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Les débats du blog « "De près, de loin", le blog personnel de Jean-Louis Bianco

Archive pour la catégorie ‘Les débats du blog’

« Identité nationale » : Yazid Sabeg critique le débat

Dimanche 13 décembre 2009

Yazid Sabeg a fustigé ce week-end le débat sur l’identité nationale dans une interview au « Journal du dimanche ». Selon le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances, l’initiative lancée par le ministre de l’Immigration, Eric Besson, est devenue « un déversoir et un défouloir », qui « échappe à tout contrôle ». « Quand on organise un débat public, il faut s’en donner des moyens. Consulter les intellectuels, les universitaires, mettre des textes fondamentaux à la disposition des gens. » 

Rappelons que Yazid Sabeg est pourtant un proche de Nicolas Sarkozy

Les bâtisseurs d’une vraie identité nationale

Jeudi 3 décembre 2009

Le journal La Marseillaise rappelle qu’il y a 158 ans, les populations des Basses-Alpes (actuelles Alpes de Haute Provence) se soulevaient contre le coup d’État perpétré par "Napoléon le petit".

La proclamation du Comité de Résistance des Basses Alpes était la suivante :

"Le pacte fondamental vient d’être brutalement déchiré par celui qui avait juré de le respecter. Napoléon Bonaparte (III), traitre et parjure, voulait assouvir, à l’aide de la guerre civile, son ambition effrénée, mais le Peuple, partout debout, déjoue sa criminelle attente et répond majestueusement à son attentat. Il se rappelle que le vieil honneur français est sous sa sauvegarde, et que la République et la Constitution ont été confiés à leur patriotisme.

Citoyens ! Quand le Peuple se lève, ce n’est pas la jacquerie qui s’organise, c’est l’Ordre et la Liberté qui reparaissent. Quand le Peuple se lève, c’est le juge qui appelle les traitres à ses assises souveraines. C’est le Maître qui reprend sa place. Rien n’est plus que lui.

Quant à vous, Citoyens des Basses Alpes, qui tous avez abandonné vos foyers sans un regret, sans une hésitation, au seul nom de Devoir et de Liberté, vous avez bien mérité de la Patrie. Elle le proclame. Elle paiera sa dette, nous nous en portons forts au nom de la République et de la Constitution. Votre œuvre est trop admirablement comprise pour ne pas être admirablement achevée. La Justice et la Liberté doivent seules vous y aider par leur toute puissance accrue de toutes les forces que leur apportent et votre patriotisme et votre dévouement."

Identité: Pourquoi ils ont fait le choix de prendre la nationalité française

Dimanche 29 novembre 2009

Je vous invite à lire d’intéressants témoignages parus dans Le Monde : c’est ici.

Une politique d’étranglement des collectivités territoriales

Mardi 24 novembre 2009

À l’Assemblée nationale, j’ai posé tout à l’heure en séance publique une question au Premier ministre (visible en cliquant ici) concernant la réforme des collectivités territoriales.

Cela était l’occasion de rappeler qu’il est inacceptable de prendre comme postulat de départ que les élus locaux font mal leur boulot.

Il faut aussi que les Français sachent que sur 100 euros d’impôt, 80 sont prélevés par l’État et 2 seulement par les Régions. Il faut que les Français sachent que la majorité UMP a créé 20 nouvelles taxes en 2 ans. Il faut que les Français sachent que les dépenses de communication du service d’information du gouvernement ont progressé de 300 % entre 2008 et 2009. Il faut que les Français sachent que cette même majorité a dépensé 4 millions 330 mille euros pour leur dire que leur pouvoir d’achat progresse.

La dette cumulée de l’État, en raison des transferts de charges non compensées, au titre du RMI et de l’APA s’élève à ce jour à 6 milliards 850 millions d’euros.

"Monsieur le Premier ministre, quand allez vous rembourser votre dette?"

Débat sur l’Iran avec des étudiants de Sciences Po Paris

Mardi 24 novembre 2009

Hier soir, j’étais invité à débattre sur la question iranienne devant la section socialiste "Jean Zay" de Sciences-Po Paris. Le débat avec les étudiants fut très intéressant et les questions furent nombreuses.

Vous pouvez retrouver un premier compte-rendu rédigé par la section (déjà en ligne!) en cliquant ici.

N’hésitez pas à faire part de votre avis sur ce dossier.

