Archive pour la catégorie ‘Quelqu’un m’a dit’

Quelqu'un m'a ditTribune de Rony Brauman, Régis Debray, Edgar Morin et Christiane Hessel

mercredi 6 août 2014

Publié dans le journal Le Monde, daté du 5 août :

« « Quand la violence crée une spirale incontrôlée et la mort de 300 civils innocents, la situation exige une réponse urgente et déterminée »,viennent d’indiquer à bon escient le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au moment d’élever au niveau 3 les sanctions économiques contre la Russie.

On ne sait pas si le président russe, Vladimir Poutine, où l’un de ses subordonnés, a donné l’ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l’ordre direct d’un gouvernement. Les sanctions de l’Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L’annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ?

Nous avons condamné les conflits interarabes et intermusulmans qui ensanglantent et décomposent le Moyen-Orient. Ils font plus de victimes locales que la répression israélienne. Mais la particularité de l’affaire israélo-palestinienne est qu’elle concerne et touche à l’identité des millions d’Arabes et musulmans, des millions de chrétiens et Occidentaux, des millions de juifs dispersés dans le monde.

Ce conflit apparemment local est de portée mondiale et de ce fait a déjà suscité ses métastases dans le monde musulman, le monde juif, le monde occidental. Il a réveillé et amplifié anti-judaïsme, anti-arabisme, anti-christianisme (les croisés) et répandu des incendies de haine dans tous les continents.

Nous avons eu l’occasion de nous rendre à Gaza, où il existe un Institut culturel français ; et les SOS que nous recevons de nos amis sur place, qui voient les leurs mourir dans une terrible solitude, nous bouleversent. N’ayant guère d’accointances avec les actuels présidents du Conseil et de la Commission européens, ce n’est pas vers ces éminentes et sagaces personnalités que nous nous tournons mais vers vous, François Hollande, pour qui nous avons voté et qui ne nous êtes pas inconnu. C’est de vous que nous sommes en droit d’attendre une réponse urgente et déterminée face à ce carnage, comme à la systématisation des punitions collectives en Cisjordanie même.

Les appels pieux ne suffisent pas plus que les renvois dos à dos qui masquent la terrible disproportion de forces entre colonisateurs et colonisés depuis quarante-sept ans. L’écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) demandait aux dirigeants soviétiques une seule chose : « Ne mentez pas. » Quand on ne peut résister à la force, on doit au moins résister au mensonge. Ne vous et ne nous mentez pas, monsieur le Président.

On doit toujours regretter la mort de militaires en opération, mais quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n’ont plus d’eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s’agit plus d’implorer mais de sommer au respect du droit international.

La France est bien placée pour initier un mouvement des grands pays européens pour la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’UE, accord conditionné au respect de nos valeurs communes et des accords de paix souscrits par le passé. De même pourrait-elle faire valoir qu’un cessez-le-feu qui déboucherait sur un retour au statu quo ante, lui-même déjà intolérable, ne ferait que contribuer au pourrissement de la situation et donc au retour de l’insécurité pour les uns comme pour les autres.

L’enfermement complet n’est ni viable ni humain. Pourquoi la police européenne ne pourrait-elle revenir sur tous les points de passage entre Gaza et l’extérieur, comme c’était le cas avant 2007 ?

Nous n’oublions pas les chrétiens expulsés d’Irak et les civils assiégés d’Alep. Mais à notre connaissance, vous n’avez jamais chanté La Vie en rose en trinquant avec l’autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l’a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d’un repas familial.

L’extrême droite israélienne vous semblant moins répréhensible que l’extrême droite française, à quelque chose cette inconséquence pourrait être bonne : faciliter les échanges et les pressions au nom de valeurs communes.

Israël se veut défenseur d’un Occident ex-persécuteur de juifs, dont il est un héritier pour le meilleur et pour le pire. Il se dit défenseur de la démocratie, qu’il réserve pleinement aux seuls juifs, et se prétend ennemi du racisme tout en se rapprochant d’un apartheid pour les Arabes.

