perspective on les a perdus, et la réalité est que l’Europe est trop souvent perçue comme une contrainte, comme une gêne, comme une obligation et pas comme un projet enthousiasmant et donc je crois qu’au-delà des questions institutionnelles qui sont importantes, des questions budgétaires et économiques, il faut que nous cherchions ensemble à retrouver le sens de l’Europe et à le redonner à nos compatriotes, à nos concitoyens.

Je disais à l’instant que je pense qu’il ne faut surtout pas commencer par le débat institutionnel. J’ai fait campagne dans mon pays, de toutes mes forces, pour le Oui au traité européen dit Traité Constitutionnel. Vous avez vu ce qui l’en est advenu dans notre pays, je pense que dans d’autres pays, je ne dis pas forcément l’Italie et l’Allemagne, un référendum aurait pu donner également un résultat négatif. Et nous nous sommes focalisés, partisans de ce traité et adversaires de ce traité, sur des questions certes importantes mais qui évacuaient beaucoup, évacuaient souvent le « pour quoi faire » et le « que faire » et dès qu’on parle de ces questions institutionnelles, on retombe dans ces difficultés. Il faut quand même les aborder bien sûr.

Il y a des personnalités éminentes en France qui pensent que le mot fédéralisme est un mot à ne surtout pas prononcer. Je ne suis pas de cet avis. Je suis pour une fédération européenne mais je ne commence pas mes discours et mes débats quand je parle à mes électeurs en parlant de fédération. J’y arrive, je ne pars pas de là.

Alors comment faire ? Puisque nous sommes un jour anniversaire, regardons un instant l’histoire, remémorons nous le fameux papier Lamers- Schäuble de 1994, rappelons-nous aussi le discours de Joshka Fisher à l’université Humboldt. Chacun avec leurs auteurs, avec leurs époques, avec leurs styles, ils ont marqué un moment clé de l’histoire européenne et je n’hésite pas à dire que ce
moment clé a été manqué notamment par la France. Ce qui est intéressant dans ce que Karl Lamers, Wolfgang Schäuble ont dit comme Joshka Fisher c’est qu’ils se préoccupaient entre autre chose, mais Karl me dira si je me trompe ou non, de ce que serait l’avenir d’une Europe à 26, 27, 28, 29, 30. Il yavait cette idée de gouvernabilité de l’Europe qui imposait, disait Karl Lamers et Wolfgang Shäuble, disait Joshka Fisher, de faire un saut vers un noyau dur, vers une fédération d’Etats-Nations. Donc pour avancer, je crois qu’il faut d’abord comprendre, regarder nos différences. Nous sommes ici à Rome avec un public qui, très certainement connait bien l’Italie, la France et l’Allemagne. Nous croyons nous connaître, avec beaucoup d’échanges, mais nous sous-estimons parfois les différences culturelles. Je n’en citerai qu’une : les Français ont l’idée que les Allemands sont disciplinés et les Allemands ont l’idée que les Français ne sont pas disciplinés. Pour qui connait l’école, les collèges allemands et français, on a plutôt l’image inverse. Et quand un papa ou une maman dépose son fils à l’école, il/elle lui dit « travaille bien » et le parent allemand lui dit « viel Spaß ». C’est un détail, ça peut vous sembler une anecdote mais ça montre que nous devons connaitre nos différences et les comprendre parce que nous sommes héritiers, chacun d’entre nous, chacun de nos trois pays en particulier, d’une histoire certes en partie commune, certes avec un patrimoine commun, mais nous sommes différents. Il faut connaître ces différences pour bien se comprendre. Différences qui font d’ailleurs la force de l’Europe.

Je crois qu’au-delà de cette nécessité de connaître et de comprendre, nous devons nous efforcer de construire beaucoup plus activement l’Europe des peuples. Beaucoup de choses ont été faites, en particulier dans la coopération franco-allemande, en particulier avec un programme comme Erasmus, mais je pense que nous devons rechercher toutes les manières d’aller plus loin et d’ailleurs ça se passe déjà dans nos sociétés civiles ; des jumelages autres que des jumelages de collectivités locales. Moi je rêve d’une Europe où il faudrait avoir passé six mois ou un an dans un autre pays européen pour avoir le diplôme du niveau du baccalauréat. Je rêve d’une Europe où chacun de nos collégiens passerait au moins plusieurs semaines dans l’année dans un autre pays européen et ainsi de suite.

