Archive pour la catégorie ‘Socialiste!’

La France, « roue de secours de l’Allemagne »

Lundi 9 janvier 2012

« Je me demande pourquoi la France a cessé d’être le ciment de l’Europe. Son devoir est de recomposer l’unité européenne, pas de servir de roue de secours à l’Allemagne. »

Romano Prodi l’ex-président du Conseil italien et de la Commission européenne, hier, dans le Corriere della Sera

La droite désinforme et s’acharne… pour rien

Jeudi 5 janvier 2012

Nadine Morano a perdu une occasion de se taire. Comme beaucoup de responsables de l’UMP, elle a jugé un peu vite François Hollande alors même que, contrairement à ce qu’a annoncé Le Parisien, il n’a jamais insulté Nicolas Sarkozy (cf. les déclarations de tous les autres journalistes présents).

Mais rappelons donc aux responsables UMP, qui aujourd’hui se scandalisent, certaines de leurs récentes déclarations :

- « François Hollande est faible et indécis » (sous un pseudonyme découvert sur Twitter) : François Fillon.

- François Hollande est « irresponsable » : Claude Guéant.

- « François Hollande fait le jeu de la spéculation » : Bruno Le Maire.

- « Hollande adopte le crédo de Mme Le Pen » : Olivier Carré.

- François Hollande, c’est « la grande imposture » : Jean-François Copé.

- François Hollande incarne « la couardise en politique » : Jean-François Copé.

- François Hollande a atteint « le degré zéro de la politique » : Sébastien Huyghe.

- « François Hollande est un morceau de sucre soluble dans l’eau » : Nicolas Sarkozy (en privé).

Soudain, Nicolas Sarkozy découvrit le chômage et fut pris de pitié…

Mardi 3 janvier 2012

Nicolas Sarkozy nous appelle donc à traiter avec plus de « considération » les demandeurs d’emplois.

On croit rêver.

- Le chômage n’a cessé d’augmenter depuis qu’il est aux responsabilités : plus d’un million de Français ont perdu leur emploi depuis 2007.
- L’an dernier, les crédits de la politique de l’emploi ont été réduits de 15% et le nombre de contrats aidés a chuté.
- La création de « Pôle Emploi » sans moyens suffisants a été désastreuse en terme d’efficacité.
- La défiscalisation de heures supplémentaires a couté près de 20 milliards d’euros en 5 ans, soit l’équivalent de 450.000 emplois !

L’ancien chancelier Gerhard Schröder vole au secours de Nicolas Sarkozy

Vendredi 23 décembre 2011

Gerhard Schröder aurait déclaré, à l’occasion d’un échange téléphonique avec Nicolas Sarkozy, que les réformes entreprises par celui-ci allaient dans le bon sens.
Sans doute n’a-il pas lu les textes communs PS/SPD,ou ceux du Parti socialiste européen, qui disent exactement le contraire. Sans doute n’a t-il pas lu non plus la déclaration conjointe que viennent d’adopter les syndicats français et allemands, qui portent sur l’action de Schröder le jugement suivant : « les réformes du marché du travail ont conduit au développement d’un secteur de plus en plus large de bas salaires, favorisé par la diminution du taux de couverture des conventions collectives et l’absence d’un salaire minimum ».
Après sa magnifique « retraite-chapeau » comme employé de la société russe Gazprom, sans doute juge-t-il aussi que la politique de son ami Poutine « va dans le bon sens ».

Le scandale des étudiants étrangers expulsés (suite)

Jeudi 22 décembre 2011
Où en est-on de la scandaleuse circulaire du 31 mai ? Co-signée par MM. Guéant et Bertrand, elle prévoit de limiter les possibilités de rester en France pour les étudiants étrangers alors même qu’ils sont titulaires d’un diplôme et d’un contrat de travail.

Désormais, même le Medef estime que la mise en oeuvre de cette circulaire risque de menacer « la compétitivité de la France », « son rayon­ne­ment à l’étranger » et « l’attractivité des entreprises ».

