Archive pour la catégorie ‘Les débats du blog’

Vous avez dit réchauffement climatique ?

Mardi 9 mars 2010

La neige tombe sur la Corse. Le froid atteint des niveaux record pour un début mars. Et vous continuez à nous parler de la menace du réchauffement climatique ?

Claude Allègre, esprit souvent paradoxal, est parti en guerre contre la thèse du réchauffement climatique, ou du moins contre l’idée qu’il y aurait nécessairement une aggravation due à l’homme. Il prend appui sur des erreurs factuelles, certes regrettables, du GIEC.

C’est aussi ce que dit, en termes plus nuancés, l’ancien collaborateur de Claude Allègre, Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de Physique du Globe.

Même si je ne suis pas convaincu par leurs arguments, je trouve toujours intéressant d’écouter les voix divergentes par rapport à la pensée ultra-dominante.

Mais supposons même que Claude Allègre et Vincent Courtillot aient raison. Il faut quand même changer de modèle de développement, ménager la planète, les ressources naturelles, construire une croissance beaucoup plus sobre, préparer activement, dès maintenant, l’après-pétrole.

« L’horizon de la présidentielle de 2012″ par Jacques Sapir

Lundi 8 mars 2010

J’ai reçu il y a quelques jours un intéressant texte (mais qui est à débattre) de Jacques Sapir dont je voudrais vous faire part. En voici un rapide résumé.

Tout d’abord un constat de l’auteur :

« Nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenable » ».

Puis une première affirmation : « Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste ».

Ensuite, sa réponse à certaines affirmations gouvernementales :

« Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas (…) une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.

(…) Il faut par ailleurs rappeler que la dette publique n’est qu’une partie de la dette totale de l’économie, et qu’il faudrait, en bonne logique, y ajouter la dette des ménages et celle des entreprises. Le taux d’endettement total réserve alors quelques surprises, comme celle de nous révéler la France comme un des pays les moins endettés parmi les grands pays de l’OCDE »

(…) La précarisation du travail et de nouvelles coupes dans les retraites seront (…) justifiées par la « compétitivité » internationale de la France et par des arguments plus ou moins ad hoc sur la démographie. Pourtant, le mouvement d’enrichissement des plus riches est incontestable dans le long terme. C’est ce qui explique pourquoi la majorité des revenus est aujourd’hui comprimée, au point de ne pouvoir maintenir son pouvoir d’achat que par l’endettement.

(…) « On a réussi pour un temps à convaincre les classes moyennes que leur ennemi était les classes populaires, que l’on qualifiait alors de « budgétivore » et de dévoreur d’allocations sociales ».

(…) « Les revenus les plus élevés disposent de centaines de niches fiscales sur lesquelles ils peuvent jouer. Une grande « nuit du 4 août » fiscale ne pourra avoir lieu, du moins pas à court terme, et pas sans des limites drastiques à la circulation des capitaux. Il est indiscutable qu’il faudra progressivement éliminer ces niches fiscales et autres privilèges, mais il ne faut pas attendre de résultats spectaculaires dans l’immédiat. C’est dans la production, et donc au niveau de la formation des revenus, qu’il faudra agir ».

Jacques Sapir constate aussi la faiblesse de l’Europe et juge ses actions bien souvent néfastes :

(…) « L’Europe est épuisée. Elle l’est en tant que mythe. Qui peut encore croire en un approfondissement de sa dimension fédérale alors que l’on s’apprête à abandonner les pays les plus endettés. Mais elle l’est aussi, et très profondément, dans son projet et dans son action. »

(…) « Loin de constituer un écran et une protection, les directives européennes ont souvent été en avance sur l’OMC. En fait, nous nous sommes ouverts massivement du fait de l’Europe et nous en payons aujourd’hui le prix avec le processus de désindustrialisation et avec les diverses formes de délocalisation. »

(…) « L’Union Européenne non seulement n’a pas été un instrument de protection face à la crise, mais, par sa politique macroéconomique comme par sa politique structurelle, elle a été un facteur puissant d’importation de cette crise ».

