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Marine Le Pen…
Lundi 21 novembre 2011
1) On se rappelle que l’intervention aérienne décidée par le Conseil de sécurité de l’ONU en Libye n’a été possible que parce que la Russie et la Chine n’ont pas fait usage de leur droit de veto, ce qui a constitué une surprise. Surprise d’autant plus grande que le texte de la résolution s’appuyait sur une sorte de droit d’ingérence quand un régime fait tirer sur son propre peuple, construction sympathique mais pas évidente. Or la Russie et la Chine détestent tout ce qui peut ressembler à de l’ingérence, c’est à dire à une « atteinte à la souveraineté ». Leur abstention s’explique sans doute par leur souci de jouer un rôle positif dans le nouvel ordre international qui s’esquisse (il y avait d’ailleurs eu initialement deux positions contradictoires entre Poutine et Medvedev).
2) Une nouvelle étape aussi inattendue vient d’être franchie par la Ligue arabe, qui suspend la Syrie de l’organisation. La Ligue arabe avait tendance depuis très longtemps à se contenter de communiqués prudents et insipides. Ce résultat est dû à l’action du Qatar, dont la diplomatie est très active depuis quelques années, en dépit de sa toute petite taille. Le secrétaire général de la Ligue, qui a été pendant les derniers mois ministre des Affaires étrangères d’Égypte après la chute de Moubarak a aussi joué un rôle important.
Pourquoi rapprocher ces deux évènements ? Parce qu’ils sont l’un et l’autre inespérés et témoignent d’une évolution intéressante des postures et des rapports de force. Mais il reste un long chemin à parcourir pour que la « communauté internationale » mérite vraiment son nom.
Avec son nouveau plan de rigueur (de « 7 à 8 milliards d’euros environ »), la droite continue de cibler les classes moyennes et populaires et répartit (très) inéquitablement l’effort.
La revalorisation de la plupart des prestations sociales sera gelée à 1% pour 2012, indexée non plus sur l’inflation mais sur la croissance. La TVA à taux réduit (5.5%) sera relevée à 7% et le passage à l’âge légal de la retraite va être avancé d’une année. Dans le même temps, les niches fiscales ne seront réduites que de 2.6 milliards d’euros… d’ici 2016.
Au-delà du « bricolage » que constituent ces plans de rigueur successifs (après celui de Nicolas Sarkozy cet été), tout est fait pour épargner les plus riches, rien pour relancer l’économie. Comment oublier le nécessaire soutien à la croissance pour créer des emplois et engranger de nouvelles rentrées fiscales ?
Quant aux économies à faire, nous aurions pu récupérer 8 milliards d’euros (et même davantage) autrement !
- Supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires (destructrice d’emplois) : 4.5 milliards d’euros.
- Revenir sur les allégements d’ISF : environ 2 milliards d’euros.
- Revenir sur des niches fiscales improductives comme la niche « Copé » : au moins 2.5 milliards d’euros
Reprenons ses propos d’hier soir :
- La situation d’aujourd’hui, c’est la faute à « François Mitterrand qui a fixé la retraite à 60 ans ».
- La situation d’aujourd’hui, c’est la faute à « Lionel Jospin et son gouvernement qui ont mis en place les 35 heures ».
Une première, l’actuel président remet même la faute sur son possible successeur (!), François Hollande, et l’accuse de vouloir vider les caisses de l’État avec sa proposition de « recréer 60 000 postes d’enseignants »…
Bien sûr, le chef de l’État n’a pas dit un mot sur les cadeaux fiscaux, sur l’absence de contrôle des banques, sur les propositions du PS pour sortir de la crise et sur les politiques d’austérité imposées toujours aux mêmes.
En réalité, Nicolas Sarkozy semble oublier que la droite est au pouvoir depuis 10 ans.
On oublie parfois que le mouvement de protestation en Iran, « le mouvement vert » ou « révolte verte », a précédé les révolutions arabes. Le vert, couleur des descendants du prophète, a été choisie pour sa campagne par l’un des deux principaux candidats d’opposition, M. Moussavi. N’ayant pas le droit de coller des affiches, certains de ses partisans ont eu l’idée d’utiliser des vêtements et accessoires de couleur verte.