L’école stoïcienne recommandait de distinguer, parmi les événements du monde, entre les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. On ne peut guère agir sur les accidents d’avion et les séismes – et pourtant vous avez personnellement pris en main le sort et le deuil des familles des victimes d’une catastrophe aérienne au Mali. C’est tout à votre honneur. A fortiori, un homme politique se doit de monter en première ligne quand les catastrophes humanitaires sont le fait de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir, surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés et qu’ils font partie des Nations unies, sujets aux mêmes devoirs et obligations que les autres Etats. La France n’est-elle pas un membre permanent du Conseil de sécurité ?

Ce ne sont certes pas des Français qui sont directement en cause ici, c’est une certaine idée de la France dont vous êtes comptable, aux yeux de vos compatriotes comme du reste du monde. Et il ne vous échappe pas que faux-fuyants et faux-semblants ont une crédibilité et une durée de vie de plus en plus limitées.

Rony Brauman (Ex-président de MSF, professeur à Sciences Po)

Régis Debray (Ecrivain et philosophe)

Edgar Morin (Sociologue et philosophe) (Directeur de recherches émérite au CNRS)

Christiane Hessel (Veuve de Stéphane Hessel) »

Quelqu'un m'a dit« Amis juifs et musulmans, restons français avant tout »

mercredi 16 juillet 2014

Retrouvez ci-dessous la tribune de l’imam français Tareq Oubrou :

« Le conflit israélo-palestinien est au cœur de toutes les discussions du moment. J’appelle mes concitoyens, quelle que soit leur appartenance religieuse, à l’apaisement. Je sais bien que certains, prompts à vilipender toute tentative allant dans ce sens, interpréteront ce message comme une trahison, alors même qu’il s’agit d’un appel à vivre ensemble et apprendre à décrypter les finesses de notre société.

Nous, musulmans de France, devons savoir faire la part des choses. Discerner ce qui est politique de ce qui est religieux, ce qui relève de l’identité de ce qui relève de la communauté. Les juifs de France doivent également s’inscrire dans cette démarche.

Je m’inscris en faux lorsque la religion est instrumentalisée à des fins de rassemblement dans ce conflit. Non, la religion n’a rien à voir avec l’antagonisme israélo-palestinien. C’est politique. Je tiens à ce que la religion, juive ou musulmane, soit mise à l’abri des analyses sur ce conflit.

Mais ce discernement ne pourra s’opérer que s’il est mis en place de chaque côté. Ainsi, les juifs doivent dire la part de responsabilité de l’Etat hébreu dans le conflit, comme les musulmans doivent dire également la part de responsabilité des organisations qui sèment le trouble. Cela aidera significativement chacun à reconnaître en l’autre un interlocuteur raisonnable.

On ne peut pas défendre l’indéfendable systématiquement au motif que la partie en cause est membre de sa propre communauté. Chacun doit assumer ses responsabilités. Nous sommes des Français, des citoyens du même pays, nous avons le devoir de vivre ensemble en bonne intelligence. Donc, de savoir discuter, d’accepter un dialogue contradictoire et surtout, surtout, de ne jamais passer de la posture politique à la violence.

Notre pays est face à une singularité étonnante, il est l’un des seuls d’Occident à accueillir des communautés juive et musulmane aussi importantes. Les enjeux qui en découlent sont considérables. On a pu le constater récemment avec l’affaire Merah ou bien encore avec l’affaire Nemmouche. Or, rien, absolument rien, ne peut permettre de justifier un passage à l’acte. Ces deux affaires sont la traduction d’un processus d’identification massif au peuple palestinien par une population musulmane vulnérable. Ce transfert inconscient de nos banlieues est la marque d’un manque d’éducation sociale et morale liée à la déshérence de ces territoires par la République.

