Archive pour janvier 2009

Socialiste!Plan de de relance et nouveau modèle de développement

samedi 31 janvier 2009

Il fallait un contre-plan de relance du Parti Socialiste. Alors que nous subissons une crise sans précédent, il aurait été anormal que la première force d’opposition de notre pays ne propose rien. Ce contre-plan est équilibré, avec une place essentielle accordée à la consommation et au pouvoir d’achat. Cependant, il arrive tard et doit être complété par un travail plus innovant sur la politique économique incluant un nouveau modèle de développement.

Dès l’automne 2008, notre motion "L’Espoir à Gauche, Fier(e)s d’être Socialistes" proposait de nombreuses pistes. Nous y dénoncions le culte de l’argent roi qui malmène nos principes démocratiques, dessine un nouvel ordre mondial, synonyme de naufrages sociaux, humains, écologiques. Notre système est donc à revoir profondément, tant dans notre rapport à la consommation que dans notre rapport à la croissance. Aujourd’hui, celle-ci ne prend pas en compte les dégâts du capitalisme sur l’environnement et sur le patrimoine écologique que nous transmettrons à nos enfants. Plus nous consommons d’énergie fossile et plus le PIB augmente. Il est donc indispensable de calculer autrement la richesse pour mieux évaluer les dommages ou les bénéfices de la production et pour agir correctement.

Bien sûr, les règles de la finance au niveau international doivent changer. Le contre-plan en parle et reprend de nombreuses propositions déjà exposées à travers les motions du congrès de Reims, dont la notre : entrée de l’État dans les banques re-capitalisées, réglementation des fonds spéculatifs, contrôle démocratique des institutions financières, fin des abus bancaires, lutte contre les paradis fiscaux, etc.

Et s’il nous faut proposer des actions immédiates pour lutter contre la vie chère (comme certaines, très concrètes, exposées dans le contre-plan du PS), cela ne peut suffire et doit s’accompagner de mesures à long terme ambitieuses.

En premier lieu, nous devons nous engager dans l’après pétrole et allier dans le futur, sobriété, efficacité et substitution énergétique. L’écologie n’est pas une contrainte négative. L’enjeu écologique devient aussi aujourd’hui un enjeu économique majeur, il représente un levier de développement que nous devons saisir. Anticiper la production d’énergies nouvelles, faire muter l’industrie vers les cleantechs, investir en R&D, sont autant d’opportunités d’innovations et d’emplois. Le politique ne doit pas être à la traîne, mais impulser et accompagner ce mouvement.

Par ailleurs, nous devons réconcilier l’économie de marché avec les principes de solidarité et les règles de la démocratie. Il en est ainsi, par exemple, de l’économie sociale et solidaire que nous devons favoriser, en particulier les reprises d’entreprises en Sociétés coopératives de production (SCOP).

La France doit aussi passer d’une économie d’imitation qui perd des emplois à une économie d’innovation qui crée de la richesse. Cela suppose un investissement massif dans l’enseignement supérieur et la recherche alors qu’est consacré aujourd’hui un montant inférieur de 25% à la moyenne des pays de l’OCDE. La mise en place d’un dialogue social efficace, capable de prévenir ou de résoudre les conflits au travail, est essentiel pour garantir un cadre de travail de qualité et une meilleur performance de nos entreprises. Cela suppose notamment de réformer la composition des conseils d’administration des entreprises avec une représentation des salariés à hauteur de 30%.

Cela peut paraît plus secondaire, mais il est fondamental de développer de nouveaux modèles de développement de nos territoires. Nous devons densifier les villes en luttant contre l’étalement urbain pour rationaliser nos déplacements et permettre aux populations d’avoir accès à leurs emplois, aux services essentiels sans devoir systématiquement utiliser de véhicules motorisés.

