Archive pour décembre 2012

Socialiste!« Pour un parti d’avenir »

vendredi 28 décembre 2012

Vous trouverez ci-dessous le lien Internet vers un résumé du colloque organisé à l’Assemblée nationale, intitulé « Pour un parti d’avenir » :

C’est ici.

L’affaire Depardieu

samedi 22 décembre 2012

J’ai hésité à parler de l’affaire Depardieu parce qu’il y a quand même beaucoup de sujets plus graves et plus intéressants. Mais certaines affirmations me paraissent particulièrement débiles et je veux simplement les relever, car je suis préoccupé, au-delà de ce cas, par la médiocrité du débat public tel qu’il est conduit dans les medias.

1) On peut trouver un acteur admirable et son comportement minable. Ou alors faudrait-il admettre que tout grand acteur est au-dessus de tout jugement ?

2) Que ce soit un homme « vacillant » (Catherine Deneuve) ou odieux (celui qui urine dans un couloir d’avion parce que l’équipage lui a interdit d’aller aux toilettes pendant le décollage) ne change rien à l’affaire.

3) Pour Fabrice Lucchini, on ne juge pas un ami. J’espère qu’il n’a jamais eu d’ami fasciste. Et « il est suicidaire de se confronter à un monument du cinéma ». Quel courage !

Socialiste!Nos chères banques

jeudi 20 décembre 2012

Pierre Moscovici vient de présenter un projet de loi visant à mieux garantir l’épargne, à « cantonner les activités spéculatives » des banques et à obliger les banques à constituer un fonds de garantie pour éviter si possible que les États n’aient à payer pour leurs erreurs.

Ce projet est utile mais insuffisant ! La définition des activités spéculatives est trop étroite et il faut évidemment interdire aux banques françaises (et si possible européennes) d’avoir des établissements dans les paradis fiscaux.
Le Ministre s’est dit ouvert à des améliorations lors du débat parlementaire. Au moins ces deux-là sont indispensables.

D’autant qu’une étude de la Fondation Jean-Jaures vient de démontrer que les Français considèrent très majoritairement que le rôle des banques a été important dans le déclenchement de la crise, qu’elles n’ont pas tiré des leçons de la crise et qu’elles n’accordent pas suffisamment de crédit aux entreprises pour soutenir leurs activités. Intéressant ! Ce constat accablant n’est pas le seul fait des Français, mais est partagé dans de nombreux pays européens ,comme l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne.Il est urgent d’agir fort

Croire à l'EuropeCinquante ans après le Traité de l’Elysée

mardi 18 décembre 2012

Cinquante ans, store cela semble déjà si loin. Le Traité appartient maintenant à l’histoire. Né dans un contexte bien particulier, il se situe encore dans l’après-guerre mais en même temps marque une étape de sortie de l’après-guerre.

Le Traité de l’Elysée n’est pas un acte isolé. Il fait partie, il ne faut pas l’oublier, d’une stratégie évolutive du Général de Gaulle : proposition d’un directoire à trois (Etats-Unis, Angleterre, France) au sein de l’Alliance Atlantique, échec du plan Fouchet de coopération politique à six,…

Dans tous ces épisodes, la question centrale est celle de la relation avec l’Alliance Atlantique, donc avec les Etats-Unis. L’Allemagne n’était pas prête à quoi que ce soit qui puisse ressembler à un éloignement des Etats-Unis. D’où le préambule, imposé par le Bundestag, au Traité de l’Elysée qui a fortement déçu le Général de Gaulle.

Cinquante ans après, la question de la relation avec les Etats-Unis se pose de manière différente. L’Allemagne a conquis son autonomie, y compris comme Nation, y compris en étant aussi nationaliste que les autres (et même parfois plus !). La guerre de Georges Bush en Irak a été rejetée par la France et par l’Allemagne et surtout par les peuples européens.

Aujourd’hui, c’est surtout la dimension de rapprochement et de coopération entre la France et l’Allemagne qui est en question. Dans la crise financière européenne, les positions allemande et française sont difficilement compatibles, depuis que François Hollande ne s’incline plus comme le faisait Nicolas Sarkozy.

