Archive pour septembre 2009

Quelqu'un m'a dit“Le cadre de la finance internationale doit être radicalement refondu”

mercredi 30 septembre 2009

De plus en plus concentré, le système bancaire qui émerge de la crise est encore plus dangereux que le précédent, estime Frédéric Lordon, économiste pas comme les autres, qui expliquait pourquoi il ne fallait rien attendre du G20 de Pittsburgh.

Pour lui, l’unique solution passe par une refonte totale de tout le cadre de la finance internationale. Il passe ensuite en revue les mesures prises par les gouvernements pour lutter contre la crise, propose ses solutions et avoue espérer une… crise politique majeure, seule susceptible de réformer le système en profondeur.

Extraits :

"On a créé des mastodontes de la finance encore plus ‘déspécialisés’ qu’auparavant, véritables foyers de risque systémique ambulants"

"Il faut ramener les banques à des choses rudimentaires – des produits d’épargne simples – et peu rémunératrices"

"Qu’on garde les plus maladroits des traders, au moins on devra ne leur confier que des choses assez simples"

"Il y a des paires de claques qui se perdent"

"Aux Etats-Unis, il aurait fallu subventionner les ménages pour leur permettre de repayer leur dette immobilière"

"Le grand emprunt national? C’est de la pure communication plébiscitaire"

"Je nous vois nous installer dans une période longue de croissance molle et de chômage durablement élevé"

"La faillite des médiateurs politiques, médiatiques, syndicaux est totale. Les salariés sont abandonnés sans aucune perspective d’ensemble"

L’article complet, c’est ici et .

Socialiste!Chat avec L’Internaute

mardi 29 septembre 2009

Hier, j’ai eu l’occasion de participer à un chat particulièrement intéressant avec le site d’actualités "L’Internaute".

En voici les grandes lignes :

Taxe carbone : "Trop faible pour être incitative" Voir

Paradis fiscaux : "Une gigantesque entourloupe" Voir

Ségolène Royal : "Fidèle mais autonome" Voir

Non-cumul : "Je me l’appliquerai à moi-même" Voir

Usine Arkéma : "Nous demandons à Estrosi de venir" Voir

Désirs d’avenir : "Bientôt un nouveau site web" Voir

La Poste : "Vers la privatisation de La Poste" Voir

Taxe professionnelle : "Personne n’a été consulté" Voir

Primaires PS : "On pourra donner un euro et voter" Voir

Sans-papiers : "Il faut rouvrir Sangatte" Voir

Quelqu'un m'a ditVive la démocratie participative mondiale!

lundi 28 septembre 2009

Si cela ne résout pas tous les problèmes, cela reste une démarche intéressante et positive. Je vous invite à lire cet article du Monde sur une première mondiale : le samedi 26 septembre, s’est tenu dans trente-huit pays un Forum des citoyens sur le changement climatique.

C’est ici.

"Il y a une déconnexion croissante entre le processus politique de décision et les gens que cela concerne, explique Lars Kluver, directeur du Teknologiradet. Cela devient un problème démocratique réel, mais aussi pratique : si les gens ne s’approprient pas les décisions, celles-ci n’auront pas d’effet."

Les résultats sont présentés sur le site www.wwviews.org.

Quelqu'un m'a ditClearstream: la piste ignorée des liens Sarkozy-Lahoud (Mediapart)

dimanche 27 septembre 2009

Un intéressant article de Mediapart nous rappelle les liens "oubliés" entre Nicolas Sarkozy et Imad Lahoud.  

"Imad Lahoud, soupçonné d’avoir falsifié les listings Clearstream, n’est peut-être pas le jouet entre les mains de Dominique de Villepin qu’il prétend être. De nouveaux éléments, issus de la procédure mais ignorés par les deux juges d’instruction, évoquent au contraire la grande proximité d’Imad Lahoud avec… des proches de Nicolas Sarkozy. D’après un rapport de la DGSE, M. Lahoud a assuré avoir été en contact avec Emmanuelle Mignon, collaboratrice de longue date du chef de l’Etat -ce que cette dernière dément. Par ailleurs, le témoignage de l’épouse du mathématicien, resté confidentiel jusqu’ici, fait apparaître que cette dernière a travaillé pour M. Sarkozy, alors ministre des finances, fin 2004. Et Mme Lahoud de livrer une anecdote troublante: au printemps 2005, le secrétaire d’Etat Eric Woerth, dont elle dirigeait le cabinet, lui aurait dit que «Nicolas Sarkozy n’en voulait pas du tout» à son mari."

C’est ici

Socialiste!Nicolas Sarkozy et le G20 : « Paroles, paroles… »

samedi 26 septembre 2009

La plupart des médias nous parle d’un G20 réussi et, reprenant les mots du président français, déclarent fièrement qu’"un ordre nouveau apparaît"… Rien que ça!

Mais quels seraient les signes d’une telle "révolution mondiale"? Lorsque l’on reprend les propositions retenues par les 20 pays les plus industrialisés, on ne voit pas poindre le moindre espoir.

