Archive pour juin 2014

Quelqu'un m'a ditIntégrisme religieux : appel à la vigilance

samedi 21 juin 2014

Je suis signataire du manifeste suivant, afin de contester l’insupportable instrumentalisation de la religion à des fins abjectes.

Vous pouvez le signez en cliquant ici.

 « Inquiets et révoltés devant la montée d’une violence abjecte et lâche, usurpant la foi comme raison d’être, nous voulons rappeler ici que l’humanité est une, que la force des armes, qui n’est que la poursuite de celle des mots, n’est jamais un argument ni un chemin vers la victoire. Que ceux qui l’utilisent ne sont que des ignorants à l’égard de leurs propres religions et de leurs propres cultures. Et que cette violence peut et doit être combattue par tous les moyens légitimes, et d’abord par une lecture contemporaine des textes de nos multiples traditions, religieuses ou laïques, respectueuse de la dignité humaine, par l’éducation des hommes et des femmes, par l’action politique, par la raison, par la culture, par l’art et par l’humour.

Nulle doctrine, nulle religion, nulle idéologie, nulle science, nulle culture ne peut revendiquer pour elle seule la propriété de la vérité. Nul peuple, nulle religion, nulle doctrine, nulle science, nulle culture ne peut survivre sans respecter, écouter, partager, échanger, apprendre des autres. 

Nul être humain ne peut être réduit à une seule dimension, qu’elle soit religieuse, ethnique, sexuelle, culturelle ou politique. 

Nous, signataires de cet appel, croyants ou agnostiques, humains avant tout, nous constituons en réseau de vigilance et de résistance pour défendre et faire respecter ces principes. »

Signataires: Jacques Attali, Paul Balta, Christophe Barbier, Sadek Beloucif, Ghaleb Bencheïkh, Hichem Ben Yaïche, Jean-François Bensahel, Jean-Louis Bianco, Yann Boissière, Michel Camdessus, Malek Chebel Michel Davy De Virville, Alain De La Morandais, Bertrand Delanoë, Mgr Jean-Michel Di Falco Leandri, Roger-Pol Droit, Claude Durand, Gad Elmaleh, Luc Ferry, Maurice Godelier, Antoine Guggenheim, Nedim Gürsel Delphine Horvilleur, Latifa Ibn Ziaten, Serge Klarsfeld, Théo Klein, Marc Konczaty, Haïm Korsia, Rivon Krygier, Frédéric Lenoir, Emmanuelle Mignon, Mohammed Moussaoui, Erik Orsenna, Olivier Poivre d’Arvor, Simone Rodan, Kamel Sanhadji, Michel Serfaty, Gilbert Sinoue, Smaïn, Lionel Zinsou, Olivier Abel, Mgr Antoine Hérouard.

Socialiste!Un nouveau modèle énergétique français pour changer d’ère!

mercredi 18 juin 2014

Ségolène Royal a présenté ce matin, en Conseil des ministres, le projet de loi sur la transition énergétique​​, l’un des textes les plus importants du quinquennat de François Hollande.

Les objectifs sont clairs : réduire les émissions de gaz à effet de serre françaises pour contribuer à l’objectif européende baisse de 40% de ces émissions en 2030 (par rapport à la référence 1990), diminuer de 30% en 2030 notre consommation d’énergies fossiles, ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025, porter en 2030 la part des énergies renouvelables à 32% de notre consommation énergétique finale (soit 40% de l’électricité produite, 38% de la chaleur consommée et 15% des carburants utilisés) et diviser par deux notre consommation finale d’énergie d’ici 2050.

La majeure partie de l’énergie que nous consommons aujourd’hui est polluante, coûteuse et provient de ressources fossiles qui diminuent. La transition énergétique vise à préparer l’après pétrole.

Ce nouveau modèle énergétique français permettra :

– de combattre le chômage par la croissance verte,

– de diminuer les importations d’énergie de la France qui s’élèvent à 65 milliards d’euros,

– de diminuer la facture énergétique des Français grâce aux économies d’énergie dans le bâtiment et dans les transports,

– et, bien sûr, de lutter contre le dérèglement climatique.