Cette difficulté n’existe pas seulement avec la France. Mais elle est plus grave avec la France, parce qu’elle affecte le fonctionnement et la crédibilité du moteur franco-allemand. Relativisons quand même : ce n’est ni la première, ni la dernière difficulté sérieuse de ce couple.

Un sondage récent analysé par Sabine Von Oppeln montre de manière pour le moins surprenante l’enracinement et la force de la relation franco allemande. Je reproduis ici le commentaire que j’ai fait pour Radio-France :

Le sondage analysé par Sabine Von Oppeln est passionnant, même s’il est en pratique adressé plutôt aux élites. Ainsi, l’adhésion inconditionnelle à l’euro est sans aucun doute beaucoup moins partagée chez les citoyens de nos deux pays que ne le laisseraient croire les résultats du sondage.

Ce sondage nous apporte plutôt de bonnes nouvelles, pour certaines inattendues. Je n’aurais pas imaginé que plus de la moitié des Français consultés aimeraient vivre et travailler en Allemagne ! Peu avant la réunification, ils n’étaient que 28 % à considérer que l’Allemagne méritait qu’on s’y rende. Je n’aurais pas imaginé non plus que 82 % des sondés aient écouté l’an passé un chanteur ou un musicien français et vu un film d’un cinéaste français.

Plus prévisible, mais rassurant le fait que pour chacun le voisin d’Outre-Rhin soit le pays avec lequel on se sent le plus d’affinités. On a oublié qu’en 1977 les Français consultés n’avaient mis l’Allemagne qu’en cinquième position, tandis que la France occupait pour les Allemands la quatrième place. Que de chemin parcouru malgré les difficultés présentes de l’Europe et du couple franco-allemand !

Par contre, pour les « qualités » attribuées au voisin, on reste largement dans les stéréotypes. Les Allemands sont rigoureux, disciplinés et travailleurs et les Français sont jouisseurs, individualistes, créatifs, séducteurs et charmants.

Evidemment, et ce n’est pas surprenant au vu des débats actuels, seuls 22 % des Allemands attribuent à la France un caractère de modèle, alors qu’une courte majorité des Français reconnaissent en l’Allemagne un modèle.

Autre bonne nouvelle : pour l’immense majorité des sondés, la « relation privilégiée » entre les deux pays est une nécessité pour l’avenir, en même temps qu’une réalité et un héritage du passé.

Relative surprise, 78 % des Allemands voient la France et l’Allemagne comme « deux partenaires à égalité », alors que le chiffre pour les Français n’est que de 53 %.

Enfin, une question centrale : quelle Europe voulons-nous ?

Les Français souhaitent en premier lieu une Europe « forte » et en second une Europe « solidaire ». Pour les Allemands, la paix reste la première des préoccupations, suivie par une Europe forte. Parmi les axes que la politique européenne doit privilégier, figure pour tous au premier rang l’Europe sociale.

Au total, de bonnes bases : une relation franco-allemande forte, un désir d’Europe.

Reste à faire le travail : refonder la relation franco-allemande par des échanges beaucoup plus larges dans la société civile (jumelages d’hôpitaux, d’instituts infirmiers, de sections de partis politiques,…), par l’accroissement des échanges scolaires (une semaine par an, par exemple), nécessité d’avoir fait un semestre d’études dans un autre pays européen pour l’obtention du baccalauréat,…

Reste aussi à redonner confiance dans l’Europe, à lui donner un sens. Vaste programme !

Croire à l'EuropeEn Iran , la liberté se faufile sur Internet

mercredi 12 décembre 2012

Avec plus de 36 millions d’internautes pour une population de 75 millions d’habitants , l’Iran est le pays du Moyen-Orient le plus connecté . Dans un rapport que j’avais rédigé pour l’Assemblée Nationale , j’avais écrit que nous devions tout faire  pour soutenir la résistance au régime sur Internet . Le Parlement européen décerne demain le prix Sakharov 2012  » pour la liberté de l’esprit  » à l’avocate Nasrin Sotoudeh et au réalisateur Jafar Panahi qui incarnent la résistance iranienne à l’oppression . Le problème avec l’Iran , ce n’est pas seulement la bombe atomique .

