Archive pour décembre 2009

Quelqu'un m'a ditL’UMP devra payer pour avoir piraté la chanson de son ‘lipdub’

jeudi 31 décembre 2009

En octobre dernier, thumb les ‘jeunes UMP’ avaient, pour leur ‘lipdub’, demandé l’autorisation d’utiliser une version de la chanson ‘Tous ceux qui veulent changer le monde’ au producteur de la Star Academy québécoise.

Ils avaient alors essuyé un refus. L’interprète Marie-Mai et son producteur Musicor s’étaient opposés à ce que la chanson serve de fond sonore aux chorégraphies inspirées des politiques de l’UMP.

C’est BFM-TV qui avait révélé il y a 15 jours que les ‘jeunes UMP’ ne disposaient pas de tous les droits nécessaires à l’utilisation de cette chanson pour leur clip promotionnel.

« L’UMP va donc payer les droits, comme elle aurait dû. Et même un peu plus encore, ce qui est normal, c’est la sanction» , explique Me Philippe Blanchetier à Rue89. Restent quelques détails à régler, comme le montant de la somme totale à verser.

En l’espèce, il existe un précédent à l’UMP qui avait déjà dû verser des droits -32 500 euros- après l’utilisation frauduleuse d’une chanson de MGMT lors de meetings (malgré le refus explicite du groupe de musique américain). Ici, la compensation devrait être supérieure.

La question de la personne ou de l’organisation à qui seront versés les droits n’est pas davantage réglée. L’artiste Marie-Mai souhaite qu’ils aillent à une association caritative. L’UMP refuse, préférant remettre la somme à la Sacem.

Non seulement l’UMP pirate -après avoir pourtant imposé en la matière la loi liberticide dite ‘Hadopi’- mais se permet de dicter ses conditions à une des personnes piratées.

‘Tous ceux qui veulent changer le monde’ à l’UMP devront d’abord apprendre à respecter les règles et à s’appliquer à eux-mêmes les lois répressives qu’ils imposent aux autres.

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

Socialiste!Annulation de la taxe carbone, victoire du bon sens

mercredi 30 décembre 2009

C’est donc une victoire pour Ségolène Royal et tout le Parti Socialiste, une défaite pour Nicolas Sarkozy et une victoire du bon sens.

Le Conseil constitutionnel a annulé "l’usine à gaz" fabriquée par le gouvernement. Il a, à juste titre, relevé que les plus gros pollueurs industriels (raffineries, cimenteries, cokeries, etc.) étaient exonérés.

D’autre part, ils avaient raison de rappeler la rupture du principe d’égalité devant l’impôt. À vrai dire, c’est toute la politique fiscale de Nicolas Sarkozy qui favorise les plus riches et pénalise la plupart des classes moyennes et des familles modestes.

Bref, cette taxe était écologiquement inefficace et socialement injuste.

Que faudrait-il faire maintenant ?

Prendre les problèmes dans le bon ordre :

– Développer massivement par des incitations fiscales et des politiques d’investissement public les transports en commun, notamment le train. C’est un point central du contrat socialiste pour les régionales que j’ai fais adopter lors de la convention de Tours le 12 décembre 2009.

– Développer enfin sérieusement la voiture électrique et les systèmes d’auto-partages.

– Ne pas pénaliser les ménages qui n’ont pas le choix. Les locataires dont le propriétaire ne veut pas ou ne peut pas isoler le logement, les familles rurales qui n’ont souvent pas d’autre choix que la voiture.

– Taxer les grandes industries polluantes et inciter les technologies et énergies propres.

Les débats du blogQuelqu'un m'a ditÀ propos d’une « taxe Tobin »

mardi 29 décembre 2009

À propos d’une taxe sur la spéculation financière, type "Tobin" : En réponse à ceux qui disent que ce n’est pas faisable, et surtout pas dans un seul pays, rappelons le cas du Brésil.

La nouvelle taxe en question, de 2% sur les flux de capitaux, est entrée en vigueur le 20 octobre dernier.

Elle est applicable sur les actions et les obligations. Cet impôt, dit sur les opérations financières (IOF), ne concerne pas les investissements étrangers directs, seulement les capitaux qui font un aller-retour rapide dans le pays, le temps d’engranger des bénéfices à court terme.

Pour le gouvernement, l’objectif est de limiter l’entrée de capitaux, qui accélère la valorisation du real, et grève la compétitivité des exportations brésiliennes. Depuis le début de l’année, la devise brésilienne s’est valorisée de 35% contre le dollar. C’est la plus forte progression parmi les seize monnaies les plus échangées dans le monde.


Le ministre de l’Économie Guido Mantega a présenté l’IOF en déclarant que : "l’impôt est une sorte de péage pour les entrées excessives de dollars". Pour lui, la mesure a également pour objectif d’éviter la formation d’une bulle boursière.