"Chaque pays doit faire en sorte que l’emploi se reconstitue rapidement" : quelle contrainte sociale? "Maintenir les mesures de soutien à l’activité économique jusqu’à ce que la reprise soit assurée" : quelle méthode? "Application de sanctions à partir de mars 2010 à l’encontre des paradis fiscaux qui refusent d’échanger des informations sur les comptes litigieux de contribuables étrangers" : quelle crédibilité quand nous apprenons dans le même temps que la Suisse vient de sortir de la liste établie par l’OCDE? "Augmentation du capital des banques pour les prémunir en cas de pertes importantes" : quelle garantie sur la modification des comportements bancaires alors que certains États comme la France refusent d’entrer dans les conseils d’administration et ne légifèrent nullement sur les abus bancaires? "Augmentation du pouvoir des superviseurs nationaux" : pourquoi ne pas créer, comme beaucoup l’ont proposé, une organisation mondiale de la finance? 

Bref, comme on pouvait le craindre, ce G20 fut vain…

Mais si ni Barack Obama, ni Angela Merkel, ni Gordon Brown n’annoncent à leurs concitoyens un changement radical de l’ordre mondial, il n’en est pas de même concernant Nicolas Sarkozy qui ne cesse de laisser entendre qu’il serait le "leader mondial" d’un nouvel "ordre mondial juste" (expression de Ségolène Royal qu’il moquait largement en 2007).

Encore cette semaine, le chef de l’État s’est prêté à un exercice qu’il apprécie tout particulièrement : accorder une interview à David Pujadas et Laurence Ferrari. Adoptant une mine grave, il déclame, comme le rappelle si justement le blogueur "Sarkofrance" "une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques, sans contradiction ni relance de la part des deux journalistes". Nicolas Sarkozy ne cesse de détourner l’attention des Français et ainsi de parler "bonus" et "paradis fiscaux" plutôt que "chômage", "bouclier fiscal" et "relance". Mais il ne peut que s’empêtrer dans ses mensonges : contrairement à ses dires, il n’a pas convaincu l’Union européenne d’imposer un plafonnement des bonus bancaires ; et ni les paradis fiscaux ni le secret bancaire n’ont été supprimés. Tout cela, il le sait. D’ailleurs, lui-même ne cherche pas à changer l’ordre des choses : il sait pertinemment qu’il ne pourra rien modifier, mais surtout, ne le souhaite pas tant l’état actuel du monde convient à sa vision individualiste de la société. 

Il serait peut-être temps de rappeler à notre chef de l’État que la politique n’est pas affaire de communication mais d’actes concrets. Si ces interventions à la tribune onusienne furent de bonne tenue et marquées à gauche, elles sont d’une mauvais foi scandaleuse. Il est facile de parler comme Jean Jaurès ou Léon Blum, mais c’est une autre paire de manche lorsqu’il s’agit de concrétiser les belles paroles sur le terrain.

Sans doute habitués aux déclarations grandiloquentes et quelques peu hypocrites du président français, ses interventions à l’ONU ou au G20 n’ont pas eu l’écho escompté auprès de la presse étrangère.

Ce qui a pu en revanche retenir l’attention de certains journalistes étrangers, c’est la fête organisée par l’ambassade de France mardi soir pour Nicolas Sarkozy : 400 000 euros aux frais du contribuables pour quelques 4 000 invités. La morale, l’éthique et la rigueur ne sont décidément pas pour tout le monde…

En France, la réalité, dont les médias parlent si peu et que le président de la République occulte tant qu’il peut par des discours indécents (tant ils sont mensongers), est toute autre : 32 200 chômeurs en plus en août et 92% des Français qui considèrent que la précarité est en nette hausse…

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

PS : Merci au travail particulièrement exhaustif mené chaque semaine par le "blog politique de Sarkofrance".

Quelqu'un m'a ditIllustration de la mondialisation : les vannes chinoises dangereuses

vendredi 25 septembre 2009

"Après les canapés [mais aussi les chaussures irritantes et les jouets dangereux par exemples], voici des robinets industriels dangereux fabriqués en Asie pour une entreprise (…) Censées résister à -10º, elles ne tiendraient que jusqu’à 5º. Il y a donc un vrai danger de fuites dans les usines où elles ont été posées"…

La suite ici, dans La Provence.

Socialiste!Nicolas Sarkozy prononce les jugements avant la justice

jeudi 24 septembre 2009

Martine Aubry a eu raison de juger "très grave qu’un président de la République (…) puisse s’exprimer ainsi", réagissant à l’emploi du mot "coupables" par Nicolas Sarkozy à propos des prévenus du procès Clearstream, dans une intervention télévisée mercredi.

Il est en effet particulièrement choquant que le plus haut personnage de l’État, censé faire respecter la justice (en tant que président du Conseil supérieur de la magistrature), et lui-même la respecter, se permette ainsi de prononcer les jugements avant la justice.