Près de 1.000 étudiants se sont vus refuser un visa leur per­met­tant de travailler en France. Pourtant, de par leurs diplômes, la connaissance des marchés de leur pays et les langues qu’ils parlent, ils ne sont même pas en concurrence sur des postes avec des chômeurs français.
Exemple typique : Eric Decalf, Pdg de la société Additeam, explique avoir essuyé en octobre un refus pour un « ingénieur en informatique de gestion tunisien » qu’il souhaitait recruter : « On va perdre un marché », s’est-il désolé.

Les étudiants étran­gers ont défilé dimanche dernier avec les sans-papiers pour pro­tes­ter contre la poli­tique d’immigration de Claude Guéant, lors d’une mani­fes­ta­tion pari­sienne qui a réuni plusieurs milliers de personnes.
« Etudiants étrangers indignés = diplômés, recrutés, expulsés » ou encore « Etudiants du monde entier, Vous n’êtes plus les bienvenus » était-il écrit sur leur banderole.
Dernièrement, les sénateurs socialistes ont déposé la résolution suivante :

« Vu les débats afférents à la discussion dudit article à l’Assemblée nationale et au Sénat en première lecture, [le Sénat] :
- Considère que l’accueil d’étudiants étrangers renforce l’attractivité de notre culture et de notre modèle universitaire tout en participant du dynamisme économique de notre pays,
- Estime qu’il demeure essentiel pour la République française de favoriser l’emploi de ces mêmes étudiants étrangers sur son territoire tout en facilitant leur circulation fréquente avec leurs pays d’origine, organisant ainsi l’émergence d’un modèle séduisant auprès des étudiants étrangers qui sont chaque année plus nombreux à quitter leurs pays d’origine pour aller suivre un cursus universitaire dans les pays anglo-saxons,
- Souhaite que le gouvernement prenne en compte, pour mener sa politique migratoire, les nécessités du rayonnement international de la France ainsi que l’importance des étudiants étrangers dans la croissance future de l’économie française, dans la diffusion de la culture française ainsi que dans la vitalité de la recherche de la France,
- Invite le Gouvernement à respecter la lettre et l’esprit de l’article 311-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit 

d’asile. »

Je refuse la dictature des marchés imposée par les agences de notations

Mercredi 21 décembre 2011

Dans un courrier adressé à l’agence Fitch, j’ai refusé l’offre de notation du département des Alpes de Haute-Provence, m’opposant ainsi à la mise sous tutelle de la collectivité par les marchés.

J’y souligne le manque de légitimité de ces agences qui font prévaloir l’intérêt des marchés sur l’intérêt général et y dénonce la place exorbitante qui leur est faite par les marchés et par certains responsables politiques.

Je m’y interroge sur leur indépendance et leurs compétences, rappelant les appréciations erronées ou manipulations autour de la situation de la Grèce, recommandée aux investisseurs jusqu’en 2009, ou de Lehman Brothers, dont la note n’a jamais été dégradée jusqu’à sa faillite.

Je demande donc que des décisions soient prises le plus rapidement possible, pour interdire à ces agences de noter les Etats et les collectivités nationales. C’est une mesure de salut public car on ne peut tolérer plus longtemps que quelques officines portent atteinte à la souveraineté des Etats et alimentent des mouvements spéculatifs dont les citoyens sont en définitive des victimes.

Vous pouvez également retrouver mon intervention sur France Info en cliquant ici.

« Le crachat et le rêve français »

Dimanche 4 décembre 2011

Je vous invite à lire la très belle (et triste) tribune parue dans Libération de Amine El Khatmi :

« Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration

Monsieur le ministre,

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.

Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.

Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.

Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace d’elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule administration qui pourra vous parler d’elle est le Trésor public qui vous confirmera qu’elle s’acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons, qu’il n’en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux qui, effrayés à l’idée de participer à la solidarité nationale, ont contribué à installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.

La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour après jour sur le rejet de l’autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues, dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n’aura vu le jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui précise que «tout homme – j’y ajoute toute femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis,tout(e) étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e) en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse un(e) Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e)enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis(e) à l’exercice des droits de citoyen français». La vôtre est celle de ces étudiants étrangers et de ces femmes et hommes que l’on balance dans des avions à destination de pays parfois en guerre.

Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable. Son fondement, de fait, introuvable. Elle n’est pas seulement un crachat envoyé à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d’individus qui, guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se nomme le rêve français. Vous l’avez transformé en cauchemar.

Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de l’assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons face à votre conscience.

Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera un nouveau dossier.

Je ne vous salue pas, monsieur le ministre. »

Les dépenses de campagne du candidat – président

Mercredi 30 novembre 2011

La loi dit que toute dépense engagée ou effectuée par le candidat ou pour son compte en vue de l’élection est une dépense électorale qui doit figurer au compte de campagne du candidat et ce un an avant la date du 1er tour de l’élection en cause (depuis le 1er avril 2011 pour l’élection présidentielle).

A cette obligation s’ajoute celle de ne pas utiliser les moyens de la collectivité publique à des fins d’élection sous peine là aussi de graves sanctions.

Avec Nicolas Sarkozy rien ne se passe normalement et il fait tout ce qu’un candidat « ordinaire » ne peut pas faire. Il dépense sans compter – la moyenne du coût d’un déplacement présidentiel est de l’ordre de 100 000 euros en France métropolitaine – et il utilise les moyens de l’Etat avec force voitures, fonctionnaires, communicants…

La mise en scène de toutes ses sorties est extrêmement coûteuse avec parfois la location d’un chapiteau, la construction d’un escalier particulier ou l’aménagement d’une voie d’accès ! rien que ça !

Qui paie quoi lorsque la visite se poursuit par un meeting rassemblant des milliers de militants et sympathisants UMP ?  On nous dit qu’il n’est pas officiellement candidat mais personne ne s’y trompe, il est chaque jour plus candidat que président.

Le scandale des étudiants étrangers expulsés

Mardi 29 novembre 2011

J’ai reçu hier le collectif du 31 mai. Pourquoi le 31 mai ? Parce que c’est la date d’une circulaire scélérate co-signée par MM. Guéant et Bertrand. Que prévoit cette circulaire ? Limiter les possibilités de rester en France pour les étudiants étrangers alors même qu’ils sont titulaires d’un diplôme et d’un contrat de travail. C’est d’abord inhumain : comment interrompre brutalement une vie, une carrière professionnelle. C’est ensuite stupide : c’est priver la France de personnes qui seront des relais entre notre pays et leur pays d’origine, des ambassadeurs du rayonnement de la France. Et pourtant, Nicolas Sarkozy avait dit le 9 juillet 2007 : «  Nous voulons que la France devienne un pays qui attirent les meilleurs étudiants du monde entier. Pour cela, elle doit changer ses modalités d’accueil ». C’est réussi !

Devant ce scandale, le Président de la Conférence des grandes écoles a déclaré : « C’est un coup porté à la réputation du pays ». Les présidents d’université, les entreprises protestent également. Mais M. Guéant ne bouge pas. Àcourir derrière le Front National, la droite ne sera jamais gagnante.

Danielle Mitterrand

Mercredi 23 novembre 2011

Je me rappelle de Danielle Mitterrand qui, infatigable, militait avec le sourire. C’est une leçon. Lorsque François Mitterrand était président de la République, elle veillait à ne pas être une femme d’influence ni un ministre des Affaires étrangères bis, mais ne lâchait rien. Sa façon de répondre aux courriers à l’Élysée était la preuve de sa conviction : elle écrivait scrupuleusement et refusé les formules toutes faites.

Entre Danielle et François Mitterrand, il y avait un grand respect, une grande affection, elle l’accompagnait peu dans les voyages officiels car elle détestait le protocole, mais entre elle et lui il y avait quelque chose que je n’hésite pas à appeler de l’amour.

Danielle Mitterrand s’était aussi prise d’affection pour Mazarine, la fille du président et d’Anne Pingeot, au point d’insister pour qu’elle intègre le conseil d’administration de l’Institut François Mitterrand.

Vous pouvez également visionner ma réaction sur iTELE en cliquant ici.


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