L’Europe est un enjeu majeur. C’est le cadre qui permet la régulation de l’économie mondiale. L’Union européenne doit prouver à tous qu’elle peut changer positivement la vie de ses citoyens. En ces périodes difficiles, nous devons créer les infrastructures transeuropéennes dont nous avons tant besoin, en matière de numérique, d’énergie ou de recherche, en profitant du niveau élevé de l’euro pour constituer un fonds d’investissement européen. La création d’un nouveau pacte européen initié par un premier groupe de pays volontaires relancerait une politique industrielle offensive soutenue par une politique monétaire favorable ; un plan d’investissement et de croissance européen fondé sur l’emprunt ; une politique énergétique capable d’assurer la sécurité, l’indépendance et la diversité énergétique de l’Union ; un vrai pas en direction d’un gouvernement économique européen. C’est cela la nouvelle frontière de l’Union européenne : une coopération renforcée fondée non sur quelques actions ponctuelles ou une coalition aléatoire, mais sur un authentique projet politique capable de proposer un ordre économique mondial alternatif.

Dans cette ordre aujourd’hui largement sauvage, nous ne devons pas sous-estimer les effets néfastes du protectionnisme monétaire. Dangers bien plus réels que ceux découlant de mesures de protections "douanières" qui pourraient protéger du dumping social en étant pragmatiques, modérés, adaptés et ciblés à certains produits venant d’États ne respectant pas des règles sociales et environnementales basiques. Les dévaluations monétaires constituent en revanche les principales distorsions. L’effet des fluctuations des grandes monnaies est considérable et peut très clairement amoindrir l’effet des plans de relance, surtout lorsqu’il s’agit d’aides directes à des intérêts particuliers (comme c’est le cas pour la France) et non d’une action globale sur la demande. Aujourd’hui, l’OMC n’a pas les moyens de sanctionner les manipulations de change. Si l’OMC interdit et punit le protectionnisme douanier, elle ne peut rien faire contre le protectionnisme monétaire. Et depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, le FMI n’a plus son mot à dire sur le régime et les manipulations de change de certains pays. L’Union européenne, avec les États-Unis et le Japon, doit donc se saisir rapidement de cette problématique.

Un dernier point ne doit pas être occulté : les budgets sociaux en ces temps de crise. Récemment, la directrice de l’OMS -Margaret Chan- craignait l’aggravation du phénomène de paupérisation dû à la baisses des dépenses liées aux soins de santé. Le Dr Chan exhortait ainsi les États à "mettre en place d’urgence de meilleurs systèmes de sécurité sociale pour protéger les plus vulnérables, dans les pays riches comme dans les pays pauvres". La crise ne doit pas servir de prétexte à la mise en œuvre de mesures d’austérité au détriment des dépenses sociales et de nos services publics, qui sont un élément de stabilisation.

Socialiste!Des décisions autoritaires et capricieuses

vendredi 30 janvier 2009

Jean Charbonniaud, préfet de la Manche, a été muté mercredi, suite à la visite houleuse, il y a deux semaines, de Nicolas Sarkozy à Saint-Lô. Hier c’était au tour du directeur de la police de la Manche d’être muté.

Le chef de l’État avait été chahuté par des manifestants qui souhaitaient exprimer leur mécontentement lors de cette présentation des vœux au personnel enseignant. Ces sanctions de la présidence de la République confirment la dérive de ses pratiques, après le limogeage du responsable de la sécurité publique en corse pour avoir fait le choix de gérer pacifiquement une manifestation dans la villa de Christian Clavier.

Ces décisions sont autoritaires et capricieuses. L’ensemble des élus de la Manche les a dénoncé, tant elles ont vocation à exercer une pression sur les hauts fonctionnaires à qui l’on demande de devenir de simples agents serviteurs non plus de l’État, mais du pouvoir présidentiel.

Le président UMP de l’assemblée départementale, Jean-François Legrand, a ainsi qualifié cette décision de ‘parfaitement lamentable’ et de ‘pratique d’un autre temps’.

Désormais, les préfets et les directeurs de la sécurité publique savent qu’avant tout déplacement de Nicolas Sarkozy, il est de rigueur de boucler entièrement un centre-ville quitte à sanctionner toute une population, comme cela a été fait à Nîmes lors de sa présentation des vœux au monde de la culture.

