Archive pour la catégorie ‘Il n'y a pas que la politique!’

Don Giovanni

Samedi 17 juillet 2010

A Aix en Provence j’ai vu l’autre soir Don Giovanni de Mozart.
C’est un russe, Dmitri Tcherniakov, qui assure la mise en scène. Et il y a de l’âme russe dans cette représentation de Mozart, avec un Don Juan possédé, à la voix moyenne mais extraordinaire acteur, au look de Marlon Brando dans « Le dernier tango à Paris ».
Dmitri Tcherniakov donne à voir l’attraction plus maladive encore qu’érotique entre Don Juan et les femmes qu’il séduit. Il amène son monde jusqu’ à ce « viva la liberta » qui signifie ici « embrassez qui vous voudrez ».
Le Freiburger Barockorchester, sous la direction de Louis Langrée, est d’une qualité exceptionnelle.
La critique n’a pas aimé. Moi,si. Il reste encore quelques représentations

Tour de France

Vendredi 16 juillet 2010

Hé oui, je l’avoue, j’aime le Tour de France !
Je me suis déjà fait dire par certains que ce n’était pas politiquement correct, mais c’est comme ça. Je suis chaque année une étape de montagne, cette fois-ci Chambéry-Gap.

Chaque année, malgré les problèmes de dopage, je suis frappé par l’enthousiasme des foules, par la fête populaire que le Tour représente pour des millions de gens. C’est un spectacle auquel on assiste sur le pas de sa porte, ou après un long déplacement à bicyclette ou en caravane.Tous les âges. Toutes les couches sociales. Et c’est gratuit!
J’ai discuté avec Bernard Thibault, qui suivait aussi l’étape et qui en profitait pour distribuer, avec des militants de la CGT, des tracts contre la réforme des retraites. Même sur la pénibilité, il semble que le gouvernement ne veuille rien lâcher.
J’ai bavardé aussi avec Frédéric Thiriez, Président de la Ligue nationale de football. Pour changer le mode de gestion du football français, son idée est simple : un président élu, au moins par l’ensemble des clubs et pourquoi pas par tous les licenciés. Au conseil d’administration, 1/3 de représentants des clubs amateurs, 1/3 des clubs professionnels, 1/3 joueurs et anciens joueurs (aujourd’hui il n’y a que Thuram!).

Voilà ! B onnes vacances pour ceux qui en prennent.
Pour ma part,je continuerai à tenir ce blog pendant l’été

Les « établis »

Lundi 28 juin 2010

Avant et après mai 68, ils furent quelques centaines à abandonner des études brillantes, à quitter tout ce qu’ils aimaient, les livres, le cinéma, l’amour, pour aller travailler en usine.

Ils s’appelaient eux-mêmes « les établis ». Ils ne sont pas toujours bien accueillis. L’épreuve est terrible, épuisante physiquement et parfois déchirante, et souvent de grands résultats militants.

J’admire le courage de ces jeunes femmes et de ces jeunes hommes.

Virginie Linhardt, fille de deux établis, après avoir publié « Le jour où mon père s’est tu », est partie à la recherche de ceux qui avaient l’âge qu’elle a aujourd’hui et qui avaient cru aux lendemains qui chantent dans « Volontaires pour l’usine » et « Vis d’établis 1967-1977″.

La pelle du 17 juin

Jeudi 17 juin 2010

J’aime le football. Je sais que ça n’est pas forcément très tendance.

J’ai été triste pour l’équipe de France. Domenech, c’est le moins qu’on puisse dire, n’attire pas la sympathie. Pourtant pour la première fois, son désarroi, après le match, m’a touché.

Albert Camus

Vendredi 21 mai 2010

Je suis tombé par hasard sur La mort heureuse (Folio-Gallimard) premier roman d’Albert Camus, qu’il a écrit de 1936 à 1938 et qu’il a abandonné pour rédiger l’Étranger. Le héros de La mort heureuse s’appelle Patrice Mersault : il deviendra Meursault « l’Étranger« .