Enfin, l’économiste propose une piste alternative aux politiques actuellement menées en France et en Europe :

« Une autre politique fiscale est nécessaire et elle implique, pour être efficace, un strict contrôle de la circulation des capitaux à court terme. Ceci aura pour effet de mettre entre parenthèses la zone Euro, mais sans toucher pour l’instant à l’essentiel. Dans la mesure où la France est un exportateur net de capitaux, ce contrôle ne peut être que bénéfique. Cette politique fiscale devra s’accompagner d’importantes et ambitieuses mesures concernant nos infrastructures. Elles viseront à accroître l’efficacité énergétique et réduire l’impact écologique, à améliorer le réseau de transports et à mettre fin à l’appauvrissement de nos services publics, et en premier lieu de l’éducation. La reconstruction de nos villes, dans le dessein d’en améliorer l’écologie sociale et environnementale sera aussi une priorité ».

(…) « Ces mesures (…) posent le problème de leur financement et ne répondent qu’imparfaitement aux urgences de l’heure. La dimension conjoncturelle de cette politique alternative (…) devra avoir deux volets, l’un concernant la taxation des importations et l’autre concernant le domaine de la monnaie. Il conviendra donc, dans un premier temps, d’introduire immédiatement l’équivalent de ce que l’on appelle dans le mouvement syndical européen une « taxe sociale et écologique aux frontières ». Elle pourrait prendre deux noms, « taxe » pour les pays hors de l’UE et « montant compensatoire social et écologique » pour les pays membre de l’UE. Son principe est simple. Il s’agit de prélever sur tout produit entrant en France pour y être consommé ou utilisé la différence qui existe entre la productivité du pays d’origine et la France pour les biens de la branche et le coût salarial total (incluant le salaire direct et les salaires indirects). Le produit de cette taxe serait utilisé temporairement (et cela a beaucoup d’importance) à subventionner certaines de nos exportations. En effet, dans la situation actuelle il ne suffit pas de faire monter les coûts de nos importations mais il faut aussi faire baisser ceux de nos exportations, du moins pour certains produits industriels. Ce faisant nous ne ferions, sous une autre forme, que répondre à la politique allemande du début de la décennie (…) Quand nous arriverons à un accord avec nos partenaires, il est probable que le produit de cette taxe sera affecté à un fonds social et écologique européen ».

(…) « Dans le même temps, il conviendra de modifier le statut de la Banque de France pour d’une part l’autoriser à prendre unilatéralement toute mesure réglementaire conservatoire et d’autre part pour l’autoriser à acheter des bons du Trésor. Nous avons ainsi la condition de financement de la politique structurelle que nous avons évoquée plus haut. Notons que l’on se place toujours dans le cadre de l’Euro. La Banque de France émettrait ainsi des Euros par un simple jeu d’écriture, droit quelle peut parfaitement s’arroger. Cela aurait pour effet de faire baisser le taux de change de l’Euro rapidement. Mais, il est évident que ceci met en cause la zone Euro, et implique des négociations rapides sur son futur. Notons que, dans ce cas, nous serions relativement protégés par un contrôle strict sur les mouvements de capitaux que l’on a déjà évoqués dans le cadre des mesures structurelles. Dès lors, deux solutions se dessinent. Soit nos partenaires de la zone admettent que la BCE doit changer et doit porter sa part de l’endettement public qui a été consenti en contrepartie de sa politique restrictive de la période précédente et du soutien à l’économie durant la crise. C’est donc la BCE qui prendra alors le relais de la Banque de France ainsi ressuscitée. Soit aucun accord n’est possible. Dans ce cas, nous assisterons à l’éclatement de la zone Euro et au retour à la souveraineté monétaire, qui désormais retrouve son plein exercice avec le contrôle des capitaux qui aboutit à rendre sa liberté à la Banque de France en matière de taux d’intérêt. Cependant, cette solution présente pour certains bien plus de dangers que pour nous-mêmes. La probabilité d’une forte réévaluation de la monnaie allemande se profile alors, dans la mesure où elle ne peut plus compter sur les soi-disant mauvais élèves de la zone Euro pour compenser les effets de son excédent commercial. Cette appréciation risque de condamner à terme le modèle allemand, et ce d’autant plus si elle est accompagnée d’une taxe aux frontières. La logique voudrait donc que l’Allemagne accepte une refonte de la zone Euro ».