Vu de Haute ProvenceA Digne-les-Bains, comme partout en France, la mobilisation est considérable

jeudi 29 janvier 2009

Jean-Louis Bianco – Manifestation à Digne
 

Quelqu'un m'a ditMaurice Allais et la crise

mercredi 28 janvier 2009

J’ai eu comme professeur d’économie à l’École des Mines, Maurice Allais, prix Nobel d’économie.

Il se proclamait curieusement "libéral socialiste". C’était un pédagogue extraordinaire. Bien avant beaucoup d’autres, il avait, en termes simples, répété dans de nombreux article une critique argumentée du libre-échangisme naïf. Dans Le Monde, Pierre-Antoine Delhommais rappelle ce qu’il avait publié dans Le Figaro, en octobre 1998, en pleine crise asiatique :

"De profondes similitudes apparaissent entre la crise mondiale d’aujourd’hui et la Grande Dépression de 1929-1934 : la création et la destruction de moyens de paiement par le système du crédit, le financement d’investissements à long terme avec des fonds empruntés à court terme, le développement d’un endettement gigantesque, une spéculation massive sur les actions et les monnaies, un système financier et monétaire fondamentalement instable (…).

Ce qui est éminemment dangereux, c’est l’amplification des déséquilibres par le mécanisme du crédit et l’instabilité du système financier et monétaire tout entier, sur le double plan national et international, qu’il suscite. Cette instabilité a été considérablement aggravée par la totale libération des mouvements de capitaux dans la plus grande partie du monde.

(…) Depuis 1974, une spéculation massive s’est développée à l’échelle mondiale. A New York, et depuis 1983, se sont développés à un rythme exponentiel de gigantesques marchés sur les "stock-index futures", les "stock-index options", les "options on stock-index futures", puis les "hedge funds" et tous "les produits dérivés" présentés comme des panacées (…).

Qu’il s’agisse de la spéculation sur les monnaies ou de la spéculation sur les actions, ou de la spéculation sur les produits dérivés, le monde est devenu un vaste casino où les tables de jeu sont réparties sur toutes les longitudes et toutes les latitudes. Le jeu et les enchères, auxquelles participent des millions de joueurs, ne s’arrêtent jamais. Aux cotations américaines se succèdent les cotations à Tokyo et à Hongkong, puis à Londres, Francfort et Paris. Sur toutes les places, cette spéculation, frénétique et fébrile, est permise, alimentée et amplifiée par le crédit. Jamais dans le passé elle n’avait atteint une telle ampleur (…).

L’économie mondiale tout entière repose aujourd’hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile. Jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s’était constatée. Jamais sans doute il n’est devenu plus difficile d’y faire face. Jamais sans doute une telle instabilité potentielle n’était apparue avec une telle menace d’un effondrement général."

Il faut parfois écouter le prix Nobel ! (Amyarta Sen et Stiglitz aussi !).

Les débats du blogLe protectionnisme monétaire et ses dangers bien plus réels que ceux du protectionnisme douanier

mardi 27 janvier 2009

Voici une intéressante analyse de Nicolas Cadène que je vous invite à lire et à commenter :

"Barack Obama a demandé à la Chine d’arrêter de manipuler sa monnaie, le yuan. Cette demande est justifiée mais risquée. Revenons sur son origine.

Les marchés étaient bien trop habitués à voir le yuan s’apprécier face au dollar. Depuis trois ans en effet, la monnaie chinoise n’avait cessé de remonter contre le billet vert, affichant une réévaluation de 16%.
Aussi, lorsque, du 27 novembre au 5 décembre, le yuan s’est déprécié face au dollar, la consternation fut totale sur le marché des changes.

Nous savons que la parité du yuan est arbitrairement déterminée à partir d’un panier de plusieurs devises, dont la principale est le dollar. Dernièrement, la devise américaine a largement profité de son statut de monnaie de référence : elle redevient un refuge face à la crise. De manière parfaitement mécanique, le dollar s’est évalué par rapport à la plupart des autres devises, dont le yuan.