Critiquée par les investisseurs financiers, la décision a été applaudie par les industriels. Pour Paulo Skaf, le président de Fédération des industries de Sao Paulo, la Fiesp, principale entité patronale du pays : "le gouvernement démontre ainsi que le marché n’est pas le seul maître sur le marché des changes".

Les perspectives de croissance devraient accentuer l’intérêt des investisseurs : au deuxième trimestre, le Brésil a enregistré une croissance de 2% et les plus conservateurs des analystes tablent sur une progression de 5% en 2010. Pour le gouvernement, il s’agit maintenant de préserver cette belle dynamique, en évitant une rechute de la production intérieure faute de compétitivité des exportations.

Quelqu'un m'a dit« Les contrôles sont d’une nullité totale »

lundi 28 décembre 2009

Je vous invite à lire cet intéressant entretien de Charles de Courson paru dans Le Parisien : c’est ici.

Extraits :

"On nous parle alors de nouveaux appareils, comme ces scanners corporels. Leur seule utilité est d’enrichir les industriels, notamment américains, qui les commercialisent. Pour le reste, ils contribuent surtout à ralentir le transport aérien."

"En 2003, dans le cadre d’un rapport confidentiel pour le ministre des Transports, nous avions travaillé avec le criminologue Christophe Naudin. Sur onze tentatives pour introduire des armes ou des explosifs dans un appareil, dix ont fonctionné. Les mêmes tests aux Etats-Unis, réalisés dans sept aéroports, enregistraient 35 % à 65 % de réussite."

"Chaque année, 500 millions d’euros sont dépensés en France pour ces contrôles de sécurité, 7 milliards aux Etats-Unis. Dans le même temps, seulement 50 millions d’euros sont alloués chez nous à l’infiltration des réseaux terroristes. Il faut faire l’inverse et pratiquer la lutte antiterroriste en amont, grâce au renseignement. La logique actuelle n’a aucun sens. Pourquoi ne pas faire des contrôles aux entrées du métro ou des gares, pendant qu’on y est ?"

Quelqu'un m'a dit« Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé! »

dimanche 27 décembre 2009

Cette phrase est d’Hugo Chávez, le président vénézuelien.

Elle fut prononcée lors de son discours à la tribune de la conférence climat de l’ONU à Copenhague.

Socialiste!Retards à répétition sur les rails : un manque de service public ?

jeudi 24 décembre 2009
On le sait, les causes des retards considérables des Eurostar et, dans une moindre mesure, des TGV français et des RER franciliens ont des causes multiples. Mais l’on peut s’étonner du discours de Nicolas Sarkozy déclarant ne pas comprendre que cela "soit possible".
 
Nous pourrions lui rappeler que ses politiques de déréglementation et de dérégulation n’y sont peut-être pas tout à fait étrangères. Le service public n’a aucune obligation de rentabilité mais doit simplement servir les citoyens qui contribuent à son fonctionnement par l’impôt.
 
Pourtant, la SNCF intègre désormais largement la culture du résultat, du chiffre et du taux de rentabilité. Cela suppose moins d’agents, moins de contrôles, moins de sécurisation des voies (et de déblaiement, pourtant, l’hiver, il est logique qu’il neige), moins d’informations, etc.

Quelqu'un m'a ditFaut-il canoniser le Pape Pie XII ?

mardi 22 décembre 2009

Pie XII a été Pape, pendant la deuxième guerre mondiale à partir de 1939. Il connaissait très bien l’Allemagne, car il y avait résidé pendant 12 ans comme nonce, d’abord en Bavière puis à Berlin. C’est lui qui (avant d’être Pape)  avait signé en 1933 un concordat avec l’Allemagne hitlérienne. 

Quelle a été la réalité de son action et de son attitude pendant la guerre ? Pour y voir clair, il serait bien que le Vatican ouvre ses archives aux chercheurs et ne se contente pas de critiquer la pièce de théâtre «Le Vicaire » de Rolf Hochhuth, publiée en 1963. 

Pie XII ne s’est jamais associé à la condamnation du massacre des juifs. Il a sans doute contribué, à travers des institutions religieuses, à protéger des juifs mais il ne s’est pas opposé en 1943 à la déportation des juifs italiens à Auschwitz. 

C’est pourquoi la question de sa béatification ne concerne pas que les catholiques ou les juifs. 

Comment Benoît XVI a-t’il pu être à ce point insensible à la répercussion morale et politique de sa décision lançant le processus de canonisation ? 

Croire à l'EuropeCopenhague, et maintenant ?

lundi 21 décembre 2009

Quelles sont les leçons à dégager de l’épisode Copenhague ? 

1/ La première leçon est optimiste. malgré tout. Le tintamarre médiatique autour du sommet a sans doute accru la conscience citoyenne écologique. De moins en moins de personnes peuvent douter que le problème du réchauffement climatique est grave, qu’il est mondial, et qu’il lui faut une solution mondiale. En France, le débat autour du pacte de Nicolas Hulot pendant la campagne présidentielle avait joué un rôle comparable. 