Il faut aussi avoir un vrai programme de croissance. C’est quelque chose qui a commencé à se faire, c’est quelque chose, cher Karl, qui ne nous dispense pas des réformes structurelles, nous tous les pays européens – ceux en tout cas qui ne l’ont pas fait ou pas fait complètement – mais je crois que nous ne surmonterons la crise que si nous avons une vraie perspective de croissance et de relance et je sais que Emma Bonino, avec d’autres, a signé un papier remarqué ou l’on parle à la fois d’ Europe fédérale et d’une Europe de la relance.

Il faut aussi construire une gouvernance, comme on dit aujourd’hui, économique, européenne, démocratique. Ça veut dire qu’il y aura là-dedans, et c’est ce qui ne plait pas trop aux français, de gauche comme de droite, un partage de souveraineté. Je préfère dire un partage que des abandons parce qu’en étant ensemble on reconquiert une souveraineté sur l’extérieur et sur les marchés. Mais
un partage de souveraineté. Ceci ne pourra être accepté, me semble-t-il, par nos peuples, dans toute l’Europe, que si cette gouvernance est démocratique, c’est-à-dire si au-delà du rôle des ministres des finances, au-delà du rôle des représentants permanents, au-delà du rôle des conseils des chefs d’Etat et de gouvernement, nous avons une implication beaucoup plus forte du parlement européen et des parlements nationaux. Des progrès ont déjà été faits avec le fameux semestre européen, il faut aller beaucoup plus loin, pour qu’on réfléchisse ensemble aux perspectives budgétaires, pour qu’on discute ensemble des hypothèses économiques, pour qu’on commence à regarder, ensemble, où sont les différences et les divergences qui pourraient compromettre la stabilité budgétaire et la croissance économique de l’Europe.

Il faut aussi, me semble-t-il, construire une communauté européenne de l’énergie. Je n’arrive pas à comprendre, en tout cas je suis choqué de voir que nous nous présentons en ordre dispersés face aux grands pays producteurs de gaz et de pétrole. Après tout, les pays producteurs de pétrole ont su, à peu près, depuis 1973 et l’OPEP, s’unir et il est quand même dommage que nous Européens ne
soyons pas capables de faire un front commun. Mais au-delà de ça, une Europe de l’énergie – nous sommes très différents sur le nucléaire et nous ne nous convaincrons pas les uns les autres à ce stade- par contre, nous voulons un autre modèle de développement, un modèle de développement durable et soutenable , ce qu’on appelle la transition énergétique, d’autres manières de faire nos villes, d’autres modes de transports, rechercher l’efficacité énergétique, développer les énergies renouvelables, dans tous ces domaines-là, je crois que l’Europe pourra apporter un plus aux initiatives nationales et que ce plus serait visible et contribuerait à construire l’avenir.

Il faut aussi essayer, et c’est difficile, de faire des pas en avant vers l’Europe sociale –c’est un mot que les Français notamment emploient souvent et auquel il est difficile de donner un contenu concret parfois. J’ai noté avec intérêt que dans la déclaration commune de Berlin de ce jour, entre la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande, il avait été décidé de travailler sur ces questions et je m’en réjouis.

Et puis, parce que la politique de concurrence est à la fois quelque chose de très important et de parfois difficile à comprendre – c’est une discussion que j’ai eu le plaisir d’avoir, à de nombreuses reprises, avec M. Monti, et qui sont des questions passionnantes pour moi – je pense malgré tout que l’Union Européenne est la seule zone au monde à avoir érigé comme principe l’interdiction des aides d’État pour les entreprises. Je pense qu’il faut d’autres critères, il faut videmment la concurrence, je ne le nie pas, je le sais, il faut d’autres critères que la taille des parts de marché ou les aides d’État. Nous avons à réfléchir pour continuer à avoir une politique de
concurrence qui stimule l’innovation, pour avoir une politique de l’innovation qui ne soit pas un désavantage comparatif par rapport à d’autres zones du monde. Bref, avec tout ça il faut bâtir ce que nos amis allemands disent, appellent « Ein Wir-Gefühl », le sentiment d’être ensemble, le sentiment d’appartenance.

Et puis je terminerai sur une histoire que François Mitterrand aimait à citer, et d’autres que lui d’ailleurs ; ce sont deux hommes, des maçons, qui construisent un mur et on demande au premier homme, au premier travailleur, au premier maçon : « Qu’est-ce que tu fais ? », « Tu vois bien, je construis un mur ». Et on demande au second, « Qu’est-ce que tu fais ? », il dit : « Je construis une cathédrale ». »

Croire à l'EuropeFrance-Allemagne, suite

Dimanche 20 janvier 2013

Je passe demain à 7h40 sur France-Info sur la relation franco-allemande en matière de défense et le cas du Mali

Lien du débat organisé à Sciences Po – « Couple franco-allemand, l’amour dure 50 ans ! » Animé par Bertrand Gallicher, avec Jean-Louis Bianco, Anne-Marie Le Gloannec, Thomas Hanke et Henri de Bresson.

