Dans le département, des formations sur la sécurité routière au collège

10 mars 2010

Avec mon vice-président du Conseil général en charge des transports, Jean-Yves Roux, nous avons suivi au collège Paul-Arène le déroulement des ateliers pour une journée de partenariat avec la gendarmerie, les pompiers, la prévention routière, la maison départementale de la sécurité routière, la mutuelle Maif, la Sncf et l’Anatcep.

Grâce à ces partenariats, le département propose chaque année scolaire des animations qui portent sur des évacuations de cars, le permis piéton, l’attestation de sécurité routière, les comportements à risque, les gestes des premiers secours et les comportements dans les transports en communs (les trains notamment).

Outre l’information et la formation, nous souhaitons jouer avec le Conseil généralement la carte de la prévoyance avec des remises de gilets de sécurité fluorescents aux enfants.

Ces efforts, pour une part moins visible, portent aussi sur l’équipement des transports en commun. Nous sommes d’ailleurs allés au-delà des obligations légales (seuls les cars construits après 1999 devant être équipés) en décidant que 100% des véhicules de transports scolaires auraient des ceintures de sécurité avant la fin du troisième trimestre. D’ores et déjà, 99% des cars en sont équipés depuis fin janvier 2010. Ainsi, ce sont 169 véhicules de transport qui circulent chaque jour.

Dans un département rural où les transports sont aussi importants, l’importance de ces formations prend tout son sens.

(Voir également l’article complet qu’en a fait La Provence en cliquant ici)

Irak : Le bulletin de vote plus fort que la bombe

9 mars 2010

Malgré toutes les menaces, les attaques terroristes n’ont pas été capables d’empêcher les élections en Irak. Dans ce pays, presque tout reste à construire. Reste que la démocratie est devenue une conquête pour les citoyens d’un Etat où il y a peu régnait Saddam Hussein. Reste que, cette fois, le bulletin de vote a été plus fort que la bombe.

Vous avez dit réchauffement climatique ?

9 mars 2010

La neige tombe sur la Corse. Le froid atteint des niveaux record pour un début mars. Et vous continuez à nous parler de la menace du réchauffement climatique ?

Claude Allègre, esprit souvent paradoxal, est parti en guerre contre la thèse du réchauffement climatique, ou du moins contre l’idée qu’il y aurait nécessairement une aggravation due à l’homme. Il prend appui sur des erreurs factuelles, certes regrettables, du GIEC.

C’est aussi ce que dit, en termes plus nuancés, l’ancien collaborateur de Claude Allègre, Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de Physique du Globe.

Même si je ne suis pas convaincu par leurs arguments, je trouve toujours intéressant d’écouter les voix divergentes par rapport à la pensée ultra-dominante.

Mais supposons même que Claude Allègre et Vincent Courtillot aient raison. Il faut quand même changer de modèle de développement, ménager la planète, les ressources naturelles, construire une croissance beaucoup plus sobre, préparer activement, dès maintenant, l’après-pétrole.

« L’horizon de la présidentielle de 2012″ par Jacques Sapir

8 mars 2010

J’ai reçu il y a quelques jours un intéressant texte (mais qui est à débattre) de Jacques Sapir dont je voudrais vous faire part. En voici un rapide résumé.

Tout d’abord un constat de l’auteur :

« Nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenable » ».

Puis une première affirmation : « Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste ».

Ensuite, sa réponse à certaines affirmations gouvernementales :

« Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas (…) une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.

(…) Il faut par ailleurs rappeler que la dette publique n’est qu’une partie de la dette totale de l’économie, et qu’il faudrait, en bonne logique, y ajouter la dette des ménages et celle des entreprises. Le taux d’endettement total réserve alors quelques surprises, comme celle de nous révéler la France comme un des pays les moins endettés parmi les grands pays de l’OCDE »

(…) La précarisation du travail et de nouvelles coupes dans les retraites seront (…) justifiées par la « compétitivité » internationale de la France et par des arguments plus ou moins ad hoc sur la démographie. Pourtant, le mouvement d’enrichissement des plus riches est incontestable dans le long terme. C’est ce qui explique pourquoi la majorité des revenus est aujourd’hui comprimée, au point de ne pouvoir maintenir son pouvoir d’achat que par l’endettement.