Une réforme des collectivités jugée « incompréhensible » pour 76% des Français

Lundi 16 novembre 2009

Les trois quarts des Français jugent la réforme des collectivités lancée par le gouvernement "confuse et incompréhensible", selon un sondage réalisé par Ipsos Public Affairs pour l’Assemblée des départements de France (ADF) et présentée lundi.

A la question "d’après ce que vous savez, la réforme des collectivités locales vous paraît-elle…", 76% des Français répondent "plutôt confuse et incompréhensible". 9% estiment qu’elle est "plutôt claire et compréhensible", et 15% ne se prononcent pas.

De la même manière, 75% des Français considèrent que la réforme est "plutôt mal expliquée", contre 9% qui répondent quelle est "plutôt bien expliquée".

Ce sondage a été présenté devant quelque 2.000 des 4.220 conseillers généraux réunis au Palais des Congrès à Paris, et avant le congrès des Maires qui se tient du 17 au 19 novembre à Paris.

54% des Français estiment que la réforme est électorale (31% pas d’accord), 51% qu’elle porte atteinte aux territoires ruraux (33% pas d’accord), 49% qu’elle se traduira par une diminution de la qualité des services publics (40% pas d’accord). 23% seulement la jugent "prioritaire", contre 66% pas d’accord.

Par ailleurs, 63% des personnes interrogées estiment que les collectivités locales sont "les plus efficaces pour mettre en place des services publics répondant aux besoins de la population", contre 29% qui répondent "l’Etat", et 5% "autant l’un que l’autre".

Une grande majorité, 82%, se déclarent attachés au département, contre 18% qui n’y sont pas, et 7% ne se prononcent pas. Les élus les plus proches des préoccupations de leurs administrés sont le maire pour 77% des personnes interrogées, le conseiller général (55%), le conseiller régional (48%), le député (43%) et le conseiller communautaire (35%). 58% des gens affirment connaître leur conseiller général, contre 42% qui ne le connaissent pas.

Le Conseil général apparaît utile à 72% des personnes interrogées, contre 25% qui répondent "peu ou pas utile". 69% d’entre elles se disent satisfaites de l’action de leur Conseil général, contre 15% qui sont mécontentes.

Pour 83% des personnes interrogées, "le département est une institution qui fait partie de l’identité de la France et qu’il faut préserver". Seulement 14% sont pour sa suppression. 73% des sondés sont opposés à la suppression du département et au transfert de ses compétences à d’autres échelons territoriaux, contre 22% qui y sont favorables.

Espérons que l’État et le pouvoir central cesse de vouloir passer en force!

« Nicolas Sarkozy réveille l’autre politique » (identité)

Dimanche 15 novembre 2009

Je vous invite à lire cet intéressant article de Gérard Desportes paru sur Mediapart : c’est ici.

Jamais Nicolas Sarkozy n’avait été aussi loin dans la veine du discours national et républicain, dans l’exaltation «du génie de notre peuple» et «du miracle français», dans l’affirmation presque chauvine d’un dessein collectif qui dépasserait chacun de ses membres. Même aux grandes heures de sa campagne présidentielle de 2007 et sa proposition d’une «fierté française». Jeudi 12 novembre, depuis La Chapelle-en-Vercors (Drôme), où il a décidé d’apporter sa contribution au débat sur l’identité nationale, le Président a sorti le grand jeu. Tout y est passé. De la nation – «qui est un principe spirituel» – au Français – «qui reconnaît d’instinct un paysage français et qui s’y sent bien» –, des grandes banques – «qui étaient internationales quand tout allait bien mais qui sont redevenues nationales quand il a fallu les sauver» – à «l’âme de la France» – ses grands hommes, ses héros –, des valeurs de la République au retour de l’Etat dans l’économie et la liste des «renoncements» devant tout ce qui mine la fierté nationale et le sentiment d’appartenance… Un genre de fantasia.

Lire le reste de cet article »

20 ans après, toujours des murs entre les Hommes

Mardi 10 novembre 2009
 

Il y a vingt ans tombait le mur de Berlin. Quel symbole et quel bonheur pour le peuple allemand de se réunir alors. On espérait une mondialisation qui ré-ouvrirait bien des frontières, à l’image de ce qui se passait au sein de l’Union européenne.

 

Mais aujourd’hui des murs sont toujours là (comme celui entre les deux Corée) et certains ont même été érigés (comme celui séparant Israël des territoires palestiniens, condamné par la Cour Internationale de Justice et l’ONU). 