Croire à l'EuropeL’Allemagne, la France et vous ? La grande enquête Radio France, ARD et ARTE

Mercredi 16 janvier 2013

Je vous invite à écouter mon analyse des résultats de la grande enquête Radio France « l’Allemagne, la France et vous ? »

En savoir plus :

Radio France

Arte.tv

Croire à l'EuropeCinquante ans après le Traité de l’Elysée

Mardi 18 décembre 2012

Cinquante ans, cela semble déjà si loin. Le Traité appartient maintenant à l’histoire. Né dans un contexte bien particulier, il se situe encore dans l’après-guerre mais en même temps marque une étape de sortie de l’après-guerre.

Le Traité de l’Elysée n’est pas un acte isolé. Il fait partie, il ne faut pas l’oublier, d’une stratégie évolutive du Général de Gaulle : proposition d’un directoire à trois (Etats-Unis, Angleterre, France) au sein de l’Alliance Atlantique, échec du plan Fouchet de coopération politique à six,…

Dans tous ces épisodes, la question centrale est celle de la relation avec l’Alliance Atlantique, donc avec les Etats-Unis. L’Allemagne n’était pas prête à quoi que ce soit qui puisse ressembler à un éloignement des Etats-Unis. D’où le préambule, imposé par le Bundestag, au Traité de l’Elysée qui a fortement déçu le Général de Gaulle.

Cinquante ans après, la question de la relation avec les Etats-Unis se pose de manière différente. L’Allemagne a conquis son autonomie, y compris comme Nation, y compris en étant aussi nationaliste que les autres (et même parfois plus !). La guerre de Georges Bush en Irak a été rejetée par la France et par l’Allemagne et surtout par les peuples européens.

Aujourd’hui, c’est surtout la dimension de rapprochement et de coopération entre la France et l’Allemagne qui est en question. Dans la crise financière européenne, les positions allemande et française sont difficilement compatibles, depuis que François Hollande ne s’incline plus comme le faisait Nicolas Sarkozy.

Cette difficulté n’existe pas seulement avec la France. Mais elle est plus grave avec la France, parce qu’elle affecte le fonctionnement et la crédibilité du moteur franco-allemand. Relativisons quand même : ce n’est ni la première, ni la dernière difficulté sérieuse de ce couple.

Un sondage récent analysé par Sabine Von Oppeln montre de manière pour le moins surprenante l’enracinement et la force de la relation franco allemande. Je reproduis ici le commentaire que j’ai fait pour Radio-France :

Le sondage analysé par Sabine Von Oppeln est passionnant, même s’il est en pratique adressé plutôt aux élites. Ainsi, l’adhésion inconditionnelle à l’euro est sans aucun doute beaucoup moins partagée chez les citoyens de nos deux pays que ne le laisseraient croire les résultats du sondage.

Ce sondage nous apporte plutôt de bonnes nouvelles, pour certaines inattendues. Je n’aurais pas imaginé que plus de la moitié des Français consultés aimeraient vivre et travailler en Allemagne ! Peu avant la réunification, ils n’étaient que 28 % à considérer que l’Allemagne méritait qu’on s’y rende. Je n’aurais pas imaginé non plus que 82 % des sondés aient écouté l’an passé un chanteur ou un musicien français et vu un film d’un cinéaste français.

Plus prévisible, mais rassurant le fait que pour chacun le voisin d’Outre-Rhin soit le pays avec lequel on se sent le plus d’affinités. On a oublié qu’en 1977 les Français consultés n’avaient mis l’Allemagne qu’en cinquième position, tandis que la France occupait pour les Allemands la quatrième place. Que de chemin parcouru malgré les difficultés présentes de l’Europe et du couple franco-allemand !

Par contre, pour les « qualités » attribuées au voisin, on reste largement dans les stéréotypes. Les Allemands sont rigoureux, disciplinés et travailleurs et les Français sont jouisseurs, individualistes, créatifs, séducteurs et charmants.

Evidemment, et ce n’est pas surprenant au vu des débats actuels, seuls 22 % des Allemands attribuent à la France un caractère de modèle, alors qu’une courte majorité des Français reconnaissent en l’Allemagne un modèle.