(…) Il faut à court terme jouer sur des droits de douanes et sur la dimension monétaire pour retrouver le cadre d’une expansion économique tout en provoquant une réduction du poids relatif de la dette. Il faut à long terme réorienter l’investissement en le dégageant de la pression des marchés financiers (d’où le rôle stratégique du contrôle des capitaux) afin de le diriger vers les infrastructures, ce qui implique la mise en sommeil de certaines des directives européennes (mais pas de toutes) ».

« Une telle politique est la seule qui puisse offrir un réel espoir aux classes populaires, qui ont vu leurs revenus stagner depuis maintenant dix ans, mais aussi aux classes moyennes auxquelles elle ouvre la perspective d’un rééquilibrage de la pression fiscale et, via le retour à une forte croissance, d’une reprise de l’ascenseur social. C’est donc autour de cette politique que doit se construire l’alternative politique faisant écho à l’alternative économique. Dès lors, la question du choix du candidat [pour 2012] est relativement secondaire. Elle doit donc être posée après, et non avant, le choix d’une politique et lui être subordonnée. »

Qu’en pensez-vous ?

Lançons le débat sur les retraites !

Lundi 15 février 2010

1/ Des menaces lourdes sur le système de retraites, aggravée par des choix politiques

La première est financière. La réforme Fillon a échoué, puisque la branche vieillesse est déjà gravement déficitaire. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) atteste que le besoin de financement des régimes de retraite sera, au minimum, de 0,7% de PIB par an d’ici 2025

Au même moment,  le Fonds de réserve des retraites ne peut pas jouer son rôle d’amortisseur  Depuis 2002, sa dotation n’a quasiment pas augmenté, alors que les Finlandais en sont à 200 milliards.

Nicolas Sarkozy a  promis durant sa campagne ce qu’il ne pourra pas tenir. Il a ainsi annoncé  qu’il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Or, cette augmentation coûterait au moins 10 milliards d’euros.

Enfin, et ce point est essentiel, la révision drastique à la baisse des prévisions de croissance dans le contexte de la crise va faire encore chuter les recettes de la sécurité sociale : le solde de la Caisse nationale d’assurance vieillesse est ainsi « calé » à – 10 Milliards par an, la projection à 2020 étant du double pour le seule régime des fonctionnaires. Face à cette véritable tornade financière, il faut bien voir que sans retour de la croissance, rien ne sera possible. Comme le COR vient de le rappeler d’ailleurs, le choix d’un système par points, ou de compte individuels de type « notionnel » est sans doute intéressant sur le plan des principes, mais dans un tel contexte démographique et financier, il ne faut pas en attendre de miracle.

La seconde menace est politique. Comme la dérive des comptes en matière de santé laisse augurer une volonté de « laisser filer » le système de solidarité au profit d’une privatisation, on voit bien que c’est l’ensemble des régimes de répartition qui se trouvent aujourd’hui menacés : il n’est pas étonnant que le jour même ou le Chef de l’État réunit un sommet social, on apprenne que Bercy travaille à un nouveau « produit » de retraite par capitalisation.

2/ Quelle méthode?

Mettre à plat l’ensemble des régimes suppose une méthode sans faille, qui ne repose pas sur un ukase.

Pour aborder de façon sereine la question centrale du partage de l’augmentation de la durée de vie entre activité et la retraite il faut retrouver le plein emploi, car trop de salariés arrivent à la retraite avec des carrières incomplètes et trop de jeunes connaissent des années de galère avant d’entrer dans la vie active.

On ne peut véritablement réformer les retraites que par le consensus et dans une réforme d’ensemble associant les partenaires sociaux. Nous avons précisément crée le Conseil d’Orientation des retraites  pour construire ce consensus.