Nous avons besoin d’hommes et de femmes courageux pour parler avec leurs communautés et leur faire entendre raison quand le conflit israélo-palestinien s’insinue trop loin dans nos vies.
Etant donné que la situation me semble bien délicate là-bas, que je reste fort pessimiste sur une issue heureuse, nous devons redoubler d’attention. Les juifs doivent être capables de dire que la politique israélienne salit l’image de leur communauté à travers le monde. Qu’elle ne leur rend pas service. La colonisation des territoires palestiniens doit cesser, le droit international doit s’appliquer. Il me semble que c’est la seule manière d’apaiser les musulmans dans le monde. Et les musulmans doivent dire haut et fort que les multiples agressions du Hamas sont condamnables.

Il ne faudrait pas que les juifs de France soient plus israéliens que les Israéliens et les musulmans de France plus palestiniens que les Palestiniens. Tout en adoptant des postures politiques différentes à l’égard de ce conflit meurtrier, une démarcation citoyenne française reste nécessaire pour un vivre ensemble en France.

Tareq Oubrou »

Quelqu'un m'a ditIntégrisme religieux : appel à la vigilance

samedi 21 juin 2014

Je suis signataire du manifeste suivant, afin de contester l’insupportable instrumentalisation de la religion à des fins abjectes.

Vous pouvez le signez en cliquant ici.

 « Inquiets et révoltés devant la montée d’une violence abjecte et lâche, usurpant la foi comme raison d’être, nous voulons rappeler ici que l’humanité est une, que la force des armes, qui n’est que la poursuite de celle des mots, n’est jamais un argument ni un chemin vers la victoire. Que ceux qui l’utilisent ne sont que des ignorants à l’égard de leurs propres religions et de leurs propres cultures. Et que cette violence peut et doit être combattue par tous les moyens légitimes, et d’abord par une lecture contemporaine des textes de nos multiples traditions, religieuses ou laïques, respectueuse de la dignité humaine, par l’éducation des hommes et des femmes, par l’action politique, par la raison, par la culture, par l’art et par l’humour.

Nulle doctrine, nulle religion, nulle idéologie, nulle science, nulle culture ne peut revendiquer pour elle seule la propriété de la vérité. Nul peuple, nulle religion, nulle doctrine, nulle science, nulle culture ne peut survivre sans respecter, écouter, partager, échanger, apprendre des autres. 

Nul être humain ne peut être réduit à une seule dimension, qu’elle soit religieuse, ethnique, sexuelle, culturelle ou politique. 

Nous, signataires de cet appel, croyants ou agnostiques, humains avant tout, nous constituons en réseau de vigilance et de résistance pour défendre et faire respecter ces principes. »

Signataires: Jacques Attali, Paul Balta, Christophe Barbier, Sadek Beloucif, Ghaleb Bencheïkh, Hichem Ben Yaïche, Jean-François Bensahel, Jean-Louis Bianco, Yann Boissière, Michel Camdessus, Malek Chebel Michel Davy De Virville, Alain De La Morandais, Bertrand Delanoë, Mgr Jean-Michel Di Falco Leandri, Roger-Pol Droit, Claude Durand, Gad Elmaleh, Luc Ferry, Maurice Godelier, Antoine Guggenheim, Nedim Gürsel Delphine Horvilleur, Latifa Ibn Ziaten, Serge Klarsfeld, Théo Klein, Marc Konczaty, Haïm Korsia, Rivon Krygier, Frédéric Lenoir, Emmanuelle Mignon, Mohammed Moussaoui, Erik Orsenna, Olivier Poivre d’Arvor, Simone Rodan, Kamel Sanhadji, Michel Serfaty, Gilbert Sinoue, Smaïn, Lionel Zinsou, Olivier Abel, Mgr Antoine Hérouard.

Quelqu'un m'a ditMa réponse à Alain Finkielkraut

vendredi 13 juin 2014

lettre JLB 1Lundi 9 juin, viagra 60mg Alain Finkielkraut était l’invité de Patrick Cohen sur France Inter.

À cette occasion, medical il a critiqué à tort le rôle de l’Observatoire de la laïcité auprès du Premier ministre et certains de mes propos.

Voici donc ma réponse : cliquez ici.

Quelqu'un m'a ditQuel courage !

vendredi 22 novembre 2013

Voir l’article complet du Monde en cliquant ici.