(…) « On a réussi pour un temps à convaincre les classes moyennes que leur ennemi était les classes populaires, que l’on qualifiait alors de « budgétivore » et de dévoreur d’allocations sociales ».

(…) « Les revenus les plus élevés disposent de centaines de niches fiscales sur lesquelles ils peuvent jouer. Une grande « nuit du 4 août » fiscale ne pourra avoir lieu, du moins pas à court terme, et pas sans des limites drastiques à la circulation des capitaux. Il est indiscutable qu’il faudra progressivement éliminer ces niches fiscales et autres privilèges, mais il ne faut pas attendre de résultats spectaculaires dans l’immédiat. C’est dans la production, et donc au niveau de la formation des revenus, qu’il faudra agir ».

Jacques Sapir constate aussi la faiblesse de l’Europe et juge ses actions bien souvent néfastes :

(…) « L’Europe est épuisée. Elle l’est en tant que mythe. Qui peut encore croire en un approfondissement de sa dimension fédérale alors que l’on s’apprête à abandonner les pays les plus endettés. Mais elle l’est aussi, et très profondément, dans son projet et dans son action. »

(…) « Loin de constituer un écran et une protection, les directives européennes ont souvent été en avance sur l’OMC. En fait, nous nous sommes ouverts massivement du fait de l’Europe et nous en payons aujourd’hui le prix avec le processus de désindustrialisation et avec les diverses formes de délocalisation. »

(…) « L’Union Européenne non seulement n’a pas été un instrument de protection face à la crise, mais, par sa politique macroéconomique comme par sa politique structurelle, elle a été un facteur puissant d’importation de cette crise ».

Enfin, l’économiste propose une piste alternative aux politiques actuellement menées en France et en Europe :

« Une autre politique fiscale est nécessaire et elle implique, pour être efficace, un strict contrôle de la circulation des capitaux à court terme. Ceci aura pour effet de mettre entre parenthèses la zone Euro, mais sans toucher pour l’instant à l’essentiel. Dans la mesure où la France est un exportateur net de capitaux, ce contrôle ne peut être que bénéfique. Cette politique fiscale devra s’accompagner d’importantes et ambitieuses mesures concernant nos infrastructures. Elles viseront à accroître l’efficacité énergétique et réduire l’impact écologique, à améliorer le réseau de transports et à mettre fin à l’appauvrissement de nos services publics, et en premier lieu de l’éducation. La reconstruction de nos villes, dans le dessein d’en améliorer l’écologie sociale et environnementale sera aussi une priorité ».

(…) « Ces mesures (…) posent le problème de leur financement et ne répondent qu’imparfaitement aux urgences de l’heure. La dimension conjoncturelle de cette politique alternative (…) devra avoir deux volets, l’un concernant la taxation des importations et l’autre concernant le domaine de la monnaie. Il conviendra donc, dans un premier temps, d’introduire immédiatement l’équivalent de ce que l’on appelle dans le mouvement syndical européen une « taxe sociale et écologique aux frontières ». Elle pourrait prendre deux noms, « taxe » pour les pays hors de l’UE et « montant compensatoire social et écologique » pour les pays membre de l’UE. Son principe est simple. Il s’agit de prélever sur tout produit entrant en France pour y être consommé ou utilisé la différence qui existe entre la productivité du pays d’origine et la France pour les biens de la branche et le coût salarial total (incluant le salaire direct et les salaires indirects). Le produit de cette taxe serait utilisé temporairement (et cela a beaucoup d’importance) à subventionner certaines de nos exportations. En effet, dans la situation actuelle il ne suffit pas de faire monter les coûts de nos importations mais il faut aussi faire baisser ceux de nos exportations, du moins pour certains produits industriels. Ce faisant nous ne ferions, sous une autre forme, que répondre à la politique allemande du début de la décennie (…) Quand nous arriverons à un accord avec nos partenaires, il est probable que le produit de cette taxe sera affecté à un fonds social et écologique européen ».