Pour accélérer la rénovation énergétique des bâtiments, un allégement fiscal sera mis en place à hauteur de 30% des travaux, dans la limite de 8000 euros pour une personne seule et de 16.000 euros pour un couple. Le chèque énergie aidera les ménages les plus modestes à rénover leur logement, améliorera dès maintenant ler pouvoir d’achat en les accompagnant pour réduire leur consommation d’énergie. Des sociétés régionales de tiers financement pourront faire l’avance des travaux aux particuliers.

Il faut aussi développer les transports propres pour améliorer la qualité de l’air et protéger la santé des Français. Le bonus pour l’achat d’un véhicule électrique sera majoré lorsqu’il s’accompagnera de la mise au rebut d’un véhicule diesel. Les nouveaux espaces de stationnement seront équipés en bornes de recharge.

Pour relancer les énergies renouvelables, le texte prévoit le développement de la production et la distribution de chaleur issue de sources renouvelables grâce au doublement du « fonds chaleur » et le lancement de 1500 projets de méthaniseurs dans les territoires ruraux pour produire de l’énergie à partir de déchets agricoles. La France disposera également en 2020 de 3000 MW de puissance électrique fournie par les nouveaux parcs éoliens en mer (soit l’équivalent de 4 réacteurs nucléaires), accélérera la réalisation de fermes pilotes hydroliennes en mer et modernisera la gestion des centrales hydroélectriques. Il soutient l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments qui demandent beaucoup d’électricité (centres commerciaux, usines, entrepôts, etc.).

Comme vient de le dire Nicolas Hulot, cette loi représente « un beau moment d’espoir qui permet à la France de se mettre en position pour rentrer dans l’économie du futur ».

Socialiste!Sur la laïcité, un débat législatif risque d’être très dangereux

mercredi 18 juin 2014

Retrouvez ci-dessous mon interview paru lundi dans Libération :

INTERVIEW

Pour Jean-Louis Bianco, click président de l’Observatoire de la laïcité, une nouvelle loi n’est pas nécessaire, alors que la Cour de cassation doit se prononcer dans l’affaire Baby Loup.

L’an dernier, un arrêt de la Cour de cassation créait la polémique en donnant raison à une salariée licenciée parce qu’elle portait un voile islamique contre son employeur, la crèche Baby Loup de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, sortait de son rôle en critiquant ouvertement la décision de justice. Et le président de la République posait la question de la nécessité de légiférer sur la laïcité en entreprise. En avril 2013, il mettait en place un Observatoire de la laïcité. Un an plus tard, et alors que s’ouvre ce lundi devant la Cour de cassation un nouvel épisode dans l’affaire de la crèche Baby Loup, Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la laïcité, répond à nos questions.

Après l’arrêt de la Cour de cassation, François Hollande avait laissé entendre qu’une loi pourrait régler ce genre de problème. Dans l’avis que vous avez rendu, vous dites que ce n’est pas nécessaire. Pourquoi ?

Il y a selon nous deux solutions : la première s’appuie sur le règlement intérieur. Il n’est pas du tout impossible dans une activité comme celle-ci d’apporter par un règlement intérieur des limites à l’expression religieuse. Simplement, il faut le justifier précisément. Deuxième solution, plus sûre sur le plan juridique, c’est la délégation de service public. La crèche Baby Loup est financée à 80% par fonds publics, il y a donc une logique à être conventionné. Or, lorsqu’on est en délégation de service public, on est, comme dans le service public, soumis aux obligations de neutralité. La question du foulard ne se pose donc plus, tout signe religieux étant alors interdit. La crèche Baby Loup n’a pas voulu de cette solution. Mais elle existe. Nous estimons donc qu’une loi n’est pas nécessaire.

L’affaire Baby Loup était-elle le bon angle pour poser un débat sur la laïcité ?