« Elle n’a rien dit. Ni au premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ni à sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, ni à aucun des membres du gouvernement. Après sa première séance de chimiothérapie, le 2 mars, elle a juste demandé un rendez-vous « pour raison personnelle » à François Hollande. A l’Élysée, elle s’est contentée de peu de mots : « J’ai un cancer. Je suis entrée dans une phase de traitement. Je souhaite que cela reste strictement entre nous. » Le président de la République ne s’est pas épanché. « Tu fais le choix que tu souhaites devoir faire pour toi. Tu choisis le silence et je le respecterai. » Le président et la ministre déléguée à la famille ont enchaîné sur l’agenda politique. La loi sur le mariage pour tous qui allait passer au Sénat. Le mouvement de contestation qui s’amplifiait.

Dominique Bertinotti va bientôt enlever la perruque qu’elle porte depuis plus de huit mois. On verra d’un coup ses cheveux très courts. Elle vient d’effectuer cette semaine une dernière séance de radiothérapie avant « la quille », comme elle dit avec une volupté soudaine. Elle avait choisi le silence, elle fait tomber le masque.

En cent soixante-dix heures de débats sur le mariage pour tous entre l’Assemblée et le Sénat, où elle était en première ligne derrière la garde des sceaux, Christiane Taubira, personne ne s’est rendu compte de rien. Son amie Ségolène Royal lui avait bien trouvé mauvaise mine à l’université d’été du Parti socialiste à La Rochelle. La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, s’était étonnée de « certains signes sur son visage ». Sans plus. Il y a une quinzaine de jours, la ministre a demandé à voir Jean-Marc Ayrault. Ils se sont mis dans un coin de l’Assemblée nationale, il est tombé des nues. « Est-ce que tu as pu te reposer ? », lui a-t-il demandé (…) »

Quelqu'un m'a ditLaïcité

lundi 18 novembre 2013

Au moment où l’on débat beaucoup de la laïcité, voici le texte d’une belle lettre engagée, par le maire d’Échirolles voici quelques années :

« Madame,

Je vous remercie de votre courrier qui soulève une question très importante : celle du combat pour la laïcité, qui est et doit rester le socle inébranlable de notre République. Vous le savez, j’en suis un ardent défenseur et je partage donc complètement vos positions sur le sujet.

Mais la laïcité n’est ni un acquis définitif, ni donné à chacun de nous à la naissance. Elle est le fruit d’un modèle culturel dans lequel nous baignons dès notre enfance et qui nous fait adhérer à ses valeurs. Au-delà de cette éducation, nous en mesurons en grandissant et dans la pratique tous les effets bénéfiques, ceux qui nous protègent de l’intransigeance, qui permettent aux hommes et aux femmes de garder leur libre arbitre, aux peuples d’échapper à certaines guerres.

La laïcité n’est jamais un acquis définitif et le combat pour sa protection et son développement doit être quotidien et vigilant.

Que faire alors de ces Français, venus d’ailleurs, imprégnés d’autres cultures et traditions et qui n’ont pas eu la chance d’être les héritiers de 1789, et bien plus tard de la loi 1905. 111 ans pour convaincre le peuple de France du bien fondé de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Certains d’entre eux ne veulent pas en entendre parler et préfèrent rester dans leur approche religieuse de la société, voire se radicalisent.

D’autres commencent à « s’ouvrir », font les pas qu’ont eu à faire nos grands-pères, en France comme dans le reste de l’Europe pour enfin adhérer à ces valeurs.

D’autres enfin s’engagent davantage pour revendiquer le droit de vivre dans une République laïque (même en restant croyants par ailleurs), ils mesurent la liberté qui s’ouvrent ainsi à eux, celle que certains de leurs ancêtres avaient pu déjà connaître dans une période trop éphémère de l’Andalousie musulmane et éclairée.

Ils font ce chemin, agissent auprès de nous, militent dans les associations et confortent leur confiance en notre modèle laïque.