(…) « Dans le même temps, il conviendra de modifier le statut de la Banque de France pour d’une part l’autoriser à prendre unilatéralement toute mesure réglementaire conservatoire et d’autre part pour l’autoriser à acheter des bons du Trésor. Nous avons ainsi la condition de financement de la politique structurelle que nous avons évoquée plus haut. Notons que l’on se place toujours dans le cadre de l’Euro. La Banque de France émettrait ainsi des Euros par un simple jeu d’écriture, droit quelle peut parfaitement s’arroger. Cela aurait pour effet de faire baisser le taux de change de l’Euro rapidement. Mais, il est évident que ceci met en cause la zone Euro, et implique des négociations rapides sur son futur. Notons que, dans ce cas, nous serions relativement protégés par un contrôle strict sur les mouvements de capitaux que l’on a déjà évoqués dans le cadre des mesures structurelles. Dès lors, deux solutions se dessinent. Soit nos partenaires de la zone admettent que la BCE doit changer et doit porter sa part de l’endettement public qui a été consenti en contrepartie de sa politique restrictive de la période précédente et du soutien à l’économie durant la crise. C’est donc la BCE qui prendra alors le relais de la Banque de France ainsi ressuscitée. Soit aucun accord n’est possible. Dans ce cas, nous assisterons à l’éclatement de la zone Euro et au retour à la souveraineté monétaire, qui désormais retrouve son plein exercice avec le contrôle des capitaux qui aboutit à rendre sa liberté à la Banque de France en matière de taux d’intérêt. Cependant, cette solution présente pour certains bien plus de dangers que pour nous-mêmes. La probabilité d’une forte réévaluation de la monnaie allemande se profile alors, dans la mesure où elle ne peut plus compter sur les soi-disant mauvais élèves de la zone Euro pour compenser les effets de son excédent commercial. Cette appréciation risque de condamner à terme le modèle allemand, et ce d’autant plus si elle est accompagnée d’une taxe aux frontières. La logique voudrait donc que l’Allemagne accepte une refonte de la zone Euro ».

(…) Il faut à court terme jouer sur des droits de douanes et sur la dimension monétaire pour retrouver le cadre d’une expansion économique tout en provoquant une réduction du poids relatif de la dette. Il faut à long terme réorienter l’investissement en le dégageant de la pression des marchés financiers (d’où le rôle stratégique du contrôle des capitaux) afin de le diriger vers les infrastructures, ce qui implique la mise en sommeil de certaines des directives européennes (mais pas de toutes) ».

« Une telle politique est la seule qui puisse offrir un réel espoir aux classes populaires, qui ont vu leurs revenus stagner depuis maintenant dix ans, mais aussi aux classes moyennes auxquelles elle ouvre la perspective d’un rééquilibrage de la pression fiscale et, via le retour à une forte croissance, d’une reprise de l’ascenseur social. C’est donc autour de cette politique que doit se construire l’alternative politique faisant écho à l’alternative économique. Dès lors, la question du choix du candidat [pour 2012] est relativement secondaire. Elle doit donc être posée après, et non avant, le choix d’une politique et lui être subordonnée. »

Qu’en pensez-vous ?

« Big brother » est partout ?

6 mars 2010

Voici un e-mail qui circule beaucoup sur le net et qui traduit une surveillance de plus en plus généralisée, du moins, pour certaines situations.

