Archive pour août 2008

Quelqu'un m'a ditJO, clap de fin

jeudi 28 août 2008

En 2001, la Chine avait pris des engagements sur la liberté d’expression pendant les Jeux Olympiques. Militants, avocats et défenseurs des droits civiques ont été assignés à résidence ou priés de quitter Pékin.

Suivant une formule très chinoise, trois parcs avaient été désignés comme "espace de protestation". Bien entendu, il fallait suivre une procédure compliquée pour obtenir l’autorisation de manifester.

Savez-vous combien de manifestations en définitive ont eu lieu ?

Zéro.

Vu de Haute ProvenceVu d’en haut

jeudi 28 août 2008

      

Comme à chaque fin d’été, nous sommes allés en montagne de Lure, au-dessus du Contadour, d’où l’on voit à la fois le Mont Ventoux, les sommets des Hautes Alpes, du Haut Vercors, et la montagne Saint Victoire. L’espace est jalonné de magnifiques bergeries en pierres sèches. Depuis deux ans, quelques troupeaux de moutons remontent en estive sur cette montagne si chère à Jean Giono.

Nous avons regardé les derniers rayons de soleil éclairer le paysage d’une lumière unique, en dégustant une farigoule (*), puis nous sommes redescendus dans la nuit.

"Comme les hommes, les pays ont une noblesse que l’on ne peut connaître que par l’approche et la fréquentation amicale. Et il n’y a pas de plus puissant outil d’approche et de fréquentation que la marche à pied" (Jean Giono).

(*) C’est une liqueur de thym. Dans le Sud de la France, le thym est fréquemment appelé "farigoule".

Croire à l'EuropeRussie : l’épreuve de force

mercredi 27 août 2008

Je l’avais dis dans un précédent billet (ici), d’une certaine manière, la crise avec la Géorgie est l’affrontement de deux "impérialismes", le russe et l’américain.

Le tournant majeur, c’est qu’aujourd’hui, la Russie n’a peur de personne, ni du sabre de bois des Européens divisés, ni des menaces des États-Unis. Pour ceux qui en douteraient, cette crise montre que la politique internationale demeure avant tout un rapport de forces entre intérêts nationaux, où les beaux principes et les pieuses déclarations ne sont que pure posture.

Je ne dis pas qu’il faut s’y résigner. Au contraire, c’est sur les principes que devrait se distinguer une politique étrangère de gauche. Mais sans se faire d’illusions. Sans se raconter d’histoire.

Il est vrai que la reconnaissance du Kosovo a servi aux Russes de précédent et de prétexte pour la reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. La "brillante" médiation de Nicolas Sarkozy, que j’ai eu tort de saluer, se révèle être en fait une capitulation aux conditions russes.

Que faut-il faire ?

Sûrement pas la guerre ni les prémices de la guerre. D’autant que s’il y avait un référendum, les populations de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie choisiraient sans nul doute l’indépendance ou le rattachement à la Russie.

Discutons entre Européens des moyens de pression dont nous disposons vis-à-vis de la Russie. Une fois identifiée une politique commune, disons ensemble à la Russie que nous comprenons ses intérêts mais que la paix du monde ne peut être garantie que par la négociation et non par la force.

Vu de Haute ProvenceL’Ubaye et l’Afghanistan

mercredi 27 août 2008

Nous avions hier, à la suite de la fermeture des bases de Barcelonnette et de Jausiers, la visite du secrétaire d’État à l’aménagement du territoire, Hubert Falco. Il est venu avec, dit-il, une méthode et pas de promesse si ce n’est deux millions d’euros, somme dérisoire par rapport aux pertes subies et aux investissements nécessaires pour redynamiser cette petite vallée de 7 000 habitants.

À cette occasion, j’ai appris que les soldats français en Afghanistan s’étaient entraînés à Jausiers. C’était étrange et triste de penser sous un soleil resplendissant à ces jeunes gens morts là-bas.

Quel paradoxe de supprimer ces centres en montagne au moment où le gouvernement veut renforcer sa présence militaire en Afghanistan.

Voir ici le lien vers l’association Solidarités qui agit en Afghanistan

Il n'y a pas que la politique!Nicolas de Staël

mardi 26 août 2008

Je suis retombé sur le catalogue de l’exposition Nicolas de Staël un automne, un hiver, exposition qui s’est tenue en 2005 au Musée Picasso d’Antibes.

Du plus loin qu’il me souvienne, j’ai toujours été fasciné par Nicolas de Staël. Son visage, si fort et torturé. Sa peinture, bien sûr, qui me parle plus qu’aucune autre, simple et pourtant le fruit d’une quête éprouvante.

"Le contact avec la toile je le perds à chaque instant et le retrouve et le perds". Cet automne et cet hiver 1954-1955 où il est seul à Antibes, jusqu’à son suicide le 16 mars 1955 : "Je sais que ma solitude est inhumaine. Je ne vois pas la manière d’en sortir, mais je vois les moyens de progresser sérieusement".

Il est allé "plus près qu’il n’est permis de l’inconnu et de l’empire des étoiles", René Char.

Quelqu'un m'a ditBarack Obama choisit Joe Biden comme colistier

dimanche 24 août 2008

Hier, nous avons appris que Joseph Biden avait été choisi par Barack Obama pour figurer sur le ticket démocrate aux élections présidentielles américaine de novembre.

