Le Ministère de l’Écologie a accordé en mars 2010, sans aucun débat public ni concertation préalable avec les collectivités locales concernées, des permis d’exploration exclusifs à plusieurs multinationales dont Total et GDF-Suez, sur une zone géographique incluant des territoires du Languedoc-Roussillon et d’Île-de-France.
D’autres permis sont en voie d’être délivrés par le ministère en charges des Mines pour une surface incluant un tiers du territoire de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (11 450 Km²), là encore, sans qu’aucune collectivité territoriale n’ait été préalablement informée ou consultée.
Ce gaz, dont l’extraction est complexe et coûteuse, ne devient rentable qu’à mesure de la hausse du prix des hydrocarbures, d’où l’intérêt actuel des grandes compagnies pour ces gisements potentiels. Mais l’exploitation du gaz de schiste, énergie fossile non renouvelable, génère des risques environnementaux et sanitaires particulièrement importants, notamment en termes d’impacts paysagers, de consommation d’eau et de pollution des eaux souterraines et de surfaces par des métaux lourds et produits chimiques particulièrement toxiques.
En effet, la technique d’exploitation de ce gaz de schiste repose sur la fracturation hydraulique. Celle-ci consiste en l’injection de millions de mètres cube d’eau, de sable et d’additifs chimiques pour “casser” les schistes et libérer le gaz. Cette eau, devenue déchet industriel, n’est récupérée qu’en partie : une partie –polluée – reste dans le milieu naturel, rejoint les aquifères et alimente les rivières. L’autre partie est récupérée pour être à nouveau injectée (et donc, pour partie, rejoindre les milieux naturels) ou être traitée, dans la mesure de ce qu’il est possible de faire avec des métaux lourds.
L’exploitation de l’huile de schiste qui suscite un intérêt comparable, nécessite l’utilisation des mêmes techniques.
Après être intervenu sur le sujet à l’Assemblée nationale dès le mois de décembre 2010, j’ai souhaité que le Conseil général des Alpes de Haute-Provence se prononce. Notre département s’est engagé depuis très longtemps dans une démarche exemplaire en matière d’environnement, d’énergie et de développement soutenable à travers la charte départementale pour l’environnement, l’agenda 21, le schéma départemental des énergies nouvelles et maintenant le plan climat énergie territorial, s’oppose à la recherche et l’exploitation du gaz et huile de schiste sur le territoire régional, et poursuit sa politique d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables.
Ainsi, le Conseil général, s’il prend acte de la décision prise le 4 février 2011 par le ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, de suspendre les forages de prospection de gaz de schiste, a demandé à l’Etat de ne délivrer aucun permis de recherche ou d’exploitation de gaz et huile de schiste sur le territoire de Provence-Alpes-Côte d’Azur.