Autre bonne nouvelle : pour l’immense majorité des sondés, la « relation privilégiée » entre les deux pays est une nécessité pour l’avenir, en même temps qu’une réalité et un héritage du passé.

Relative surprise, 78 % des Allemands voient la France et l’Allemagne comme « deux partenaires à égalité », alors que le chiffre pour les Français n’est que de 53 %.

Enfin, une question centrale : quelle Europe voulons-nous ?

Les Français souhaitent en premier lieu une Europe « forte » et en second une Europe « solidaire ». Pour les Allemands, la paix reste la première des préoccupations, suivie par une Europe forte. Parmi les axes que la politique européenne doit privilégier, figure pour tous au premier rang l’Europe sociale.

Au total, de bonnes bases : une relation franco-allemande forte, un désir d’Europe.

Reste à faire le travail : refonder la relation franco-allemande par des échanges beaucoup plus larges dans la société civile (jumelages d’hôpitaux, d’instituts infirmiers, de sections de partis politiques,…), par l’accroissement des échanges scolaires (une semaine par an, par exemple), nécessité d’avoir fait un semestre d’études dans un autre pays européen pour l’obtention du baccalauréat,…

Reste aussi à redonner confiance dans l’Europe, à lui donner un sens. Vaste programme !

Croire à l'EuropeEn Iran , la liberté se faufile sur Internet

Mercredi 12 décembre 2012

Avec plus de 36 millions d’internautes pour une population de 75 millions d’habitants , l’Iran est le pays du Moyen-Orient le plus connecté . Dans un rapport que j’avais rédigé pour l’Assemblée Nationale , j’avais écrit que nous devions tout faire  pour soutenir la résistance au régime sur Internet . Le Parlement européen décerne demain le prix Sakharov 2012  » pour la liberté de l’esprit  » à l’avocate Nasrin Sotoudeh et au réalisateur Jafar Panahi qui incarnent la résistance iranienne à l’oppression . Le problème avec l’Iran , ce n’est pas seulement la bombe atomique .

Croire à l'EuropePauvre Europe!

Lundi 29 octobre 2012

Erasmus,25 ans,un million de bébés,est menacé de faillite.Ce merveilleux programme européen(on se souvient tous du film  l’ »auberge espagnole » avec Romain Duris), a permis à un million d’étudiants de faire une partie de leurs études dans un autre pays d’Europe .De ces rencontres  commence à naître,enfin,l’Europe des peuples,y compris à travers des mariages mixtes.Et voilà que l’aveuglement bruxellois risque de le mettre en cause par manque de financement.C’est tout le contraire qu’il faut faire:mettre rapidement en place un Erasmus tout au long de la vie permettant de diminuer le chômage et d’améliorer la formation des travailleurs.

Europe,ils sont devenus fous!

Croire à l'EuropeL’Union européenne, prix Nobel de la paix

Samedi 13 octobre 2012

Il y en a qui hurlent:
« Quoi, cette Europe de l’austérité, qui ne protège pas contre la mondialisation, qui va rentrer en récession… le Prix Nobel, on croit rêver ».

Et pourtant, cette récompense extraordinaire, remise je crois pour la première fois à une organisation continentale, nous rappelle deux vérités :
1° L’Europe a su bâtir la paix après des siècles d’horreur. Alors que la Chine et le Japon, dont on nous rebat les oreilles, sont prêts à se battre pour quelques îlots inhabités.
2° L’Europe en 50 ans (qu’est-ce que cinquante ans à l’échelle de l’histoire !) a édifié une construction politique sans précédent et jusqu’ici sans équivalent dans le monde. 

Pourquoi je dis cela : pas pour me gargariser, mais pour que ce regard sur notre passé nous aide à oser résolument l’avenir, avec un nouveau projet à bâtir démocratiquement, l’Europe de la jeunesse, l’Europe de l’énergie, l’Europe de la connaissance, l’Europe capable d’inventer peu à peu un nouveau modèle de développement social-écologique.

Vaste programme ! Certes. On en est loin ? Oui, on en est à des années lumière. Et pourtant c’est l’urgence historique qui doit imposer maintenant aux dirigeants européens l’audace d’inventer au lieu de se recroqueviller chacun sur la défense étroite d’intérêts nationaux à courte vue.

Le changement, c’est maintenant !

En attendant, redescendons sur terre : le principal débat de l’heure, c’est qui de Barroso, Van Rompuy ou Martin Schultz va recevoir le prix. Gageons qu’ils risquent d’y aller à trois…

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