Les Américains n’ayant plus assez d’argent pour consommer et les Chinois (qui ne se concentre pas sur sa demande intérieure) n’ayant plus assez d’acheteurs pour vendre leur production, il est clair que le yuan est dévalué par rapport au dollar pour doper le commerce extérieur chinois. Cela affaiblit donc la balance commerciale américaine.

…Et tout cela n’est que la conséquence d’un commerce mondial qui se contracte.

Aujourd’hui, alors qu’il est toujours de bon ton de critiquer vertement le protectionnisme (douanier) même lorsqu’il est vu dans une approche pragmatique, modéré, adapté et ciblé à certains produits venant de certains États ne respectant pas certaines règles (il ne s’agit donc pas de faire du protectionnisme au sens primaire du terme), on oublie les dangers bien plus réels du protectionnisme monétaire.

Les dévaluations monétaires constituent en effet une des principales distorsions. L’effet des fluctuations des grandes monnaies est considérable et peut très clairement amoindrir l’effet des plans de relance, surtout lorsqu’il s’agit d’aides directes à des intérêts particuliers (comme c’est le cas pour la France) et non d’une action globale sur la demande.

Comme le rappelle Antoine Brunet dans Le Monde, le coût du travail est 80 fois moins élevé en Chine qu’en Europe, contre 30 fois pour l’Inde, alors que leur situation est comparable, ce qui donne une idée du rôle du taux de change.

Aujourd’hui, l’OMC n’a pas les moyens de sanctionner les manipulations de change. Si l’OMC interdit et punit le protectionnisme douanier, elle ne peut rien faire contre le protectionnisme monétaire. Et depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, le FMI n’a plus son mot à dire sur le régime et les manipulations de change de certains pays.
C’est pourquoi l’administration Obama, touchée par la dévaluation du yuan, a décidé de réagir.

Mais, cette réaction, bien que parfaitement compréhensible, comporte de sérieux risques. Le premier est d’affaiblir un peu plus encore une économie chinoise dont le ralentissement semble prendre des proportions inquiétantes. Le PIB n’a progressé que de 6,8%, sur un an, au quatrième trimestre 2008, ce qui, à l’échelle de la Chine, prend presque des allures de récession, avec la menace d’une explosion sociale dans le pays.
Or, la banque centrale de Chine est devenue depuis l’automne, devant le Japon, le premier détenteur de bons du Trésor américains, avec un stock aujourd’hui supérieur à 700 milliards de dollars (545 milliards d’euros). A force de trop les irriter sur les taux de change, les Chinois pourraient finir par riposter en décidant de boycotter les prochaines adjudications du Trésor américain. Il s’ensuivrait une envolée des taux d’intérêt à long terme américain, dont l’effet serait d’aggraver la récession aux Etats-Unis.

Comme le rappelle encore Le Monde de dimanche, ce n’est pas seulement un conflit monétaire bilatéral sino-américain qu’il faut redouter, mais bien une guerre des changes mondiale.
La banque centrale russe (BCR) a annoncé jeudi une dévaluation de 10% du rouble qui a déjà perdu près du quart de sa valeur en deux mois. Elle a promis qu’il s’agirait de l’ultime réajustement…
La livre sterling, enfin, est tombée vendredi à son plus bas niveau depuis vingt-quatre ans face au dollar, touchant 1,3503 dollar, après l’annonce d’une contraction de 1,5 % du PIB au quatrième trimestre. Sans doute l’affaiblissement de la livre est-il de nature à stimuler les exportations britanniques, et donc, dans cette mesure, constitue-t-il plutôt une bonne nouvelle pour le gouvernement de Gordon Brown, qui en manque cruellement en ce moment. Mais le risque existe d’une perte de contrôle totale de la situation et d’un effondrement du sterling, qui poserait des problèmes de financement de la dette publique difficiles à surmonter.

