Archive pour février 2012

Quelqu'un m'a dit« Izzeldin Abuelaish, au nom de ses filles »

mercredi 29 février 2012

Je vous invite à lire cet article du Monde paru le 26 février dernier. Il raconte le combat pour la paix d’Izzeldin Abuelaish, médecin palestinien qui a perdu trois de ses enfants à Gaza en 2009, tués par un obus israélien. Installé à Toronto, il a fondé une association pour l’éducation des jeunes filles au Proche-Orient.

Izzeldin Abuelaish était une figure connue du public israélien. Parce qu’il parle l’hébreu et parce qu’il a toujours tenu un discours de paix et d’humanité, malgré la violence et le chagrin. Malheureusement, les médias israéliens ne s’intéressent plus à lui depuis qu’il a fini par accepter l’offre renouvelée de l’université de Toronto, qui avait déjà proposé de l’accueillir en 2008, peu après la mort de sa femme des suites d’une leucémie aiguë.

Bien que toujours très engagé, il ne croit plus guère dans le processus de paix – « négocier est un moyen, pas une fin en soi » – et la coexistence de deux États, israélien et palestinien, lui paraît de plus en plus difficile : « Mais si la situation est devenue aussi inextricable, il faut dire pourquoi et à cause de qui. On ne peut pas faire l’économie de ça. Que veulent les Israéliens ? Deux Etats ? Alors, le droit international est clair. Un seul Etat ? Alors ils doivent en assumer les conséquences. Ou veulent-ils vivre indéfiniment dans la peur et nous maintenir indéfiniment dans ce no man’s land ? »

Quelqu'un m'a ditNKM ne connaît pas le métro

mardi 28 février 2012

Interviewée sur Europe 1 par un auditeur, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est largement plantée sur le prix du ticket de métro, qu’elle a évalué à « 4 euros et quelques alors que c’est 1 € 70. Ce n’est pas la première à qui cela arrive, ce ne sera pas la dernière !

Quelqu'un m'a ditL’UMP m’instrumentalise… mais devrait me relire !

dimanche 26 février 2012

J’ai appris ce matin que l’UMP diffusait des tracts dont lesquels mon nom était cité pour défendre le bilan international de Nicolas Sarkozy. Ainsi j’aurais « salué » l’intervention du président sortant lors de la crise géorgienne…

J’invite les rédacteurs des argumentaires de l’UMP à me relire, un peu plus attentivement. En effet, j’avais déclaré à ce sujet (mon propos est toujours disponible sur ce blog) que… :

– la médiation de Nicolas Sarkozy s’était révélée être une « capitulation aux conditions russes »,
– si la France avait eu raison d’intervenir, c’était uniquement en étant associée à « l’Europe » dans le cadre de sa présidence,
– une nouvelle fois, la « politique étrangère et de sécurité commune » de l’UE (PESC) demeurait « une formule creuse ».
– le Livre blanc sur la défense et la sécurité présenté par Nicolas Sarkozy gardait « une approche purement nationale et constituait une occasion manquée pour notre pays qui aurait du profiter de la présidence française de l’Union pour faire aboutir la proposition d’un Livre blanc européen ».

Socialiste!Débat sur la politique étrangère

lundi 20 février 2012

Je vous invite à retrouver mon débat face à Philippe Douste-Blazy —concernant la politique étrangère dans le cadre de la campagne présidentielle— diffusé sur Public Sénat, France Inter et rapporté par Le Monde.

La vidéo, c’est ici.

Quelqu'un m'a ditLa Cour de justice de l’Union européenne à l’attaque de l’ACTA

samedi 18 février 2012

La Cour de justice de l’Union européenne a déclaré jeudi dernier que « l’exploitant d’un réseau social sur Internet ne peut être contraint de mettre en place un système de filtrage général pour prévenir l’usage illicite des œuvres musicales et audiovisuelles ».

C’est un camouflet envers tous les États qui viennent de signer le traité ACTA autorisant la surveillance généralisée des internautes et qui doit encore passé devant le Parlement européen en juin prochain.

C’est un camouflet, tout particulièrement envers le président sortant en France, puisque ce dernier n’a de cesse de défendre le filtrage sur Internet auprès des industriels de la culture et de ses partenaires européens.