2/ Il y a confirmation de nouveaux rapports de force à l’échelle de la planète. Les deux acteurs principaux, malgré la montée en ligne du Brésil et de l’Inde, ont été, dans des rôles différents, les Étas-Unis et la Chine. L’Europe, qui est pourtant moins en retard que d’autres, pèse assez peu, parce qu’elle ne parle pas d’une seule voix. L’Europe est toujours un nain politique. 

Comme l’a souligné  Christian Sautter, Barack Obama ne pouvait convaincre une opinion publique réticente et obtenir une majorité des deux tiers au Sénat que si la Chine prenait des engagements aussi contraignants que les USA. 

Le Chine a commencé  par se cacher parmi les 77 pays les plus pauvres, puis s’est fortement exprimée contre un éventuel contrôle international, y voyant une insupportable atteinte à sa souveraineté et à son « droit à la croissance ». 

3/ La méthode de négociation utilisée à Copenhague est inappropriée. Ce n’est pas seulement la faute de l’ONU. En l’absence d’une gouvernance mondiale démocratique, on en est réduit à des marchandages d’État à État, parfois de bloc à bloc. Mais ce n’est pas demain qu’émergera un gouvernement mondial démocratique et efficace. 

En attendant, il faut adopter une méthode et un calendrier précis et contraignant sur les étapes de négociation à franchir avant les prochains rendez-vous à Bonn et à Mexico, prévoyant des compte-rendus réguliers pour informer et prendre à témoin l’opinion publique mondiale. 

Socialiste!Copenhague a accouché d’une souris et elle n’est même pas verte

samedi 19 décembre 2009

ultimatum-climatique-copenhague-2009

Après 12 jours de sommet, le bilan de la conférence mondiale sur le changement est peu reluisant pour ne pas dire extrêmement décevant et inquiétant.

Le résultat ne va pas plus loin qu’un accord qui n’est pas signé par l’ensemble des États présents, qui n’a aucune force contraignante, qui est très en deçà des volontés affichés, qui n’a été obtenu que par des négociations de couloirs et avec en toile de fond du sommet la répression à l’égard de la société civile et des associations écologistes. 

S’il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible".

Ce sont la Chine et les États-Unis qui ont fait la négociation, sans que les Européens, incapables de réellement s’unir et de s’assumer comme entité politique forte (alors que cela se passait sur notre sol), ou les pays en développement aient vraiment leur mot à dire. Les tensions entre les Chinois et les Américains ont été très vives, mais, comme le rappelle Le Monde, leurs intérêts contradictoires ont conduit à une alliance objective pour préserver leur souveraineté. Les deux pays échappent ainsi à tout objectif contraignant. La Chine s’est notamment opposée à la mise en place de mesures de vérification de l’application de l’accord. 

La société civile a quant a elle été totalement exclue des négociations, parfois de façon violente. Ces derniers jours, plus aucune personne représentative de la société civile n’était présente pour faire pression sur les négociateurs. Le Bella Center était devenu une sorte de bulle aseptisée, avec des conseillers et des gardes du corps : une sorte de monde éthéré en dehors de la vraie vie. 

Enfin, le cadre très flou des négociations est à mettre en cause. Barack Obama et Nicolas Sarkozy annonçaient un accord dès vendredi soir alors même que de nombreux pays affirmaient ne pas avoir été tenus au courant. Une séance plénière s’est tenue toute la nuit dans une incroyable pagaille animée par un premier ministre danois totalement dépassé et alors que les chefs d’État (notamment le président français) étaient déjà repartis, fuyant sans doute la honte au front. 

L’absence de courage politique des chefs d’États et de gouvernements européens et américain fut manifeste. Ils ont ainsi regagné leur pays sans venir défendre l’accord conclu à 26 devant les délégués des 166 autres pays.

Le représentant de l’archipel de Tuvalu concluait ainsi : "Cet accord est une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir. Nous n’avons nulle part où aller, nous aurons juste à subir quand les énormes cyclones nous frapperont. Nous n’avons aucune montagne sur laquelle nous réfugier". 

Cet échec ne peut qu’éroder profondément la confiance des peuples dans leurs représentants. 

Socialiste!Tout et son contraire

samedi 19 décembre 2009

Suite au sommet de Copenhague, l’eurodéputé Yannick Jadot le rappelle avec justesse :

– Nicolas Sarkozy a dit que 40% de l’argent irait à l’Afrique : ça n’est pas le cas dans l’accord.

– Il a dit que 20% de l’argent ira dans la forêt : ça n’est pas le cas dans l’accord.

– Il a dit que l’idée française de la taxe Tobin avait été retenue : ça n’est pas le cas dans l’accord.

– Il a dit qu’il y aurait des objectifs contraignants : ça n’est pas le cas dans l’accord.

La trentaine de chefs d’États des pays riches qui ont signé ce texte sont partis par la petite porte sans venir s’expliquer devant les 160 plus "petits" pays…