Archive pour novembre 2009

Croire à l'EuropeVu de Haute ProvenceL’Europe des peuples

lundi 30 novembre 2009

À la fin de la semaine dernière, j’accueillais à Digne-les-Bains une grande réunion pour décider des projets européens de coopération transfrontalière. Les projets, à l’échelle locale, départementale, régionale ou interégionale, rassemblent, outre les départements, les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur de ce côté-ci des Alpes, et de l’autre côté des provinces (homologues des départements), le Val d’Aoste, la région Piémont et la région Ligouri.

À noter : le "mille-feuilles" territoriale dénoncé par Nicolas Sarkozy a parfaitement fonctionné, du côté italien comme du côté français. Ce qui ne fonctionne pas, ce qui coûte de l’argent ou du temps, ce sont les doublons exercés par l’État sur les collectivités locales et les avis contradictoires des administrations de l’État entre elles !

Parmi les principaux projets que le département des Alpes de Haute-Provence porte, avec la province de Cuneo et la région Piémont : l’édition des cartes géographiques transfrontalières pour le tourisme de pleine nature (randonnée, VTT, ski de fond, cheval, etc.) ; la réalisation, pour les écoles et collèges travaillant en visio-conférence entre la France et l’Italie, de guides du patrimoine naturel et architectural ; les échanges des bonnes pratiques dans les domaines du fret et du patrimoine (villages et cités de caractère) ; une route de l’art contemporain de Digne à Cuneo.

L’occasion pour moi de reparler italien (j’ai même dû faire l’interprète pour une partie de la conférence de presse), de retrouver des amis français et italiens, de partager un goût commun de la vie et une nature commune.

Comme le disait une responsable de la région Piémont : "Je me sens plus chez moi ici, à Digne, qu’à Rome".

Quelqu'un m'a ditVote suisse contre les minarets : quelles leçons ?

lundi 30 novembre 2009

Les Suisses ont donc voté le 29 novembre, contre toute attente, en faveur de l’interdiction de construire de nouveaux minarets (il en existe actuellement 4 dans la Confédération helvétique). Pourtant, si une mosquée peut évidemment se construire sans minaret, les musulmans suisses risquent de se sentir comme des étrangers, et voir leur fidélité à la patrie entamée.

Plusieurs raisons sont sans doute à l’origine d’un tel vote : la peur et les amalgames, un Conseil fédéral et des partis jugés trop peu présents durant la campagne, un vote de protestation et de méfiance (sans doute plus que de haine et de défiance) en temps de crise.

Rappelons simplement que devant la mosquée de Genève où se dresse un minaret, le canton a rejeté l’initiative. Sans doute parce que ses habitants ont confronté les folles allégations des initiants (les partis UDC et UDF) à la réalité du terrain. Les musulmans et les chrétiens cohabitent en réalité sans heurts.

Mais il serait absurde de stigmatiser les Suisses ou leur volonté de protéger leur singularité et leur prospérité. Un tel référendum dans d’autres pays européens aurait peut-être, malheureusement, donné des résultats à peu près semblables. Même si en Suisse le problème est tout relatif, les temps de chômage massif dans un monde globalisé sont des périodes de repli sur soi où l’étranger apparaît comme une menace.

La démocratie directe telle qu’elle se pratique en Suisse doit être accompagnée d’une implication politique permanente et d’un souci d’accompagnement de la part des responsables politiques élus. Sinon, elle perd tout son sens. En acceptant une telle initiative, le Conseil fédéral et le Parlement auraient du faire preuve de pédagogie et instaurer un débat sérieux et approfondi.

Quelle tristesse de voir la Suisse, qui a accueilli en son temps les persécutés protestants et qui professe la neutralité, sombrer par une de ses institutions les plus emblématiques dans le repli, le rejet et la stigmatisation de l’autre au seul motif de sa religion.

Les débats du blogIdentité: Pourquoi ils ont fait le choix de prendre la nationalité française

dimanche 29 novembre 2009

Je vous invite à lire d’intéressants témoignages parus dans Le Monde : c’est ici.

Socialiste!Travailleurs sans papiers : faire face à la réalité ou entretenir les peurs

dimanche 29 novembre 2009

Dans le cadre du débat sur les travailleurs sans-papiers, j’ai publié une tribune dans le journal Les Échos que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

J’y développe notamment les propositions suivantes :

– Que tout salarié sans titres de séjour, qui exerce un emploi déclaré et qui paie cotisations et impôts, se voit immédiatement attribuer une autorisation de séjour longue durée ;

– Que les salariés sans papiers qui ne sont pas déclarés par leur employeur mais qui peuvent prouver qu’ils exercent une activité continue depuis un certain temps, puissent déposer un dossier de régularisation, qui sera examiné sur la base de critères économiques et sociaux connus de tous, négociés avec des représentants syndicaux de salariés et d’employeurs, des associations nationales de soutien et des hautes personnalités morales ;

– Qu’un comité de suivi soit créé ;

– Que soit distingué le cas des entreprises qui salarient des sans-papiers par manque de main-d’oeuvre de celles qui exploitent leur précarité.

Quelqu'un m'a ditNicolas Sarkozy, un président partisan

samedi 28 novembre 2009

Nicolas Sarkozy est aujourd’hui au Conseil national de l’UMP pour lancer les Régionales. C’est une rupture de plus avec la tradition républicaine.

Jamais un de ses prédécesseurs ne s’est montré aussi partisan.

Après ça, comment peut-il se dire "le président de tous les Français" ? En refusant d’assumer la hauteur qui doit incomber à sa charge, il est surtout le président des 30% qui ont voté pour lui en 2007 et désormais le directeur de campagne de l’UMP pour les élections régionales. 