L’aspiration à une plus grande liberté dans les choix individuels de départ à la retraite est en outre un enjeu important dans une société où l’espérance de vie devient de plus en plus longue. En 1912 Jaurès considérait déjà « comme une organisation barbare l’organisation industrielle et économique d’aujourd’hui qui fait que jusqu’à une certaine minute, jusqu’à un certain mouvement imperceptible d’une aiguille sur une horloge, l’homme est surmené et qu’aussitôt que l’aiguille a appuyé sur une petite marque noire, il passe dans le néant du travail…. ». Il faut que l’on puisse offrir aux salariés qui le souhaitent un passage progressif de l’activité à la retraite.

3/ Comment améliorer la situation des retraités ?

Les grands chantiers sont connus et restent largement en friche : égalité entre hommes et femmes, pénibilité, thèmes sur lesquels le gouvernement se contente jusqu’ici de discours. Ainsi, en matière de pénibilité, on peut se demander pourquoi il est si difficile de se fixer des priorités : un chauffeur de poids lourds, un ouvrier exposé à des substances toxiques, un employé travaillant la nuit, voilà des catégories repérées qui devraient pouvoir être mieux protégées.

Parmi les effets pervers de la réforme Fillon, il est clair que de nombreux salariés risquent, à terme, de ne pouvoir liquider leur pension à taux plein faute d’une carrière complète, d’où l’absurdité d’une mesure tendant à repousser l’âge légal de 60 ans, alors que seule la prise en compte de la durée d’assurance peut assurer une certaine équité au bénéfice des actifs ayant commencé à travailler tôt.

Pallier cette carence nécessite d’abord de mener une autre politique de l’emploi en faveur des « seniors », dont l’absence aujourd’hui est parfaitement contradictoire avec l’allongement de la durée d’assurance. Les négociations interprofessionnelles en cours sur ce thème démontrent à la fois qu’un consensus est possible avec et entre les partenaires sociaux et que le chemin à parcourir est encore long, tant les intérêts sont contradictoire, y compris parfois entre défense de l’emploi salarié, notamment des plus jeunes et maintien dans l’emploi des anciens.

Sur le plan financier, il faut construire un système de garantie, reposant sur un taux de remplacement, permettant à tout assuré de partir avec, par exemple,  au minimum 80% du SMIC

Pour ce qui est du financement, la clé est bien entendu le retour à la croissance. Si cela ne suffit pas, les entreprises doivent pouvoir contribuer davantage, soit à travers la cotisation d’assurance vieillesse, soit à travers leurs profits (contribution sociale sur les bénéfices, voire la taxe sur les contrats d’assurance, prélèvements qui existent aujourd’hui et dont le rendement pourrait être accru sans problème majeur).

Identité nationale : suite et fin ?

Mercredi 10 février 2010

Je vous invite à lire l’intéressante contribution de l’historien Gérard Noiriel parue dans Libération et qui explique combien les annonces de François Fillon sont archaïques : c’est ici.

Identité nationale : quelques classiques à relire

Mardi 9 février 2010

… Notamment :

L’identité de la France et ses trois volumes de Fernand Braudel qui parcourt notre histoire en voyageur du temps et notre géographie en connaisseur de l’espace,

Qu’est-ce qu’une nation ? d’Ernest Renan pour qui « c’est un plébiscite de tous les jours »,

Le début de la France de Jules Michelet qui débute par cette phrase : « L’histoire de France commence avec la langue française ».

Islam et identité nationale : le débat officiel de la France à New York…

Mercredi 27 janvier 2010

Je vous invite à lire cet intéressant article paru sur Mediapart.

Extrait :

« Zèle intempestif ? Le consulat de France à New York organise, mercredi 27 janvier, un débat intitulé «Islam et identité nationale en France». Faisant soudain mentir Nicolas Sarkozy et Eric Besson. Le ministre assurait début janvier que l’objet de ce « grand débat » n’était certainement pas l’islam. Du coup, l’embarras est bien réel au consulat.