La réélection triomphale du président sortant Ahmadinejad le 12 juin 2009, a été le résultat d’une fraude massive. Dès le lendemain du scrutin, des milliers de personnes manifestent à Téhéran. La répression s’est alors immédiatement organisée, de façon extrêmement brutale et massive. Si les manifestations se sont étiolées au cours de l’été 2009 les opposants ont su utiliser des commémorations officielles, comme celle de l’Achoura – en mémoire de l’assassinat de l’imam Hussein – en décembre 2009.
Le point central qu’il faut avoir présent à l’esprit est que le combat est dès le début un combat autour de l’information. À l’origine du mouvement vert se trouve l’organisation par télévision nationale de véritables débats entre les candidats. Il semble que la télévision iranienne se soit crue obligée de procéder ainsi pour contrer l’influence de la BBC. Résultats : cet air de liberté a provoqué une participation électorale massive, de l’ordre de 85%, et une colère à la mesure de la fraude organisée par tous moyens en faveur de M. Ahmadinejad. Le mouvement vert, avant les révolutions arabes, s’est organisé également en recourant aux nouvelles technologies de l’information. En dépit du coût très élevé des connexions Internet et de l’absence de haut débit, l’Iran compterait aujourd’hui près de 29 millions d’internautes, soit 38% de la population.
Le mouvement vert – et là encore on peut y voir une certaine analogie avec les révolutions arabes – ne s’est pas organisé autour d’un leader reconnu. M. Moussavi était un pur produit du régime, il avait été premier ministre pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak et avait soutenu les violentes purges qui ont marqué cette période. Sa principale force fut en réalité sa défaite électorale. Le mouvement vert, comme les révolutions arabes, est disparate et porte des revendications diverses. Sans qu’on en ait la certitude, il est possible qu’une majorité des contestataires souhaite une solution démocratique à l’intérieur du système – ce qui apparaît évidemment aujourd’hui comme très peu probable. Le mouvement vert s’inscrit aussi dans une tradition politique forte, propre à la société iranienne : loges maçonniques au XIXéme siècle, révolution constitutionnaliste de 1906 – 1911, création du premier parti communiste au Moyen Orient en 1920.
La protestation a rassemblé dans la rue des millions d’Iraniens, de tous âges et de toutes conditions. Mais les étudiants et les femmes ont joué un rôle décisif. Il y a aujourd’hui près de 4 millions d’étudiants dans un pays de 70 millions d’habitants. Il existe plus de 2 200 universités, chaque ville, même située dans les provinces les plus reculées, en ayant une, ce qui permet à des jeunes, même issus des classes pauvres et moyennes, de suivre des études supérieures. À côté des aspects très traditionnalistes du régime, la société iranienne montre en même temps pour une part assez importante de sa population, des signes de modernité. La fécondité est passée de 6,2 enfants par femme à 2 en 2006. La population est scolarisée à 80%. L’omniprésence des femmes est caractéristique de la société actuelle : 60% des étudiants sont des étudiantes.
Face au printemps arabe, l’Iran a tenté un discours de récupération : il serait le triomphe de la révolution islamique. En réalité, c’est le mouvement vert qui a pu inspirer les révolutions arabes. Pour le régime iranien, les manifestations contre Bachar el – Assad seraient le résultat d’un complot étranger. Il ne faut pas oublier que pour l’Iran, la Syrie est le seul ami et allié fidèle – même si la Syrie aurait souhaité se dégager de cette amitié encombrante. Il n’y a aucun doute que l’Iran apporte une aide matérielle au pouvoir syrien dans son entreprise d’étouffement des mouvements de protestations. Par un effet retour, les révoltes arabes ont été l’occasion pour le mouvement vert d’une grande manifestation le 14 février 2011 « en solidarité avec les peuples tunisien et égyptien et contre le dictateur », alors qu’aucune grande manifestation n’était intervenue depuis décembre 2009. L’atmosphère créée par le printemps arabe a entraîné une certaine radicalisation. Pour la première fois, ce 14 février 2011, apparaît la revendication d’un renversement de régime et, nommément, du Guide suprême.