Quelqu'un m'a ditReprise: La méthode Coué

vendredi 27 novembre 2009

Jean-Paul Fitoussi (président de l’OFCE), Jean-Hervé Lorenzi (président du Cercle des économistes) et Dominique Strauss-Kahn (directeur général du FMI) nous l’ont rappelé : au moins 50% des actifs toxiques n’ont pas été éliminés des bilans opaques des banques…

Le 26 novembre dernier, au micro de France Inter, M. Fitoussi estimait que "nous n’étions pas sortis de l’auberge". "Les pouvoirs politiques ont été manipulés par les grandes banques" et "les conditionnabilités n’ont pas été suffisamment définies par le G20".

Il s’est ainsi longuement désolé de "la socialisation des pertes des banques et de la privatisation des profits (…) de l’absence de transparence des grandes banques", notant au passage que celles-ci continuaient d’engranger "des profits fictifs" (puisque distribués par les contribuables) et de verser d’importants bonus.

L’idée d’une sortie de crise est "au moins pour partie fausse", a rappelé Jean-Hervé Lorenzi. Il y a visiblement, comme s’est interrogé le journaliste Nicolas Demorand, "une intoxication volontaire de l’opinion publique".

Jean-Paul Fitoussi ajoutant même que "les gouvernements ont été manipulés par les grands lobbies du système financier".

Socialiste!« Faites ce que je dis, pas ce que je fais »

vendredi 27 novembre 2009

Mon camarade René Dosière le rappelle très justement dans un communiqué :

Alors que le gouvernement mène une politique drastique de réduction du nombre des fonctionnaires dans les administrations, l’analyse approfondie du document budgétaire consacré aux cabinets ministériels qu’a mené le député PS montre que les effectifs globaux des cabinets ont augmenté, eux, de 11,1% en 2009…

S’agissant des rémunérations, l’augmentation atteint la progression vertigineuse de 56,8% (38,6 millions d’euros contre 24,6 millions en 2008).

En outre, les indemnités de sujétions particulières (autrement dit les primes de cabinet) augmentent de 20,6% (31,7 millions en 2009 contre 26,2 millions en 2008).

Ces augmentations démesurées sont évidemment incompréhensibles dans la période de crise qui frappe durement les Français.

Pendant qu’il réduit les moyens humains et matériels de ses administrations, le gouvernement ne cesse d’augmenter son train de vie : les emplois d’intendance (cuisiniers, hôtellerie) augmentent de 17,8% et on compte un chauffeur pour deux collaborateurs de cabinet !

Comme conclue René Dosière : "Quelle confiance peut-on accorder à un gouvernement dont la devise est « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. » ?"

Quelqu'un m'a ditQuasi faillite de Dubaï? Nous aussi si rien ne change

jeudi 26 novembre 2009

Abu Dhabi Commercial Bank ADCB AD est exposé à hauteur d’au moins huit à neuf milliards de dirhams (entre 1,45 et 1,64 milliard d’euros) à Dubaï World ou à ses branches, ce qui obligera la banque à passer de nouvelles provisions, a déclaré vendredi un de ses hauts responsables.

Les banques des Émirats arabes unis risquent de devoir payer un lourd tribut si la situation financière de Dubaï venait à se dégrader davantage encore.

Les difficultés que Dubaï rencontre avec sa dette, héritées d’une bulle immobilière qui s’est traduite par la construction des immeubles les plus hauts du monde ou de centres commerciaux géants avec des parkings géants… mais vides, ont suscité ces derniers jours de vives inquiétudes dans le monde financier qui s’était tourné vers la région du Golfe pendant la crise financière mondiale.

L’émirat a officiellement annoncé mercredi qu’il allait demander aux créanciers de Dubai World, le conglomérat qui a piloté son expansion effrénée ces dernières années, de donner leur accord à un moratoire sur plusieurs milliards de dollars de dette.

Sommes-nous dans une situation meilleure? Rien n’est moins sûr si rien ne change.

Quelqu'un m'a ditDeux poids, deux mesures

mercredi 25 novembre 2009

Henri Proglio demande une augmentation de 45% pour son salaire de nouveau président d’EDF, arguant que l’entreprise se porte bien… "Il me semble que ce ne serait pas choquant en soi pour une entreprise qui pèse 70 milliards d’euros en Bourse" a déclaré l’industriel qui fut invité au Fouquet’s le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy.

De combien alors compte-t-il augmenter les salariés d’EDF auxquels on propose une augmentation de 1,2%  pour 2010 ?

Les débats du blogUne politique d’étranglement des collectivités territoriales

mardi 24 novembre 2009

À l’Assemblée nationale, j’ai posé tout à l’heure en séance publique une question au Premier ministre (visible en cliquant ici) concernant la réforme des collectivités territoriales.

Cela était l’occasion de rappeler qu’il est inacceptable de prendre comme postulat de départ que les élus locaux font mal leur boulot.

Il faut aussi que les Français sachent que sur 100 euros d’impôt, 80 sont prélevés par l’État et 2 seulement par les Régions. Il faut que les Français sachent que la majorité UMP a créé 20 nouvelles taxes en 2 ans. Il faut que les Français sachent que les dépenses de communication du service d’information du gouvernement ont progressé de 300 % entre 2008 et 2009. Il faut que les Français sachent que cette même majorité a dépensé 4 millions 330 mille euros pour leur dire que leur pouvoir d’achat progresse.

La dette cumulée de l’État, en raison des transferts de charges non compensées, au titre du RMI et de l’APA s’élève à ce jour à 6 milliards 850 millions d’euros.

"Monsieur le Premier ministre, quand allez vous rembourser votre dette?"