Archive pour la catégorie ‘Il n'y a pas que la politique!’

Le Concert

Mardi 17 novembre 2009

J’ai adoré le film « Le Concert » de Radu Mihaileanu.

Andrei Filipov, le plus grand chef d’orchestre d’Union Soviétique à l’époque de Brejnev, n’a pas voulu obéir aux autorités et se séparer de ses musiciens juifs. Depuis, il fait le ménage mais il dirige toujours un orchestre dans sa tête.

Une occasion incroyable se présente de retrouver et de reconstituer son orchestre disparu pour un concert au Théatre du Châtelet.

L’histoire est improbable, mais elle vous prend aux tripes, entre rires et pleurs. Il y passe quelque chose de l’âme russe.

Le chef d’orchestre et la violoniste (Mélanie Laurent) sont extraordinaires d’humanité. On a envie de les connaître …

« Les chaussures italiennes »

Lundi 26 octobre 2009

Je ne sais pas si vous connaissez Henning Mankell. Cet écrivain suédois partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Il est surtout connu par ses romans policiers, avec le personnage de l’inspecteur Wallander, mais il écrit aussi sur l’Afrique.

Le Seuil vient de publier un livre écrit en 2006 et qui s’intitule "Les chaussures italiennes". A soixante-six ans Frederick Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie une chatte et une chienne et pour seules visites celle du facteur de l’archipel. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Mais sa vie va se trouver bouleversée, entre deux solstices d’hiver et un solstice d’été. Au travers de personnages hors du commun, il parle avec une profonde humanité des hommes et des femmes, de la solitude et de la peur, de l’amour et de la rédemption. C’est un des plus beaux livres que j’ai lus.

Fallait-il emmener 75 athlètes pour 3 médailles aux Mondiaux d’athlétisme?

Jeudi 27 août 2009

La France avait l’une des quatre plus fortes délégations. Au total des médailles elle se classe 20ème. Est-ce que chaque athlète sélectionné a fait le maximum? Pourquoi en douter? S’il y avait des "touristes", il appartient au nouveau directeur technique national de le dire et d’en tirer les conséquences. Ghani Yalouz, ancien champion de lutte, et nouveau DTN, parle d’une "dynamique de la gagne". Hum!

Mais le problème de base, au-delà du sport de haut niveau, n’est-il pas la grande faiblesse du sport à l’école?

Tour de France

Dimanche 26 juillet 2009
Comme chaque année, j’ai été sur le Tour de France. J’ai eu la chance de suivre en voisin l’étape du Ventoux. Ce qui m’a frappé, c’est l’enthousiasme populaire plus fort que jamais.
On parle de 500 000 personnes sur les pentes du Ventoux! On vient sur le Tour en famille, on prend l’apéro au bord de la route, parfois même on choisit ses dates de congés pour pouvoir assister à une étape.
C’est sans doute le seul sport qui mélange à ce point les âges et les couches sociales, et surtout le spectacle est GRATUIT!

Bien sûr, il y a le dopage (mais pas seulement dans le cyclisme). La France et le Tour sont plus exigeants que l’Union cycliste internationale, mais on n’est pas complètement à l’abri d’une mauvaise surprise post-Tour. La lutte doit être poursuivie avec plus de détermination que jamais pour que le Tour de France reste cette grande fête populaire.

Le temps n’en finit pas d’accélérer

Samedi 11 juillet 2009

Je vous recommande la chronique régulière de Jean-Claude Guillebaud dans le supplément télé du "Nouvel Obs". Dans sa dernière livraison, il fait référence au philosophe Paul Virilio qui caractérise l’air du temps par le syndrome de la vitesse. La vitesse mortifère, l’instantanéité, la houle vertigineuse de l’actualité.

C’est un fait, la marche du temps s’accélère. On disait jadis : tel sera sans doute le prochain siècle. Aujourd’hui,l e lendemain est imprévisible. Sous l’effet des changements ultra-rapides et du regard figé sur l’instant le temps se rétrécit. L’avenir n’est plus lisible au-delà du très court terme et en même temps notre représentation du passé se raccourcit. Notre disposition à la nostalgie devient de plus en plus intense et le "bon vieux temps" n’en finit pas de se rapprocher.

Jean-Claude Guillebaud : "Le présent nous glisse entre les doigts comme une poignée d’eau, avant même que nous ayons pu l’explorer et le comprendre. Nos idées vieillissent en six mois. Nos ordinateurs sont périmés en un trimestre. Nos prévisions politiques, quant à elles, survivent rarement à la session parlementaire en cours. Quant aux proclamations électorales et présidentielles…"

Lisez « l’évangile de la mondialisation »

Jeudi 9 juillet 2009

Le Pape vient de publier l’encyclique « Caritas in veritate », qui actualise la doctrine sociale de l’Eglise.

Il y a beaucoup à discuter. Par exemple, je suis évidemment en total désaccord avec l’affirmation : « un humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain ».

Mais c’est important aussi qu’il soit parlé des « effets délétères sur l’économie réelle d’une activité financière mal utilisée » ou de « l’exploitation anarchique des ressources de la terre ».

Autant je déteste la phrase sur l’humanisme, autant j’aime cette belle formule : « la société globalisée nous rapproche, elle ne nous rend pas plus frères ».

La mort de Pina Bausch est pour moi plus émouvante que celle de Michaël Jackson.