L’Iran ne peut espérer sortir gagnant des révolutions arabes. Certes, l’Egypte a fait depuis quelques mois des gestes qui témoignent d’une volonté d’ouverture. Mais le passage de l’Egypte dans le camp de l’Iran apparaît exclu, à la fois pour des raisons idéologiques et à cause des liens, toujours étroits, entre le Caire et Washington.
J’ai suivi de près les tragiques événements de la région de Ngaba qui m’ont particulièrement choqué. J’ai également pris connaissance de la lettre envoyée au Président de la République par la présidente de l’association Urgence Tibet appelant Nicolas Sarkozy à condamner la répression qui frappe les Tibétains et à rassembler les chefs de gouvernements démocratiques sur une déclaration commune.
Je m’étais associé, le 1er juin 2011, à la question au gouvernement de mon camarade socialiste Patrick Bloche, sur les moines tibétains et les minorités en Chine, adressée à M. le Ministre d’État, ministres affaires étrangères et européennes.
Cette question nous permettait d’interpeller le gouvernement français sur la mise en œuvre d’une politique visant à assurer le respect des droits de l’Homme en Chine. Cette question faisait suite à l’immolation d’un jeune moine bouddhiste au monastère de Kirti, le 16 mars dernier, et au mouvement de répression lancé par le Parti Communiste Chinois dans la région.
Le Ministre nous avait alors affirmé que les responsables politiques français interpellaient, régulièrement et en toute franchise, leurs homologues chinois sur le sujet des droits de l’Homme lors de rencontres bilatérales…
L’aggravation de la situation dans la province du Sichuan, avec l’immolation par le feu de 5 jeunes moines en moins de 3 semaines, nous montre l’inefficacité d’une telle politique (s’il y en a une) et l’urgence d’agir en faisant entendre la voix de la France sur la scène internationale.
Je continuerai à agir pour la cause tibétaine.
Le 2 octobre 2011, journée internationale de la non-violence, a débuté en Inde une action non-violente d’envergure ayant pour but de réclamer l’accès à la terre et aux ressources naturelles pour les personnes les plus pauvres.
Cette action, « Jan Satyagraha 2012″ ou « Marche pour la Justice », va s’étaler sur une année et va se concrétiser par des marches à travers tout le pays (8000 km vont être parcourus) et s’achèvera en octobre 2012 par une marche de 100 000 personnes sur les 350 km qui séparent la ville de Gwalior et la capitale New-Delhi.
Ce mouvement, initié par l’organisation Ekta Parishad qui soutient les paysans sans terre, les peuples tribaux et les intouchables, veut faire pression sur le gouvernement indien afin qu’il accélère la mise en place des réformes concernant l’accès à la terre. Certaines lois sont votées mais tardent à être appliquées et des progrès législatifs doivent encore être effectués.
Cette mobilisation des indiens à destination de leur gouvernement se veut aussi une mobilisation internationale pour remettre en cause l’accaparement des terres, les hausses des prix et la disparition des terres agricoles.
En effet, loin de participer à l’enrichissement de tous, nous savons que la mondialisation actuelle se fait souvent au détriment des populations les plus vulnérables. Depuis longtemps, j’ai dénoncé les méfaits d’un tel modèle de développement qui, fondé sur la seule logique du libéralisme économique, de l’accumulation des richesses et du capital, laisse de côté la question fondamentale de la justice sociale et du développement durable.
Si les tenants de la mondialisation telle que nous la connaissons mettent très souvent en avant l’émergence de classes moyennes dans des pays comme la Chine ou l’Inde, c’est trop vite oublier les nombreux effets néfastes et insupportables produits par celle-ci (destruction des cultures locales, dégradation des écosystèmes, marginalisation sociale et économique d’une partie des populations).
Nous avons, nous socialistes, exprimé nos inquiétudes à l’égard de la montée des inégalités et avons apporté notre soutien aux populations les plus vulnérables. En témoigne d’ailleurs la venue récente en France, du nouveau Citoyen d’Honneur de la Ville de Paris, Raoni Metuktire, chef de la tribu des indiens nomades Kayapos qui depuis maintenant 40 ans lutte contre la déforestation en Amazonie. Celle-ci en plus du désastre écologique qu’elle représente, constitue un drame humain majeur.