Pour un rapide rappel de ce que l’on risque avec l’ACTA, je me permets de citer un récent article de Jacques Attali paru dans l’Express :

« Généralisant au monde entier les principes des lois américaines SOPA et PIPA et allant bien au-delà d’Hadopi, l’ACTA considère tout échange sur internet comme une menace aussi grave qu’une contrefaçon. Il oblige les Etats signataires à imposer des sanctions pénales aux fournisseurs d’accès et de technologie qui refuseraient de surveiller et de censurer les communications en ligne ; son article 27 autorise même à prendre des « mesures rapides pour prévenir des infractions futures » sans passer par le juge et il confie à des acteurs privés le soin d’exercer des missions de police (surveillance et collection de preuves) et de justice (sanctions) ; ce même article, qui traite des « moyens de distribution massive de contrefaçon » permettrait même d’interdire les plateformes de blogs, les réseaux P2P et les logiciels libres. Enfin, plus incroyable encore, l’article 23 autoriserait un pays signataire à sanctionner pénalement des activités gratuites, parce qu’elles ne devraient être exercées, selon l’ACTA, qu’ « à une échelle commerciale » : on pourrait ainsi exiger de faire payer l’envoi d’email ou le partage de fichiers entre particuliers., Tout le reste de l’accord est à l’avenant ; il pourrait en particulier conduire à considérer les médicaments génériques comme des contrefaçons, ce qui reviendrait à en interdire l’usage., Enfin, et c’est peut-être le pire : une fois ratifié par les Parlements, cet accord échappera à tout contrôle démocratique. L’article 36 crée en effet un obscur « Comité ACTA » qui, selon l’article 42, aurait comme mission d’imposer le respect de cet accord par les pays non signataires ; et serait même autorisé à en modifier le contenu, sans contrôle des parlements nationaux ! »

Quelqu'un m'a dit« Langue atomisée »

mercredi 15 février 2012

(Lu dans le Canard Enchaîné de ce matin)

« En visitant la centrale de Fessenheim le 9 février, Sarko s’est livré devant les caméras à un éblouissant numéro de virtuose de la langue française. “Si Fessenheim avait été insecure, je l’aurais fermée. Fessenheim est secure, on la laissera ouverte”. L’Académie française va sans doute apprécier cette défense de la langue “secure” ! »

Quelqu'un m'a ditChristine Boutin et sa « bombe atomique »

mardi 14 février 2012

Christine Boutin avait mis en garde Nicolas Sarkozy à de multiples reprises contre une « bombe atomique » qu’elle pourrait lâcher contre lui si elle ne parvenait pas à réunir les signatures suffisantes pour se présenter à la présidentielle.

Mais, la présidente du Parti chrétien démocrate a annoncé lundi soir le retrait de sa candidature pour soutenir… Nicolas Sarkozy.

Le presque-candidat a visiblement su la convaincre dans son interview, très conservatrice, au « Figaro magazine ». Il faut croire que, pour elle, les valeurs chrétiennes qu’elle dit défendre correspondent aux mesures de Nicolas Sarkozy… sur le contrôle des chômeurs et la facilitation des expulsions d’étrangers par exemple ?

Socialiste!« Ce qu’on doit à Ségolène Royal »

lundi 13 février 2012

Voici la tribune que j’ai récemment écrite avec Jean-Pierre Mignard et publiée sur Mediapart :

La gauche et François Hollande peuvent espérer la victoire, mais rien n’est gagné même si les indices sont là et ne se dénombrent pas seulement dans les sondages.

Le mouvement qui s’est constitué et qui va s’amplifier pour finalement l’emporter doit à la patiente construction de son projet par François Hollande, au rythme qu’il imprime à sa campagne et surtout à la liberté de ses prises de position:

La dynamique vient du fond de l’histoire de la gauche et à la victoire de François Mitterrand en 1981 qui avait brisé la spirale d’échecs dans lesquels était enfermée la gauche depuis des dizaines d’années, à la modernité des thèses de Michel Rocard ou de  Jacques Delors, à la rigueur éthique de Lionel Jospin et nous rajouterons à l’audace et la liberté de Ségolène Royal.

C’est pour elle que François Hollande rappelle à la vigilance afin que la place qui lui revient lui soit rendue et il a raison.

Il y a eu sans aucun doute bien des maladresses et des improvisations dans sa campagne, mais qui peut s’en dire à l’abri ? Elle fut victime d’un tir de barrage comme peu en ont essuyé. Elle n’a pas toujours reçu le soutien qu’elle aurait pu espérer. Mais elle a su redonner à la gauche le gout de l’inventivité politique,  la liberté  de sortir du périmètre ou le conformisme, sournoisement, vous assigne et enlise.

Qui n’use aujourd’hui de l’ordre juste comme marque de la société à édifier ? Qui ne reconnait qu’elle fut la première à manifester à la fois une attention prioritaire à l’égard des cités populaires. Et rajoutons-nous sans rien céder sur le droit à la sécurité de tous. Elle fut la première encore à promouvoir l’instauration d’une banque publique en soutien spécifique aux PMI /PME, et un cadre juridique identique au small business act aux Etats Unis.

