Archive pour la catégorie ‘Il n’y a pas que la politique!’

Danielle Mitterrand

Mercredi 23 novembre 2011

Je me rappelle de Danielle Mitterrand qui, infatigable, militait avec le sourire. C’est une leçon. Lorsque François Mitterrand était président de la République, elle veillait à ne pas être une femme d’influence ni un ministre des Affaires étrangères bis, mais ne lâchait rien. Sa façon de répondre aux courriers à l’Élysée était la preuve de sa conviction : elle écrivait scrupuleusement et refusé les formules toutes faites.

Entre Danielle et François Mitterrand, il y avait un grand respect, une grande affection, elle l’accompagnait peu dans les voyages officiels car elle détestait le protocole, mais entre elle et lui il y avait quelque chose que je n’hésite pas à appeler de l’amour.

Danielle Mitterrand s’était aussi prise d’affection pour Mazarine, la fille du président et d’Anne Pingeot, au point d’insister pour qu’elle intègre le conseil d’administration de l’Institut François Mitterrand.

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Pierre Quinon

Mercredi 24 août 2011

Ce nom ne dira rien à la plupart d’entre vous.Pierre Quinon a été champion olympique du saut à la perche en 1984 à Los Angeles. Il s’est donné la mort la semaine dernière en se défenestrant, chez lui, à Hyères. Il peignait et s’intéressait à la peinture, Nicolas de Staël en particulier, lui aussi suicidé. Il s’était reconverti dans le commerce. Il est champion olympique à 22 ans, et voici la fin. De lui un autre grand perchiste, lui aussi champion olympique, Jean Galfione, a dit : « Quand il gagne son titre, il était gamin, il respirait la fraîcheur, la jeunesse, le rêve. Sur les photos, il était comme un ange ».

« Avant d’aller dormir »

Samedi 13 août 2011

C’est le titre d’un incroyable premier roman de S.J. Watson, publié chez Sonatine Éditions.

À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin elle se réveille en croyant être une jeune étudiante célibataire ayant la vie devant elle alors qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis plus de vingt ans.

Chaque jour elle écrit son journal, en essayant de se rappeler le lendemain où elle l’a mis la veille. Elle découvre d’étranges incohérences entre ce que lui dit son mari, ce qu’elle a écrit dans son journal et ses rares souvenirs…

La taillanderie

Mardi 2 août 2011

Dans le tout petit village de Nans-sous-Sainte-Anne, dans le Doubs, j’ai visité une ancienne taillanderie transformée en musée.

Vous savez ce qu’est une taillanderie ? J’avoue que je l’ignorais jusqu’à cette visite. Il s’agit d’une petite usine où l’on fabriquait depuis 1828 pour toute la France, et même au-delà, des faux.

Ce qui frappe d’abord c’est le charme triste de ce lieu reculé et abandonné. En même temps, je suis une fois de plus impressionné par l’aptitude humaine à tirer parti des ressources naturelles pour en faire une industrie et donc des emplois : en l’occurrence le débit d’eau, abondant et régulier, de la rivière l’Arcange, pour la force motrice, et le bois, tout aussi abondant, pour le feu des fours.

L’usine a fermé en 1969 ,face à la concurrence chinoise (déjà!) et surtout à cause de  la disparition des clients, provoquée par la
mécanisation agricole. C’est incroyable la diversité des faux qui ont été inventées pour répondre à des usages précis. Ce que nous appelons, au musée départemental de Salagon, dans les Alpes de Haute Provence, l’invention rurale.

L’eau fait tourner de grandes roues en bois qui, par un système d’engrenages, toujours en bois, actionnent des martinets, c’est à dire des  masses qui, pour fabriquer la faux, frappent à la cadence de plus de cent coups à la minute le métal en fusion.

Un petit film magnifique fait parler d’anciens ouvriers. Comme dans les mines, comme dans la sidérurgie, on retrouve cette formidable compétence, et donc cette formidable fierté ouvrière, aujourd’hui presque disparue.

Les conditions de travail étaient èpouvantablement dures : le feu du four devant, le froid du dehors dans le dos. Et surtout le bruit infernal des martinets, qui rendait les ouvriers quasi-sourds au bout de quelques années. Il fallait quinze ans pour former un platineur, le métier le plus noble, de celui qui procédait à la finition de la faux suivant des formes et des courbures précises.

Ne perdons pas la mémoire de ces temps déjà lointains.

Livres à recommander

Mardi 12 juillet 2011

Dans le cadre de l’université d’été du PS de La Rochelle (dernier week-end d’août), l’organisation m’a demandé de recommander trois livres que j’avais particulièrement aimés.