Nicolas Cadène"

Quelqu'un m'a ditLe Royaume-Uni, c’est la City

mardi 27 janvier 2009

La City, c’est à dire les services financiers à Londres, avec ses jeunes traders, fait travailler 300.000 personnes. Ces 300.000 personnes produisent 15% du PIB britannique, 25% si l’on ajoute l’immobilier. La City acquitte 50% de l’impôt sur les sociétés et 40% de l’impôt sur les revenus. Elle a déjà perdu, depuis le début de la crise, 60.000 personnes. La force du Royaume-Uni est en train de devenir sa faiblesse.

Il n'y a pas que la politique!Décidément, vive Benoît XVI ! …

mardi 27 janvier 2009

Le Pape vient d’annuler l’excommunication, prononcée par Jean-Paul II, de quatre évêques ingégristes. L’un des évêques réintégrés Richard Williamson, a déclaré dans un entretien diffusé cette semaine par la télévision suédoise : "Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz… Je pense que 200 000 à 300 000 juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz".

Mgr Vingt-Trois, l’archevêque de Paris, a déclaré à la suite de la décision du Pape : "Moi aussi, j’ai une arête en travers de la gorge". Seulement une arête, Monseigneur ?

Quelqu'un m'a ditUn vilain lapsus…

lundi 26 janvier 2009

Comme le rappelle Libération, invité hier du grand jury RTL, Éric Besson a affirmé : "la France a été et est toujours une terre d’immigration. C’est vrai des temps anciens, tout le monde le sait, des grandes invasions. C’est vrai du XIXème et du XXème siècle, avec les Italiens, les Polonais, d’autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu à la fois une invasion… euh, une immigration de provenance d’Afrique et du Maghreb"… avant de se reprendre : "non pas une invasion, qu’il n’y ait pas de lapsus sur le sujet"

Quelqu'un m'a ditDéjà, en 1802

lundi 26 janvier 2009

I believe that banking institutions are  more  dangerous to our liberties than standing armies. If the American people ever allow private banks to control the issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and corporations that will grow up around the banks will deprive the people of all property until their children wake-up homeless on the continent their fathers conquered.’

"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour aux banques privées de contrôler leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis".

(Thomas Jefferson, Lettre au Secrétaire du trésor, 1802)

Quelqu'un m'a ditLes budgets sociaux seront-ils sacrifiés au prétexte de la crise ?

lundi 26 janvier 2009

Dernièrement, j’ai lu que l’OMS redoutait que la crise actuelle ne conduise à la réduction des investissements budgétaires en faveur des secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation.

Comme cela est aussi arrivé dans le passé, l’OMS craint également que la crise ne provoque "une montée de l’anxiété et des maladies mentales, et une augmentation de la consommation de tabac, d’alcool et d’autres substances nuisibles".

Aussi, la directrice de l’OMS -Margaret Chan- prévoit l’aggravation du phénomène de paupérisation dû aux dépenses liées aux soins de santé. Le Dr Chan exhorte ainsi les États à "mettre en place d’urgence de meilleurs systèmes de sécurité sociale pour protéger les plus vulnérables, dans les pays riches comme dans les pays pauvres".

L’OMS rappelle que des systèmes de santé robustes sont essentiels pour maintenir la capacité de surveillance et d’action face aux menaces de pandémie. Les investissements insuffisants consentis en faveur des systèmes de santé dans les années 1980 expliquent, selon elle, pourquoi les pays d’Afrique ont été si mal préparés pour faire face à la pandémie de VIH/sida au cours de la décennie suivante.

Mme Chan craint particulièrement la saturation des infrastructures publiques de santé, les patients ayant tendance à se détourner du secteur privé de la santé pour recourir davantage aux services publics, déjà largement débordés et insuffisamment financés dans beaucoup de pays.

Pour sa part, le représentant de la Banque mondiale auprès de l’ONU, Richard Newfarmer, prévoit que les mesures d’austérité mises en œuvre, d’ici 2011, par les gouvernements ne creusent les déficits budgétaires au détriment des dépenses sociales. Pour freiner cette tendance, il juge "très important" le "maintien de l’aide consacrée par les pays industrialisés au pays en développement".