« Un vieil Arabe vit depuis plus de 40 ans dans les montagnes des Alpes de Haute Provence. Il aimerait bien planter des pommes de terre dans son jardin, mais il est tout seul, vieux et faible. Il a eu la chance de participer à des séances d’initiation à l’informatique.
Il envoie alors un courriel à son fils qui étudie à Paris pour lui faire part de son problème.
‘Cher Ahmed, je suis très triste car je ne peux pas planter des pommes de terre dans mon jardin.Je suis sûr que si tu étais ici avec moi, tu aurais pu m’aider à retourner la terre. Ton père qui t’aime. Jamil.’
Le lendemain, le vieil homme reçoit ce courriel :
‘Cher Père, s’il te plaît, ne touche surtout pas au jardin! J’y ai caché ce que tu sais. Moi aussi je t’aime. Ton fils Ahmed.’
À 4 heures du matin arrivent chez le vieillard,   la Brigade Anti-terroriste , le GIGN, les RG, le FBI, la CIA  et même TF1, France 2, France 3 Marseille. Ils fouillent tout le jardin, millimètre par millimètre, et repartent bredouilles.
Quelques heures plus tard, le vieil homme reçoit un nouveau courriel de son fils : ‘Cher Père, je suis certain que la terre de tout le jardin est désormais retournée et que tu peux planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas faire mieux. Ton fils qui t’aime, Ahmed’. »

Pour une politique industrielle créatrice d’emplois, de richesses et de progrès social

5 mars 2010

Nicolas Sarkozy a donc annoncé une série de mesures pour une nouvelle politique industrielle française.

Avant toute chose, rappelons que la politique industrielle ne peut être efficace que sous certaines conditions qui vont de la stabilité politique à l’éducation en passant par l’existence d’une classe dirigeante intéressée au développement du pays. Il n’est pas certains que ces simples conditions soient aujourd’hui parfaitement réunies en France. Dans ces conditions, les propositions dont a fait part le chef de l’État sont au mieux utiles mais parfaitement banales, au pire naïves et bien insuffisantes.

Nous savons que notre industrie a subi une érosion rapide durant la décennie 2000 : sa part dans la population active est passée de 16% à moins de 13% ; sa part dans la valeur ajoutée a chuté de 22% à 16%. Nous savons aussi que le cas français fait écho à la situation de toute l’Union européenne, incapable de se doter d’une stratégie industrielle comme le montre l’échec du processus de Lisbonne.

Les conséquences économiques de la désindustrialisation de la France et de l’Europe sont évidentes : baisse des normes sociales et perte d’emplois qualifiés, concurrence des pays émergents dans les secteurs à haute valeur ajoutée, échec de la transition écologique que permettraient les technologies propres.

Depuis plusieurs mois, plusieurs responsables socialistes et quelques ‘think tanks’ se sont penchés sur la problématique industrielle. Je salue d’ailleurs l’intéressant travail mené par Terra Nova et, au PS, par le secrétariat national à l’industrie.

Souhaitant répondre aux formulations de Nicolas Sarkozy, je tiens ici à mettre en avant quelques pistes qui me semblent essentielles pour assurer la pertinence et l’efficacité de toute politique industrielle :