Mercredi 8 juillet 2009

En Michaël Jackson, j’admirais le créateur, mais j’avais beaucoup de mal avec la personne.

Pina Bausch, infiniment moins médiatisée, aura au moins autant marqué notre époque. On reconnaît les grands créateurs, les grands novateurs à ceci qu’ils apportent une vision et une forme esthétique radicalement nouvelles. Novations radicales, très généralement mal reçues avant de s’imposer presque comme une évidence. Les premières représentations de Pina Bausch en 1974 à l’Opéra de Wuppertal sont accueillies par des insultes, des jets de tomates et des menaces téléphoniques.

Je garde dans les yeux et dans le cœur Café Müller, inspiré par sa propre expérience d’enfant. Jamais on n’avait exprimé de manière aussi déchirante la solitude humaine.
Je garde dans les yeux et dans le cœur Nelken dans la cour du Palais des Papes à Avignon, avec cet immense champ d’œillets roses, avec les musiques de Franz Schubert, Louis Armstrong, Quincy Jones …

Le Tibet sans peine

Jeudi 28 mai 2009
Le Tibet sans peine, c’est le titre d’un très beau livre de Pierre Jourde, récit héroï-comique d’un périple de jeunes français à 4 000 mètres d’altitude. Dans un style à la fois précis et éblouissant, on découvre des paysages à vous couper le souffle, l’inconscience des voyageurs, la gentillesse et la finesse du peuple tibétain.
 
Au départ, une perception si aiguë de Delhi : "La fournaise exalte les odeurs. Le suave ne paraît jamais loin du funèbre, des parfums inconnus et violents… Tout ce que diffuse la profusion des plantes, des corps humains, des corps animaux, tout ce qui monte des petites marmites dans lesquelles des femmes usées font cuire des ragoûts d’arlequin dont une cuillerée vous incendie jusqu’à l’os."
 
Le franchissement d’un col entre l’Inde et le Tibet : "Une énorme tête de mouflon plantée sur un pieu, d’où rayonnaient des guirlandes de petites oriflammes, faisant claquer leurs couleurs… Les rafales nous assaillaient d’accolades glacées, à nous renverser, dans l’agitation des drapeaux d’allégresse et le rire mort de la bête sacrifiée…"
 
Dans un campement au Tibet : "À la nuit close, les belles bergères crasseuses, aux longues nattes et aux yeux bridés, se mettent torse nu et se glissent sans plus de façons sous une épaisse couche de couvertures multicolores. Les femmes voilées de l’islam sont à un jour de marche. Je pense à ces jeunes filles, à leur grâce et à leur liberté, leur souhaitant qu’aucun prosélyte du Coran ne monte jamais de la vallée pour chercher à leur faire regarder leur candeur comme de l’impureté. Souvent, depuis vingt-trois ans, je refais le même rêve, où le Tibet se confond avec l’Auvergne. Je ne retrouve pas le bon chemin. Le véritable Tibet était ailleurs. Mes rêves s’épuisent à revenir à ce qui fut une fois, ils en sont convaincus, la beauté à l’état pur ,et qui peut-être n’a jamais existé ailleurs que dans leur nostalgie".

« Passeport à l’iranienne »

Dimanche 24 mai 2009
Je vous recommande ce petit livre très drôle de Nahal Tajadod.

Nahal Tajadod, née en Iran, est venue vivre à Paris en 1977. Son livre raconte l’histoire d’une Iranienne, mariée à un Français, qui, revenue à Téhéran pour quelque temps,cherche à obtenir le renouvellement de son passeport.

Au cours de ce véritable parcours du combattant apparaît une vie quotidienne faite de débrouillardise et de bravades au régime. Aventure kafkaïenne, dans un Iran généreux et chaleureux.

Le mystère Neandertal

Samedi 23 mai 2009
La coexistence, pendant plusieurs dizaines de milliers d’années, de notre ancêtre, Homo sapiens, et de notre cousin, l’homme de Neandertal, achevée par la disparition inexpliquée de l’homme de Neandertal il y a environ 30.000 ans, constitue un des mystères les plus fascinants de la préhistoire.
 
Nul doute aujourd’hui que l’homme de Neandertal n’était pas un demeuré : il maîtrisait le feu, enterrait ses morts et développait des techniques avancées pour la taille des silex.
Son ADN est différent du nôtre, et c’est pourquoi il n’est pas notre ancêtre direct. Une majorité de préhistoriens estime que les deux espèces n’étaient pas interfécondables -mais ce point ne fait pas tout à fait l’unanimité-.
Possédait-il un langage ? On a cru que non pendant longtemps, en raison de caractéristiques anatomiques nécessaires à la locution. Ce point est aujourd’hui controversé. Pourquoi a t’il disparu ? Guerres avec Homo sapiens ? Mais on n’en a pas jusqu’ici trouvé de trace.
Moins grande adaptation à l’évolution de l’environnement ? Ce n’est pas évident.
 
John Darton, dans son livre Le mystère Neandertal ose une hypothèse très surprenante. En voici le début : en Asie centrale, un archéologue trouve un crâne parfaitement conservé d’un homme de Neandertal. Or la datation au carbone 14 est formelle : il ne s’agit pas d’une relique préhistorique, mais du crâne d’un individu du XXème siècle…

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