Besma Mechta est de ceux-là. Elle est engagée depuis plusieurs années dans la vie associative. Elle est très investie dans Cité Plurielle. Elle a rejoint enfin le groupe communiste et partenaires de la ville. Elle est par ailleurs écrivain public à titre bénévole.

Elle se présente dans tous ses engagements comme une militante laïque, renvoyant à la sphère privée sa pratique religieuse.

Pour tous ceux et celles qui hésitent encore, qui attendent un signe de nos institutions pour conforter leur choix, elle est un symbole. Pas celui d’un retour en arrière, mais bien celui d’un pas en avant. Elle montre qu’on peut être laïque et musulmane. Elle doit servir d’exemple, pour ouvrir la porte à tous les autres. Si nous ne le faisons pas, nous renverrons des millions de musulmans à un repli identitaire et communautaire. En le faisant, nous leur offrons un autre modèle identitaire qui les respecte et leur permet d’avancer. Sans jamais renier notre engagement laïc, toujours clairement affirmé.

Alors certes, il lui reste un turban sur la tête et non pas un voile, cet espèce de « fichu » ou de foulard que portaient encore nos grands-mères il n’y a pas si longtemps…par tradition. Laissons le tomber tout seul. Demain, j’en suis convaincu, beaucoup d’autres nous rejoindront pour s’intégrer enfin comme français laïcs, croyants ou non. La laïcité aura alors gagné une nouvelle victoire.

Quant à l’aspect plus politique de votre courrier, je voudrais vous faire part des réflexions suivantes.

Depuis 30 ans que la gauche dans son ensemble prône l’intégration des personnes d’origine étrangères (sans avoir par ailleurs tenu ses promesses notamment celle du droit de vote aux élections locales) avez-vous constaté une baisse du communautarisme et un repli du fait religieux de cette population ? Non, c’est le contraire qui s’est passé, faute pour cette population d’être acceptée à participer à notre république.

C’est sur ce terrain de la non intégration, et de la discrimination à l’emploi, sociale, et politique dont souffre cette population, qu’ont prospéré les idées rétrogrades, le repli identitaire et religieux, et que la condition des femmes et des jeunes filles s’est dégradée.

Pour « soulager » les populations du poids religieux, quelle est votre proposition ? et à qui s’adresse-t-elle ? Aux seuls musulmans ou aussi aux autres religions comme la religion catholique par exemple ?

Cette dernière est toujours contre l’IVG, la contraception ou le divorce. Leurs représentants sont pourtant présents à tous les postes de notre république dans les assemblées d’élus nationales ou locales. Alors certes ça ne se voit pas, les femmes ne couvrent plus leurs cheveux comme le faisaient avant leurs mères ou leurs grands-mères.

Pour les musulmans la solution serait simple et hypocrite jusqu’au bout, ne choisir que des hommes qui eux n’ont pas de couvre-chefs traditionnels. Une bonne façon sans doute d’améliorer la condition des femmes.

Pensez-vous vraiment que c’est en continuant à exclure les personnes qui font le pas de la laïcité que nous permettrons à la laïcité d’avancer.

Nous autres occidentaux nous sommes prompt à donner des leçons de démocratie et d’émancipation aux autres peuples de la terre, sans que ne nous effleure jamais l’idée du temps qu’il nous a fallu pour y parvenir, et que nous ne leur reconnaissons pas, l’idée que peut-être il leur appartenait de tracer eux-mêmes leur chemin pour y parvenir.Gardons toujours à l’esprit comment « notre modèle de développement » a finalement affamé l’Afrique et favorisé par la même, la radicalisation des religions dans certains pays.

Je ne dirais jamais de Benhazir Bhutto qui continuait à porter le voile en certaines circonstances qu’elle était un symbole de l’oppression des femmes ; ni des militantes Marocaines, Tunisiennes, Algériennes ou d’Afrique noire plus généralement du droit des femmes qu’elles sont traîtres à leur cause parce qu’elles continuent à respecter certaines traditions tout en poursuivant leur combat.

Continuons d’exiger un 20 sur 20 à notre examen de laïcité, et continuons à faire avancer le fait religieux. La laïcité n’est pas un dogme, c’est un combat ! Je crois que vous le partagez.