Ce n’est pas la première fois que le président de la République pratique la "présomption de culpabilité" (voir par exemple l’affaire Colonna) …

Quelqu'un m'a ditIran : Il n’y a plus de moquerie

jeudi 24 septembre 2009

Vincent Peillon et François Hollande ont raison de rappeler le fait que Ségolène Royal avait été moquée à tort sur l’Iran lorsque durant la campagne présidentielle elle prônait plus de fermeté à l’égard du nucléaire iranien et alors que Nicolas Sarkozy refuse aujourd’hui tout "échange" pour le retour en France de Clotilde Reiss retenue en Iran, qualifiant de "chantage" la proposition du président Mahmoud Ahmadinejad.

Il a également maintenu son discours de fermeté sur le nucléaire iranien.

Moi-même, j’avais rappelé dans le rapport de la mission parlementaire sur l’Iran que je présidais l’importance de leur programme nucléaire et l’attitude ferme (mais sans empêcher le dialogue) à adopter.

Par ailleurs, notons une certaine radicalisation du régime avec aujourd’hui une "lutte contre les manequins dans les vitrines : c’est ici.

Quelqu'un m'a ditRésolution importante de l’ADF

jeudi 24 septembre 2009

Considérant l’importance du sujet qu’est celui de la compensation de la taxe professionnelle et la réorganisation territoriale, je vous livre ici des extraits de la résolution adoptée par l’Assemblée des Départements de France (ADF) hier :

"APA, PACH, RMI-RSA, depuis plus de dix ans, l’Etat transfère des dépenses correspondant à des droits individuels de solidarité nationale sur la fiscalité locale.
Aujourd’hui, au travers de la suppression de la taxe professionnelle, il fait à nouveau porter sur les ménages le financement des politiques territoriales.
La question principale n’est donc pas celle de l’évolution des structures territoriales, ni le devenir personnel des élus et de leurs responsabilités.
La question est d’abord celle des services publics de proximité, de la situation sociale des territoires, de la démocratie locale et du pouvoir d’achat de nos concitoyens.
(…)
Après en avoir débattu, les Présidents des Départements de France :
(…)
S’opposent aux dispositions prévues dans le cadre du projet de loi de finances 2010 parce que :
    * Il ne règle pas la question des dépenses de solidarité, ni pour le passé, ni pour l’avenir ;
    * Il met gravement à mal l’autonomie fiscale des collectivités départementales ;
    * Il transfère sur les ménages le poids du financement des politiques territoriales qui était assuré par les entreprises, le projet de réforme de la taxe professionnelle ne saurait se réduire à la simple satisfaction du MEDEF ;
Demandent que la réforme de la fiscalité locale permette :
    * la compensation à l’euro près des dépenses constatées pour les allocations nationales de solidarité : RSA, PCH, APA.
    * Le financement des politiques décentralisées décidées et maîtrisées par les collectivités par une fiscalité locale avec vote des taux par les collectivités, c’est-à-dire, respectant l’autonomie fiscale des départements.
    * L’instauration d’une véritable solidarité entre les départements riches et pauvres, destinée à assurer le respect des diversités territoriales.
(…)
Dans ce contexte, les départements de France menacent :
    * D’arrêter immédiatement le financement des compétences de l’Etat et les investissements décidés par lui-même qu’il fait supporter aux contribuables locaux ;
    * D’engager devant les juridictions compétentes le recouvrement des sommes dues par l’Etat pour soulager les collectivités locales des charges que le gouvernement leur transfère."

Socialiste!La mauvaise foi de Nicolas Sarkozy sur les paradis fiscaux

jeudi 24 septembre 2009

Nicolas Sarkozy nous la redit hier : "les paradis fiscaux, c’est fini".

Déclarer une telle affirmation alors même qu’absolument rien de sérieux n’a été entrepris par le gouvernement français relève de la performance d’acteur. D’autant que les exigences de l’OCDE pour rayer de ses listes (noires ou grises) certains territoires "non coopératifs" sont particulièrement faibles.

Il suffit en effet à ces États de signer des accords bilatéraux d’échanges d’informations en matière fiscale avec douze pays ou territoires pour être retirés des listes. Et pour autant, le secret bancaire intégral demeure à l’égard de tous les autres pays avec lesquels ils n’ont pas pris d’engagement… Surtout, accords bilatéraux ou pas, le dumping fiscal, qui est à l’origine de détournements de sommes considérables ainsi ôtées aux budgets publics, est toujours à l’œuvre.

Comme le rappelle la campagne « Stop paradis fiscaux » (http://www.stopparadisfiscaux.fr) qui regroupe des forces syndicales, des associations et des ONG, les exigences de l’OCDE deviennent finalement des occasions pour ces territoires de se blanchir vis-à-vis des opinions publiques. Ces exigences ont d’autant moins d’effets que le manque de moyens des administrations fiscales rend peu probable que les multinationales et les banques ayant recours à ces places financières puissent rendre des comptes.