Il y a sans doute de nombreux défauts dans ce texte qu’il n’ pas publié. Mais j’aime ses visions éblouissantes d’Alger et de Tipasa, ce bonheur immédiat devant un monde goûté par tous les sens. Dans l’Algérie de Camus, il y a par moment, une parenté avec la Haute Provence.

A propos de science-fiction

Vendredi 23 avril 2010

Je vous signale le très intéressant (bien qu’inégal) recueil « Retour sur l’horizon » paru chez Denoël qui rassemble quinze nouvelles présentées par Serge Lehman.

On y trouve des auteurs de la « jeune » science-fiction française. Intéressante et nouvelle est la nature des métiers qu’ils font, en dehors ou à côté de la S.F : dessinateur, concepteur de jeux vidéo, scénariste de BD, webdesigner, fondateur d’un groupe de musique expérimentale … Plus classique, on trouve aussi au sommaire une professeure des écoles et un bibliothécaire.

Figurent également dans ce recueil quelques « grands anciens ». Je vous recommande en particulier la sublime nouvelle d’André Ruellan « Temps mort », qui ne fait que cinq pages mais qui touche au coeur de la condition humaine.

La théorie des cordes (suite)

Mardi 20 avril 2010

C’est aussi le titre d’un roman de science-fiction de José Carlos Somoza, paru chez Actes Sud en 2007.
La thèse scientifique est audacieuse, mais bien reformulée.

Il ne s’agit pas tout à fait de voyager dans le temps, mais d’ouvrir les cordes du temps pour voir le passé. Avec des personnages étonnants, on est aussi dans le roman policier et le roman d’horreur… J’ai beaucoup aimé.

Le jargon contemporain

Lundi 19 avril 2010

Il est du dernier chic, dans certains milieux d’affaires, de truffer ses phrases d’expressions anglaises.

Certains veulent même laisser croire qu’ils sont plus « fluent » en anglais qu’en français…

Un petit chef d’œuvre, entendu récemment : « Il faut advisorer certaines issues »

La Théorie des cordes

Samedi 3 avril 2010

J’ai toujours été fasciné par les recherches qui tentent d’expliquer à la fois la structure de la matière et l’évolution de l’univers.

En 1905, Albert Einstein, obscur fonctionnaire au bureau des brevets, révolutionne la physique par trois articles visionnaires. Il va inventer la relativité générale, puis poser les bases de la mécanique quantique. Depuis les théories physiques ne cessent de se complexifier en même temps qu’elles ouvrent des perspectives tout à fait inattendues, comme celle d’ »ordinateurs quantiques ».

La question centrale qui occupe les chercheurs depuis des décennies est la suivante : peut-on trouver une théorie unique qui unifie la relativité  et mécanique quantique, deux théories qui  « fonctionnent » à des échelles très différentes et selon des lois qui paraissent contradictoires.

Plus les théories s’éloignent de toute possibilité de représentation concrète et plus les physiciens inventent des mots poétiques pour décrire les propriétés des particules comme le « charme  » ou la « couleur « .

Depuis une dizaine d’années, la théorie dominante pour expliquer à la fois l’univers et l’infiniment petit s’appelle la théorie des cordes. Les particules élémentaires seraient des vibrations de cordes, qu’on pourrait étirer comme des élastiques. L’ennui, comme l’explique Lee Smolin dans son ouvrage « Rien ne va plus en physique » chez Dunod, c’est qu’il y a des milliers de théories possibles sans aucune preuve expérimentale. Certains physiciens comme Etienne Klein, estiment que dans leur frénésie les théoriciens ont « parfois tendance à voir des fées au fond du jardin »

Jean Ferrat

Mardi 16 mars 2010

En regardant hier soir l’émission consacrée à Jean Ferrat par France 3, j’ai réalisé que nous avions encore en tête ses plus belles chansons, alors qu’elles sont rarement diffusées. J’ai  redécouvert sa profonde humanité : il savait être engagé, indigné mais toujours sans haine… Et pour le débat sur l’identité nationale, je vous redonne les paroles de « Ma France ».

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

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