Joe Biden est sans doute un bon candidat démocrate à la vice-présidence. J’ai eu l’occasion de le rencontrer voici quelques années aux États-Unis lors d’une mission de l’Assemblée Nationale. Cet ancien candidat aux primaires démocrates, qui préside depuis 2007 le Comité des affaires étrangères du Sénat, est un sénateur (constamment réélu depuis 1972 !) respecté et spécialiste des affaires internationales. J’ai pu constater qu’il s’intéressait vraiment à la France et à l’Europe, ce qui n’est pas toujours répandu chez les parlementaires américains !

Au départ partisan de la guerre en Irak, il n’en est pas moins devenu l’un des plus virulents opposant à la gestion de l’après-guerre. Déjà critique de ce qu’il considère comme la vision "unilatérale" de l’administration Bush, il a été très en pointe dans la dénonciation de la "guerre au terrorisme" telle que conçue et gérée par l’équipe de l’actuel président américain.

Ce choix de Barack Obama est une manière de réunifier son camp avec une personnalité très respectée dans l’appareil de son parti, mais aussi une manière de contrecarrer les critiques de son adversaire républicain, John McCain, selon lesquelles il serait "inexpérimenté" en matière de sécurité nationale et de politique internationale.

Cela dit, il est lui aussi capable de gaffes, puisqu’il avait déclaré l’an dernier : "Barack Obama est le premier Afro-Américain consensuel qui s’exprime bien, qui soit brillant, propre et séduisant" !

Il n'y a pas que la politique!Télé-réalité …

dimanche 24 août 2008

Un grand bravo à Flavie Flament qui a gagné cette semaine sur la couverture de Paris Match le concours de tee-shirt mouillé …

 

 

 

Socialiste!Le berger, le lait, le tracteur

vendredi 22 août 2008

Comme chacun sait, le prix du lait a doublé depuis dix-huit mois. Mais où est-il produit ? Un peu partout dans le monde, y compris au Sahel.

Aujourd’hui, le berger peul du Sahel produit probablement le lait le plus cher du monde et il est le plus pauvre. Pourquoi ? Parce qu’il obtient de sa vache un litre de lait par jour, là où le fermier néerlandais en obtient 35. Le berger peul pourrait multiplier sa productivité par 10 et devenir 10 fois plus riche. Pour cela, il faudrait des trayeuses électriques, une chaîne du froid, de l’électricité pour puiser l’eau, des efforts en nutrition et des soins vétérinaires.

"La principale différence entre une vache sahélienne et une vache néerlandaise, c’est leur consommation d’énergie", disait  aux récentes rencontres économiques d’Aix-en-Provence le banquier franco-béninois Lionel Zinsou, ancien collaborateur de Laurent Fabius.

Mais quelle conclusion en tirer du point de vue du développement durable ?

Quittons maintenant le Sahel pour le Rajasthan, en Inde. Avec la hausse du prix de l’essence, le tracteur devient un luxe pour les paysans pauvres. Mais ils ont redécouvert un moyen de transport, plus économique, qui peut transporter 250 kg de marchandises, avance à une vitesse moyenne de 30 km/h, ne tombe jamais en panne et, surtout, ne consomme pas d’essence. C’est le chameau !

"Le chameau est l’avenir du tracteur" selon un agriculteur du Rajasthan. C’est ce que rapporte en tout cas le correspondant à New Delhi du journal "Le Monde".

Et en Éthiopie, la cote des ânes et des boeufs s’envole.

De tout cela je ne prétends tirer aucune conclusion définitive, mais nous inciter une fois de plus à réfléchir sur la mondialisation et sur le bouleversement des données qui est en train de s’opérer avec une énergie fossile durablement chère, très chère …

Il n'y a pas que la politique!Il n’y a pas que la politique… il y a aussi le sport

vendredi 22 août 2008

Voici quelque temps sur Arte, un documentaire, les "grands duels du sport" : Hongrie-URSS, water-polo, J.O. de Melbourne.

Un mois plus tôt, les chars de l’Armée Rouge déferlaient sur Budapest et écrasaient l’insurrection hongroise. C’était il y a bien longtemps (Aujourd’hui, les Russes font seulement traîner leur retrait de Géorgie, dans une situation bien sûr complètement différente).

Mais revenons au water-polo. Ce 6 décembre 1956, un hongrois sort du bassin, le sang ruisselle le long de sa joue. Le lendemain, le cliché du visage tuméfié s’étale sur les journaux du monde entier, symbole du martyre hongrois. La Hongrie a quand même gagné le match. Il lui faudra encore plus de trente ans avant de gagner sa liberté.

Vu de Haute ProvenceLa fin de l’été

vendredi 22 août 2008

Au milieu de tous ces évènements graves, et alors que chacun s’agite pour la fameuse "rentrée politique", j’ai envie de vous faire partager le tournant de l’été en Haute Provence.

Chaque année, aux environs du 15 août, le temps change. La fraîcheur est de retour-enfin une fraîcheur toute relative si j’en juge par la carte de météo France. Le soir, on ressort les pulls, le vent se lève plus souvent, parfois même un peu de mistral. Des orages, violents et brefs, éclatent.

Dimanche dernier je me trouvais comme chaque année à la fête d’un petit village de mon canton, les Hautes-Duyes. C’était l’apéritif, et chacun prenait un billet de tombola en essayant de deviner le poids exact du jambon qu’on se passait de main en main. Le soleil s’était levé depuis une heure ou deux. En moins de deux minutes, un vent violent s’est levé, venant de l’autre côté de la montagne, le ciel est devenu tout noir, un énorme orage s’est déclenché, accompagné d’une averse de grêle. Heureusement il a été bref, et la paella a pu être servie sous les vieux chênes …

Dans les villages, les citadins commencent à partir. On fait le grand ménage et on prend de bonnes résolutions.

En fin d’après-midi, le long des chemins, nous cueillons les premières mûres …