« Inscrivez-vous vite à la conférence « Islam and National Identity in France » ! », annonce la page Facebook du consulat de France à New York (cliquez ici). C’est ce mercredi, à 18h30 sur la Ve avenue, n°934. Voilà donc d’un coup le « grand débat » voulu par Eric Besson, et défendu une fois encore par Nicolas Sarkozy lundi soir sur TF1, réduit à la seule question de l’islam. Un « ami » Facebook du consulat de France le note d’ailleurs à sa manière: « Et ceux qui nous racontaient à longueur de journée, que ce fichu débat initié par notre commandant de l’ordre de la cravate blanche, ne se résumait pas à une pure stigmatisation de l’Islam… » »

La suite ici.

Jamel Debbouze : « Le débat sur l’identité nationale est une insulte »

Mercredi 27 janvier 2010

Je vous invite à visionner ce point de vue intéressant de l’acteur Jamel Debbouze concernant le débat sur l’identité nationale et celui sur la burqa : c’est ici.

« Non au mélange des genres entre départements et régions ! »

Vendredi 22 janvier 2010

« On nous dit qu’il faut diminuer le millefeuille, or le projet de loi des collectivités territoriales ajoute deux nouvelles couches, les métropoles et les pôles métropolitains. Ces métropoles devraient s’occuper des collèges… mais en quoi cela pourrait-il les renforcer dans la compétition économique internationale ? De même, je suis absolument opposé aux mélanges des genres entre départements et régions. Le conseiller territorial est le fruit d’esprits tordus parisiens. Il éloignera le conseiller général du terrain alors, justement, que nous assurons des missions de proximité. Son mode de scrutin, stupide, sera tel que des candidats pour lesquels les électeurs n’ont pas voté pourront être désignés. Je me sens trahi par ce gouvernement. Je voterai contre tous ces textes qui saucissonnent la réforme territoriale ».

Ce propos (La Gazette des Communes, janvier 2010) auquel je souscris tout à fait n’est pas de moi ou d’un élu de gauche, mais de Philippe Adnot, président divers droite du Conseil général de l’Aube.

À propos d’une « taxe Tobin »

Mardi 29 décembre 2009

À propos d’une taxe sur la spéculation financière, type "Tobin" : En réponse à ceux qui disent que ce n’est pas faisable, et surtout pas dans un seul pays, rappelons le cas du Brésil.

La nouvelle taxe en question, de 2% sur les flux de capitaux, est entrée en vigueur le 20 octobre dernier.

Elle est applicable sur les actions et les obligations. Cet impôt, dit sur les opérations financières (IOF), ne concerne pas les investissements étrangers directs, seulement les capitaux qui font un aller-retour rapide dans le pays, le temps d’engranger des bénéfices à court terme.

Pour le gouvernement, l’objectif est de limiter l’entrée de capitaux, qui accélère la valorisation du real, et grève la compétitivité des exportations brésiliennes. Depuis le début de l’année, la devise brésilienne s’est valorisée de 35% contre le dollar. C’est la plus forte progression parmi les seize monnaies les plus échangées dans le monde.


Le ministre de l’Économie Guido Mantega a présenté l’IOF en déclarant que : "l’impôt est une sorte de péage pour les entrées excessives de dollars". Pour lui, la mesure a également pour objectif d’éviter la formation d’une bulle boursière.

Critiquée par les investisseurs financiers, la décision a été applaudie par les industriels. Pour Paulo Skaf, le président de Fédération des industries de Sao Paulo, la Fiesp, principale entité patronale du pays : "le gouvernement démontre ainsi que le marché n’est pas le seul maître sur le marché des changes".

Les perspectives de croissance devraient accentuer l’intérêt des investisseurs : au deuxième trimestre, le Brésil a enregistré une croissance de 2% et les plus conservateurs des analystes tablent sur une progression de 5% en 2010. Pour le gouvernement, il s’agit maintenant de préserver cette belle dynamique, en évitant une rechute de la production intérieure faute de compétitivité des exportations.

Identité nationale : Ce qu’en disent Magyd Cherfi, Karima Delli et Véronique Decker

Mercredi 16 décembre 2009

Je vous invite à lire ces deux intéressants articles du Monde :

 "Enfants d’immigrés, l’école leur a appris à aimer les valeurs de la République" : ici