Aussi, en évitant toute confusion, je vous invite à aider ceux qui s’engagent sur ce chemin et qui serviront de modèles aux autres, plutôt que de les stigmatiser.

Le jour où faute d’avoir réussi cette ouverture et cette intégration nous ne serons plus qu’un « village d’irréductibles gaulois » gardiens du dogme, peut-être serons-nous restés purs et durs et fiers de l’être, mais notre monde aura fait un grand pas en arrière. 

Renzo SULLI, Maire d’Échirolles »

Quelqu'un m'a ditIl y a deux ans à l’opéra de Rome

lundi 15 juillet 2013
Le 12 mars 2011, en présence de Silvio Berlusconi, l’Opéra de Rome célébrait le 150ème anniversaire de la création de l’Italie avec le Nabucco de Verdi sous la direction de Riccardo Muti.
Ce soir là, exceptionnellement, le maestro accepta de bisser le fameux « Va pensiero » (choeur qui pour les Italiens a toujours eu une signification politique) après avoir fait la déclaration suivante et invité la salle à se joindre aux choristes :
« Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le « Va pensiero ». Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait ‘O mon pays, beau et perdu’, j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie serait vraiment « belle et perdue. » 
La vidéo est ici, en cliquant.

 

Quelqu'un m'a ditJean-François Copé et la « langue de bois »

lundi 1 juillet 2013

Jean-François Copé avait publié un ouvrage « Promis, j’arrête la langue de bois ! »… Sa critique (sur le point d’étape de l’Observatoire de la laïcité que je préside) typiquement langue de bois montre qu’il n’a visiblement pas lu le point d’étape sur les travaux de l’Observatoire.

Il mélange laïcité et intégration, laïcité et politique de la ville. Mais la laïcité ne peut pas tout résoudre.

Quelqu'un m'a dit« Sixty seconds of salary »

samedi 27 avril 2013

Impressionnant :

« Sixty seconds of salary »

Quelqu'un m'a ditL’islam en France

dimanche 7 octobre 2012

Cinq bonnes nouvelles, cinq paroles réconfortantes, sur fond d’inquiétude, d’exaspération et de récupération dans une société française « mal dans sa peau ».

1) À la suite du film L’innocence des musulmans et des caricatures de Charlie Hebdo, le Conseil français du culte musulman a eu la sagesse de demander aux fidèles de ne pas manifester. Dans ce contexte, Marwan Muhammad, porte-parole du collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a estimé qu’il fallait distinguer « la lutte contre l’islamophobie, qui concerne les atteintes contre les personnes ou les institutions » et le « combat contre le blasphème » qui lui paraît « inopérant ».

2) Dans son excellent discours à l’occasion de l’inauguration de la grande mosquée de Strasbourg, Manuel Valls a salué « l’attachement aux valeurs de la République » dont a fait preuve l’islam de France. 

3) Dans un article du Monde (29 septembre), Dominique Eddé, écrivaine libanaise, a fait remarquer le « remplacement, désormais naturel,entériné par un nombre impressionnant de médias, du singulier par le pluriel. Deux américains = les américains. Trois coptes = les coptes. Des musulmans = les musulmans. Des juifs = les juifs ».

4) Dans un article publié par L’Express (26 septembre), l’imam de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, explique, dans un article très profond, que chez « beaucoup de musulmans, pour ne pas dire la plupart, la confusion règne entre l’ordre spirituel et l’ordre culturel identitaire. D’où une nécessaire et urgente sécularisation, dans le sens d’une distinction claire entre ces deux ordres ».

5) Comme relevé par Maurice Szafran dans Marianne de cette semaine, deux mères musulmanes, celle d’Imad, soldat de l’armée française assassiné par Mohamed Merah et celle de Kevin, étudiant en management, tué par les barbares d’Echirolles ont su parler de la France et de la République en des termes bouleversants.

Mais presque tout reste à faire pour que vive en ces temps troublés, la laïcité, bien précieux du vivre-ensemble.