 

Il y en a qui sont d’abord des frontières (comme ceux de Chypre, du Cachemire ou de Belfast) et d’autres qui marquent surtout un repli sur soi (comme celui entre les États-Unis et le Mexique ou la barrière de Ceuta et Melila en Espagne). Tous se caractérisent par une peur du voisin et la volonté de s’isoler, de rester entre semblables. 

 

Construire un mur, c’est cacher à la vision un voisin dont la présence est devenue politiquement insupportable. C’est renoncer aux solutions politiques et humanistes pour s’enfermer dans des positions définitives et bloquées. 

 

En plus d’être là pour séparer les Hommes ou les retenir, ils sont la cause indirecte de milliers de morts. Ces barrières infranchissables (sous peine d’être pris pour cible par un garde) incitent de nombreuses personnes à passer les frontières par les mers sur des embarcations de fortune ou par les airs dans des conditions toujours plus folles et plus dangereuses.

 

Chaque mur traduit l’échec du dialogue, du politique. Chaque mur marque de sa sinistre présence la victoire des rancœurs, de l’intolérance et de la brutalité. Un mur n’a jamais résolu le moindre problème, il ne prétend que le contenir. Ce qui se conçoit d’une prison ne devrait pas être envisageable pour une région, un pays. 

 

Un mur, c’est la politique dans le court terme, or retarder n’est pas empêcher. On n’entrave pas le cours de l’histoire avec du béton et des barbelés. Ceux qui construisent les murs construisent un message politique brutal et démagogique.

 

Aujourd’hui, si les marchandises et les flux financiers disposent d’une totale liberté de circulation, il n’en est rien concernant les Hommes. 

 

Cette mondialisation purement économique n’est pas la marque d’identités qui se mélangent et se grandissent de ce métissage. Elle se caractérise plutôt par un repli identitaire et une peur de l’autre grandissante. Le mur de la honte en Israël en est un exemple évident, mais chez nous, les périphériques, les barres HLM et les quartiers riches et pauvres de plus en plus isolés les uns des autres en sont aussi une traduction… 

 

Enfin, le débat lancé par Éric Besson, qui lie de façon scandaleuse l’identité nationale à la lutte contre l’immigration, qui nie l’évolution de l’identité par le brassage culturel, nous révèle finalement qu’aucune leçon n’a été tiré de la chute du mur de Berlin.

Rappelons ce que François Mitterrand disait au Parlement européen le 17 janvier 1995 : "Chacun [voit] le monde de l’endroit où il se [trouve], et ce point de vue est généralement déformant. Il faut vaincre les préjugés. Il faut vaincre [son] histoire, sinon, il faut savoir qu’une règle s’imposera : le nationalisme c’est la guerre". Monsieur Besson n’a rien compris et, avec lui, ceux qui se réjouissent de la chute d’un mur alors même qu’ils en construise mille autres. Ils seraient plus inspirés de se taire que de pérorer sur le sens de cet évènement duquel, à l’évidence, ils ont été incapable de tirer la moindre leçon.

 

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

L’identité de la France, c’est aussi la sécurité sociale

Jeudi 5 novembre 2009

Pour moi, l’identité de la France, c’est aussi la solidarité et en particulier la sécurité sociale. Le gouvernement a admis un "besoin de financement", c’est à dire un déficit de 65 milliards d’euros pour 2010…

C’est un chiffre absolument énorme sans aucun précédent. À l’horizon 2013, le déficit pourrait être de 70 milliards d’euros…

Même une croissance assez forte ne permettrait pas de résorber ce déficit. Autrement dit, si rien n’est fait, on va tout droit à la privatisation de la sécurité sociale. 

« Identité nationale » (suite)

Mercredi 4 novembre 2009

Certes, ce débat est instauré pour de très mauvaises raisons, mais si nous devons nous en saisir, c’est pour mettre un terme à la manipulation honteuse qu’en fait la droite, pour rappeler, comme l’a fait le PS dans un récent communiqué (ici), que l’identité nationale c’est aussi ce que défend la gauche et ce qu’attaque avec la plus grande violence la droite : les droits de l’Homme, le droit du sol, la laïcité, l’école publique, l’égalité sociale, le programme du Conseil national de la Résistance, l’universalisme et l’ouverture au monde.

Je vous invite à en parler à votre tour ici, à donner votre point de vue et votre interprétation personnelle (vous pouvez retrouver les premiers échanges sur ce blog ici).

Ne laissons pas la droite définir par l’égoïsme et la médiocrité ce qui appartient à chacun d’entre nous.


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