Libération révèle avec justesse l’inefficacité de l’exonération des heures supplémentaires en s’appuyant sur une étude de la Dares publiée récemment.
L’enquête du service statistiques du ministère du Travail a été réalisée à l’automne 2008 et démontre que :
- la mesure phare du candidat Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d’achat, déclinaison du slogan «travailler plus pour gagner plus», n’a concerné qu’une très faible partie des salariés : 20% des salariés travaillaient dans des entreprises qui ont déclaré avoir augmenté leur volume d’heures sup. Mais le chiffre réel est encore plus faible car, comme le dit la Dares, ces heures ne concernent «souvent qu’une fraction des salariés employés par les entreprises».
- le mythe des heures sup accordées par l’employeur à ses salariés à la suite d’une demande de ces derniers est dévoilé. Le motif de recours aux heures supplémentaires selon lequel «les salariés l’ont demandé» ne vient qu’en quatrième position (40%).
- L’effet de substitution à l’emploi. Plus de la moitié des entreprises qui ont augmenté leur volume d’heures sup (52% en termes d’effectifs) déclarent avoir privilégié cette option au détriment des intérimaires. De la même manière, des arbitrages ont été faits «en défaveur du recrutement en CDD ou CDI».
- L’autre mesure destinée à augmenter le pouvoir d’achat des cadres, tout en mettant à mal les 35 heures (rachat de jours de RTT), n’a pas non plus rencontré un franc succès. Selon l’enquête, 16% à 17% des salariés, cadres et employés, auraient adressé une demande de rachat de jours RTT à leur entreprise.
Cette mesure phare de Nicolas Sarkozy est donc le plus souvent imposée aux salariés et favorise le chômage… tout en coûtant à l’État environ 3 milliards d’euros dont 700 millions au bénéfice des entreprises.