Je ne suis pas sûr. C’est devenu très emblématique, avec des positions très engagées d’un côté comme de l’autre. Et on en a fait l’emblème d’un combat pour la laïcité alors que la réalité de l’histoire est plus complexe. C’était un terrain hyper-conflictuel, hyper-médiatisé, hyper-symbolisé avec une émotion particulière et légitime liée au travail exceptionnel que fait cette crèche. L’affaire Baby Loup est très particulière. Car, dans la jurisprudence des tribunaux prud’homaux, dans celle des tribunaux administratifs, du Conseil d’Etat, il n’y a pas ces contradictions… Les réponses y sont, au contraire, convergentes et très précises.

Le plus fervent défenseur d’une loi était le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Il est aujourd’hui Premier ministre, est-ce que cela ne vous met pas dans une position difficile ?

Nous n’en avons pas parlé depuis qu’il est Premier ministre. On verra bien, mais nous avons toujours eu des conversations très libres. Et je note aussi qu’il avait dit que ce serait une erreur grave de considérer la laïcité comme une citadelle assiégée. Le gouvernement et le Parlement prendront les décisions qu’ils voudront. Mais s’ils estiment une loi nécessaire, nous recommanderons que l’on prenne le temps. Notre pays est terriblement tendu, il y a de l’agressivité, du désespoir, de la haine. Nous pensons qu’un débat législatif risque d’être très dangereux.

Dans votre premier rapport annuel, vous dites qu’il n’y a pas beaucoup de problèmes, mais on constate l’émergence de difficultés très localisées et issues de franges radicalisées…

Il n’y a pas autant de soucis que cela autour de la laïcité. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes nouveaux. Il y a des demandes de type nourriture, congés, soins… Certaines faites de bonne foi, d’autres constituant une offensive délibérée contre la République. C’est là qu’il faut dire non. Ce que l’on constate, c’est un développement du communautarisme.

A partir de quand est-il attentatoire à la liberté d’autrui ou à l’ordre public ?

Ce n’est pas parce qu’une femme porte le foulard qu’elle est intégriste, radicale, antilaïque ou antirépublicaine. D’une manière générale, il faut que l’on comprenne mieux le phénomène. Et la réponse n’est pas forcément la laïcité. Il y a des problèmes de ségrégation, de discrimination, de racisme, d’intégration… Le texte qui fonde le principe de laïcité en France date de 1905, une époque où le catholicisme était ultramajoritaire.

Ce texte est-il adapté à la société actuelle ?

La loi a évolué dans le temps, même si l’on reste dans les principes de 1905. La réponse de l’Observatoire est que les principes qu’exprime la loi – liberté de croire ou de ne pas croire, neutralité absolue du service public, séparation des Églises et de l’Etat – nous paraissent être les bons principes. Plus que jamais dans une société compliquée, diversifiée, fragmentée. Simplement, il faut faire vivre ces principes, et faire un gigantesque effort d’information, de formation et de promotion de la laïcité.

Recueilli par Alice Géraud

Quelqu'un m'a ditMa réponse à Alain Finkielkraut

vendredi 13 juin 2014

lettre JLB 1Lundi 9 juin, viagra 60mg Alain Finkielkraut était l’invité de Patrick Cohen sur France Inter.

À cette occasion, medical il a critiqué à tort le rôle de l’Observatoire de la laïcité auprès du Premier ministre et certains de mes propos.

Voici donc ma réponse : cliquez ici.

Le CFCM adopte la « convention citoyenne des Musulmans de France pour le vivre ensemble »

vendredi 6 juin 2014

Je salue l’adoption par le Conseil français du culte musulman (CFCM) de la « convention citoyenne des Musulmans de France pour le vivre-ensemble ».

Ce texte souligne en particulier l’attachement du CFCM à la laïcité qu’il rappelle être un acquis majeur du vivre ensemble et de la non-discrimination des citoyens.

Alors que les musulmans de France sont encore trop souvent victimes de discriminations, de clichés ou de préjugés, le CFCM rappelle son attachement profond à la devise républicaine qui, en matière de laïcité, se décline en la « liberté de croyance pour tous les citoyens, l’égalité entre tous les citoyens au-delà de leur origine ou de leur religion, et la fraternité entre les différentes composantes de la communauté nationale.

Vous pouvez la retrouver ci-dessous :

Convention citoyenne des Musulmans de France pour le vivre-ensemble publié par LeFigaro