La question des travailleurs ruraux sans terre a été médiatisée grâce à l’action du mouvement des travailleurs ruraux Sans-Terre au Brésil qui depuis 1984, s’est efforcé de rassembler et structurer ces agriculteurs afin de donner corps à leurs revendications politiques. J’ai eu l’occasion de les rencontrer et de les soutenir lors de différents forums sociaux. C’est par de telles initiatives, que les plus pauvres, aujourd’hui, peuvent espérer faire pression sur les pouvoirs publics afin que ceux-ci respectent leurs engagements.
La situation en Inde, avec près de 150 millions de petits paysans, chassés des terres au cours des dernières décennies, est dramatique. En la matière la lutte du mouvement Ekta Parishad est remarquable. La réutilisation du principe d’action non-violente de Gandhi afin de venir en aide aux communautés marginalisées rappelle la force et la noblesse de l’engagement collectif.
Voici ce que j’ai déclaré hier à la Provence :
« J’éprouve une immense satisfaction et j’ai le sentiment que l’on vient de vivre des moments historiques. D’abord par rapport à cette primaire qui je le rappelle, n’était d’abord pas acceptée par tous au moment où nous l’avions proposé avec Ségolène Royal. C’est également émouvant de voir que notre appel au rassemblement a été entendu : c’est la première étape d’un chemin qui est encore long. Le PS est désormais parfaitement en ordre de marche pour la présidentielle. L’image de tous nos candidats rassemblés constitue un signe fort et tangible que cette victoire est partagée par tous. Aujourd’hui, les nombreuses personnes qui ont participé démontrent tout l’intérêt démocratique de ce processus. Et ce, malgré ce que la droite en dit… La meilleure manière de répondre aux critiques sera de nous préparer parfaitement à répondre aux attentes des Français. »
Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la primaire citoyenne s’est admirablement bien déroulée. Débats de haute tenue suivis par des millions de téléspectateurs, participation massive. Sans doute est-il inévitable que les choses se tendent dans le dernier jour de campagne. J’appelle tous les militants à faire en sorte, dans les jours qui viennent, que le rassemblement se fasse sans hésitation, sans amertume, et sans ambiguïté, dès dimanche soir.
Par ailleurs, je vous invite à visionner l’intervention de Ségolène Royal hier au journal télévisé de France 2.
La France va se trouver en mai 2012 à un moment décisif de son histoire. Nous n’avons pas le droit à gauche de manquer ce rendez-vous avec les Français qui nous attendent, efficaces et unis, à leur service.
J’ai décidé de prendre mes responsabilités pour aider le plus efficacement possible à la victoire de la gauche.
Chacun des deux candidats a sollicité mon soutien dans un esprit de respect que je tiens à saluer et qui est le signe du rassemblement que nous ferons dimanche soir.
J’ai depuis toujours mis mon action politique au service de l’intérêt général, de la justice sociale et de l’amélioration de la vie quotidienne des hommes et des femmes qui attendent une vie meilleure, pour eux et pour leurs enfants.
C’est animée de cette hauteur de vue que j’apporte aujourd’hui tout mon soutien à François Hollande pour trois raisons :
1/ Il est arrivé en tête du premier tour, et il est légitime d’amplifier cette avance donnée par les électeurs.
2/ Les solutions neuves que je défends seront prises en compte dans le programme du candidat comme l’a dit François Hollande hier soir : la réforme bancaire, que je défends depuis 2008 et sur laquelle aujourd’hui tous les socialistes sont rassemblés ; la lutte contre les licenciements boursiers ; la moralisation politique avec le non-cumul des mandats adopté sans délai ; la mutation écologique de l’économie.
3/ Nous devons donner un élan à notre candidat avec une nette avance qui ne laissera aucune prise à la droite.
C’est pourquoi je lance un appel à toutes celles et ceux qui veulent, dans la justice et l’efficacité, le changement d’un système à bout de souffle où la loi de l’argent décide de tout.
Venez voter massivement dimanche prochain pour donner force et légitimité à notre candidat François Hollande.
Nous avons le devoir de rassembler les forces citoyennes et d’inventer un nouvel avenir dans lequel les valeurs humaines l’emporteront sur le cynisme du système financier.
Je fais confiance à François Hollande pour y parvenir en unissant les Français.
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