Les voici :

- Le poète de Gaza de Yishai Sarid, chez Actes Sud.
- Les enfants de la terre (Tome 6) de Jean M. Auel, Presses de la cité.
- L’armée furieuse, de Fred Vargas, chez Viviane Hamy.

« L’armée furieuse »

Vendredi 8 juillet 2011

A ses débuts, Fred Vargas avait du mal à se faire publier. Malgré quelque prix « locaux » (le festival de Saint-Nazaire, le polar de la ville du Mans) elle tarde à se faire connaître. Et en quelques années elle devient célèbre. Son dernier livre « l’armée furieuse », à peine paru est en tête des ventes. Cela fait partie des mystères et des miracles de la création. A un moment donné, après des années de doute et de galère, un écrivain, un peintre, un musicien rencontre son public. Fred Vargas, c’est une voix singulière, avec des personnages hors normes, des intrigues déroutantes, une immense tendresse humaine. L’armée furieuse raconte une histoire du XIIème siècle, qui nous plonge en même temps dans le présent. Fred Vargas est au sommet de son art.

À Patrick Roy

Mardi 3 mai 2011

Notre ami Patrick Roy vient de s’éteindre et c’est pour nous tous, sa famille, ses amis, ses proches, un immense chagrin. Nous avons accompagné son combat contre le cancer. Ses doutes, ses espoirs, son immense courage contre la douleur et l’affaiblissement qui lui a valu l’estime et l’amitié sur tous les bancs de l’Assemblée nationale.

Il avait choisi de rendre public sa maladie parce qu’il jugeait que c’était la première honnêteté qu’il devait à ses électeurs mais aussi parce que c’était sa manière à lui d’aider tous les malades en montrant qu’il n’y a jamais de cause perdue.

Le combat, l’engagement opiniâtre pour les autres, c’était Patrick Roy. Un militant de la justice et de la solidarité. Un homme pétri d’humanité qui a puisé dans ses racines et dans son parcours professionnel et politique, la force de son caractère.

De sa terre natale de Denain, il a tout appris : les luttes pour la dignité ouvrière, les refus de la fatalité sociale, l’engagement pour un socialisme démocratique. Comme maire et comme député, il lui a tout donnée en retour. L’envie de renaître, de dépasser les blessures du déclin économique et industriel. Il le faisait à sa manière, simple, chaleureuse et populaire dans laquelle les Denaisiens se retrouvaient si bien.

De sa carrière d’enseignant, il a gardé la volonté d’émancipation, la croyance qu’un homme peut se relever de tout par le savoir et par la connaissance. L’éducation nationale était pour lui un sanctuaire, une source permanente d’espoir et de renouveau.

Du parti socialiste et de son groupe parlementaire, il a partagé toutes les exigences démocratiques et sociales. C’était sa seconde famille. Dans tous les mandats qu’il a assumés notamment à l’Assemblée nationale, sa voix merveilleuse de baryton portait la colère contre toutes les injustices mais aussi la croyance en un idéal de progrès qui dépasse et transcende toute le société. Patrick a été un député de combat, formidable de présence et de sincérité. Sa disparition laisse un vide immense pour nous tous.

À sa femme Geneviève, à sa famille, à tous ses amis, je veux dire que leur deuil et le nôtre et que Patrick ne quittera jamais nos cœurs.

(Communiqué de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen à l’Assemblée nationale)

« Les chemins du Dalaï-Lama »

Vendredi 29 avril 2011

« Les quatre cameramen et moi avons été abasourdis par le vide des paysages, le vent invisible soufflant sur la terre inculte, le ciel haut, infini, et le silence total. Mon esprit et mon âme se sentaient propres et vides. J’avais perdu toute notion de l’endroit où je me trouvais ainsi que le besoin de parler ».

La journaliste Xinran Xue, décrivant le Tibet dans Funérailles célestes, citée dans Les chemins du Dalaï-Lama, portrait intime d’un homme et de son destin (auteur, Pico Iyer, aux éditions Albin Michel).

Danbé

Mardi 15 mars 2011

Danbé est un mot malinké qui signfie « dignité ». C’est aussi le titre d’un très beau livre (1) d’Aya Cissoko, malienne, venue en France quand elle avait 4 ans. Elle a été championne du monde de boxe, elle est aujourd’hui étudiante à l’Institut d’études politiques de Paris. Son histoire, touchante, dit mieux que beaucoup d’analyses la réalité quotidienne des immigrés en France, avec les hauts et les bas d’un parcours d’intégration. À lire absolument.

(1) Paru aux éditions Calmann-Lévy

Le bonheur par des temps éloignés du bonheur

Dimanche 19 décembre 2010

J’ai beaucoup aimé ce titre, d’un auteur, Wilhelm Genazino, que je ne connais pas.

N’est-ce pas tout un programme ?


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