- La nécessité d’une ‘Europe puissance’. Cela fait bien longtemps que l’on défend ce concept désormais approuvé de tous (ou presque) mais rien ne bouge tant les intérêts corporatistes (à court terme) de certaines entreprises couplés à un souverainisme des politiques de droite semblent insurmontables. Pourtant, seule une UE forte peut permettre la mise en œuvre effective de grands projets industriels et l’affirmation d’une stratégie européenne qui pondérera la priorité donnée à la monnaie et à la concurrence. Cela peut supposer la création d’un grand ministère européen de l’Industrie (MITI européen).
– Surtout, seule une Europe puissance aura la capacité de mettre un terme réel aux paradis fiscaux et de garantir de nouvelles régulations économiques internationales remédiant aux distorsions de concurrence créées d’une part par les désalignements monétaires et d’autre part par les écarts de normes environnementales et sociales.
– C’est ainsi que pourront être proposées des « écluses fiscales » aux frontières de l’Union sur les produits ne respectant pas les normes environnementales et sociales internationales. L’Europe ne peut pas imposer à ses propres entreprises des standards écologiques et sociaux auxquels échapperaient totalement les produits importés du reste du monde.
– Nous devons aussi radicalement modifier notre conception de l’entreprise en y installant la cogestion et une meilleure représentation des salariés (30% dans les conseils d’administration par exemple).
- En parallèle de la refonte nécessaire du crédit d’impôt recherche (qui aujourd’hui bénéficie d’abord aux grands groupes), il nous faut soutenir et faire grossir les PME, notamment via des aides publiques davantage orientées vers elles.
- Il est également nécessaire de mieux orienter la dépense publique vers les investissements d’avenir, au premier rang desquels figurent ceux à mobiliser au profit de
l’économie de la connaissance et de l’innovation industrielle.
– Cela suppose aussi le renforcement de l’éducation, de la recherche, des énergies renouvelables et de l’aménagement du territoire : si certains investissements ne sont pas rentables directement (et ne sont donc pas portés par le marché), ils ont néanmoins une rentabilité indirecte en contribuant à accroître le potentiel de croissance du pays en créant un environnement favorable.
- À l’inverse de la politique rétrograde du gouvernement actuel, renforcer les collectivités locales pour renforcer la qualité des infrastructures est primordiale. Un environnement économique favorable suppose des réseaux de transport, de communication, de distribution d’eau et d’énergie d’excellence.
- La protection du modèle social français et des services publics est un autre préalable : les dépenses sociales ont certes un coût, mais elles permettent aussi une mutualisation favorable aux entreprises.
- La question du coût du travail (élevé en France) ne peut être occultée Nous devrons donc moduler l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réinvestis ou versés sous forme de dividendes.
- Mesure plus simple mais non moins pertinente, pour favoriser certaines bonnes pratiques il s’agira de fournir une meilleure information aux consommateurs-citoyens.
– Quant aux pôles de compétitivité, ils devront être revus sous deux angles : la gouvernance, aujourd’hui défaillante, doit être réformée en donnant un vrai rôle d’orientation stratégique à l’État et aux régions ; la constitution de pôles de compétitivité européens doit devenir effective.
- Enfin, cela est connu mais finalement peu pratiqué : la conditionnalité stricte des aides publiques aux entreprises doit être appliquée et les fermetures de sites pour des raisons financières découragées fiscalement et juridiquement.

Allemagne : la loi sur la conservation des données annulée

4 mars 2010

Alors qu’en France, les lois Hadopi, Lopsi I, Loppsi II ne cessent d’aggraver les atteints à la vie privée, la Cour constitutionnelle allemande a demandé, le 2 mars, la destruction des données de télécommunication des citoyens, accumulées depuis 2008 dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Elle a estimé que leur stockage était anticonstitutionnel. La loi sur la conservation des données dans le secteur des télécommunications est ainsi tout bonnement annulée outre-Rhin. 35.000 plaignants (action de groupe d’ailleurs impossible en France) l’avaient demandé, la Cour de Karlsruhe leur a donné raison. La future loi devra mieux protéger la confidentialité des communications

L’arrêt n’a pas tardé à être suivi d’effet : Vodafone et Telekom, les deux plus grosses sociétés de télécommunications allemandes, ont aussitôt détruit les données en leur possession.

Pour Nicolas Sarkozy, le commerce passe avant les droits humains

3 mars 2010

Après la controverse sur la possible vente de navires de guerre à la Russie, Nicolas Sarkozy a cajolé le président russe Dimitri Medvedev : « Votre attachement à l’État de droit, au respect des lois, à la sécurité juridique, à la défense des droits de l’Homme facilite beaucoup le rapprochement entre nos deux pays ».

Au même moment, un collectif d’ONG et de défenseurs des droits de l’Homme russes et occidentaux, parmi lesquels Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch et l’organisation russe Memorial, a dénoncé les violations des libertés pratiquées en Russie.

Certes considéré comme plus ouvert sur ce douloureux sujet que son prédécesseur, Vladimir Poutine, Dimitri Medvedev ne jouit toutefois pas d’un bilan exemplaire depuis son accession au pouvoir, en mai 2008.

Depuis sa prise de fonctions, au moins cinq journalistes et militants des droits de l’Homme sont morts dans des circonstances suspectes en Russie.