Socialiste!L’Etat ne peut pas tout,mais tout espoir n’est pas perdu

mardi 11 décembre 2012

1) Sur Arcelor Mittal ,  dossier qui a été mal géré, c’est le moins que l’on puisse dire , comment ne pas comprendre la fureur et le désespoir des salariés . Mais Laurent Berger, le nouveau secrétaire général de la CFDT , vient de déclarer que la solution retenue lui paraissait  » acceptable « . Tout va se jouer dans la capacité , cette fois , d’avoir un contrôle étroit des engagements pris par Mittal  , auquel les syndicats doivent être pleinement partie prenante.

2) A Chambéry « David a terrassé Goliath « , la société SET ( Smart Equipment Technology ) , sera reprise sous forme de société coopérative (scop ) par ses salariés , alors qu’était candidate aussi la filiale suisse d’un groupe américano-singapourien , qui avait justifié son intérêt par des raisons d’optimisation fiscale !

3) Dans l’Eure ,  à Alizay , Jean-Louis Destans , président socialiste du conseil général , a annoncé que le département rachetait le site pour en remettre la plus grande partie à deux repreneurs .

4) A Vedène , dans le Vaucluse , après 316 jours d’occupation , les salariés CGT de l’usine de fabrication d’aliments pour animaux ont convaincu une entreprise de reprendre le site .

 

La circulaire Valls sur les sans-papiers

lundi 3 décembre 2012

Pas assez ? Ou trop ? Pas assez dit le Réseau éducation sans frontière , « appel d’air à l’immigration clandestine  » déclare le député filloniste  Eric Ciotti (c’est moi qui souligne , à l’attention de ceux qui croient que la bataille Copé-Fillon est une bataille entre deux lignes politiques).

Le point-clé , c’est qu’il y aura désormais des critères de régularisation précis , au lieu de l’arbitraire qui régnait jusqu’ici : cinq ans de présence en France et un enfant scolarisé depuis au moins trois ans .  Au passage on abroge la circulaire scandaleuse et débile qui privait les étudiants étrangers d’un accès au travail ,  même quand un entreprise voulait les embaucher .

Nationalisation ou pas?

dimanche 2 décembre 2012

1) Jean-Marc Ayrault a-t’il bien fait sur Florange?

La nationalisation serait « peu efficace pour une entreprise face à un problème de débouchés » . L’argument mérite d’être entendu.. et discuté . La menace de nationalisation a sans doute  pesé positivement  dans le bras-de-fer avec Mittal . Arnaud Montebourg a t’il joué un rôle utile,voire convenu d’avance , ou a t’il  été désavoué ? Je n’en sais rien , et ce n’est pas la question la plus importante.Le gouvernement a obtenu de Mittal le maintien des emplois et un investissement pour un projet industriel d’avenir dans lequel l’État s’engage à hauteur de 150 millions d’euros . Ce qui compte maintenant , et les syndicats ont mille fois raison d’être inquiets et vigilants , c’est de savoir si cette fois Mittal tiendra parole . D’où l’extrême importance d’un comité de suivi où les syndicats seraient présents.

2)Mais la question la plus importante pour l’avenir c’est celle de la nationalisation . J’ai dit qu’une nationalisation partielle et temporaire pour trouver un repreneur n’avait rien de choquant. Quand Dominique Strauss-Kahn a proposé l’idée voici quelques années , elle était jugée pertinente puisqu’elle émanait d’un grand économiste . Quand Arnaud Montebourg la reprend,elle devient soudainement ringarde . Elle soulève néanmoins plusieurs difficultés :

-Il faut indemniser le propriétaire , à qui on n’a guère envie de donner de l’argent , et il faut trouver l’argent

-Le cas Mittal va entraîner ,  a déjà entraîné toute une série de demandes pour d’autres entreprises , tant la nationalisation apparaît comme « LA » solution miracle , l’ultime bouée de sauvetage pour des travailleurs désespérés .

-Ne faut-il pas plutôt envisager des prises de participation temporaires de l’État dans des projets stratégiques d’avenir , pour aider à leur démarrage ?