La démocratie participative c’est elle encore. Elle n’est pas à omettre en temps de crise, en temps de crise surtout. Et l’exigence environnementale à l’heure où tout pousse à l’oublier. Au moment où l’Europe hésite et vacille, elle prônait des Etats Unis d’Europe comme le seul remède à des demi-solutions à des problèmes demeurés entiers. Rêveries ?  N’est-ce pas là ou peu à peu nos amis allemands du SPD notamment, et même quelques voix de la CDU, parviennent alors que s’impose peu à peu l’évidence que les peuples d’Europe ne contiendront la tempête ultra libérale qu’unis ? Enfin elle a fait la chanter La Marseillaise avec cœur à des centaines de milliers de français réconciliant les français de gauche avec le drapeau tricolore confisqué par la droite nationaliste. Ce n’est quand même pas mince.

Ségolène Royal, on le vérifiera encore à l’occasion de cette campagne, a conservé l’amitié et l’estime des électeurs. Chacun sert à sa place. La sienne est éminente à défaut d’être première. La vigilance à son égard à laquelle appelle François Hollande, demain le  6e président de la République Française, espérons-le, ce n’est pas seulement de la courtoisie, même si ce n’est jamais superflu, c’est de la reconnaissance.

Par Jean Louis Bianco, député, ancien ministre, président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence

Et Jean Pierre Mignard, avocat à la Cour, candidat dans la 2ème circonscription des Bouches-du Rhône

 

Quelqu'un m'a ditQuelques « perles » relevées par la Cour des comptes…

samedi 11 février 2012
– Le parc minier Tellure en Alsace, ouvert en 2009 : prévu pour accueillir 150 000 visiteurs par an, il n’en aurait reçu en 2010, selon la Cour, que légèrement plus de 14 000. Le parc a pourtant coûté plus de 13 millions d’euros au contribuable et continue de perdre de l’argent.

– La fraude à la TVA sur les quotas de CO2 : c’est la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref : en 2008 et 2009, 1,6 milliard d’euros ont été perdus pour la France et 5 milliards pour l’UE en raison d’une mafia organisée.

Le micoscopique régime de retraite de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie qui emploie sept salariés pour s’occuper de 8.575 fonctionnaires cotisants et 3.700 pensionnés : « Un fonctionnaire calédonien peut prendre sa retraite à partir de l’âge de 50 ans après avoir cotisé trente ans, et même parfois seulement vingt-quatre ans, après prise en compte de l’ensemble des bonifications d’âge et de service », explique la Cour.

Les hôpitaux de Marseille : depuis 2005, ils ont ainsi dépensé 14 millions d’euros pour mettre en place le dossier médical informatisé… qui n’est toujours pas en place en 2011. Selon la Cour, la société prestatrice retenue n’avait aucune référence en France sur ce dossier et employait par ailleurs le conjoint de l’agent de l’Assistance publique-Hopitaux de Marseille justement chargé de conduire l’appel d’offres

– Les hôpitaux de Paris : ils possèdent 588 hectares de terrains agricoles, 91 hectares de bois, trois châteaux et deux hôtels et il n’y a aucune évaluation fiable de leur valeur.

Le dispositif Girardin, qui permet de déduire de ses impôts jusqu’à 70% de ses investissements productifs ou immobiliers dans les DOM-TOM, ne profite que peu à l’économie outre-mer pour un coût considérable : 1,3 milliard d’euros en 2011.

– En Languedoc-Roussillon, la concession des plages coûte plus qu’elle ne rapporte aux stations balnéaires : au Grau-du-Roi, des contrats ont été attribués à des proches de la municipalité ; à La Grande-Motte, les paillotes ont développé des activités non autorisées.

Quelqu'un m'a ditQuand Claude Guéant draguait le régime syrien

jeudi 9 février 2012

Le ministre de l’Intérieur, si prompt à donner des leçons de « civilisation », était, il y a encore peu, un grand ami du régime syrien et de son dictateur, Bachar Al Assad, qui aujourd’hui réprime son peuple dans le sang.

En 2008, le conseiller occulte préféré de l’Élysée, Ziad Takieddine écrivait à l’attention de Claude Guéant (qui multipliait alors les déplacements en Syrie) :

« Votre visite et les rencontres effectuées à Damas, hier, ont été très positives et constructives. Elles constituent une étape essentielle dans le rapprochement franco-syrien (…) Mon interlocuteur a tenu à confirmer l’excellente impression que M. Claude Guéant continue de faire au Président Assad, ainsi qu’à lui-même. Ils le considèrent comme un homme exceptionnel et c’est lui qui assurera les relations à un très haut niveau » (juin 2008).

Ou encore :

« Le Président Bachar el-Assad et M. Wallid al-Moallem ont tenu à transmettre un message de remerciements et d’amitié au Président Nicolas Sarkozy, ainsi qu’à Monsieur Claude Guéant, pour l’accueil et également l’atmosphère de confiance dans laquelle les sujets ont été abordés, ce qui a permis de donner à cette visite l’éclat qui a particulièrement touché le Président Assad » (septembre 2008) …