Alors candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait multiplié en 2007 les critiques contre les exactions de l’armée russe en Tchétchénie. Il avait également reproché à son prédécesseur Jacques Chirac d’avoir « serré la pogne » de l’ex-président Vladimir Poutine, aujourd’hui Premier ministre, et présenté la Russie comme un pays « qui complique la résolution » des problèmes du monde plutôt qu’un « facilitateur ».

En pleine campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait déclaré (sans rire) : « Je ne crois pas à la ‘realpolitik’ qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats (…) Je n’accepte pas le sort que l’on fait aux dissidents dans de nombreux pays. Je n’accepte pas la répression contre les journalistes que l’on veut bâillonner. Le silence est complice. Je ne veux être le complice d’aucune dictature à travers le monde (…) Je veux dire que ce n’est pas parce que la Russie est une grande puissance que l’on doit s’interdire de dénoncer les violations des droits de l’Homme qui y sont commises. »

Lundi soir, à l’issue d’un entretien au palais de l’Élysée, deux importants accords ont été signés entre Russes et Français. GDF Suez a signé un protocole d’accord qui ouvre la voie à une prise de participation de 9% dans le projet russe de gazoduc North Stream. Le groupe industriel Alstom a confirmé qu’il prendrait 25% du constructeur de trains russe Transmashholding (TMH). Il s’agit d’un investissement de départ de 75 millions de dollars, a indiqué mardi la société française.

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

« La meilleure façon de tourner la page de la guerre froide n’est pas de faire commerce d’équipements de guerre chaude »

3 mars 2010

Que la Russie soit un partenaire stratégique pour la France, personne n’en doute. Encore faudrait-il, si l’on veut être efficace et solidaire, s’efforcer de jouer un jeu européen. Il est vrai que les autres pays font comme la France : ils jouent « perso ». C’est la meilleure manière de s’affaiblir face à la Russie qui sait, comme jadis l’URSS, diviser pour régner.

Bien entendu, il est bon de faire en sorte que les projets de l’OTAN et les projets américains ne soient plus perçus comme des menaces à l’égard de Moscou.

Mais de là à aller jusqu’à vendre des navires de guerre, il y a une limite à ne pas franchir. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner que les pays baltes, qui ont été annexés pendant la seconde guerre mondiale par l’Union soviétique et qui ont subi des déportations massives de populations s’inquiètent du projet français de vendre quatre navires de guerre à la Russie.

« Je ne suis pas sur que la meilleure façon de tourner la page de la guerre froide soit de faire commerce d’équipements de guerre chaude » a dit le ministre letton des Affaires étrangères.

Une justice française aux ordres ?

3 mars 2010

La ministre de la Justice confirme la volonté de Nicolas Sarkozy de supprimer le juge d’instruction. Cela aboutit à donner les pleins pouvoirs aux procureurs sans que rien ne soit fait pour garantir leur indépendance.
On l’a vu dans l’affaire Dray, quand le parquet est seul aux commandes, cela peut être n’importe quoi.
Les craintes dont le monde judiciaire faisait part il y a peu sont donc confirmées. L’architecture de l’avant-projet du futur code de procédure pénale est celui d’un parquet soumis au pouvoir politique et omniprésent avec en face un nouveau juge à tout faire baptisé « juge de l’enquête et des libertés » (JEL).
Comme le rappelle le syndicat de la magistrature, le destin de la défense s’apparente quant à lui « à celui d’un alibi procédural ».
Dans ce projet, un mécanisme sera sans doute très utile lorsque des proches du pouvoir seront menacés d’incarcération ou même d’un cautionnement… En effet, le JEL ne pourra envisager de placer une personne sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire que si le procureur de la République requiert l’une ou l’autre de ces mesures.
Malgré les (déjà) très nombreuses condamnations de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme, cette réforme aggrave la situation et consacre encore un peu plus le pouvoir du parquet et ainsi la fin de l’indépendance de la justice.